09/10/2007

Apiculture ou "Happy culture" ? Une récolte de miel dans la Brenne.

Mais pour combien de temps encore ?

b81bb5534d1e721625634323816bb8c6.jpg Je vous avais déjà parlé des ruches et des abeilles situées sur mon bout de prairie dans le cadre d'un article sur les spectaculaires essaimages qui se sont déroulés fin mai.

Cette fois-ci, on a fait tout aussi fort ! Voici pour vous, en exclusivité depuis le blog campagnard, une récolte de miel en vidéo !

Je ne suis pas moi-même apiculteur. Je prête à un professionnel local mon petit terrain coincé entre un verger en pleine nature, un étang, une prairie et un champ. Non pas que cette noble activité ne m'intéresse pas, bien au contraire, mais pour s'occuper sérieusement d'apiculture il faut être disponible, attentionné et surtout présent. Ces conditions ne sont pas réunies pour le moment car je vis actuellement une vie hélas trop urbaine pour des raisons professionnelles.

Cependant, ayant manqué l'essaimage, j'ai cette fois-ci eu la chance d'assister à une récolte de miel en direct.

L'apiculteur a disposé douze ruches sur le terrain. Deux de plus que l'an passé. Selon lui l'emplacement est favorable aux abeilles. C'est un indicateur de la qualité du secteur qui est aussi rassurant pour les humains qui y vivent.

Mais qu'on ne se méprenne pas ! J'ai eu un échange intéressant avec l'apiculteur au sujet de l'effondrement des colonies d'abeilles. La France aussi est touchée. Certes elle l'est moins que d'autres pays d'Europe ou les Etats-Unis. Toutefois, l'apiculteur me précise que la production de miel a diminué de 40% (à moins que ce soit 50%) depuis ces cinq dernières années.

Très impliqué auprès des instances de la profession, l'apiculteur précise que la cause des effondrements de colonies d'abeilles reste inexpliquée. Dans les ruches affectées, on ne constate aucun cadavre d'abeille à l'entrée des ruches contrairement aux maladies précédemment identifiées.

C'est comme si les abeilles, une fois sorties de la ruche, étaient désorientées et ne retrouvaient plus le chemin du retour. On désigne les pesticides (Regent & Gaucho) comme la cause la plus directe de ce mal. Bien que l'utilisation de ceux-ci ne soit plus autorisée, la disparition des abeilles ne s'est pas arrêtée pour autant. Il doit y avoir autre chose. Les apiculteurs n'ont pas de réponses et sont dans le désarroi complet. Certains montrent du doigt le changement climatique, d'autres la multiplication des ondes dans l'air (téléphone, radio-transmissions de toutes sortes...), la modification des champs magnétiques voire une contamination du pollen. Beaucoup d'hypothèses, peu de certitudes qui rendent ce phénomène particulièrement sournois.

Il ne reste plus qu'à attendre qu'un diagnostic certain soit établi. Quoiqu'il en soit, si les abeilles venaient à disparaitre prochainement, ce ne serait pas un bon signe pour l'espèce humaine non plus.

 

 

Le résultat de la récolte

Les douze ruches ont produit 35 kg de miel. L'apiculteur note que compte-tenu du problème affectant les ruches, cette récolte est exceptionnelle ! D'après ses dires, le terrain est très productif. Il faut dire que la situation est idéale : verger, prairie, étangs, arbres divers (acacias, tilleuls, châtaigners...).

L'apiculteur m'a offert 3 kg de "mon" miel (il ne l'a pas mélangé). C'est tout simplement le meilleur miel du monde !

 

Quelques photographies

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27/05/2007

Spectaculaires essaimages

9c1c516e9c5ae77599432e8cefbfd56f.jpgIl y a peu le jardin de la petite maison enfouie dans la végétation a été le théâtre d'un phénomène spectaculaire : un symphonie bourdonnante de vie.

Ce lopin de terre perdu aux confins de la Brenne et de la Touraine abrite depuis un an une douzaine de ruches. Elles ne m'appartiennent pas.

Un apiculteur local avec qui je fus mis en contact a déterminé que l'exceptionnelle situation du terrain augurait d'une récolte de miel pleine de promesses.

Ce lopin de prairie est à l'écart de toute pollution industrielle. Pour être honnête, il borde un champ qui est copieusement arrosé par un agriculteur. Or, visiblement, cet agriculteur est un tant soit peu consciencieux pour ne pas utiliser des produits de traitement léthaux pour les hyménoptères (Gaucho et Régent interdits !). Les colonies que j'héberge semblent bien se porter pour le moment aux dires de l'apiculteur.

Moi-même je n'utilise aucun produit de traitement. Je laisse faire la Nature. Parfois, je déplore des ravageurs (pucerons) qui s'attaquent aux rosiers ou cerisiers et les flétrissent. Toutefois, j'accepte ces inconvénients afin que les règles de la Nature soient toujours privilégiées au dépens de celles des hommes.

La Nature est la cause et sa propre solution.

La prairie fleurie et tondue qu'occasionnellement ainsi que la présence du verger ont convaincu l'apiculteur d'y placer ses ruches. Cette année il en a même rajouté deux supplémentaires. Cela me rassure sur la qualité de l'emplacement de la maison.

Au départ, l'apiculteur avait proposé de payer un loyer pour placer ses rûches.

C'est quelque chose que j'ai refusé. Le deal est le suivant : il donne quelques pots de miel produits par les abeilles du jardin et en échange il fait ce qu'il veut avec ses abeilles sur le terrain.

Mais au-delà de ce "deal", je suis aussi gagnant sur d'autres tableaux en acceptant des ruches sur le terrain.

En effet, les abeilles vont accroitre la pollinisation du verger et donc vraisemblablement favoriser l'obtention de fruits (cerises, mirabelles, prunes, poires, pommes...).

A ce propos, lorsque j'ai visité le Jardin des Parfums et Epices à l'île de La Réunion, j'ai attentivement écouté les propos du guide aux allures fantasques qui nous expliquait les secrets du monde des végétaux. Il nous a posé la question de ce qui se passerait si les abeilles venaient à disparaitre. La réponse a été foudroyante... De dramatiques crises alimentaires et des famines que l'humanité aurait beaucoup de difficultés à résoudre et serait probablement amenée à s'éteindre. Déjà Einstein en son temps avait prédit une telle hypothèse.

En effet, c'est la pollinisation qui permet à la fleur de produire le fruit. Cette pollinisation est plus ou moins bien assurée par le vent. Mais l'action du vent est limitative. En fait, ce sont les insectes qui sont les principaux acteurs de la pollinisation. Et en particulier les abeilles, papillons et autres insectes spécialisés.

Après un an de présence de ces ruches, un phénomène impressionnant s'est produit chez moi : un essaimage.

Je n'ai pas assisté moi-même à cet évènement. Mais mon ancêtre en fut le témoin. Et, en bon reporter, il me transmet les photos ci-après.

L'étrange société des abeilles

Une colonie d'abeilles (une par ruche) est constituée d'une unique reine, de quelques centaines de faux-bourdons (durant la belle saison) et d'ouvrières dont le nombre peut s'échelonner de vingt à cent mille individus ainsi que d'œufs, larves, nymphes (couvains).

La vie et l'organisation des abeilles nous ferait peur à nous humains. Ainsi, la reine n'a pour seul rôle que de pondre ses grosso modo 2 500 oeufs par vingt-quatre heures !

Retenons qu'au départ une reine est une larve comme les autres. Cette larve lambda ne devient reine que parce qu'à un moment donné de sa vie les ouvrières se sont mises à la nourrir de gelée royale puis de continuer à lui réserver ce régime. Alors pourquoi et sur quels critères se basent les abeilles pour se mettre à programmer une reine, je ne saurai vous dire ? Un instinct de groupe et coordonné ? Je demanderai à l'apiculteur.

Donnez de la gelée royale à vos enfants et peut-être deviendront-ils rois ou reines !

Comme il ne peut y avoir qu'une seule reine par colonie, le premier travail de la première reine née est d'identifier les larves de futures reines et de les tuer. Parfois il y a un combat à mort entre deux reines nées en même temps. Et vous savez comment ça se passe ? C'est pas celle qui pique qui gagne !

Ensuite cette reine devra s'accoupler au cours d'un vol nuptial sous la forme d'une impressionante nuée faite de mâles surexcités. J'espère qu'il me sera donné un jour d'observer ce phénomène. Mon petit côté voyeur sûrement !

Et comme chez beaucoup d'espèces, ce sont les mâles les plus opportunistes qui féconderont la reine (il en faut plusieurs pour remplir sa spermathèque). Or, en donnant sa semence, le mâle meurt sur le coup en laissant son appareil génital dans la reine. Je vous invite à voir ou revoir ce dramatique film franco-japonais autour du thème de l'Eros et Thanatos, l'amour fusionnel et passionné qu'est L'Empire des sens. Vous vous imaginerez peut-être mieux le monde des abeilles avec la scène finale du film. Le faux-bourdon n'a pas d'autre rôle. Il est incapable de se nourrir (sa trompe est trop petite !). Celui qui survit devient indésirable car inutile à la colonie. Il est chassé.

A partir de là, la reine ne va avoir pour occupation durant les jusqu'à cinq ans de sa vie que de pondre. Elle ne fait rien d'autre. Tout le reste est géré par les ouvrières.

Encore une bizarrerie, un mâle nait d'un oeuf non fécondé (il faut que je vérifie ce point auprès de mon ami apiculteur car cela me semble tout simplement stupéfiant).

Alors qu'est-ce que l'essaimage ?

L'essaimage survient, lorsque la ruche est pleine à craquer de miel. A ce moment là, les ouvrières se mettent à élever quelques reines. Et fatalement, l'une des nouvelles reines voit le jour. Avant la naissance des nouvelles reines, l'ancienne reine à pour réflexe (peut être à la suite d'un stimulus hormonal) de quitter la ruche avec la moitié de la colonie. Cette organisation est un véritable mystère.

C'est cela qu'on appelle l'essaimage. L'essaim s'envole alors dans un fracas assourdissant pour se fixer provisoirement sur la branche d'un arbre proche. Certaines abeilles, les éclaireuses, vont ensuite partir à la recherche d'un site propice pour fonder une nouvelle colonie.

Il est très important à ce moment crucial et rare de prévenir l'apiculteur afin qu'il récupère l'essaim et sa reine pour les installer dans une ruche.

Voyez par vous mêmes le talent de l'apiculteur qui accomplit cette tâche sans aucune protection. La personne qui l'assiste munie d'une combinaison d'astronaute est mon père qui a pu en même temps réaliser ce mini reportage. 

/tag/Insectessociaux/d41e008e87189b4d3da4f15ad36b332f.jpgL'essaim se fixe sur un arbre proche.
 

 

  


65cc4f4c4f3507eac923e104208a108b.jpgL'essaim formé autour de la reine restera compact jusqu'à ce qu'un emplacement favorable soit trouvé pour fonder une nouvelle colonie.
 

 

/tag/Insectessociaux/f24908cea020c4446f4edfa04604471a.jpg

L'apiculteur arrive pour récupérer l'essaim et sa reine. 

 

 

 

 

 
/tag/Insectessociaux/1bdf894151dff9b09ce9b240666c62b2.jpgEt hop ! 

 

 

 

 

 


/tag/Insectessociaux/3d718f5b084c1aca7344392a43b9ee46.jpg On enfume un peu.

 

 

 

 

/tag/Insectessociaux/88d8ba1422fde99a1a74aea587d377da.jpg Maintenant il faut récupérer le deuxième essaim (essaim  secondaire).
 




/tag/Insectessociaux/ff0c6f611e710e2cd376aa75012ee367.jpg

 Et voilà l'artiste !

 

 

 

 

 

Les abeilles semblent sensibles à certains dégagements hormonaux de notre peau, notamment celles de la peur. Elles auraient tendance à devenir agressives en présence de ces substances. Et si vous écrasez une abeille, quittez vite les lieux ! L'abeille écrasée émet une hormone d'alerte risquant d'attirer une nuée complète de ses congénères. En dehors de cela, même si vous n'êtes pas trop "hormonal(e)", il vaut mieux éviter d'être dans la trajectoire d'envol des abeilles (de sud à ouest) pour éviter de vous faire piquer (je sais de quoi je parle).

Il y aurait tant de choses à dire sur les abeilles. J'ai eu l'occasion de dialoguer avec plusieurs apiculteurs d'origines différentes. J'ai noté que c'étaient toutes des personnes passionnées au regard pétillant et d'une douceur remarquable. Ca m'a fait un peu m'interroger sur les approches, attitudes et orientations de vie à envisager pour la recherche d'une existence la plus harmonieuse possible.

 

Pour en savoir un peu plus...

Le site perso d'un apiculteur passionné (merci à cet apiculteur pour la qualité de son site de vulgarisation que j'ai dégusté patiemment pour apporter du contenu utile à cette note)

Apiculture (Wikipedia) 

Traité Rustica de l'apiculture (c'est l'ouvrage que mon ami apiculteur m'a prêté. Il doit donc être utile)

 

NB : ne m'en veuillez pas si vous constatez des informations approximatives ou inexactes. Je ne suis pas apiculteur moi-même ! En revanche, signalez-les moi afin que je corrige.