02/03/2006

Vers des sources de revenus composites pour une activité de type "indépendant" chez soi à la campagne ?

Au plus fort de l'explosion de l'Internet "1.0", jusqu'en 2001, il existait une doctrine qui disait que l'Internet allait révolutionner notre façon de travailler et percevoir des revenus.

A cette époque, des particuliers enthousiastes se mettaient à créer des sites de e-commerce de toutes sortes : vente de vins en ligne, produits du terroir, agences immobilières virtuelles de propriétés de charme en espérant faire prospérer leur nouvelle activité depuis leur maison de campagne.

Voici quelques exemples :
http://www.produitsregionaux.fr
et l'article de presse correspondant
ou http://www.notes-de-provence.com

Ce type d'entrepreneurs étaient dénommés "pure players" dans le sens "modèles purement Internet", sans boutique physique. Un stock minimum de produits était constitué dans le garage ou la cave au fur et à mesure de l'arrivée des commandes par Internet, les articles conditionnés et envoyés par Colissimo.

Suite à l'éclatement de la bulle, il semble que rares sont ces entrepreneurs qui soient parvenus à pérenniser ce genre d'activités. Apparemment, on ne s'improvise pas marchand en ligne : constituer un stock minimum coûte cher, on passe beaucoup de temps à "développer" le site et à réparer les "bugs" au dépends de l'action commerciale, la logistique et l'affranchissement des colis multiplient les étapes dans le processus global de gestion.
Sans parler du marketing nécessaire pour être référencé dans les moteurs de recherche et se faire une place en haut de classement ! Donc ce modèle "pure player" n'a pas tenu ses promesses d'eldorado pour tout le monde. Au bout du compte, ceux qui s'en sont sortis le mieux sont les "click & mortar" littéralement "Clic et mortier". C'est à dire ceux qui avaient déjà une activité physique (boutique, réseau de distribution,logistique, etc.) et pas purement virtuelle ! Pour ces "clicks et mortars" la boutique en ligne ne représentait finalement qu'un nouveau canal de distribution et supplémentaire de leurs produits. Ce sont ces derniers qui ont donc eu le plus d'atouts pour tirer profit de l'économie numérique.

Aujourd'hui après plusieurs années de maturation du marché, de nouveaux modèles d'activités Internet et compatibles avec une activité "solo" depuis sa grange aménagée à la campagne méritent d'être passés en revue.

Le premier prérequis est que votre canton soit desservi par une connexion Internet à haut débit.

En résonnace avec l'idée qu'aujourd'hui, pour vivre correctement à la campagne, il est utile de cumuler plusieurs
sources de revenus (et a fortiori plusieurs sources d'économies), voici une liste non exhaustive d'activités Internet actuelles permettant de mettre du beurre dans les épinards. Dans certains cas, un cumul intelligent de ces activités peut constituer une source de revenus intéressante.

- Vendeur eBay : il s'agit d'un système mondial permettant à tout un chacun d'acheter et vendre des biens usagés mais aussi neufs en ligne. C'est comme une sorte de vide-grenier géant permanent. Pour faciliter les transactions financières un système de paiement en ligne mondialement reconnu est associé (type
PayPal, filiale d'eBay). D'après un article du portail spécialisé dans la nouvelle économie Silicon.fr, le système eBay ferait vivre 15.240 français avec un chiffre d'affaires compris entre 8.000 et 13.000 euros par an.
Principal prérequis : avoir quelque chose à vendre et de façon récurrente. Même une ruine peut se vendre : poutres, tuiles du pays, pierres de tuffeau à destination de ceux qui ont entrepris de restaurer des maisons et des granges.

- Affiliation : c'est un système par lequel un site Internet de vente en ligne (Amazon.fr, par exemple) propose à des webmasters opérant leur propre site de mettre en relation leurs visiteurs avec les produits du site de vente en ligne. Concrètement, le webmaster place sur son site des liens (ou un mini moteur de recherche) menant directement vers une sélection de produits du site de vente. Le webmaster perçoit une commission de 'x' pourcents lorsque son visiteur concrétise un achat de produit. Le % varie en fonction d'une grille préétablie.
Principal prérequis : disposer d'un site ou d'un blog avec une audience suffisante.
Gains constatés sur des sites français : du même ordre de grandeur que pour un programme de liens AdSense d'après ce lien http://www.webrankinfo.com/forums/viewtopic_19511.htm

- Programmes de liens publicitaires (exemple AdSense) : le but est d'afficher des liens publicitaires sur son site ou son blog. Le webmaster perçoit une rémunération de la part de Google lorsque ses propres visiteurs cliquent sur les liens publicitaires affichés sur le site hôte.
Principal prérequis : opérer un blog ou un site web.
Gains constatés : d'après ce lien http://www.internetactu.net/?p=6035, un blog ou un site web peuvent rapporter de 10 à 50 dollars par mois pour une fréquentation d'au moins 1 800 visites pas jour. Le blog "S'installer et vivre à la campagne" génère bon an mal an 3 500 visites / mois.

- Boursicoter en ligne : c'est de loin l'activité qui offre l'espérance de gain la plus élevée. Je connais quelqu'un qui boursicote ainsi en ligne sur Boursorama.com. En misant sur des produits de type "Warrants" et avec un profil "prudent" il estime ses gains mensuels à 30% desquels il faut ôter 26% pour les impôts. Avec ces données de départ et disons avec une mise de départ de 10 000 euros ce type d'activité lui rapporterait environ 2 000 euros par mois. Il ajoute qu'avec un profil d'activité boursière plus aggessif (mais aussi plus risqué) on peut gagner davantage avec les produits dérivés. Par ailleurs, c'est encore plus lucratif si vous disposez non pas de 10 000 euros mais de 100 000 euros. Ce type d'activité peut représenter une source de revenus principale. Dans ce cas, précise cet ami : "Tu passes ta journée boursière les yeux rivés sur ton écran !".
Principal prérequis : être familier avec les notions de la bourse

Attention au statut social de ces activités. Il ne suffit pas de déclarer ces revenus sur la déclaration d'impôts sur le
revenus. Il existe un aspect social de ces activités (URSSAF). Au-delà d'un seuil de revenus d'apparemment 3048,98 euros par an on doit s'acquitter de cotisations URSSAF. Ce point n'est pas très connu et mérite d'être clarifié.


A la lumière de cette mini étude, il apparait qu'il est très difficile de vivre de ces nouvelles activités Internet en France. En revanche, cela peut constituer un réel complément financier surtout si vous disposez d'une période de temps étendue pour animer votre site ou votre blog ou boursicoter en ligne depuis votre grange à la campagne.

Vos retours d'expérience, vos avis et commentaires seront appreciés !
Bonne continuation.

Lien utile : Blog "Standblog"

28/11/2005

Pôles d'excellence rurale : avis aux entrepreneurs campagnards

Peut-être une bonne nouvelle pour la création d'emplois dans les zones rurales !

Dans un communiqué Reuters du 22/11 diffusé sur Boursorama.com, Matignon annonce qu'il lancera 300 projets de pôles d'excellence rurale.

Inspirés des pôles de compétitivité, ces pôles d'excellence rurale "porteront sur le développement du tourisme, du patrimoine, de la culture". Mais ce n'est pas tout.

Selon Dominique de Villepin, ces projets "renforceront les synergies locales car ils associeront plusieurs partenaires, privés, associatifs" et "dynamiseront les territoires car ils créeront de l'emploi et encourageront la recherche, la formation professionnelle et les nouvelles technologies".

Tout ceci vient en résonnance logique avec une autre intitiative lancée par le gouvernement, celle de l'Internet accompagné.

En fait, c'est le délégué aux usages de l'Internet auprès du gouvernement, Benoît Sillard, qui s'est exprimé dans un article (payant) de la Tribune, "Réduire la fracture numérique pourrait créer 30.000 emplois", du 22/11/2005. Il indique qu'il est possible de réduire la fracture numérique en fournissant une assistance informatique aux personnes rencontrant des difficultés, tels les seniors, dans l'usage de l'informatique. Les enjeux sont la création de 30 000 emplois d'ici cinq ans. Cette disposition s'inscrit dans le cadre de la loi sur les "services à la personne" (déjà évoquée sur ce blog).

Alors, concernant mon projet d'association "La campagne numérique", dont le dossier est en cours de montage, j'ai écrit au Premier Ministre pour obtenir des précisions sur les procédures pour inscrire mon projet au sein d'un pôle d'excellence rurale. J'ai obtenu une réponse assez rapide de la part de son cabinet me notifiant que ma demande a été transmise au Minsitre délégué de l'Industrie François Loos pour un "examen attentif".

Croisons les doigts ! Prochaine étape : accélerer mon dossier "Powerpoint" pour le présenter au Maire de ma commune où je vis ma vie de néo-rural !

02/11/2005

Idée d'association "La campagne numérique"

En complément de Idée de business campagnard, voici une idée d'association en zone rurale.

Les zones rurales sont les premières concernées par la "fracture numérique". Les infrastructures numériques sont pauvres. Le haut débit n'est disponible au mieux que dans les grandes bourgades, et encore, les opérateurs ne se battent pas pour y aller.

Pas évident d'avoir des initiatives de types "numériques" lorsqu'on est situé à 6 000 m du "DSLAM" (*) !

Toutefois, plusieurs initiatives semblent aller dans le bon sens : le développement du WiMax et celui de la technologie EDGE même s'il faudra compter plusieurs années avant toute mise en oeuvre.

  • Le WiMax permettrait d'accéder à un Internet haut débit par ondes radio,
  • EDGE permettrait d'accéder à du semi-haut débit par la téléphonie mobile.

En attendant la généralisation de la France numérique, je propose une idée d'association. Cela peut même passer par un réseau d'associations affichant la même philosophie permettant d'avoir une crédibilité et une mutualisation des bonnes pratiques et des coûts structure.

Voici les idées forces sur le concept de l'association "La campagne numérique"

Cible :

  • Les populations rurales en marge des infrastructures de télécommunications,
  • Retraités, chômeurs, jeunes, artisans et PME.

Valeur apportée :

  • Apprendre aux publics concernés :
- à prendre conscience des potentialités de l'Internet,
- à se connecter et les aider à identifier des prestataires,
- à utiliser les applications les plus courantes (courriel, web),
- à rechercher des informations sur Internet,
- à utiliser les services publics disponibles en ligne,
- à créer un blog ou des pages web.
  • Sensibiliser le public :
- sur les "dangers" de l'Internet (virus et spams),
- sur les opportunités de l'e-commerce et l'e-business.
  • Fournir des cyber-services :

- des accès à Internet (cyber locaux),
- des services bureautiques et de recherche Internet,
- d'installation et de paramétrage à domicile.

Financements :

  • Dons, subventions et vente de services "premiums" aux professionnels

Rôle social :

  • Formation et emploi de jeunes issus de zones rurales ayant une sensibilité TIC (pacte d'embauche avec les mairies et les conseils généraux et départementaux).

Encore une fois, si vous avez des idées, des contacts et des financements, je serai vraiment prêt à développer ce type de projets associatifs et m'y investir. Je suis aussi en mesure de monter le dossier et le "business plan".


(*) dispositif situé au niveau d'un central téléphonique regroupant plusieurs lignes "ADSL". C'est dans ce point que ces lignes de particuleirs sont raccordées au gros tuyau d'un fournisseur Internet.

17/10/2005

Idée de business campagnard

Alors bien sûr, quand on est un citadin avec un projet de vie rural, la question de l'activité professionnelle se pose en priorité. Peut-on assurer une continuité professionnelle par rapport à la ville ? Doit-on se reconvertir ? L'idéal serait d'être rentier ! Hélas ce n'est pas le lot de tout le monde.

On voit fleurir partout dans les campagnes les chambres d'hôtes. Ce n'est pas garanti que cela suffise à faire vivre une famille de quatre ou cinq personnes. Certaines régions de France sont plus favorisées que d'autres. L'hiver dans nos campagnes de plaine il ne se passe pas grand chose du côté touristique. Il faut alors, avec ce type d'activités, engranger suffisamment en période estivale pour tenir le reste de l'année. C'est un peu le défi quand les néo-ruraux adoptent une démarche mono-activité.

Je réfléchis, de mon côté, plutôt à une reconversion professionnelle basée sur un portefeuille d'activités large. Et pour cela, j'ai imaginé une sorte de centre de services.

Objectif :
1) Créer une agence multi-services de proximité
2) Création d'une marque ou label, par exemple, "Proxilocal" (à l'exemple d'Edourad Leclerc à ses débuts)
3) Copier-coller le modèle dans différentes zones géographiques pour atteindre une couverture régionale voire nationale.

J'ai identifié deux types de services de proximité :
- A la personne ;
- Aux entreprises TPe, PME, artisans, agriculteurs, professions libérales ;

Exemples de services à la personne (voir Dossier "Services_a_la_personne" du Ministère du Travail) :
--> Chèque emplois services universel

  • Photocopies, numérisation de photos, services d'impression ;
  • Aide aux démarches administratives : rédaction de courriers administratifs, intermédiation avec les sociétés (EDF, GDF, eau, téléphonie) ;
  • Recherche documentaire sur le Web ;
  • Soutien scolaire à domicile, contrôle des devoirs ;
  • Session de sensibilisation aux nouvelles technologies ;
  • Elaboration, rédaction et impression de rapports et de dossiers:
  • Conseil, mise en service et dépannages informatiques, Internet et audio-visuel (TV) ;
  • Formation aux nouvelles technologies ;
  • Logistique de proximité, messagerie, transport de colis express, conciergerie ;
  • Visites de personnes agées, garde à domicile, garde et soins temporaires d'animaux ;
  • Vidéo-surveillance, gardiennage ;
  • Jardinage, travaux d'entretien ;
  • Ménage, repassage ;
  • Aide au shopping ;
  • Négociation, intermédiation, coordination et surveillance de travaux lors de chantiers (avec artisans, sociétés, prestataires) ;
  • Traductions de documents (de l'anglais, l'allemand, l'espagnol, l'italien, le russe...)


Exemples de services aux entreprises locales (y compris PME, artisans)

  • Conseil en organisation ;
  • Conseil et assistance en gestion, services administratives ;
  • Représentation et prospection commerciale (lors de salons, évènements) ;
  • Conseil en système d'information et en technologies de communication, assistance informatique, réseaux ;
  • Formation ;
  • Propreté et entretien des locaux ;
  • Logistique de proximité, petits colis et lettres express intra-région (système de covoiturage pour courriers et colis) ;
  • Traductions de documents (de l'anglais, l'allemand, l'espagnol, l'italien, le russe...)
  • Services de reprographie ;
  • Veille économique, étude de marché, services de recherche documentaire ;
  • Elaboration de supports de communication papier et en ligne.

Alors si vous êtes un investisseur et que vous croyez en un tel projet capable de foisonner, de se mettre en réseau sur tout le territoire pour gagner des effet d'échelle, avec la création d'un "label", je serai prêt à me lancer dans l'aventure. Tous ces services correspondent à des besoins réels dans des zones rurales où il faut parcourir plusieurs kilomètres pour trouver des services et où la population des seniors a tendance à s'accroitre.

Nos campagnes regorgent de talents individuels et collectifs qui ne demandent qu'à jardiner, bricoler, rendre service, cumuler des "petits" boulots. Il y a là de véritables gisements d'opportunités business pour un investissement qui peut être limité et avec une dimension sociale qui sera saluée. Je crois que les élus locaux accueilleraient ce genre d'initiative à bras ouverts.

Quant à la forme juridique : association, coopérative, société, franchise tout est vraiment envisageable. Il suffit de se lancer.