15/04/2007

Un obsessionnel désir d'Orient

/voyages/medium_IMG_2044.jpgVous l'aurez compris, je suis en ce moment dans une phase "orientale". En vérité, je suis dans cette phase depuis 1989. C'est l'année où j'ai réalisé, à 21 ans, un grand périple dans toute la Turquie et au Kurdistan. Un voyage initiatique de près de 10 000 km dans une coccinelle avec mes trois autres compères qui nous a mené de Slovénie (alors encore la Yougoslavie) jusqu'aux frontières de l'Iran à travers les Balkans. Il faut dire que j'étais un peu prédisposé pour ouvrir mon coeur à cet univers. En effet, le pays de mes racines est, on pourrait dire, situé aux portes de l'Orient, point de départ occidental de la route de la soie, terre de l'avancée septentrionale des turcs et pays qui a fourni aux ottomans des générations de redoutables janissaires.

L'année suivante, j'ai enchainé avec un incroyable voyage au Pakistan. Et les années qui s'ensuivront m'auront mené à Jérusalem, Jordanie, Mauritanie et aussi récemment au royaume du Maroc !

La notion d'Orient reste quelque chose de flou ! On ne sait pas très bien où cela commence et où cela s'arrête. L'orientalité ne peut pas non plus se définir uniquement par la seule dimension de la religion (l'Islam). Car, bien qu'ayant dominé cet espace géographique, l'Islam a toléré les autres religions du "Dieu unique". Il ne peut pas non plus se définir uniquement ni par les paysages, ni par l'architecture ni sous l'angle de la culture. L'Orient est une mozaïque de langues, de peuples et de traditions toutes différentes mais reliées par quelque chose. Peut-être, pourrait-il, je ne sais pas, se définir par rapport à une approche de la vie, une manière de penser un certain nombre de valeurs ou tout simplement la foi. Je ne sais. L'Orient est pour nous occidentaux, habitants d'un "finistère", symbole d'aventure encore possible. Source de rêves et d'émerveillements. L'Orient exerce sur nous à la fois une fascination et une crainte.

Pour ma part, l'Orient représente en même temps des paysages merveilleux, une diversité des peuples et des coutumes, un art de vivre raffiné et surtout, et point très important, une spiritualité élevée. Au cours de mes différents séjours j'y ai retrouvé l'ensemble de ces ingrédients. Je ne me suis jamais senti en danger. J'ai toujours été accueilli avec sincérité et curiosité. Je n'ai jamais été détroussé, ni malmené ou menacé malgré les contextes parfois explosifs propres à certains pays (je pense en particulier au renversement de Benazir Butto à l'été 1990, l'une parmi les premières femmes a avoir accédé à la fonction suprême dans un pays musulman). Je ne me suis jamais plongé volontairement dans le risque, je ne suis pas une tête brûlée ! Aujourd'hui, je recherche toujours l'orientalité à travers mes lectures, celles suggérées par mes amis d'origine orientale.

Loin de toute idée de "choc des civilisations" qui m'horrifie et vers laquelle une catégorie d'intellectuels et politiciens veut nous entraîner pour nous faire peur, je crois plutôt que le cours de l'histoire, une fois les contradictions de ce complexe Orient résolues, donnera à l'Orient sa place méritée dans le monde. Cette intégration viendra peut-être par une union d'intérêts économiques, politiques et sociaux comme en Europe. Quelle importance qu'elle soit basée sur une religion commune ? En quoi faudrait-il être que laïc ? L'Islam n'est pas obscurantiste. Certains courants le sont, pas l'Islam. L'Islam a en réalité plus de forces qui unissent que de forces qui divisent. Nous devons accepter que l'Histoire fasse son oeuvre et ne pas chercher à toujours perturber de l'extérieur le cours naturel des choses. Certaines civilisations ne vivent pas le même temps que la nôtre. Leur temps est différent. En même temps, j'ai conscience d'avoir une vision romancée et quelque peu naïve des choses. Et c'est peut-être tant mieux ainsi !

*********************************

08/04/2007

Les palais des Mille et Une Nuits

/voyages/medium_IMG_2291.jpgJe vais vous relater ce voyage empli d'émerveillements en terre orientale. C'était un long périple dans de vastes contrées musulmanes. J'en suis revenu enchanté et comme transporté dans une époque glorieuse désormais révolue. Je ne me souviens plus exactement quelle année je suis parti là-bas. Je sais seulement que c'était un mois d'avril chaud et ensoleillé.

Parfois la vie nous offre des opportunités qu'il faut saisir tout de suite. Sans quoi on a de grandes chances de passer à côté des plus beaux instants de bonheur qu'il soit donné de vivre. Ces décisions, il faut les prendre sur le moment - aveuglément - sans trop réfléchir afin de préserver l'intensité des rêves que l'on entreprend de réaliser. Ce sont des moments trop rares de folie que notre existence rangée nous autorise parfois.

medium_IMG_2326.jpg Je me suis donc retrouvé, seul, au pays des mille et une nuits. Mon oeil s'est plutôt porté sur les palais de ces légendaires civilisations arabe et ottomane et en particulier sur les détails de l'architecture.

medium_IMG_2262.2.jpgJ'ai ainsi marché et marché dans plusieurs cités mythiques où le temps semblait s'être figé, comme hypnotisé par l'oeil solaire qui commande l'oscillation régulière entre le jour et la nuit.
 

Istanbul, Konya, Alep, Ispahan, Samarcande et Tachkent... J'ai eu l'improbable chance de traverser les plus célèbres caravansérails de la route de la soie.

medium_IMG_2276.jpgJ'ai fait de brèves haltes dans des villes prestigieuses où les minarets s'élèvent vers un ciel toujours bleu comme le lapis lazuli. Sur chaque promontoire rocheux, à l'entrée d'étroits défilés, un krak en ruine finement ciselé témoigne encore de la magnificence des empires et dynasties qui se sont succédés à travers les siècles. Tantôt arabes, tantôt seldjoukides, tantôt perses, tantôt ottomanes... ces différentes civilisations se sont enrichies les unes les autres. Parfois dans la guerre mais aussi dans la paix, toutes unies par la foi et au nom d'un Dieu unique.

/voyages/medium_IMG_2322.jpg Si vous saviez à quel point ces villes grouillantes, avec leurs bazars bariolés et bruyants, peuvent être une source puissante d'énergie spirituelle ! Tout se vend, tout s'achète, tout s'échange, toujours dans la bonne humeur malgré les sourcils noirs froncés des commerçants qui négocient. Il n'y a aucune méchanceté dans ces gestes et habitudes de la vie quotidienne. Chacun joue un rôle, son rôle pour vivre, sous le regard ni bienveillant, ni malveillant d'une force invisible.

medium_IMG_2274.jpg Et puis le muezzine lance son appel à la prière... Une plainte mélodieuse mais toujours juste retentit, sortie du plus profond d'une âme toute entière vouée a l'exercice de la foi. L'écho se répand par-delà les toits, entre les tours et les murailles, entre les vergers et les riches demeures pour inviter une foule toujours active à un moment d'Union vers le Bien-aimé. Dans un tourbillon soufi ascendant.

Ce long voyage a laissé dans ma mémoire des souvenirs indélébiles. Comment ne pas espérer y retourner un jour ? Pourquoi ce désir d'Orient peut-il être si tenace ?

****************************** 

Ce voyage, en vérité mes amis, je l'ai imaginé à travers la fenêtre d'un appartement sans horizon, dans une banlieue moyen-orientale de Paris. Ces cheminées créatives que l'on aperçoit sur les toits de certaines maisons de nos quartiers  résidentiels sont parfois comme de véritables constructions mauresques. Celui qui sait regarder au-delà de l'apparence pourra voir de la Beauté et du Symbole en toute chose. Ainsi, pour l'âme vagabonde, et peut-être occasionnellement mélancolique, ces détails de cheminées sont-ils autant de forteresses imprenables où vous attend une hypothétique Shéhérazade, vibrant au lointain dans l'ondulation mystérieuse d'une fata morgana... Une princesse triste qui vous tiendra en haleine par ses déroutantes énigmes.

 

medium_IMG_2329.jpg

08/01/2007

Un voyage extraordinaire au Nanga Parbat (Pakistan - Himalaya) en 1990 exhumé, dépoussiéré et remis sur l'étagère mentale

medium_D1000043.JPGMême en hiver, il arrive qu'on s'ennuie un peu. Dans un environnement calme où le seul son audible est le tic-tac rythmé d'une horloge, le "tchip-tchip" des mésanges ou le "schtchink" d'un pinson un peu trop hardi, il est des moments où la pensée tend à se réfugier dans les choses agréables du passé. Hors de tout contrôle, une force mystérieuse nous pousse parfois à fuir le tumulte du présent pour retrouver des souvenirs enfouis dans notre mémoire, des flashes cérébraux associés à des moments magiques de notre jeunesse.

C'est ainsi, que mes pensées m'invitent à voyager vers une destination, qui avec le recul d'aujourd'hui, me parait tout simplement incroyable, hors de notre temps, hors de nos repères. C'est probablement l'une de mes expériences humaines les plus profondes.

medium_D1000165.JPGCe voyage insensé, que je vais évoquer ici, nous mène tout droit dans l'Himalaya occidental, dans une région reculée et accidentée, de vallées profondes et de sommets toujours enneigés, à la nature pratiquement intacte, au pays des hommes (et femmes !) purs : le Pakistan.

 

En 1990, le Pakistan n'était pas ce pays aujourd'hui tant craint. C'était un pays accueillant et ouvert aux étrangers, un pays aux paysages prodigieux qui attirait les voyageurs amoureux de la montagne et des grands epaces.

J'étais encore un étudiant qui refusait déjà le système poussant le monde vers son inéluctable marchandisation. Un jeune homme intérieurement révolté et exalté.

medium_D1000074.JPGJe fréquentais alors beaucoup le milieu des alpinistes et du parapente. Forcément, quand on a une origine slovène, on est amené à flirter intimement avec la nature. Les Slovènes ont toujours eu la nostalgie de l'Orient mythique. Ce pays, morceau de confetti montagneux enchâssé au milieu de l'Europe centrale, sorte de Syldavie à la Tintin, est pratiquement le portique européen de la route de la soie qui fit tant rêver les voyageurs de la trempe du vénitien Marco Polo.

Effectivement, l'Europe est un finistère continental ! Rien de nouveau donc à l'Ouest, c'est vers l'Orient qu'il fallait regarder, là où le soleil se lève, là où l'aventure semblait encore possible. Au passage, je vous recommande la lecture d'un roman historique troublant autant que prophétique,  Alamut, écrit par un auteur slovène - Vladimir Bartol - (publié en 1938) traduit également en français, et qui vous mènera vers le paradis terrestre, les harems peuplés de houris et les fumeurs de haschisch. Ce roman vous fera découvrir l'étrange secte des Ismaëliens ou Chiites septimains dont le guide spirituel est aujourd'hui l'Aga Khan. C'est exactement dans cette région de l'Indus que s'est  maintenu, encore de nos jours, ce courant de l'Islam qui prône une approche alternative , ésotérique et mystique de la foi.

C'est donc vers ce royaume chargé d'une riche histoire que l'insouciance de la jeunesse nous mena, moi ainsi que l'un de mes amis, Tomo, atteint de la même folie. Il y a peu de chances que cette destination redevienne accessible de sitôt aux occidentaux vu la malheureuse tournure que prennent les relations internationales. C'est pour cette raison que je vous invite à découvrir l'album photo "Pakistan - Un voyage exhumé dans l'Himalaya (1990)" que je vous ai préparé et qui vous permettra, je l'espère, de participer derrière votre écran d'ordinateur à un extrait d'aventure personnelle, loin des destinations touristiques proposées de nos jours.

Bon voyage virtuel !

Données du voyage :

medium_D1000124.JPGEn 1990, à l'aube de mes vingt-deux ans, un ami alpiniste slovène me proposa de l'accompagner dans une expédition hallucinante dans l'Himalaya pakistanais, dans un massif montagneux appelé "Karakoroum" ("Montagne noire" en langues turcophones). Le but, avec d'autres alpinistes, était de gravir le neuvième sommet du monde, le Nanga Parbat un sommet imposant de 8125 m ("la montagne nue" en sanskrit. Nous sommes aux confluents de plusieurs civilisations ce qui explique la diversité de la toponymie). Comme je n'étais pas un alpiniste, mais un parapentiste débutant, c'est avec une grande excitation que j'acceptai de rejoindre cette équipée.

medium_D1000004.JPG Le séjour dura près de deux mois, entre juin et août. Il nous mena tout d'abord à Islamabad (capitale du Pakistan) et sa soeur Rawalpindi, où nous dûmes passer près de deux semaines pour obtenir toutes les autorisations et l'accompagnement par des guides militaires. Le lieu de l'expédition est situé dans une zone frontalière où se déroule encore aujourdui une guerre larvée avec l'Inde (proximité du Cachemire) la plus haute en altitude au monde. Plus à l'Ouest c'est l'Afghanistan et les fameuses zones tribales Pashtounes réputées abriter Oussama Ben Laden. Par conséquent, ce secteur du Pakistan n'est pas entièrement sous contrôle des autorités. Toutefois, pour toute expédition himalayenne au Pakistan, un accompagnement par un officier de liaison était rendu obligatoire afin de garantir un minimum de sécurité aux voyageurs, ou du moins pour pouvoir les secourir en cas d'incident.

medium_D1000008.JPGD'Islamabad, nous louâmes des bus bariolés pakistanais qui nous menèrent vers le Nord du pays sur l'une des plus hautes voies commerciales du monde, la KKH ou Karakoroum Highway ! Le long du fleuve Indus qui déboule, à cet endroit, avec puissance des hauteurs de l'Himalaya. Ce trajet nous mèna au chef-lieu régional de Gilgit.

medium_D1000016.JPGPuis nous louâmes des tracteurs et des 4x4 pour assurer l'approche de l'équipe et du matériel sur les pistes escarpées des contreforts du massif jusqu'à une petite ville de district appelée Astore. De là, nous avons progressé jusqu'au dernier village carrossable du nom, si mes souvenirs ne me trahissent pas, de Tarshing. Puis nous rejoignâmes la vallée de Rupal qui monte vers le Nanga Parbat et le camp de base à pied, avec des porteurs et à dos d'âne pour le matériel.

medium_D1000020.JPGLe camp de base de Rupal est une vaste vallée circulaire verdoyante encerclée de haut sommets dont les moindres affichent une altitude rarement inférieure à 6000 m. Cette vallée est un lieu de pâturage pour le bétail d'un peuple de  semi-nomades, les Gujars. On y voit paître un curieux et rustique bovidé, le "zho", l'hybride d'un yack et d'une vache.

medium_D1000051.JPG Nous passâmes près d'un mois et demi à tenter de gravir cette imposante paroi sud du Nanga Parbat qui présente un à pic de près de 4500 mètres, le plus important au monde. N'étant pas alpiniste mais seulement un habitué de la randonnée, je ne pus monter plus haut que le "Camp 1" situé aux alentours de 5500 m (?) d'altitude. J'y ai passé une nuit dans une tente dôme arrimée à une arrête rocheuse permettant de se reposer à l'abri des éboulements et des avalanches. Ce fut probablement l'une de mes pires nuits sous le signe du mal des montagnes. Cela se traduit par une grande fatigue, des douleurs atroces à la tête, des nausées et une fébrilité générale.


medium_D1000184.JPGSeuls deux membres de l'expédition, un homme Jože Rozman et une femme Marica Frantar parvinrent péniblement au sommet. Marica fût la première femme à accomplir cette performance par cette voie. Nous fûmes inquiets car nous perdîmes le contact radio durant deux jours, pour finalement les voir arriver sains et saufs et titubants. Nos deux amis périrent ensemble l'année suivante en tentant de gravir un autre sommet en Chine, le Kangchenjunga. Nous ne pouvons les oublier. Vivre loin de tout et en isolation totale est une expérience humaine unique. Dans une expédition himalayenne, on est tous frères et soeurs (et parfois plus !) tant la complicité et la solidarité deviennent des valeurs essentielles.

medium_D1000157.JPG Lorsque l'exploit fût accompli par nos deux amis, il nous restait quinze jours de liberté à consacrer au Pakistan. Deux options s'offrirent alors : bénéficier d'un plan pour partir dans l'Inde voisine pour visiter Srinagar, Agra et le temple du Taj Mahal ou bien passer le reste du temps sur place. Avec mon ami Tomo, à court d'argent, nous décidâmes de découvrir seuls les Territoires du Nord Ouest, un état dans l'état où le gouvernement pakistanais ne garantit plus la sécurité des étrangers. Pour pénétrer ce secteur nous avons dû signer à un check point un registre dédouanant les autorités Pakistanaises en cas de problème.

medium_D1000153.2.JPGNous nous orientâmes vers l'Afghanistan dans une région appelée Kohistan et, en effet, nous comprîmes bien vite que nous n'étions plus véritablement au Pakistan. Dans cette région, tous les hommes portaient fièrement une arme. Il n'était pas rare d'entendre l'écho lointain et parfois proche d'une rafale de Kalaschnikov. Pourtant, malgré ce côté inquiétant, nous ne fûmes jamais menacés. Au contraire, à chaque fois que notre trek nous fît traverser un village, les habitants se montrèrent plutôt hospitaliers et nous proposèrent fréquemment le gîte et le couvert. A nos dépens d'ailleurs, car nous avons tous les deux attrapé la maladie des voyageurs. Pas une simple tourista, mais les encore plus pernicieuses amibes ! Nous parvinrent ainsi à la capitale provinciale de Kalam. Un lieu hors de toute civilisation. Une ville grouillante et armée jusqu'aux dents.


medium_D1000166.JPG C'est là que nous rencontrâmes deux ressortissants suisses travaillant pour le CICR avec qui nous sympathisâmes. Ils résidaient dans une sorte de châlet en rondins de bois et participaient, avec d'autres ONG, à un programme de reboisement. Comme ils connaissaient la région, ils nous hébergèrent chez eux et nous proposèrent un trek de quelques jours dans les montagnes environnantes pour remonter la vallée Swat. Il s'agit d'une vallée escarpée et contre toute attente très forestière où s'écoule un puissant torrent, le Swat. Pour cette virée, nous louâmes les services d'un guide local armé d'un vieux fusil ou plutôt une pétoire sorti d'un autre âge. Une forme de prestation locale : en échange d'un paiement, le guide parlemente avec ses amis rencontrés en chemin afin qu'ils nous laissent en paix. J'imagine que tout ce petit monde se partage les ressources de cette "offre de services". En vérité, il s'agit plutôt d'un racket tacite mais sommes toutes acceptable en regard des risques encourus. Cette extraordinaire vallée nous donna l'occasion d'effectuer quelques vols uniques en parapente. Nous fûmes probablement les premiers à voler en parapente dans ce secteur.

Pour finir, nous poussâmes jusqu'à la fameuse ville de Peshawar à la frontière afghane. Une ville débordante, bruyante et animée qui prospèra grâce au conflit tout proche qui opposa à l'époque l'Afghanistan et l'URSS. On touchait à la fin du conflit mais la ville continua d'être en effervescence, alimentée par toutes sortes de trafics. J'ai peu de photographies de cette dernière partie du voyage car, de retour en Europe et physiquement épuisé (j'avais perdu plus de dix kilos en une semaine vidé de tout ce qui était liquide en moi),  je laissai mon appareil photo Nikon FM2 et quelques pellicules sur le siège de l'autocar qui nous ramenait de l'aéroport.

Je n'oublierai jamais cettte incroyable épopée. J'ai effectué d'autres voyages dont l'un en Anatolie et au Kurdistan en Turquie. Mais celui-ci fût un voyage initiatique qui contribua à former mes opinions de jeune adulte et donna un aperçu de ce qu'on peut appeler le sentiment de liberté.

J'ai eu beaucoup de chance d'en revenir sain et sauf (à part quelques conséquences sur ma santé qui ont depuis lors disparu). J'ai ainsi fait l'expérience de ce que je croyais être la différence. Mais au contact de cette altérité, je me suis surtout rendu compte qu'il était plus important de chercher les ressemblances que les différences, ce qui rapproche les hommes de ce que qui les éloigne. Ainsi, je me dis que l'humanité parviendra peut-être à surmonter ses méfiances millénaires si on accepte et respecte les peuples qui ont d'autres conceptions et traditions de vie. Il me semble, mais je me trompe peut-être, qu'il n'existe pas une voie unique pour l'humanité de progresser ensemble. Il n'y a pas d'un côté ceux qui incarnent le bien et la lumière et de l'autre ceux qui vivent dans l'obscurité et la barbarie. Le choc des civilisations n'existe pas, il n'existe que des peurs et des méfiances. Nous devons nous ouvrir les uns aux autres car nous aimons tous la vie. Notre civilisation ne peut pas continuer à imposer au monde un ordre nouveau sous prétexte que nous détenons la science et le savoir technologique, ni subir des forces obscurantistes, mais nous devons au contraire tous nous interroger sur la manière d'incorporer le meilleur de la sagesse de chaque peuple peut être sous la forme d'un co-développement. N'oublions pas que nous vivons sur la même planète qui de plus est ronde. Nous ne devons pas baisser les bras, un autre monde n'est pas tout à fait impossible.

Je vous renouvelle mon invitation à visiter ce diaporama "Pakistan - Un voyage exhumé dans l'Himalaya (1990)". Veuillez m'excuser si, malgré ma volonté d'optimiser les images pour un aperçu adapté au format blog, il vous faille attendre quelques secondes pour charger l'album. Je vous suggère plutôt de cliquer sur "Visualiser l'album", puis cliquer sur la première vignette et ensuite de vous déplacer en utilisant les menus textuels en haut à droite. Vous aurez alors une visualisation plus confortable.

NB : je suis l'auteur de la plupart des clichés. Toutefois, les clichés ayant été pris par d'autres membres de l'expédition sont signalés.

13/07/2006

La Slovénie : mariage harmonieux entre le monde rural et la modernité

medium_IMG_1673.jpgLa Slovénie est surtout connue en France par rapport à l'ours qu'elle exporte chez nous dans le cadre du très médiatisé programme de réintroduction dans les Pyrénées.

Voici un panorama synthétique de ce petit pays d'Europe centrale entré récemment dans l'Union Européenne avec la mention "très bien".

La Slovénie, l'une des ex-républiques de la défunte Yougoslavie, est enchâssée à l'est de l'Italie du nord, au sud de l'Autriche, à l'ouest de la Hongrie et au nord de la Croatie. Sa superficie est de 20 273 km² et sa population de 1,9 millions d'habitants inclut des minorités notamment hongroises et italiennes qui jouissent de droits étendus au sein de la communauté slovène.

Ce territoire aux mensurations modestes n'en jouit pas moins d'une richesse géographique, climatique et culturelle qui vaut le détour dans le cadre d'un séjour touristique. Ainsi, on y rencontre des paysages de type alpin (extrémité sud de l'arc alpin), méditérranéen avec 47 km de côte adriatique et de plaine avec la plaine panonienne qui s'étend à l'est aux portes de la Hongrie. Autant dire que l'on retrouve un mélange des genres concentré qui fait ressembler la Slovénie un peu à la France en termes de diversité de ses terroirs. La Nature est omniprésente et en général très bien préservée. On s'étonne encore comment sur une si petite surface les hommes et près de six cents ours sauvages parviennent à coexister harmonieusement tandis que chez nous une poignée d'ours semble poser un véritable problème existentiel ! Pour vous donner l'eau à la bouche sachez que la forêt recouvre près de 56% de la Slovénie de quoi inviter à de belles balades. Je reviendrai sur les possibilités touristiques de la Slovénie dans un prochain billet.
J'invite donc les amoureux de la Nature et du monde rural à visiter la Slovénie encore insuffisamment connue de nos compatriotes français et fréquemment confondue avec la Slovaquie ou la Slavonie.

La petitesse du pays et de sa population rendent les slovènes humbles vis à vis des grandes nations européennes. Ce sentiment (à mon avis un peu excessif) de petitesse et de fragilité pousse les Slovènes a développer d'énormes efforts pour préserver leur langue -j'avoue un peu compliquée- et leur riche culture au sein du maelstrom de la mondialisation.

En dehors de la Nature, sa principale richesse, la Slovénie s'est aussi positionnée sur la modernité et le développement d'une industrie de pointe et de services. Accumulateurs, métallurgie, fabrication de skis, de caravanes ou de camping cars, d'ULM, de produits agro-alimentaires ou pharmaceutiques ainsi que des articles éléctroménagers au design futuriste constituent une liste non exhaustive des possibilités de l'économie slovène.

A bientôt pour de nouveaux faits sur la Slovénie.

Pour en savoir un peu plus : Bureau Touristique de Slovénie 

30/06/2006

Petites vacances au pays de l'ours !

medium_p7180660.3.jpgChers ami(e)s,

Ne croyez pas que je vous abandonne. Je m'absente quelques jours pour aller puiser un peu d'inspiration dans un joli petit pays d'Europe Centrale aux portes des Balkans : la Slovénie.

Nul doute que je rapporterai de ce voyage de la matière pour ce blog et des souvenirs à partager avec vous.

A bientôt ! 

20/03/2006

Caraïbes françaises : la Martinique authentique

Chers amis, chers visiteurs.

Désolé pour mon mutisme. J'étais absent mais j'ai pensé à vous tous qui rêvez d'une vie plus naturelle.

Je viens de passer tout simplement, avec mon épouse, une semaine de pur bonheur en Martinique. Pas la Martinique des plages de sable blanc et des cocotiers ! Mais la Martinique de la Nature, des petites criques sauvages et des petits poissons bariolés, celle des paysages extraordinaires, celle d'une population accueillante et au sourire persistant.

J'ai du retard, je sais (je vous avais promis des photos de l'épisode neigeux d'il y a 15 jours !). J'ai plein de nouvelles idées et de messages à transmettre en droite ligne avec le concept de "S'installer et vivre à la campagne". Je vous proposerai aussi une sélection de photos pour vous donner envie de visiter cette île et pour en faire l'expérience. La Martinique est un lieu en complète harmonie avec le propos de ce blog et celui de vos commentaires. Nous avons beaucoup à apprendre des antillais sur leur manière de savourer la vie.

A bientôt donc. Soyez aux aguets et contrôlez la section "Albums photos" du blog.