27/05/2008

Le blog "S'installer et vivre à la campagne"... vers un site collectif ?

1205624582.jpgChers petits lecteurs et lectrices,

J'ai créé ce blog en 2003. Et son succès ne tarit pas ! Ainsi vous êtes chaque mois plus de 5000 visiteurs uniques à consulter ces contenus axés sur la vie à la campagne... Et chaque mois affiche une croissance presque insolente en général supérieure au mois précédent.

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Je vous en remercie infiniment car vous avez permis à ce blog une longévité exceptionnelle !

Cela indique que ce sujet passionne de plus en plus de nos concitoyens.

Or, en ce moment il m'est difficile d'animer seul le site. Et vous l'avez sans doute remarqué car mes articles se font plus rares... Pour plusieurs raisons : personnelles et professionnelles. Ces raisons font de moi actuellement davantage un urbain qu'un campagnard. Mais ce n'est que temporaire car on ne peut pas lutter durablement contre "sa nature" profonde.

C'est pour cela que l'idée m'était venue d'ouvrir ce site à vous autres afin de vous le rendre car il vous appartient.

Ainsi chacun(e) de vous pourrait devenir un membre rédacteur et publier (ou dupliquer) ses points de vue sur le sujet "s'installer et vivre à la campagne" et tous autres thèmes philosophiques liés aux styles de vie ruraux et urbains.

Vous avez remarqué que le champ d'exploration est vaste puisque ce blog couvre aussi bien la nature, le jardinage, la réhabilitation d'une maison que des sujets sociologiques voire écologiques et technologiques (connectivité Internet en milieu rural !). Donc, chacun pourra y trouver un espace cohérent en rapport avec ses idées et opinions.

Le ton ici est libre et les commentaires polis et courtois en général. Les articles de fond son pédagogiques et ne cherchent pas à créer de polémiques. L'explication prévaut. Mais on a le droit de défendre ses convictions... dans le respect aussi bien des rédacteurs que des commentateurs.

Vous constaterez également que des liens publicitaires sont affichés, assez discrètement j'espère. Sachez que ces liens ne m'ont rien rapporté pour le moment. Toutefois, si le succès est au rendez-vous je suggère que ces revenus soient 1) soit partagés et restitués à tous les rédacteurs de ce blog devenu communautaire, 2) soit reversés à une association de votre choix ou à créer !

A ce propos, je suis aussi ouvert à créer une association permettant de fédérer ceux qui sont dans une démarche (ou réflexion) de migration de la ville vers la campagne et d'entraide entre les membres. Cela peut être l'un des prochains sujets à aborder dans le nouveau "S'installer et vivre à la campagne" communautaire.

Concrètement, si vous êtes partant(e)s pour co-animer ce site, c'est très simple. Faites-le moi savoir afin que je vous ouvre un compte vous permettant de publier et administrer ce blog. Actuellement, la formule prise auprès de l'hébergeur (Haut & Fort) ne permet pas de multiples comptes. Pour cela, il faut souscrire une option payante à 150 € / an. Je suis prêt à y souscrire s'il y a suffisamment de rédacteurs passionnés et impliqués.

Je serai particulièrement fier et honoré de transformer cette aventure au départ individuelle en un succès et une expérience collective.

Je compte beaucoup sur vous pour impulser une nouvelle dynamique au blog "S'installer et vivre à la campagne".

Bien à vous,

HK

11/11/2006

Désir de nature : fondements sousjacents et motivations personnelles

medium_IMG_1598.jpgCe mois-ci, cela fera cinq ans que je suis devenu ce qu'on appelle un peu péjorativement un néorural, ou un rurbain, si vous préférez. Comme j'ai déjà eu l'occasion de l'exprimer ici même, nous sommes tous, moi, vous, cher lecteur ou chère lectrice, quelque part des ruraux. Regardez bien autour de vous, vos origines, vos parents, vos voisins... Chacun de vous peut revendiquer une origine campagnarde (au sens large du terme) : bretonne, picarde, auvergnate ou méridionale, voire même plus lointaine encore. Pour certains, leurs sources sont aussi là-bas, loin, dans le bled. Là où un soleil incandescent et une terre âpre rendent l'homme humble et mystérieusement attaché à ses racines. Mêmes nés en ville, nous disons souvent et assez fièrement : "Je suis fils ou fille de..., petit-fils ou petite-fille d'un authentique...". Nous disons beaucoup plus rarement "je suis un pur parisien !". Comme si la facinante capacité d'attraction qu'exerce cette magnifique ville sur nous était contrebalancée par la volonté de ne pas s'y identifier.

Beaucoup d'entre-nous avons pour refuge une maison familiale idéalisée située quelque part dans un village ou un hameau ou, pour certains, de l'autre côté de la Grande Bleue. Une maison qui nous sert de matrice et de lieu de retrouvailles avec les nôtres, avec nous-mêmes. Ainsi est faite la France d'aujourd'hui, un subtil mélange de cultures, influences et couleurs qui présage, malgré un difficile travail de fusion de ses différentes composantes et origines, un avenir hors du commun pour notre nation. Serons-nous le Brésil de l'Europe ? Une bienheureuse synthèse du monde. Est-ce si grave de perdre un petit peu de notre identité pour retrouver au final quelque chose de plus complet, de plus abouti ? La France de demain, ce pays que nous aimons et qui est envié de tous. Garder le coeur et accepter de modifier légèrement la coquille externe. Voici quelques pistes tentant d'expliquer une probable origine de ce désir de nature et de campagne basé sur un parcours personnel. Mais chacun d'entre vous concerné par une soif inextinguible de nature pourra remplacer à sa guise les variables de ces observations par ses propres expériences.

 

Enfance


Pour ma part, né dans une banlieue de type "9-3" peu après que les pavés se soient tus, j'avais pour vocation initiale à devenir un citadin, un fils des cités et des tours (ce que je reste à tout jamais puisque c'est, d'une certaine façon, codifié dans mon numéro de Sécurité Sociale. Il faut bien être né quelque part !) si je n'avais eu la chance providentielle d'être mis, dés ma plus primitive enfance et ce plutôt brusquement, au contact de la Nature. Parfois, certains évènements douloureux s'avèrent être des clés inespérées pour comprendre que le bonheur peut être simple. En l'occurrence, vivre au contact permanent de la Nature me rend heureux mais aussi dépendant d'elle. J'ai donc passé quatre merveilleuses années du côté ensoleillé des Alpes, là où on ne sait plus très bien si ces chaînes de montagnes sont dolomitiques, karstiques ou dinariques ! De parents slovènes, j'ai donc vécu en Slovénie à l'époque où celle-ci n'existait pas véritablement. C'était une des six républiques de la fédération de Yougoslavie. Et c'est donc là-bas que mon ADN s'est enrichi du chromosome supplémentaire N comme "Nature". Le territoire de l'ours, du lynx, du chamois et du grand tétras. Le pays des immenses et obscures forêts de sapins dans lesquelles les slovènes et à l'instar de tous les peuples slaves aiment perpétuer les traditions familiales dans leurs cabanons en bois.


Post-adolescence

A ce premier stigmate enfantin, s'ajoute aussi, à l'adolescence, telle une nouvelle strate géologique, une ouverture sur le monde et un parcours vital disons mouvementé. Les années 80 et 90 permettaient encore de voyager en relative sécurité dans des régions du monde qui font rarement partie des brochures touristiques d'aujourd'hui. J'ai donc eu l'opportunité de trainer sans grandes contraintes parentales, mais en contrepartie avec peu de moyens, dans la partie orientale de la Turquie (le Kurdistan), le Pakistan et les fameuses zones tribales, dans la toundra lapone, soit avec des copains un peu fracassés comme moi soit seul. Vous imaginez bien comment ce spectacle, c'est vrai parfois un peu dur, de paysages grandioses et la rencontre de peuples qui vivent simplement entourés de leurs chèvres, sans confort, ou souvent même survivent, peuvent imprimer à tout jamais des sentiments et des points de vue forts dans le coeur et l'esprit d'un jeune homme ! A chaque escapade correspond une expérience presque mystique contribuant à affiner un peu plus le caractère futur du néocampagnard que je suis aujourd'hui.


Age adulte

Même durant mon service militaire, je n'ai pas échappé à ces expériences avec la Nature. Comme par hasard, je suis tombé en 1992 dans un régiment un peu "pêchu" comme on dit, à Mutzig en Alsace, le célèbre 153ème R.I.. Et bien, c'était un régiment plutôt semi-disciplinaire avec des unités commandos. Cette période, encore une fois, m'a permis d'approfondir ma relation avec la Nature. En effet, j'ai participé à de nombreuses manoeuvres en pleine nature, dans les Vosges, le plateau de Valdahon, Bitche, puis en Bosnie Herzégovine dans le cadre du second mandat de la Forpronu en tant que casque bleu. J'y ai vécu des moments mentalement et physiquement difficiles. La nature, à l'Armée, je l'ai reniflée et touchée intimement avec mon corps, en rampant. J'ai trainé ma peau frileuse, sous un treillis F1, dans la boue, le froid et l'humidité. Mais au final, avec ces nombreuses années de recul, l'Armée m'a fait découvrir une nouvelle facette de la Nature, celle de la nécessité de survivre. Et en matière de survie, c'est la Nature qui offre les meilleures options.

Puis, plus tard, lorsque j'ai sauté à pieds joints dans la vie professionnelle, mon histoire de Nature ne s'est pas arrêtée là. Pour des besoins professionnels, j'ai eu la chance de faire deux séjours en Russie. L'un de six mois en 1991 dans la région du Nord-Caucase à Rostov-sur-le-Don, là où le fleuve Don se jette dans la Mer d'Azov puis la Mer Noire. L'autre en 1994-95 dans une petite ville chimique (Torzhok) enchâssée dans la vaste plaine forestière, la taïga, située entre Moscou et St Petersbourg. Ce dernier séjour a duré un an et demi. La Russie est omniprésente de Nature. Elle est recouverte d'une alternance d'étendues, en apparence monotones, constituées d'immenses forêts de conifères, de bouleaux, de steppes, de marécages aux abords desquelles il n'est pas rare d'entendre le hurlement plaintif du loup. Toujours cette présence envoûtante de la Nature. C'est à cet âge aussi de célibat un peu tardif qu'on dispose encore de quelques ressources pour se faire des "trips". On prenait l'avion avec insouciance pour traverser continents et océans, sans avoir conscience d'un quelconque réchauffement climatique. D'autres paysages, d'autres impréssions, d'autres lieux surprenants à découvrir : Dakar, Pétra, l'Amérique... tous avec une dimension nature unique !


L'âge "entre-deux", comme le bon Cantal

Et puis fatalement, on fait un jour la rencontre de sa vie. A ce moment, je me suis dit :"Mon gars, c'est fini ta soif de Nature !". Et bien, j'ai eu la chance de rencontrer celle qui allait devenir mon épouse. Loin d'être une pure citadine, mon épouse, d'origine languedocienne, est aussi proche de la Nature. Elle est fille de la garrigue et de la mer. Certes, les temps ont changé : il est de plus en plus risqué ou coûteux de partir découvrir ensemble le côté encore vierge et sauvage de notre planète. Je ne dis pas que c'est impossible. Or, de tels voyages représenteraient maintenant, pour nous, faute de ressources et de temps, les voyages d'une vie. Ainsi, nous rêvons de Kirgizstan, de Mongolie, d'Inde, d'Himalaya et de déserts du monde entier. Chacun a des rêves de voyages fous. Mais nous sentons bien que cela restera dans le domaine de l'onirique tellement ces voyages nous semblent inacessibles pour le moment, vu notre situation professionnelle, familiale ou individuelle. Et puis, une certaine forme de tourisme de masse commence à me perturber. Je me sens  de moins en moins à l'aise, même si je connais quelques agences qui pratiquent une forme de tourisme solidaire. Il y a quelque chose qui devient de plus en plus artificiel pour certaines destinations.

Nous avons effectué quelques sauts de puces calibrés exactement à la semaine par-ci, par-là plutôt au soleil. Mais cela ne pourra plus durer très longtemps. Le monde est de moins en moins sûr et notre capacité à prendre l'avion va peu à peu diminuer que ce soit pour des questions environnementales, économiques ou géopolitiques. Aujourd'hui, nous découvrons la Nature simple, accessible et proche. Celle de la cueillette des champignons, des randonnées dans la forêt ou la neige, celle des petits animaux du jardin. Il s'agit d'une Nature un peu plus douce, plus pacifiée, plus domestiquée, mais cela reste de la nature.Dans quelques années, cette nature de proximité sera la seule qu'il nous restera.

C'est donc cette patiente accumulation de sensations personnelles distillées par la vie et la chance d'avoir rencontré une compagne qui est enthousiaste à l'idée de migrer vers plus de Nature qui nous a incité à entreprendre ce projet de restauration d'une ancienne maison de journalier située dans le Berry aux portes de la Brenne en pleine Nature. Nous sacrifions  beaucoup d'autres choses et mettons l'essentiel de nos économies dans les travaux, au fur et à mesure des disponibilités. Nous avançons lentement mais nous y mettons beaucoup de coeur. Nous ne sommes pas pressés.


Vieillesse

Ce n'est pas encore le moment pour moi de vous dire quoi que ce soit sur cette période de la trajectoire vitale. Je ne suis pas encore rendu à cette case-là du grand jeu de la vie, même si j'ai le sentiment que l'horloge tourne de plus en plus vite. Je parie que si j'atteins ce stade de la vie, la Nature continuera à jouer un grand rôle. Souvenez vous dans le film Soleil Vert (de Richard Fleischer avec Charlton Heston), les dernières images projetées dans le mouroir sont celles d'une Nature inviolée. Alors passons directement à la conclusion.



Epilogue

Hormis nos motivations individuelles et notre attrait respectif pour la Nature, le choix de tenter l'expérience d'une installation en milieu rural procède également d'une vision assez pessimiste du mode de vie urbain dans lequel il n'y a pas que des aspects sécuritaires, de qualité de vie ou environnementaux qui entrent en jeu. Il y a quelque chose de plus que le seul malaise urbain. Je sais bien que tout est discutable, qu'il y aura toujours quelqu'un pour dire que vivre en milieu rural a tout autant d'impact sur l'environnement que vivre en ville. Que c'est écologiquement plus respectueux de vivre en habitat collectif qu'en habitat individuel, que la campagne c'est le royaume des pesticides et des rivières polluées. Nous savons tous cela. Nous savons que choisir ce mode de vie, après vingt ou trente ans de vie citadine, attire toujours des railleries ou des sourires en coin. Mais, pour nous, ce qui compte c'est de retrouver une vie plus naturelle, plus simple, plus calme avec le sentiment qu'en changeant nos habitudes nous parviendrons peut-être aussi à réduire notre empreinte humaine" sur la planète au quotidien. Il y a tant de maisons qui tombent en ruine à la campagne. C'est bien dommage.

Vivre à la campagne, c'est se fournir localement. C'est aussi composter, recycler, gaspiller moins. C'est la possibilité d'utiliser des matériaux naturels, le bois pour construire et pour se chauffer, par exemple. C'est aussi obtenir des produits de son potager et de son verger ou ceux de voisins. C'est s'adonner à des sessions de cueillettes saisonnières. Il y a de nombreux avantages mais aussi beaucoup d'inconvénients, en particulier pour trouver sa place à la campagne, pour s'insérer discrètement et de façon pérenne dans une organisation humaine préexistante, avec ses codes et ses rythmes que certains néoruraux viennent parfois bousculer, comme récemment à Sainte-Offenge-Dessous, où un habitant exaspéré a porté plainte contre un éleveur pour une histoire de tintamarre de cloches (clarines) de vaches. Même si dans le match mode de vie urbain vs mode de vie rural on peut arriver à un match nul, de mon point de vue, la campagne offrira toujours un degré de liberté supplémentaire, celui d'être proche de la Nature et de se retrouver soi-même.

Bien sûr, les motivations ou l'histoire personnelles qui poussent quelqu'un à devenir un néorural ne sont pas nécessairement les mêmes pour tous. Pour certains, s'installer à la campagne correspondra à une fuite de quelque chose. Pour d'autres, ce sera des retrouvailles avec un monde idyllique ou idéalisé. D'autres encore, chercheront à reproduire leur mode de vie urbain mais en remplaçant leur décor urbain par un décor rustique. Toutefois, ce que je puis affirmer, sans grand risque d'erreur, c'est que le néorural authentique aime la Nature. Son amour pour la Nature l'emporte sur son désir de confort. Même si les deux ne sont pas en opposition, surtout quand on a compris que la Nature nous fournit l'essentiel de ce dont nous avons besoin, depuis le logement jusqu'à l'estomac en passant par la paix intérieure. On ne s'engage pas dans une telle aventure, si on considère la Nature comme un élément hostile. Ainsi, si cette expérience s'avère peu concluante d'ici quelques années il ne sera jamais trop tard pour (re)devenir, cette fois-ci, un néourbain.

11/09/2006

Les inconvénients de la vie à la campagne

medium_IMG_1953.jpg(ou comment de petits désagréments peuvent entamer le mythe idéalisé d'une vie à la campagne)

Comme vous l'avez constaté, ce blog se concentre sur les avantages de la vie à la campagne par rapport à la ville. Je souhaiterais clarifier ma position dans l'éventualité où certains commentateurs percevraient dans le fond et la forme des billets produits ici des idées de nature idéologique par exemple poujadisme, souverainisme, néo-réactionnarisme (?), fondamentalisme écologique, etc. Je précise que ce blog ne revendique pas spécialement une volonté d'objectivité. C'est un mélange de faits, de descriptions, d'opinions et de points de vue. On peut y percevoir une certaine forme d'engagement et de militantisme mais aucunement de radicalité. D'ailleurs, les commentateurs aux idées différentes sont les bienvenus. Ils permettent d'enrichir le débat.

Par ailleurs, il n'est pas du tout dans la vocation de ce blog d'opposer le mode de vie rural et celui de la ville, modes de vie tous deux séculaires qui s'enrichissent mutuellement et sont souvent en interaction.

C'est tout simplement un espace de réflexion pour ceux, et je crois qu'ils sont de plus en plus nombreux, qui, à un moment donné de leur vie, ressentent le désir d'une vie alternative, différente donc de celle qu'ils mènent actuellement en ville. C'est mon cas.

Ce blog revendique donc la liberté d'un choix de vie, les motivations sous-jacentes, les étapes du processus de ce changement, les avantages escomptés et bien sûr les obstacles afférents. C'est en quelque sorte un carnet de bord qui se veut autant philosophique que pratique à destination de ceux qui seraient tentés par une aventure similaire.

Le moins qu'on puisse dire c'est que l'exercice d'un choix de "retour" à une vie plus rustique, quand on est fondamentalement un urbain, ne va pas de soi. Il faut être prêt mentalement et matériellement avec parfois le sentiment de renoncer à quelque chose de vital, de quitter le connu et le familier pour l'inconnu et l'aléatoire et fatalement une impression latente de prise de risque professionnelle, sociale et personnelle. Mon expérience me pousse à dire qu'un tel changement ne doit pas se mener comme une rupture (sans allusions politiques) ou une fuite subite mais plutôt comme une démarche étalée dans le temps. La dimension temps est primordiale pour maîtriser les conditions de ce choix de vie et par conséquent pour limiter les déceptions. Ce besoin de "contrôle" ne rime pas forcément avec perte du charme de la spontanéité. Quand bien même on souhaite avoir tous les paramètres sous contrôle, la pleine maîtrise d'un tel projet semble bien vaine. On reste dans l'aléatoire, comme en ville d'ailleurs !

Dans le cas où vous - les citoyens qui rêvez de changer de vie - désirez quitter la (grande) ville pour refaire une nouvelle vie aux confins de la "nouvelle frontière" française, je vous livre ici quelques conseils basés sur mon expérience personnelle, donc du vécu ou du ressenti. Si donc vous envisagez de franchir le pas, je me permets de vous proposer en vrac une liste de désagréments potentiels absolus ou relatifs d'une vie de type rural.

Il s'agit de quelques inconvénients ou objections pouvant représenter des freins pour des citadins désirant opter pour ce mode de vie. Certains des inconvénients sont propres au monde campagnard, d'autres sont communs à la ville. Cette liste est bien évidemment non-exhaustive et à prendre avec du relativisme. En effet, selon votre tempérament, ils peuvent être facilement contrebalancés par de nombreux aspects positifs ou par des inconvénients pires propres au monde urbain.

  • Nuisances agricoles : bruit des machines, épandages, pollution agricole, bruits d'animaux (beuglements, aboiements, cris des volailles à toute heure de la nuit et du jour),

  • Nuisances domestiques : insectes omniprésents (araignées, frelons, fourmis, papillons de nuit, mouches), animaux soit disant "nuisibles" (souris, lérots, renards, taupes), poussières, feuilles mortes et débris végétaux rabattus par le vent à l'intérieur de l'habitation, environnement boueux l'hiver,

  • Confort : maisons plus froides l'hiver et parfois consommatrices d'énergie (maisons isolées), réception de la télévision parfois critique,

  • Relations avec le voisinage : litiges liés aux haies, clotures, arbres dépassant la limite de propriété, écobuage, bruits de tondeuses, barbecues, sollicitations diverses, rumeurs,

  • Rapport à l'espace : distances nécessitant un véhicule individuel la plupart du temps (travail, écoles, centres de soins, shopping), transports en communs rédhibitoires,

  • Rapport aux saisons : travaux saisonniers pouvant être perçus parfois comme une corvée (ramassage des feuilles mortes, tontes d'herbe, arrosages divers, coupes du bois), routes verglacées, aléas climatiques (foudre, tempêtes, sécheresses, inondations, incendies, pluies ou neige abondantes),

  • Accès aux losirs, culture, socialisation et technologies : loisirs peu variés (vides-greniers, fêtes de village, loto,) et éloignés, solitude et isolement, infrastructures peu développées, choix de consommation limités (l'Intermarché ou le Leclerc local),

  • Risques spécifiques : cambriolages ou crimes (maisons isolées), temps d'intervention des secours,

  • Vie professionnelle : difficultés à trouver un travail dans son créneau et de conserver les mêmes revenus qu'en ville.


Les phénomènes constatés apparaissent la plupart du temps de façon intermittente ou ponctuelle. Ces phénomènes n'ont rien de systématique. La norme est plutôt : le calme, la convivialité et un environnement globalement plus sain qu'en ville. Alors, n'hésitez pas à ajouter vos propres observations et désagréments à cette liste.