05/07/2008

Prospective : vers le retour d'une civilisation de cultivateurs et éleveurs ?

/tag/campagne/potager_slo.jpg Enfin, plutôt vers un mix de société post-industrielle et néolithique. Cet article est volontairement provocateur, mais la vision qui le sous-tend ne l'est pas tant que cela. L'argumentaire ci-après n'est pas basé sur des études mais plutôt sur un "feeling", un ressenti général.

Ce mode de vie sédentarisé où les populations se sont mises à cultiver tout en dépendant encore fortement des activités de cueillette pour subvenir à leurs besoins alimentaires a prévalu du néolithique jusqu'au début du XXe siècle dans les pays industrialisés. Et il continue de façon prépondérante pour une majeure partie de la population mondiale.

Alors que la vie devient de plus en plus chère, on se demande quand se produira le point de rupture. C'est à dire le moment où les gens vont devoir commencer à subvenir eux-mêmes à leurs besoins de base notamment en faisant pousser des légumes ou élever de petits animaux de basse cour. Il le feront soit comme activité d'appoint, soit comme activité principale. Ce sera en fonction de leurs possibilités "techniques" à savoir avoir accès ou pas à un lopin de terre.

Encore faudra-t-il pouvoir le faire ! Car les trois quarts de la population vivent maintenant en ville et majoritairement dans des appartements.

Ceux qui pourront donc mettre du beurre dans leurs épinards sont ceux qui logent dans une maison individuelle avec à disposition un coin de jardin.

Une possibilité très limitée existera aussi pour ceux habitant dans un appartement et disposant d'une terrasse ou d'un balcon. Cela leur permettra de pratiquer du micro-jardinage.

Tous les autres urbains, c'est à dire ceux vivant dans un appartement standard, seront pris au piège et seront probablement dans une situation de totale dépendance alimentaire.

On peut imaginer alors que les états devront instituer de vastes "restaurants du coeur" un peu sur le modèle des tickets de rationnement qui ont eu cours durant la seconde guerre mondiale. Tandis que les autres, ceux disposant d'un jardinet et les populations vivant en milieu rural, vivront une vie qui tendra vers l'auto-subsistance. Nous reviendrons dans un autre billet sur les différences entre auto-subsistance et autarcie.


Pourquoi les populations urbaines vont-elles être piégées ?

Tout d'abord une partie de la population, typiquement celle résidant en grande banlieue, ne pourra plus se déplacer en voiture entre son lieu de résidence et de travail à cause de l'envolée des prix du pétrole qui rendra ces déplacements insoutenables.

Par ailleurs, les prix alimentaires de plus en plus élevés feront s'interroger s'il n'est pas plus avantageux de produire soi même tout ou partie de son alimentation de base plutôt que de travailler de plus en plus dur pour obtenir la ressource financière permettant de l'acquérir.

Car pétrole et nourriture sont liés. En effet, le pétrole est l'un des "intrants" les plus importants de la nourriture : production mécanisée, agro-chimie, transformation alimentaire, conservation, distribution, etc. vont accentuer les prix des produits alimentaires. Bref, notre civilisation étant une civilisation du pétrole, c'est donc ses fondements même qui seront bousculés lorsque le pétrole ne sera plus accessible à la majorité de la population.

La conséquence immédiate de ce phénomène est que les prix de l'immobilier en grande banlieue vont s'effondrer (on constate déjà en 2008 des prémisses de ce phénomène). A l'inverse, les prix de l'immobilier dans les centres ville vont eux augmenter car les gens vont chercher à se rapprocher de leur lieu de travail. Dans un second temps, ce sera l'inverse.

Par conséquent, nous aurons en centre ville une population d'élite, riche et en banlieue les pauvres qui ne pourront plus se déplacer en voiture et seront tributaires de transports publics bondés et de plus en plus vétustes. Des trajets quotidiens de quatre heures seront courants ce qui rendra de plus en plus difficile ce mode de vie basé sur des déplacements banlieue à ville. C'est déjà le cas, mais ce phénomène va s'amplifier. Pour vous faire une idée, vous n'avez qu'à vous souvenir des grandes journées de grève à Paris ! Autant prendre sa journée de RTT que d'essayer d'aller rejoindre son lieu de travail.

Le problème est que les "nouveaux pauvres" seront désoeuvrés dans leur banlieues lointaines étant donné que le marché du travail lui se concentrera plutôt dans les centres. Le marché du travail local va mettre un certain temps à se structurer. Ces populations n'auront donc pas d'autre choix que d'essayer de cultiver leur jardin et élever quelques poules pour se nourrir ou compléter leurs revenus. Bien entendu, ce ne sera pas la seule activité de ces populations. Elles devront en fin de compte cumuler plusieurs activités, certaines rémunératrices d'autres d'auto-subsistance. Toutefois l'ensemble de ces activités seront fortement ancrées dans le local.

Car en effet toute la vie deviendra soudainement très locale et particulièrement ralentie avec une diminution de la fréquence des déplacements motorisés et aussi de leur rayon. A votre avis, pensez-vous trouver un travail correspondant à vos qualifications actuelles dans un rayon de moins de 10 km ? Cela ne le sera possible que dans les grandes villes, à distance de vélo ou dans un environnement disposant d'un réseau de transports urbains dense.

J'entrevois donc que la campagne deviendra tout d'un coup beaucoup plus attractive qu'elle ne l'est à présent. En effet, à la campagne, l'esprit pionnier restera possible. A la campagne une forme d'auto-subsistance sera encore envisageable. La campagne permettra deux types d'auto-subsistance. Attention je ne parle pas d'autarcie pour le moment ! Au contraire, nous aurons de nombreux échanges (et du troc) entre différentes communautés rurales.

La campagne rendra possible :

  • l'autosubsistance alimentaire : jardinage, élevage, cueillette et pourquoi pas pêche ou chasse,
  • l'autosubsistance énergétique : se chauffer avec des sources d'énergie disponibles localement en particulier le bois,
  • le troc qui permettra de recréer les conditions d'une société pérenne grâce à la pratique de l'échange.

Alors, préparez-vous, du moins mentalement, à cette nouvelle civilisation qui n'est pas totalement à exclure. Notez que je ne porte pas de jugement de valeur à savoir si cette nouvelle ère représentera un progrès ou plutôt une régression. Préparons-nous y plutôt joyeusement et pas comme si c'était une catastrophe ! Après tout nous ne devons que renoncer à notre mode de vie actuel fondé sur le tout pétrole. Qui sait si le mode de vie futur ne sera pas finalement meilleur ?

27/05/2008

Le blog "S'installer et vivre à la campagne"... vers un site collectif ?

1205624582.jpgChers petits lecteurs et lectrices,

J'ai créé ce blog en 2003. Et son succès ne tarit pas ! Ainsi vous êtes chaque mois plus de 5000 visiteurs uniques à consulter ces contenus axés sur la vie à la campagne... Et chaque mois affiche une croissance presque insolente en général supérieure au mois précédent.

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Je vous en remercie infiniment car vous avez permis à ce blog une longévité exceptionnelle !

Cela indique que ce sujet passionne de plus en plus de nos concitoyens.

Or, en ce moment il m'est difficile d'animer seul le site. Et vous l'avez sans doute remarqué car mes articles se font plus rares... Pour plusieurs raisons : personnelles et professionnelles. Ces raisons font de moi actuellement davantage un urbain qu'un campagnard. Mais ce n'est que temporaire car on ne peut pas lutter durablement contre "sa nature" profonde.

C'est pour cela que l'idée m'était venue d'ouvrir ce site à vous autres afin de vous le rendre car il vous appartient.

Ainsi chacun(e) de vous pourrait devenir un membre rédacteur et publier (ou dupliquer) ses points de vue sur le sujet "s'installer et vivre à la campagne" et tous autres thèmes philosophiques liés aux styles de vie ruraux et urbains.

Vous avez remarqué que le champ d'exploration est vaste puisque ce blog couvre aussi bien la nature, le jardinage, la réhabilitation d'une maison que des sujets sociologiques voire écologiques et technologiques (connectivité Internet en milieu rural !). Donc, chacun pourra y trouver un espace cohérent en rapport avec ses idées et opinions.

Le ton ici est libre et les commentaires polis et courtois en général. Les articles de fond son pédagogiques et ne cherchent pas à créer de polémiques. L'explication prévaut. Mais on a le droit de défendre ses convictions... dans le respect aussi bien des rédacteurs que des commentateurs.

Vous constaterez également que des liens publicitaires sont affichés, assez discrètement j'espère. Sachez que ces liens ne m'ont rien rapporté pour le moment. Toutefois, si le succès est au rendez-vous je suggère que ces revenus soient 1) soit partagés et restitués à tous les rédacteurs de ce blog devenu communautaire, 2) soit reversés à une association de votre choix ou à créer !

A ce propos, je suis aussi ouvert à créer une association permettant de fédérer ceux qui sont dans une démarche (ou réflexion) de migration de la ville vers la campagne et d'entraide entre les membres. Cela peut être l'un des prochains sujets à aborder dans le nouveau "S'installer et vivre à la campagne" communautaire.

Concrètement, si vous êtes partant(e)s pour co-animer ce site, c'est très simple. Faites-le moi savoir afin que je vous ouvre un compte vous permettant de publier et administrer ce blog. Actuellement, la formule prise auprès de l'hébergeur (Haut & Fort) ne permet pas de multiples comptes. Pour cela, il faut souscrire une option payante à 150 € / an. Je suis prêt à y souscrire s'il y a suffisamment de rédacteurs passionnés et impliqués.

Je serai particulièrement fier et honoré de transformer cette aventure au départ individuelle en un succès et une expérience collective.

Je compte beaucoup sur vous pour impulser une nouvelle dynamique au blog "S'installer et vivre à la campagne".

Bien à vous,

HK

09/07/2007

No comment!

Certaines situations se passent de mots. Il suffit d'ouvrir grand ses oreilles et se laisser envahir par une ambiance. A bientôt !



podcast

 NB : pousser le volume à fond...

19/05/2007

Les petits êtres de chez nous (2)

medium_Le_Furtif_Herisson.jpgJe profite de cette fin de semaine pour ajouter un petit être de chez nous. Cette magnifique photo de hérisson semble être celle d'un Erinaceus concolor (le petit sympa, originiare d'Europe centrale et orientale). Apparemment, il ne s'agit pas d'Erinaceus europaeus, ou hérisson commun, plus gros à la truffe humide et un peu "puant".

Pour en être bien sûr, il faudrait vérifier la couleur du pelage sur son poitrail. S'il est clair il y a des chances que ce soit le concolor. A l'inverse, il se pourrait bien que ce soit l'europaeus. Il me faudrait d'autres photos de plus près pour confirmer.

Ce qui me surprend c'est que l'habitat du concolor est situé davantage en Europe centrale et orientale. Je dois sûrement me tromper dans l'identification. Je suis preneur de toute précision pour résoudre cette énigme.

Pour une fois, la photo n'est pas de moi. J'en ai bien quelques unes mais il faudrait que je les scanne. De plus, elles ont été prises hors contexte (capturé, puis relâché). C'est Le Furtif qui m'envoie amicalement cette photo-ci ! Le Furtif est disons un presque voisin du Berry. Il a dans son jardin un visiteur peu farouche qui aime bien se restaurer dans la gamelle du chien.


Merci au Furtif pour ces compléments de vie et de ta fidélité sur ce blog !

NB : de belles vues de hérisson sont aussi à admirer du côté de la tanière numérique de Din-Diu.

12/05/2007

Les petits êtres de chez nous

Voici quelques animaux que l'on trouve couramment dans nos jardins campagnards. Et bien d'autres encore qui ne se laissent pas prendre.

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  Musaraigne

 

 

  

 

medium_IMG_0217.jpgLapin de Garenne









medium_IMG_0330.jpgEcureuil









medium_IMG_2110.2.jpgRagondin







medium_IMG_0269.jpgLézard (appelé aussi Lisette)

 

 

 

 

 

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  Couleuvre

 

  

 

 

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  Mésange

 

 

 

 


medium_IMG_1206.jpg Grenouille (Rainette)

 

 

  

  

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  Abeilles

 

  

 

 

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  Mante religieuse

 

 

 

 

 

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  Araignée "tarentule"

 

 

 

  

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Lucane cerf-volant

 

 

 

 

medium_IMG_1983.2.jpgSorte de hanneton noir

19/04/2007

Country song : Coocoo's song

Une campagne bruyante, une Nature obsédante !


podcast
 

NB : régler le volume à fond !

13/04/2007

Coût de la vie : la vie est-elle vraiment moins chère à la campagne ?

medium_IMG_1848.2.jpgNous sommes toujours dans le cycle des questions posées par notre ami journaliste. Les précédentes questions de la "Faque des champs" traitaient du projet de changement de vie et de recherche immobilière à la campagne.  Cette fois-ci, nous allons aborder le sujet du coût de la vie et des différences entre ville et campagne.

Il existe tout un a priori tenace que la vie à la campagne est moins chère qu'en milieu urbain. Nous allons donc chercher à voir si c'est le cas et passer en revue les différents postes de dépense identifiables. Les lecteurs et commentateurs pourront sûrement apporter des compléments voir réfuter certaines des observations proposées ci-après.


Quelles sont les dépenses induites en ville qu'on ne retrouve pas à la campagne ?
  • Les abonnements aux transports urbains. Par exemple, la carte Orange en Ile de France nécessite de débourser 68 euros / mois pour "3 zones" (cas de banlieusards se rendant quotidiennement à Paris ou vers une autre banlieue),
  • La fréquence et l'intensité des sorties. Les spectacles, cinéma, restaurants, divertissements entre amis... tendent à générer une dépense accrue,
  • Éventuellement, la course à une tenue vestimentaire à la mode (phénomène des soldes et autres sollicitations commerciales) peut grever le budget disponible,
  • Les rythmes de vie en ville induisent une multiplication du besoin de vacances et un désir d'évasion plus prégnant (séjours à la neige, vers des destinations lointaines, weekends, etc.). Ces occurrences de grands voyages sont consommatrices en ressources financières. Cela est particulièrement vrai pour les populations bénéficiant d'un bon niveau de vie. A la campagne, on parvient à se sentir plus facilement en vacances à la faveur des soirs d'été et des weekends. De ce fait, les vraies vacances à la campagne ont tendance à se cristalliser autour d'un ou deux grands séjours annuels (bord de mer en France et plus rarement un séjour au ski ou au long cours).  Évidemment, pour des populations vivant près des massifs montagneux ou le littoral ensoleillé le besoin de vacances est plus facile et moins coûteux à satisfaire spontanément. Les habitants de Lille, Strasbourg ou Paris en revanche doivent s'organiser et engager plus de budget pour la même finalité.

Quelles sont les dépenses quasi-obligatoires de la vie à la campagne qu'on ne retrouve pas en ville ?
  • L'usage pratiquement indispensable d'un voire deux véhicules par foyer pour les déplacements liés au travail (manque de transports publics fréquents),
  • La nécessité pressante d'un scooter pour les enfants adolescents,
  • Le jardinage, le bricolage, l'entretien de la maison et les loisirs en extérieur (produits et équipements coûteux),
  • Le coût additionnel représenté par le besoin pour les enfants étudiants de se loger en ville la semaine pour suivre leurs études,
  • Crèches, gardes d'enfants et écoles parfois privées (internats) faute de choix et du fait de l'éloignement de ces infrastructures par rapport au domicile.


Vais-je dépenser moins en vivant à la campagne ?

  • A la campagne, on prend l'habitude de faire plus attention aux dépenses "évitables". On est moins enclins à dépenser. La vie à tendance à se dérouler de façon locale et auto-centrée sur la maison (pour ceux qui ont la chance d'en être propriétaire ou locataire),
  • Les impôts locaux, dans certains départements, peuvent être très inférieurs à ceux pratiqués en ville (un rapport d'un à trois est courant).


Le coût des produits courants est-il vraiment différent ? (pain, huile, sucre, café, etc.)

  • Probablement. Toutefois il est très difficile de comparer. En ville, il existe de nombreux magasins de type discounters. Cela permet d'avoir le choix dans la source d'approvisionnement au niveau d'un périmètre donné. Ce n'est pas le cas en milieu rural où très souvent règne une seule marque de magasins (supermarché) localement. Par conséquent, la marque dominante est libre de pratiquer les prix qu'elle souhaite. Mettant parfois dans l'embarras les épiceries traditionnelles dans la même zone de chalandise. Par ailleurs, si vous résidez dans un hameau un peu distant d'un centre de vie (bourgade), il faudrait, pour avoir une vison plus réaliste des prix, intégrer le coût additionnel engendré par la nécessité de se déplacer en voiture pour faire ses courses.


Ainsi, Baronette, une bloggeuse vivant en continu en milieu rural, après avoir vécu longtemps dans une grande capitale régionale, nous donne son point de vue concret :

"Pour répondre à ta question, je me suis penchée sur les courses. Comme je te l'ai dit, je ne fais pas mes courses en grande surface mais en magasin bio. Alors j'ai comparé mes tickets de caisse des magasins bio en ville et ceux de la petite épicerie bio de ma campagne. Il y a huit produits que j'ai pu comparer car identiques (même marque). Dans les deux cas, sur les huit produits, il y en a sept moins chers dans ma petite épicerie (de 6 cts à 2,49 euros de différence) et un plus cher de 30 cts, sans raison valable puisque ce sont des produits basiques (sucre, yaourts...) et de même provenance. Je pense que les fruits (sauf les fruits exotiques évidemment) et légumes sont également moins chers du fait de la proximité des producteurs. Il en va de même pour le vin (producteurs locaux). La différence, c'est que je dois prendre la voiture pour faire les courses (ce qui n'était pas le cas en ville). Donc le coût de l'essence est à rajouter (10 kms). Dans notre village distant d'un kilomètre, nous avons une petite boulangerie, épicerie qui nous permet de nous ravitailler en cas de manque. Le pain est moins cher qu'en ville et dure plus longtemps. Mais pour l'épicerie, c'est beaucoup plus cher que dans une supérette de proximité en ville".


Plus loin, Baronette ajoute :

"Au final, je pense qu'il n'y a pas une énorme différence de prix entre la ville et la campagne en ce qui concerne l'alimentation, puisque, même si les prix sont légèrement inférieurs dans ma petite épicerie bio, j'ai l'essence en plus et d'autres produits que je paie plus chers (comme le café par exemple qu'on achète à la boulangerie). En revanche au niveau de la qualité, il n'y a pas photo ! Pour la même qualité en ville, il faut soit payer très cher, soit avoir de super adresses. Mais dans ce cas, ce n'est plus à proximité. Et puis à la campagne, on a toujours des possibilités pour faire des économies que l'on n'a pas forcément en ville : faire un potager, avoir quelques poules, des voisins charitables qui prévoient un trop gros jardin..."

On l'aura compris. Pas forcément moins cher, mais sûrement de meilleure qualité ! N'hésitez pas à visiter régulièrement le blog de Baronette et Cie. Ce sont des sujets qu'elle adresse également dans son espace thématique et de façon fort détaillée.


Comment faire pour diminuer ses besoins ? (eau, électricité, chauffage, nourriture, déplacements, etc.)

Ce n'est pas tant les besoins que l'on diminue. Il n'est parfois tout simplement pas possible de les diminuer (incompressibilité). En revanche, les besoins peuvent être adaptés en fonction des ressources locales disponibles.
En effet, la première chose est de considérer qu'à la campagne certaines ressources peuvent être disponibles sur place.
  • le bois pour le chauffage et l'eau chaude,
  • la récupération de l'eau de pluie pour le jardinage voire pour un double circuit d'alimentation en eau après purification (usages domestiques de l'eau),
  • le potager et le verger pour fournir un complément plus ou moins important en produits alimentaires frais,
  • la possibilité accrue de jouer, dans certains cas, la carte des énergies renouvelables (panneaux solaires, petit éolien, chauffage au bois, géothermie) chose plus difficile en ville. Attention toutefois ! Pour rentabiliser ce type d'installation plusieurs années (jusqu'à 10 ans !) sont nécessaires. On ne ressent par conséquent pas les bénéfices toujours immédiatement,
  • le compostage permet d'économiser sur l'achat de terreau et d'engrais. En même temps, on réduit le poids des déchets allant vers l'incinérateur. C'est un gain pour la collectivité.


Les énergies renouvelables, vous les utilisez ? (solaire, eau de pluie, bois, compost, etc.)

Dans mon cas, je suis en cours d'installation d'un poêle à bois qui distribuera de l'air chaud dans toute la maison. Les panneaux radiants ne serviront plus que d'appoint là où aujourd'hui ils servent à chauffer, assez mal d'ailleurs et de façon non économique et non écologique, la maison. J'envisage également l'installation de panneaux solaires pour la production d'eau chaude. Finalement, j'envisage une véranda côté ouest pour créer un "puits de chaleur" au printemps et en automne.

Pour le moment, je récupère l'eau de pluie de façon artisanale sous la forme de deux bacs PVC de 500 litres. Toutefois, je sens la nécessité, dans un avenir proche, d'installer une cuve de 2000 ou 3000 L enterrée et alimentée par les eaux des précipitations provenant des différents toits. Vu les périodes de sécheresse prévisibles ces prochaines années, cela devrait me soulager au niveau du puisage de l'eau. Par ailleurs, je dispose d'un puits dans le jardin que je n'utilise pas pour le moment.


Le chauffage est-il un poste de dépense important ? (vieille maison, pas de murs mitoyens avec les voisins, etc.)

Oui le chauffage et plus généralement l'électricité dans mon cas est, au stade actuel de mon aménagement, un poste important (de 50 à 100 euros / mois). La maison est isolée, donc aucun mur d'un bienveillant voisin pour me fournir quelques calories supplémentaires C'est un inconvénient relatif lorsqu'on habite une maison ancienne isolée. Je rappelle que je n'ai pas fait construire la maison. Elle est là depuis 200 ans !

Comme on l'a déjà vu dans de précédentes notes, il est important de bien isoler sa maison et de couper le maximum de ponts thermiques.


Conclusion

En conclusion, certains postes de vie sont largement inférieurs à la campagne (loyers, impôts, matériaux...). D'autres, comme la voiture ou le chauffage sont plus onéreux si on accepte aveuglément les diktats des modes de vie imposés. Cependant, on ne peut pas vraiment poser la question du coût de la vie uniquement sous l'angle du "coût". Il faut évidemment mettre en parallèle l'aspect "revenus". Et c'est là que le bât blesse. Les revenus, à la campagne, sont très en-dessous de ceux qu'on peut escompter en habitant en ville (jusqu'à 40 ou 50% inférieurs). Le choix d'un poste de travail est moins large en milieu rural, ce qui entraine une mobilité professionnelle réduite. Les distances à parcourir pour se rendre à son travail en véhicule personnel peuvent induire pas mal de frais et de stress mais aussi de risques l'hiver. De plus, occuper un emploi à la campagne, pour un couple, nécessite souvent deux véhicules. Si vous avez la chance de travailler localement ou depuis chez vous, le train de vie à la campagne se révèlera être bien inférieur à celui connu en ville.

Tout le challenge est donc là : comment limiter la baisse de son niveau de revenu par rapport à celui possible dans une grande ville tout en parvenant à diminuer parallèlement ses coûts de vie ?

La réponse, nécessite une réflexion complémentaire sur le développement professionnel à la campagne. Sujet qu'il sera impossible de ne pas aborder dans une prochaine note.

 

N'hésitez pas à enrichir ce débat par des commentaires issus de votre expérience ou vision de la réalité. Votre regard critique sera également apprécié.  

 

Remerciements

Je tiens à remercier chaleureusement Baronette pour ses précieux renseignements. Baronette adresse également ce sujet dans sa note "De l'art de faire ses courses".

18/12/2006

Un temps à raclette et... à amis, à moins que ce soit le plat de la discorde !

medium_Raclette_blogesque.jpgOn nous annonce (enfin) pour les tout prochains jours quelques températures négatives. Il est temps de songer aux bonnes petites soirées entre amis (*). La raclette fait partie de ces plats fédérateurs et emblématiques indissociables de l'amitié.

Aujourd'hui, on trouve des appareils à raclette électriques dans presque chaque foyer. On ne s'en sert guère que deux ou trois fois par an.

A la campagne, il est possible de se passer d'électricité pour se préparer une délicieuse raclette. Il suffit d'utiliser les braises de l'âtre pour faire fondre le fromage. Mais pas trop près quand même ! Le fromage doit fondre lentement sans griller.

Il faut savoir qu'à l'origine l'appareil à raclette n'était pas électrique. C'était un ustensile en fer forgé permettant de maintenir la demi meule de fromage en diagonale et placé près de la cheminée justement. Le fromage s'écoulait ainsi lentement sous l'effet de la gravité sur le plat de pommes de terre ou de charcuterie. Le raclage n'était donc pas nécessaire. Lentement oui, n'oublions pas que ce mets nous vient de Suisse.

Plus exactement, la raclette serait originaire du canton de Valais. Elle y a d'ailleurs obtenue une AOC (Appellation d'Origine Contrôlée) qui fait débat en Suisse. Cette affaire d'AOC oppose les producteurs de fromage à raclette Valaisans, qui ont obtenu cette AOC, aux autres producteurs suisses qui produisent un fromage identique. Ces producteurs en colère tentent de faire annuler l'AOC des Valaisans par un recours en justice.

Ce que l'on peut dire c'est que lorsque cette bataille intra-suisse sera gagnée, il faudra se battre à nouveau car l'autre pays de la raclette, et bien, c'est... la France. Notre pays produit en effet autant de fromage à raclette que la Suisse. Alors, pour gagner cette bataille les Suisses ont intérêt à rester unis afin que la raclette ne suive pas le même cheminement que l'Emmental ou le Gruyère, des produits aujourd'hui fortement mondialisés.

Ce n'est quand même pas la peine d'en faire un fromage, avec force de marketing les Suisses parviendront bien à redorer  leur blason et à faire reconnaitre la paternité du fromage à raclette au monde entier.


(*) je réctifie en disant qu'il n'y a pas de saison pour l'amitié !


Quelques liens

Tout (presque) sur la raclette sur Saveurs du Monde  
La raclette vue par Wikipedia
Litige au sujet de l'Aoc de la raclette
Les Valaisans veulent gagner la bataille de la raclette

Querelle de clocher autour de la raclette 

15/12/2006

Campagne profonde et Internet : quand se connecter devient une option envisageable

medium_IMG_1327.jpg C'est avec une certaine émotion comparable aux sentiments éprouvés lorsque l'homme foula pour la première fois le sol lunaire que je vous fais partager mon expérience de connectivité depuis ce que l'on appelle pudiquement une "zone blanche".

L'objet de ce billet n'est toutefois pas de me plaindre. On m'a trop souvent reproché de vouloir le beurre et l'argent du beurre, qu'on ne pouvait pas prétendre à l'air pur et à la modernité, comme si la réunion des deux était impossible voire taboue. Au contraire, ce billet a pour ambition de vous fournir quelques conseils simples et de base pour garder un contact minimaliste avec vos habitudes Internet issues de la ville.

La modernité et la technologie n'évoluent pas au même rythme en milieu urbain et rural, entre les pays dits du Nord et du Sud. La "fracture numérique" demeure un concept hélas valide. Or, mon tempérament ne prévoit pas l'abandon et la résignation. Je me suis donc mis à étudier toutes les options à ma disposition pour tenter de rester connecté, mais pas que coûte que coûte !


Voici les options envisageables :

ADSL/Câble

Les petites villes ou gros bourgs régionaux peuvent se situer fortuitement sur une dorsale Internet. Il n'est pas rare que l'ADSL y soit disponible. Ces bourgades sont fréquemment dans des zones non dégroupées. Cela signifie que vous n'aurez pas forcément un vaste choix d'opérateurs concurrents. Pour bénéficier du haut débit ADSL de façon fluide, il faut être situé disons à environ 2,5 km de ce que l'on appelle le NRA (Noeud de raccordement d'abonnés). Vous pouvez effectuer un test de compatibilité de votre ligne téléphonique avec l'ADSL ici : http://www.linternaute.com/adsl/ .

De façon générale, cette notion de distance n'est pas l'unique critère à prendre en compte. On peut très bien avoir du haut débit au-delà des 3 km, mais il est clair que cela sera la plupart du temps plus problématique et avec des services en moins (TV ADSL, téléchargements intensifs et tous les services habituellement fournis par ce que l'on appelle l'ADSL 2+, à titre d'exemple). D'autres caractéristiques entrent également en jeu telles le modem, l'équipement informatique, l'état général de la ligne téléphonique (côté France Telecom) ainsi que celui de votre installation téléphonique (chez vous cette fois-ci). Dites vous bien que si vous vous situez à plus de 5 km d'un NRA, dans un hameau ou une ferme isolée, il vaut mieux étudier les solutions suivantes.


Satellite uni- et bidirectionnel

Ces solutions permettent de se connecter à Internet via une antenne parabolique pointée sur un satellite de communication. Il existe deux voies. L'unidirectionnelle permet uniquement de recevoir ce qu'on appelle le flux descendant : de l'Internet vers soi (en mode téléchargement et consultation de pages web). Le flux montant (depuis votre ordinateur vers l'Internet, pour envoyer un commentaire sur un blog ou un courriel, par exemple) est lui assuré par une ligne téléphonique classique, RNIS voire le mobile (GPRS).  La bidirectionnelle quant à elle permet de se connecter dans les deux modes descendant et montant avec le même dispositif satellitaire sans nécessité de passer par une ligne téléphonique.

Les solutions satellitaires ne permettent pas d'avoir des débits (8 à 20 Mo) et tarifs comparables (15 à 35 euros/mois) à ceux proposés par l'ADSL ou le câble. En revanche, le satellite vous proposera un débit honorable pour un usage Internet courant (navigation web, blogging, courriers électroniques, messagerie instantanée...). Les débits (descendants) proposés vont de 512 jusqu'à 4 ou 8 voire 24 Mo ! Du côté des tarifs, c'est déjà plus compliqué.

Si vous optez pour de l'unidirectionnel, vous trouverez des offres de base à 9,90 euros TTC/mois auxquels il est nécessaire d'ajouter des frais fixes pour l'antenne et le boîtier, du matériel informatique additionnel (carte PCI)... Les offres satellitaires de base sont limitées à un volume de données allant de 500 à 3 Mo. Et si vous voulez passer à de l'illimité cela vous sera facturé 19,90 euros TTC / mois. Cette étude tarifaire est basée sur l'opérateur SkyDSL. Il suffit de comparer avec d'autres opérateurs pour avoir une vision plus précise. Je n'ai pas encore réalisé d'intercomparaison entre les différents prestataires satellites mais c'est prévu. A cela il ne faut pas oublier d'ajouter les abonnements et/ou la consommation pour le trafic montant ("upload") relayé par un autre mode que le satellite. Dans ce cas, c'est soit un opérateur téléphonique filaire soit mobile qui assure cette fonction. Au final, vous devrez tabler sur une facture Internet mensuelle globale satellite unidirectionnel + opérateur téléphonique entre 30 et 70 euros selon les formules choisies.

Si vous optez pour du satellite bidirectionnel, c'est l'idéal en termes de convivialité. Un seul dispositif pour utiliser sereinement la plupart des services de l'Internet. Mais là où le bât blesse, par rapport à l'unidirectionnel, c'est le prix exorbitant de l'installation puis du service. Jugez par vous même :

  • Frais d'installation : 2 à 3000 euros TTC
  • Abonnement mensuel incluant le matériel pour un trafic illimité : 944 euros TTC/mois pour 1024 kb/s en débit montant et 2048 kb/s en débit descendant et 544 euros TTC/mois (512 kb/s en débit montant et 1024 kb/s en débit descendant).

Ces données tarifiares sont basées sur l'opérateur i-sat qui communique ses tarifs en toute transparence en les affichant sur son site web. L'opérateur Sat2Way propose un abonnement mensuel à 319 euros TTC/mois pour 512 kb/s en débit montant et 1024 kb/s en débit descendant. On voit bien que la solution bidirectionnelle n'est pas une option intéressante pour un particulier vivant en situation isolée.

Même si vous mutualisez avec dix autres foyers grâce à un dispositif WiFi dans le hameau, chacun paiera sa part de connexion entre 35 et 90 euros pour des performances à partager donc entre tous les membres.
 
Autres prérequis : pouvoir installer une antenne satellite côté sud de votre habitation et disposer pour le flux montant soit d'une ligne téléphonique analogique, soit numérique soit cellulaire (GPRS ou UMTS).


Certaines de ces solutions ont été mises en oeuvre de façon remarquable et courageuse dans des lieux déséspérément à l'écart de toute infrastructure. Chapeau bas, d'autant plus que ces projets sont souvent initiés ou portés par des individus enthousiastes. Vous trouverez quelques liens menant à des retours d'expérience en bas de note.

 

RTC

C'est hélas l'alternative la plus immédiate pour accéder à l'Internet mais à bas-débit : 56 K ! Soit un débit de 100 à 400 inférieur à l'ADSL). Orange (France Telecom), Club-Internet, AOL et quelques autres opérateurs se tirent la bourre avec des offres bas débit de 10 à 29,90 euros/mois (le 90 centimes a l'air important pour tous ces opérateurs) pour 35 à 100 heures de communication incluses. Les offres sont difficilement comparables entre elles car chaque opérateur propose un tarif par rapport à un forfait d'heure spécifique. Il faut noter que Free propose un tarif unique tout inclus de 29,90 euros en zone non-dégroupée avec engagement de souscrire à l'offre ADSL dés que celle-ci sera disponible, si jamais elle l'est un jour !


Processus de choix

En attendant la généralisation du haut débit par ondes de type WiMax, chacun devra étudier la solution alternative la plus accessible et la moins coûteuse pour se connecter à Internet en zone blanche. Voici comment j'ai décidé de raisonner. Vu que je réside à 6,4 km du NRA, je ne puis opter pour l'ADSL. Par ailleurs, n'ayant pas de ligne téléphonique je ne puis pas non plus opter pour une offre satellite unidirectionnelle.

Mon choix se restreint donc considérablement. J'ai le choix d'ouvrir une ligne téléphonique France Telecom pour n'avoir que du bas débit là où, pour le même tarif, les autres "en ville" obtiendront de l'ADSL. Je ne peux pas envisager cette option qui me semble profondément injuste.

Alors que me reste t-il dans mon escarcelle ? Le satellite bidirectionnel ? Trop cher, je ne peux tout simplement pas payer de 319 à 944 euros/mois pour un accès Internet même à très haut-débit ! De plus, je ne peux pas entrer dans un schéma de mutualisation avec les habitants du hameau puisque j'habite à environ un demi kilomètre de mon premier voisin dans un lieu entouré de végétation. Je ne m'en pleins pas d'ailleurs ! Cependant, je suis d'accord pour m'engager sur un tel projet avec les villageois pour le principe et l'expérience. On a déjà évoqué ce besoin avec les plus jeunes, juste quelques "Et si" ! Quelques idées en l'air quand on s'invite les uns chez les autres.
Il me reste donc deux solutions. Et ces solutions viennent du monde de la téléphonie mobile.


GSM

Il est possible de trouver encore plus bas que le bas-débit. Le bas-débit à 56 kbps c'est du passé ! Le présent est au bas-débit GSM à 9,6 kbps. Et oui, vous pouvez vous servir de votre téléphone mobile comme d'un modem. Vous reliez votre téléphone mobile soit par câble, soit en Infra-rouge ou Bluetooth à votre ordinateur, vous paramétrez une nouvelle connexion et cela vous permet juste de récupérer vos messages électroniques (sans les pièces attachées toutefois). N'espérez pas naviguer sur la toile. Cela vous prendrait tout simplement 17 minutes pour afficher la page d'accueil de votre blogue. Cette option n'est vraiment intéressante que pour le "fun" ! J'ai testé, c'est quasiment inexploitable. Alors existe t-il une solution miraculeuse ?


GPRS

Aujourd'hui, la plupart des opérateurs de mobiles en France proposent un réseau soit GPRS (ou EDGE), soit UMTS. Dans mon cas, j'ai accès au GPRS. Le débit du GPRS n'est pas formidable, de 20 à 30 kbps mais il est suffisant pour rédiger et recevoir son courrier électronique. Pour exploiter au maximum les possibilités du GPRS il est préférable d'avoir un téléphone mobile ayant une classe "chiffre" de 10 ou 12. Il s'agit des canaux ascendants et descendants disponibles sur le téléphone et permettant de gérer les communications et affecter les canaux pour un usage optimal. C'est un peu technique, j'admets. Pour cela, je vous recommande la lecture du lien "Comprendre les classes GPRS" de ZDnet.

Il faut savoir que, selon Bouygues, 91% de la population peut accéder au haut-débit mobile de type GPRS. Attention, 91% de la population couverte ne signifie pas 91% du territoire ! Les densités de population étant ce qu'elles sont, fortement urbaines. Vérifiez auprès de votre opérateur actuel si vous êtes en zone GPRS ou EDGE voire UMTS. Normalement, si tel est le cas, votre téléphone mobile affiche une petite icône "E" ou l'acronyme "GPRS".

Je suis donc en mesure aujourd'hui de consulter et envoyer des messages électroniques directement depuis mon nouveau téléphone mobile de marque Samsung SGH-X700 (classe 10). Pour moi, vu le contexte dans lequel je me suis fourré, cela représente une véritable révolution technologique. Il y a cinq ans, pour pouvoir communiquer avec mon mobile, je devais aller au fond du jardin, qu'il pleuve ou qu'il vente, ou me contorsionner devant la fenêtre de la cuisine pour assurer une brève conversation. Inutile de vous préciser que la conversation s'interrompait sans crier gare une fois sur deux. De ce point de vue là, il y a eu un certain effort de développement en couverture comme en qualité.

Cependant, depuis peu sont apparues sur le marché des offres Haut Débit mobile pour les PC et disponibles également pour les particuliers. Peut-être que ces offres vont changer la nature du problème des "zones blanches" que connaissent certaines régions.

 

Le Haut Débit mobile

Jusque là, ces offres "PC Data" étaient dédiées aux professionnels. Il s'agit de cartes PCMCIA munies d'une antenne qu'on enfiche dans son ordinateur portable et promettant d'obtenir des vitesses de six à dix fois supérieures à celles du GPRS (soit, si on est fort en calcul, de 120 à 300 kbps). Enfin, ces indications apparaissent dans un communiqué de presse de Bouygues. Il semble que ces performances s'appuient sur les protocoles EDGE voire même un mélange de protocoles. Ne voyez pas un tropisme commercial éxagéré à l'endroit de Bouygues. Je ne connais pas bien les offres des autres opérateurs. Orange semble proposer une offre comparable appelée Mobile PC Card (24 euros/mois pour trois heures de connexion). SFR aussi propose une solution carte (Vodafone Mobile Connect Card) mais il semble qu'elle soit dédiée aux entreprises. Chez Bouygues, cette toute nouvelle offre grand public s'intitule carte Internet Haut Débit Mobile 100Mo+100Mo. Vos commentaires pour élargir la vision sur les offres disponibles seront les bienvenus. Vos retours d'expérience sur le côté pratique de l'affaire également. Avant de franchir le pas et de m'engager dans un abonnement (supplémentaire) de 29,90 euros par mois pendant 24 mois, je dois être certain que ma PC Card captera le Haut-Débit mobile. Pour cela, une négociation avec le service commercial de l'opérateur mobile devra avoir lieu pour voir dans quelle mesure une résiliation de l'abonnement pourrait intervenir si le service promis ne fonctionne pas dans le lieu où l'on souhaite le mettre en oeuvre.


Conclusion

Lorsque l'on vit en milieu isolé (je le répète, dans mon cas, c'est par choix. D'autres n'ont tout simplement pas le choix) et que l'on souhaite rester connecté, il est nécessaire de bien suivre toutes les innovations disponibles dans ce domaine. Il est utile d'avoir une démarche de veille et ne pas hésiter à s'inscrire à des fils d'informations et de mobiliser vos relations pour qu'elles scrutent et vous fassent part des bonnes nouvelles en provenance du monde passionnant des technologies. Cela passe aussi par de l'expérimentation et de la mutualisation. Dans certains villages, la population s'est mobilisée pour monter un projet d'Internet par satellite redistribué ensuite dans les foyers par des bornes WiFi montées sur des clochers d'église !

Il est également utile de savoir quel prix vous êtes près à mettre pour satisfaire votre besoin de connectivité Internet. Avec un peu de recul, on constate aujourd'hui que le poste communication d'un grand nombre de français(es), disons par foyer, se compose grosso modo ainsi :

  • Téléphonie mobile : 30 à 50 euros par mois,
  • Internet haut-débit voire même bas-débit: 15 à 35 euros par mois,
  • Parfois, on peut ajouter à cela la ligne téléphonique non dégroupée qui aura été conservée : 14 euros par mois d'abonnement auxquelles il faut ajouter les appels téléphoniques...


A la campagne, il doit être possible de ne pas trop dépasser ce budget. En revanche, vous paierez le même prix qu'en ville pour un service moindre (moins de débit) ou une bande passante limitée.

Bien évidemment, j'ai conscience qu'il existe une part importante de la population qui n'accède pas à ce "bouquet" d'informations et de communication soit pour des raisons de prix, soit pour des raisons de couverture. Mon opinion est qu'il devrait y avoir un service public "TIC" à prix modique pour que chacun en France puisse accéder d'une manière ou d'une autre au savoir, à la culture et à la communication en ligne. Cela doit être techniquement possible. Je ne dis pas si ce service doit être étatique ou privé. A la limite peu m'importe. On capte bien la télé (presque) partout avec une bonne antenne ! Pourtant, la télévision, c'est à la fois privé et public. La télévision draine aujourd'hui de colossales ressources notamment publicitaires.
 
Sachant, qu'il y a tout lieu de croire que la consommation sur Internet va aller croissant, ne serait-il pas opportun de s'inspirer de la télévison et imaginer un modèle économique consistant à généraliser l'Internet haut-débit sur tout le territoire ? Quittes à ce que le réseau haut-débit trouve ses propres financements à travers un modèle publicitaire assorti d'un abonnement modique pour la population. En gros, on fournit les moyens d'accès pour pas cher et le modèle se développe et se rentabilise globalement grâce aux revenus publicitaires, transactionnels et par des abonnements en fonction des ressources du foyer. Un tel modèle économique vaut le coup d'être étudié afin qu'il n'y ait plus de fracture numérique. Je ne tire pas la couverture à moi, je pense surtout à une vaste minorité de la population qui a soit des ressources limitées, soit est numériquement enclavée. Alors opérateurs de tous bords pourquoi ne pas mettre de côté vos pulsions de concurrence le temps de bâtir un vaste réseau haut-débit sur tout le territoire dans un esprit de coopération. Vous vous ferez la compétition dans un second temps sur les services et/ou le contenu. Et pourquoi l'Etat n'y mettrait pas non plus du sien pour encourager une sorte de cause nationale sur ce thème ? Même si je suis satisfait du calme rural et de la proximité de la Nature, rester connecter à la toile demeure un besoin fort et en même temps un défi de taille que je souhaite relever à ma petite échelle locale, que mes rêves démesurés d'un modèle économique se réalisent ou pas d'ailleurs. On peut être certes un ermite mais un ermite branché !


ADSL, Distances des NRA
Exemple d'offres satellite uni-directionnelle SkyDSL
Exemple d'offres satellite bi-directionnelle i-Sat et sat2way
Comparaison des offres satellites (étude un peu ancienne datant de 2003)
Comparatif des offres satellite de l'Ariase
Débits de l'UMTS et du GPRS
Comprendre les classes GPRS
L'offre Haut-Débit Mobile de SFR
L'offre Haut-Débit mobile d'Orange
L'offre Haut-Débit de Bouygues (particuliers)
Expérimentation "Pomeys sans fil" (Rhône)
"Vercors Haut-débit"
Technologies Alternatives (FING)

15/08/2006

Jusqu'à quel point les villes pourront-elles continuer à grossir ?

medium_P1011309.2.JPGVous l'avez probablement constaté ce blog a un parti pris clair en faveur de la vie à la campagne. Il ne s'agit pas de dresser le mode de vie campagnard contre celui de la ville. Après tout chacun devrait être libre de vivre là où bon lui semble. L'ambition de "S'installer et vivre à la campagne" est avant tout de s'interroger dans quelle mesure est-il possible de choisir son mode de vie de nos jours. Cette question se pose ici car le modèle urbain semble être une sorte de norme en matière de choix de vie à laquelle il parait difficile d'échapper.

 

Voici quelques faits intéressants pour comprendre la démarche de ce blog.

Ajourd'hui (en 1999), 75% de la population française vit dans des unités urbaines. En 1936, le rapport était d'environ moitié-moitié. Le fait intéressant à noter est qu'en nombre d'habitants, la population rurale est restée stable depuis 1968, aux alentours de 14 millions. Cela signifie que depuis quelques décennies l'accroissement de la population des villes n'est pas dû dans l'essentiel à l'exode rural mais à l'accroissement de la population globale en France qui s'est fait principalement en faveur des villes et tout particulièrement de l'agglomération parisienne. Depuis 1954, la population des villes s'est accrue de 55% tandis que la population des campagnes a décrû de près de 21%. A noter également que la population urbaine s'est accrue par absorption des petites communes rurales situées en périphérie des grands centres urbains. Ces "unités urbaines" (voir les définitions à partir du lien Insee fourni plus bas) représentent 18,4% du territoire. Ce territoire urbain est passé de 48 783 km² en 1962 à 100 041 km² en 1999 soit un accroissement de 48%, il a presque doublé en 40 ans !

Ces chiffres illustrent bien de quelle façon s'opère la croissance de la population française notamment par un déséquilibre en termes de densité de population entre villes et campagnes. Ce constat pousse à s'interroger si le rythme d'urbanisation engagé est finalement soutenable à long terme.


Pourquoi les villes continuent-elles d'avoir cette formidable attractivité...

Avant tout c'est la richesse de la palette des emplois qui rend les villes attractives. Plus la population est nombreuse, plus les besoins en produits, infrastructures et services augmentent génèrant ainsi de nouveaux emplois. La création de nouveaux emplois en milieu rural ne se produit pas de façon aussi importante puisque la population reste stable (14 millions d'habitants depuis le début des années 70). Il est à l'évidence plus facile de trouver un emploi ou d'en changer en milieu urbain qu'en milieu rural.

Ensuite, vient l'offre de services et de loisirs. Auparavant, les migrants issus des campagnes recherchaient un nouveau confort disponible en ville et qui était encore peu développé à la campagne. Ces commodités étaient l'eau courante, l'électricité, les réseaux de communication et de transport, les écoles et les crèches. Aujourd'hui, les campagnes ont partiellement rattrapé leur retard. Toutefois de nouveaux services sont apparus entre temps en ville créant  un nouveau différentiel de confort avec les campagnes. Il s'agit en particulier de l'Internet à haut débit, les loisirs à thèmes et les autres lieux de culture (cinémas, théâtres, lieux d'exposition) offrant beaucoup de choix en termes de divertissement.

Le développement du tissus urbain a créé une dynamique économique sans précédent. Il a permis de réduire la distance entre les lieux de production et de consommation faisant disparaitre ainsi l'idée de pénurie. En ville, tout s'obtient immédiatement et partout. A la campagne, obtenir un bien de consommation courante s'accompagne la plupart du temps d'un trajet plus ou moins long et donc consommateur de temps.

...alors que la qualité de vie semble s'y déteriorer de plus en plus ?

Mais cette attractivité pour le milieu urbain exige des contreparties. On peut affirmer sans grandes chances de se tromper que le formidable boom des villes est dû à la singulière capacité du milieu urbain à satisfaire la plupart de nos besoins de consommation. En effet, nos modes de vie sont maintenant fortement conditionnés par la consommation permanente et cela bien plus en ville qu'à la campagne d'ailleurs. La ville incite à consommer : restaurants, sorties, vêtements en soldes, équipements high-tech destinés à un mode de vie essentiellement urbain et intérieur. Ce mode de vie capte une grande part de l'épargne parce que nous sommes davantage sollicités par la consommation et aussi parce que le logement est très cher en ville poussant ses habitants à vivre dans des lieux exigus principalement dans des appartements.

Par ailleurs, la vie urbaine a tendance à se dérouler en claustration et de façon plutôt confinée. Cette claustration se manifeste de plusieurs manières : enfermement individuel dans son véhicule, promiscuité dans les transports en public, petitesse des logements et proximité gênante du voisinage, manque d'espaces naturels. Ces "coups" absorbés, "encaissés" à longueur d'années génèrent indubitablement un phénomène de stress qui peut parfois mener dans une
sorte de cycle sans fin à l'enfermement et à un besoin d'isolement.

Fait tout à fait paradoxal, alors que la disponibilité des emplois est l'une des raisons majeures de l'attractivité des villes, l'accès quotidien au travail n'a rien à envier aux distances parcourues en milieu rural pour les mêmes raisons. Les plus chanceux des urbains sont à une demi-heure de transport ou à pied de leur lieu de travail mais la plupart des citadins, surtout en Ile de France, passent pas loin de trois heures par jour dans les transports voire davantage. Les transports en public y sont plutôt anxiogènes ne donnant pas d'autre choix que de courir ou à l'inverse attendre et subir le contact pratiquement peau contre peau avec les voyageurs. Dans certains cas, ce temps de transport est inexploitable pour lire, tout au plus il l'est pour écouter son lecteur MP3 quoique le bruit ambiant empêche souvent d'apprécier pleinement l'écoute musicale.

Le rapport au temps est différent selon que l'on se trouve en milieu urbain ou à la campagne. En ville, la fréquence des transports publics induit que les horaires de travail se décalent plutôt vers le soir. Il y est courant de rentrer chez soi après vingt heures et il n'est pas rare d'arriver sur son lieu de travail après neuf heures du matin. Les horaires de travail à la campagne sont plus structurés. Ce phénomène est pour partie accentué par les horaires fixes des trains TER et des autocars ce qui a pour conséquence de stabiliser davantage le rythme de vie de la semaine. En effet, si vous manquez l'autocar de 17h30 vous en êtes quittes pour appeler votre conjoint ou une connaissance afin de venir vous chercher. La rareté des transports en milieu rural est propice au covoiturage (Voir la plateforme de covoiturage 123envoiture). Par ailleurs, en ville, en particulier en Ile de France, les horaires de crèches sont particulièrement astreignants.

D'un côté, il existe une importante pression pour conserver un emploi où que l'on se situe. Or, en ville, le cumul des différentes contraintes : transports, glissement des horaires de travail, rigidité des crèches, embouteillages permanents, attentes diverses à la Poste, dans les administrations et dans les magasins rendent la vie citadine plus stressante. En contre-partie, les revenus y sont généralement plus élevés ce qui ne signifie pas forcément que la capacité d'épargne y est supérieure. Bien sûr, on retrouve aussi de nombreuses contraintes en milieu rural : peu de crèches, écoles éloignées, beaucoup de trajets en voiture, peu de cinémas, expos et théâtres, etc. Mais il semble que les habitants des campagnes parviennent à mieux s'organiser entre eux, notamment en se rendant différents services logistiques, en optant davantage pour une stratégie de solidarité et en simplifiant leurs besoins.

Dans ce contexte, il n'est pas étonnant que de plus en plus de citadins aspirent ou du moins rêvent de s'installer à la campagne en y idéalisant un choix de vie possible. Cette tendance se fait de plus en plus aigüe et le sujet devient de plus en plus étudié (étude IFOP et l'ouvrage "Au bonheur des campagnes (et des provinces)" de Bertrand Hervieu). Cette aspiration à quitter la ville et à s'installer en milieu rural devient une réalité tangible que les pouvoirs publics devront nécessairement prendre en compte un jour ou l'autre. On ne peut pas tout à fait exclure que d'ici quelques décennies les villes soient de moins en moins en mesure de voir leurs populations croître aux rythmes enregistrés dernièrement. A un moment donné, une certaine forme de saturation rendra la ville moins sécurisante, moins confortable et en fin de compte moins attractive.

Vers un nécessaire rééquilibrage villes-campagnes


Actuellement, le choix de son lieu de vie reste difficile à opérer parce que nous vivons dans un pays qui a eu une politique marquée de centralisation urbaine. Tout a été fait pour développer l'urbanisation et en particulier en Ile de France qui ne compte pourtant que 11,36 millions d'habitants soit 18,7% de la population métropolitaine (source INSEE). On peut objecter que personne ni rien n'empêche qui que ce soit de s'installer en milieu rural. Toutefois, on ne parle pas là de contraintes législatives mais plutôt de difficultés d'ordre socio-économiques.

Lorsqu'on souhaite s'installer en milieu rural il faut bénéficier d'une rare opportunité pour y trouver un emploi correspondant à ses compétences. Quand on n'a pas cette chance, on doit alors se résoudre à créer son propre emploi soit dans le secteur marchand soit sous la forme d'une association. Dans une précédente note "Travailler à la campagne : un marché du travail spécialisé ?" je signalai déjà les particularités du marché du travail en milieu rural.

Il ne s'agit pas à travers ce billet de se plaindre sempiternellement, ni de demander à l'état de régler tous les problèmes. Cependant, dans l'idéal, un axe de progrès majeur serait que l'état, les régions et de façon générale toutes les instances locales puissent encourager de façon franche l'implantation de nouvelles entreprises en milieu rural tout en préservant les emplois et les services publics actuels.

Par exemple, au niveau de l'état il pourrait y avoir deux types d'efforts à mettre en oeuvre : le ralentissement de la concentration des services publics et une décentralisation plus affirmée des grandes administrations ainsi qu'un encouragement fiscal à s'implanter en milieu rural. Rien que cela serait à même de créer un effet d'attractivité nouveau pour les milieux ruraux. A ce titre, la création des pôles de compétitivité notamment les "pôles d'excellence rurale" sont encourangeants.

Au niveau des régions, des dispositifs sous la forme d'incitations fiscales avantageuses à destination des investisseurs devraient être mis en place. Cela l'est déjà plus ou moins pour certaines régions. Je fais référence à l'implantation de Toyota dans le Nord de la France (4000 emplois). Mais ces initiatives sont encore insuffisantes autrement on ne connaitrait pas autant de fermetures d'entreprises en régions. En rendant les régions suffisamment attractives on n'attirerait pas seulement de nouvelles entreprises françaises mais également des initiatives étrangères. Après tout, pourquoi la France ne tirerait-elle pas non plus partie de la mondialisation ?

Quant aux communes ou communautés de communes, il serait important qu'elles accèlèrent le développement des réseaux de communication à haut débit ainsi que d'autres services tels que les crèches, les réseaux de transports locaux, l'accueil touristiques. Les régions françaises sont actuellement très attractives pour les étrangers qui n'hésitent pas à investir dans des biens immobiliers à des fins de villégiature. Quelques étrangers même s'installent dans nos
campagnes. L'installation d'étrangers et la venue des citadins sont en mesure d'insuffler une nouvelle dynamique pour nos campagnes s'accompagnant de la création de nouveaux services pour répondre à leurs besoins spécifiques. Tout cela est générateur d'emplois. De même, l'accroissement de la population des seniors est susceptible de créer des emplois additionnels de type services à la personne.

Dans un scénario idyllique, on peut imaginer qu'en fin de compte les campagnes deviennent d'ici quelques années tout aussi attrayantes que les villes avec une palette de services équivalente mais avec la beauté de la nature et l'identité culturelle des terroirs en plus.


Quelques sources

INSEE Population urbaine et rurale en France métropolitaine
Etude INSEE Forte extension des villes entre 1990 et 1999
Etude de l'IAURIF Densité de populations des régions de l'Union européenne en 2001
Rapport 2005 des investissements étrangers en France

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