05/07/2008

Prospective : vers le retour d'une civilisation de cultivateurs et éleveurs ?

/points_de_vue/potager_slo.jpg Enfin, plutôt vers un mix de société post-industrielle et néolithique. Cet article est volontairement provocateur, mais la vision qui le sous-tend ne l'est pas tant que cela. L'argumentaire ci-après n'est pas basé sur des études mais plutôt sur un "feeling", un ressenti général.

Ce mode de vie sédentarisé où les populations se sont mises à cultiver tout en dépendant encore fortement des activités de cueillette pour subvenir à leurs besoins alimentaires a prévalu du néolithique jusqu'au début du XXe siècle dans les pays industrialisés. Et il continue de façon prépondérante pour une majeure partie de la population mondiale.

Alors que la vie devient de plus en plus chère, on se demande quand se produira le point de rupture. C'est à dire le moment où les gens vont devoir commencer à subvenir eux-mêmes à leurs besoins de base notamment en faisant pousser des légumes ou élever de petits animaux de basse cour. Il le feront soit comme activité d'appoint, soit comme activité principale. Ce sera en fonction de leurs possibilités "techniques" à savoir avoir accès ou pas à un lopin de terre.

Encore faudra-t-il pouvoir le faire ! Car les trois quarts de la population vivent maintenant en ville et majoritairement dans des appartements.

Ceux qui pourront donc mettre du beurre dans leurs épinards sont ceux qui logent dans une maison individuelle avec à disposition un coin de jardin.

Une possibilité très limitée existera aussi pour ceux habitant dans un appartement et disposant d'une terrasse ou d'un balcon. Cela leur permettra de pratiquer du micro-jardinage.

Tous les autres urbains, c'est à dire ceux vivant dans un appartement standard, seront pris au piège et seront probablement dans une situation de totale dépendance alimentaire.

On peut imaginer alors que les états devront instituer de vastes "restaurants du coeur" un peu sur le modèle des tickets de rationnement qui ont eu cours durant la seconde guerre mondiale. Tandis que les autres, ceux disposant d'un jardinet et les populations vivant en milieu rural, vivront une vie qui tendra vers l'auto-subsistance. Nous reviendrons dans un autre billet sur les différences entre auto-subsistance et autarcie.


Pourquoi les populations urbaines vont-elles être piégées ?

Tout d'abord une partie de la population, typiquement celle résidant en grande banlieue, ne pourra plus se déplacer en voiture entre son lieu de résidence et de travail à cause de l'envolée des prix du pétrole qui rendra ces déplacements insoutenables.

Par ailleurs, les prix alimentaires de plus en plus élevés feront s'interroger s'il n'est pas plus avantageux de produire soi même tout ou partie de son alimentation de base plutôt que de travailler de plus en plus dur pour obtenir la ressource financière permettant de l'acquérir.

Car pétrole et nourriture sont liés. En effet, le pétrole est l'un des "intrants" les plus importants de la nourriture : production mécanisée, agro-chimie, transformation alimentaire, conservation, distribution, etc. vont accentuer les prix des produits alimentaires. Bref, notre civilisation étant une civilisation du pétrole, c'est donc ses fondements même qui seront bousculés lorsque le pétrole ne sera plus accessible à la majorité de la population.

La conséquence immédiate de ce phénomène est que les prix de l'immobilier en grande banlieue vont s'effondrer (on constate déjà en 2008 des prémisses de ce phénomène). A l'inverse, les prix de l'immobilier dans les centres ville vont eux augmenter car les gens vont chercher à se rapprocher de leur lieu de travail. Dans un second temps, ce sera l'inverse.

Par conséquent, nous aurons en centre ville une population d'élite, riche et en banlieue les pauvres qui ne pourront plus se déplacer en voiture et seront tributaires de transports publics bondés et de plus en plus vétustes. Des trajets quotidiens de quatre heures seront courants ce qui rendra de plus en plus difficile ce mode de vie basé sur des déplacements banlieue à ville. C'est déjà le cas, mais ce phénomène va s'amplifier. Pour vous faire une idée, vous n'avez qu'à vous souvenir des grandes journées de grève à Paris ! Autant prendre sa journée de RTT que d'essayer d'aller rejoindre son lieu de travail.

Le problème est que les "nouveaux pauvres" seront désoeuvrés dans leur banlieues lointaines étant donné que le marché du travail lui se concentrera plutôt dans les centres. Le marché du travail local va mettre un certain temps à se structurer. Ces populations n'auront donc pas d'autre choix que d'essayer de cultiver leur jardin et élever quelques poules pour se nourrir ou compléter leurs revenus. Bien entendu, ce ne sera pas la seule activité de ces populations. Elles devront en fin de compte cumuler plusieurs activités, certaines rémunératrices d'autres d'auto-subsistance. Toutefois l'ensemble de ces activités seront fortement ancrées dans le local.

Car en effet toute la vie deviendra soudainement très locale et particulièrement ralentie avec une diminution de la fréquence des déplacements motorisés et aussi de leur rayon. A votre avis, pensez-vous trouver un travail correspondant à vos qualifications actuelles dans un rayon de moins de 10 km ? Cela ne le sera possible que dans les grandes villes, à distance de vélo ou dans un environnement disposant d'un réseau de transports urbains dense.

J'entrevois donc que la campagne deviendra tout d'un coup beaucoup plus attractive qu'elle ne l'est à présent. En effet, à la campagne, l'esprit pionnier restera possible. A la campagne une forme d'auto-subsistance sera encore envisageable. La campagne permettra deux types d'auto-subsistance. Attention je ne parle pas d'autarcie pour le moment ! Au contraire, nous aurons de nombreux échanges (et du troc) entre différentes communautés rurales.

La campagne rendra possible :

  • l'autosubsistance alimentaire : jardinage, élevage, cueillette et pourquoi pas pêche ou chasse,
  • l'autosubsistance énergétique : se chauffer avec des sources d'énergie disponibles localement en particulier le bois,
  • le troc qui permettra de recréer les conditions d'une société pérenne grâce à la pratique de l'échange.

Alors, préparez-vous, du moins mentalement, à cette nouvelle civilisation qui n'est pas totalement à exclure. Notez que je ne porte pas de jugement de valeur à savoir si cette nouvelle ère représentera un progrès ou plutôt une régression. Préparons-nous y plutôt joyeusement et pas comme si c'était une catastrophe ! Après tout nous ne devons que renoncer à notre mode de vie actuel fondé sur le tout pétrole. Qui sait si le mode de vie futur ne sera pas finalement meilleur ?

18/10/2007

Voilà, on a trouvé un nouveau coupable au changement climatique : la maison individuelle !

6ca6b44ee68e0c61410027993fa95570.jpgLa population commence à prendre conscience des conséquences de la modification accélérée du  climat. Et c'est une bonne chose.

Toutefois, on voit émerger de façon de plus en plus prégnante, en particulier dans la blogosphère mais aussi dans les médias, une tendance à stigmatiser tel ou tel style de vie ou population.

Typiquement, le doigt accusateur est porté sur les propriétaires de voitures et les 4x4, les voyageurs en avion et plus récemment sur les propriétaires de maison individuelle. A juste titre d'ailleurs. Certaines options du modèle de développement humain sont en effet directement responsables du changement climatique sans précédent dont la planète fait l'expérience ces dernières décennies. On ne peut plus vraiment douter du rôle de l'humanité dans ces processus en cours même si de-çi ou de-là des voix sceptiques se font encore entendre. Des voix qui cette fois-ci accusent plutôt les phénomènes naturels !

Alors, face à un défi planétaire, on voit donc poindre une culpabilisation très ciblée de certaines catégories de population. Encore une fois, ce genre de messages délivrés dresse une population contre l'autre.

Ainsi, en ce moment, les messages subliminaux sont que vivre en ville dans des tours et de façon compacte est la solution à retenir pour minimiser les émissions de gaz à effets de serre tandis que la maison individuelle serait la source de toutes les déperditions.

Dans l'absolu, c'est vrai. Lorsque les logements sont attenants ils se chauffent mutuellement et il y a donc moins de déperditions énergétiques. Par ailleurs, le fait de vivre rassemblés en de grands centres urbains minimise aussi le recours au transport individuel en faveur des transports collectifs sur de courtes distances logement-travail.

Cependant, j'aimerais apporter quelques nuances à ce discours dominant sur la maison individuelle comme source principale de gaspillages énergétiques.

Que devrions-nous faire ? Détruire les logements individuels existants et reloger tout le monde dans des tours en centre ville ? Arrêter de construire les maisons ? Ou bien casser les immeubles haussmaniens jugés comme étant parmi les plus énergivores en termes d'habitat ?

Soyons sérieux un moment. Il y a un existant et cela serait encore plus catastrophique globalement pour l'environnement et les GES que de reloger tous ces habitants situés en zone péri-urbaine vivant dans des maisons individuelles dans des tours de verre. Car il faudrait d'une part détruire ou reconvertir ces habitats sans impact pour l'environnement, puis reconstruire ailleurs avec de nouveaux matériaux et d'autre part réorganiser complètement la société sans oublier la dimension emploi. C'est un processus qui ne peut probablement pas se faire sur quelques années. Il sera trop tard pour la terre le temps de le mettre en oeuvre tellement l'impact du changement climatique va changer nos vies en quelques années.

De ce fait, il faudrait plutôt améliorer l'habitat individuel existant par une véritable politique incitative pour ces habitants. Effectivement, une meilleure isolation, des systèmes de chauffages durables (chaudières bois, panneaux solaires, géothermie, etc.), la remise au premier plan des transports collectifs mais verts cette fois-ci y compris dans les zones péri-urbaines ou en miliue rural. Donc une politique plutôt de l'offre.

Par ailleurs, il faudrait faire preuve de la même incitation, voire dans certains cas imposer, pour ce qui concerne les programmes immobiliers neufs, y compris pour l'habitat individuel (mélange de déductions fiscales et d'obligation de construire aux nouvelles normes écologiques). Comment peut-on tolérer encore en 2007 qu'une résidence neuve soit construite sans panneaux solaires ou systèmes de récupération des eaux de pluie ?

En résumé, au lieu de stigmatiser tel ou tel usage, il y a plutôt un grand travail à faire pour améliorer les différents types d'habitats actuels. Cela passe par une accélération de la recherche et développement, les nouveaux matériaux, l'urbanisme, l'architecture, des dispositions fiscales et parfois l'obligation de construire écologique par des normes contraignantes.

Une autre piste, pour diminuer les transports individuels entre le domicile et son lieu de travail , est de favoriser et instituer l'idée de télétravail lorsque cela est pertinent. Bien sûr, cela va de pair avec la généralisation des réseaux à haut-débit et la réduction de la fracture numérique dans une société qui s'oriente vers de plus en plus de services. En somme, cela revient à refondre la société autour d'une vie plus locale nécessitant moins de transports en mode individuel et favorisant l'auto-suffisance (même partielle avec le jardinage quand cela est possible) et l'autonomie énergétique, en assainissement et dans le traitement des déchets.

Un retour à la période avant l'exode rural ? En quelque sorte, mais avec les apports technologiques du XXIe siècle. Ainsi, on fera preuve de pragmatisme et réalisme au lieu de chercher à culpabiliser des segments de population qui ont souvent mis l'énergie d'une vie entière à réaliser ce rêve de devenir un jour propriétaires d'une maison que ce soit en rénovation ou neuve. Vivre en maison individuelle n'est pas forcément incompatible avec l'idée de réduire les émissions responsables du changement climatique (les maisons passives et à énergies positives sont une réalité en Allemagne alors pourquoi pas chez nous ?).

Bien entendu, ce texte n'a pas pour vocation d'imposer une ligne de conduite unique. Mais il s'agit plutôt d'ouvrir le champ des possibles et le débat d'idées.


Sources

Le blog de Laurent Jauffret, "Les trois péchés de la maison individuelle" article également relayé par NaturaVox
France3, émission spéciale "Pour quelques degrés de plus..." du 17/10/2007

 

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20/05/2007

Cognition: le système de pensée humain

medium_-vibratie_-.jpgL'esprit humain, suite à de longs processus d'évolution, le développement de la culture comme donnée de son adaptation, la perte de son instinct d'origine animale, l'éducation, l'expérience collective et individuelle, etc. a développé un système cognitif qui lui ouvre beaucoup de possibilités d'interprétation mais en même temps limite sa manière d'appréhender le monde. Il s'est ouvert la possibilité de façonner son environnement immédiat mais s'est aussi enfermé dans des schémas de pensée restreints qui l'empêchent parfois de donner une explication exhaustive et précise de son champ d'observation.

Nous paraissons comme limités à nos cinq sens malgré notre incroyable capacité d'abstraction (musique, art,  mathématiques, métaphysique...). Ces limitations n'ont cependant pas obéré la capacité d'homo sapiens à émerger comme l'espèce dominante du phénomène vie, en tous cas sur terre et dans son environnement proche. On peut dire que les capacités cognitives de l'être humain ont une certaine efficacité locale et immédiate.

Passons en revue ce que le système de pensée humain peut faire et les grilles d'explication possibles du monde et ce que le cerveau humain, compte tenu de son développement actuel, ne sait pas faire ou très difficilement.

 

Ce que le cerveau humain sait assez bien expliquer

1 cause engendre 1 effet,

1 cause engendre 2 ou n effets ,

1 cause engendre 1 autre cause,

2 ou n causes engendrent 1 effet (beaucoup plus difficile),

1 cause ayant engendré 1 effet pourra se répéter dans l'avenir, 

... 

 

Ce que le cerveau envisage mais n'explique que difficilement

1 effet sans cause,

L'effet est sa propre cause (cause et effet sont confondus),

1 effet est engendré par une infinité de causes (il a besoin de savoir que le nombre de causes est limité),

1 effet présent est engendré par 1 ou n causes qui n'existent pas encore (le futur engendre le présent ou le passé),

1 cause ayant produit 1 effet dans le passé ne produira pas le même effet dans le futur,

2 effets distants (non reliés par l'espace ou le temps) ayant la même cause, 

Un temps non linéaire (il lui faut un début et une fin),

Un temps cyclique  (un temps qui se répète à l'infini. NB : nous perdons cette notion en nous développant),

Une absence de temps (passé, présent, futur),

Un espace illimité (non borné), 

Le quelque chose produit à partir de rien, 

La coïncidence, la correspondance hors causalité (et la synchronicité),

L'hérédité de la pensée, 

Deux esprits reliés entre eux sans ne s'être jamais rencontrés et sans que l'un ne sache l'existence de l'autre (idées de vibration, télépathie, simultanéité d'action ou de pensée, etc.),

... 

 

Le fait que le cerveau humain ait ces limitations rend compliquée la recherche du vrai dans de nombreux domaines de la vie, par exemple, en justice, sciences, théologie, psychologie. Il va souvent compenser ces limitations par une croyance en une instance supérieure (Dieu, Nature, force). Nous pouvons difficilement accepter qu'il n'y ait aucune cause aux manifestations que nous percevons. Ou qu'il y ait une fin mais pas d'origine. Nous voulons être rassurés que toute conséquence a au moins une cause identifiable ou une cause première. Et ainsi nous remontons les chaines de causalité aussi loin que nous le pouvons. L'idée de Dieu comme cause originelle nous rassure. Elle nous protège de la possibilité effrayante d'un absurde, d'un monde sans sens.

De nombreux philosophes, scientifiques et théologiens se sont penchés sur ces questions. Je propose une petite synthèse ici, sans prétentions, juste pour faire un point entre nous. Soyez indulgents si je lance un tel sujet, mais il pleut aujourd'hui.

NB : Cette note est approximative et correspond à une réflexion personnelle encore émergente, en gestation. Je serais enchanté si vous pouviez m'aider à l'enrichir par vos points de vue mais aussi critiques.

17/05/2007

Le goût de l'eau

medium_IMG_1521.jpgJe ne bois pas beaucoup. Je sais c'est un tort. Je satisfais la majeure partie de mes besoins en fluides essentiellement grâce aux légumes, salades et crudités.

Ma boisson principale est le thé vert. J'en bois vraiment beaucoup soit tel quel soit avec quelques gouttes de miel. Le thé représente l'harmonie entre mon corps et mon esprit. Une harmonie qui peut-être partagée. Le thé procure de l'inspiration.

Je bois peu d'alcool. Je me contente d'un verre de vin occasionnel, rouge la plupart du temps. Les vins français sont de loin mes préférés. Aucun autre vin du (nouveau ou ancien) monde ne me procure autant de plaisir. J'aime leur goût équilibré, leur subtile épaisseur, leur texture veloutée... Cependant, je ne suis pas fermé aux vins des autres pays. Le vin représente l'amitié et la famille.

J'aime aussi prendre un verre de Champagne. Plutôt en apéritif et à jeun, si possible. Pas pour accompagner un repas. Trop chic ! Je préfère ce petit verre initial qui vous fracasse un peu la tête et vous rend de bonne humeur. Je crois aux vertus aphrodisiaques du Champagne. Il est un nectar d'amour. C'est la boisson du courage et du passage à l'acte. C'est un facilitateur.

Lorsque je suis devant le feu de la cheminée, c'est un Whisky sec que je privilégie. Le whisky représente les retrouvailles entre un père et son fils. Le lien entre deux générations qui communiquent.

Occasionnellement, je bois un demi de bière. Pratiquement jamais chez moi. La plupart du temps en terrasse. La bière, je l'associe au soleil et à la liberté. J'aime son amertume et sa blondeur qui me rappellent que j'ai un regard d'homme sur les femmes.

Je ne bois plus de lait, ou très rarement. Le seul lait que je bois est le lait fermenté. J'en bois assez souvent, bien frais, nature (l'ben du Maghreb, lait ribot) ou légèrement salé (ayran). Le lait fermenté représente la longévité et le monde sauvage. Celui des steppes désolées que mes pieds ont eu l'occasion de fouler à quelques occasions.

Les jus de fruits, j'en bois parfois, me replongent dans l'enfance. Je redeviens enfant de temps à autre. Le matin surtout. Hélas, à la fin de la journée, je m'aperçois que je suis bien un adulte.

Le café bien serré et sans sucre est la boisson de la solitude. Vous savez, ce petit café espresso servi dans les bars tôt le matin, dans le Paris qui s'éveille de Dutronc, dans une tasse tellement étroite qu'il semble grimper le long des parois internes comme pour s'enfuir. L'espresso à l'italienne est donc synonyme de moments passés avec soi-même. J'apprécie le café turc en particulier. Chez moi - mon autre chez moi, là-bas - il est sucré et porté à ébullition plusieurs fois (deux ou trois fois selon les recettes) dans un petit récipient en cuivre à col étroit appelé "džezva". C'est le meilleur de tous les cafés. Puissant et doux à la fois, ce café turc symbolise la réconciliation.

Je sais, je sais, je vous entends déjà clamer que je suis un "bobo". Tant pis !

Depuis peu, je découvre une boisson primordiale, une boisson des origines : l'eau pure. C'est étonnant, vu que je trouve mon liquide ailleurs, je ne bois pas beaucoup d'eau, ni souvent d'ailleurs. Aujourd'hui, j'ai bu un verre d'eau du robinet. Je la laisse reposer dans une flasque. Et bien vous ne me croirez peut-être pas mais j'ai retrouvé dans l'eau une incroyable variété de saveurs. Légèrement sucrée, un peu "métallique", ronde et pointue à la fois, masculine et féminine. J'y détecte tellement de saveurs différentes que je ne sais pas vraiment à quoi l'associer. Ah si ! Tout compte fait, j'ai décidé de l'associer à la vie.

Il m'aura donc fallu tout ce temps pour découvrir la plus prodigieuse des boissons : l'eau pure ?

 

Pour élargir le sujet

Croupissement de l'eau distillée, chez David (Empyrée) 

06/05/2007

Le 'Mektoub' ou le destin écrit

medium_IMG_2683.jpgJ'aime à flâner sur les bords de Marne. Regarder une paire de cygnes voler au-dessus du fleuve d'un puissant battement d'aile puis glisser avec fracas à la surface de la rivière sur leurs impressionnantes palmes.

Sur les bords de Marne il y a de nombreux bancs ensoleillés avec tantôt des amoureux noués qui se parlent dans la bouche et tantôt un couple de petits vieux qui se tiennent par la main de façon crispée comme s'ils avaient peur de se quitter.

Il y a aussi des pêcheurs. Ils tiennent leur canne durant des heures mais jamais rien ne vient.

Parfois on entend derrière soi le pas rythmé de quelque trotteur ou trotteuse. Peu à peu on distingue de plus en plus nettement un souffle d'origine organique. Les profondes inspirations et expirations trahissent une volonté de lutter contre le temps. J'aime alors jeter un regard furtif sur la femme perlée de sueur et toute scintillante sous le soleil de  midi. Elle est tellement belle dans son effort pour repousser au plus loin les assauts de son destin.

En parlant de destin, il y a sur les bords de Marne, amarée à demeure à un quai, une péniche. Pas n'importe quelle péniche toutefois ! Une jolie péniche avec un pont fleuri et arboré, avec une table et des chaises où parfois une famille ou un groupe d'amis déjêunent au gré du clapotis apaisant de l'eau.

Cette péniche c'est Mekthoub.

C'est la péniche du destin écrit.

Mektoub (ou mekthoub) est en arabe le terme qui désigne le destin. Pas n'importe quel destin. La langue arabe est suffisamment raffinée pour distinguer les divers types de destins. Il y a le destin "accidentel", celui qui se produit par un mauvais coup de la vie et dans lequel nous avons parfois une part de responsabilité. Et il y a le mektoub.

On pourrait comparer le mektoub à un arbre. L'arbre est formé de plusieurs branches. Toutes les branches préexistent. Tu as le choix de prendre telle ou telle branche. Si tu choisis la bonne ou la mauvaise c'est le mektoub. Ton destin tracé. Le destin écrit comme le suggère le son arabe "KTB" : l'écrit.

Mais c'est Dieu qui a créé toutes les branches. A toi donc de choisir l'une de ces branches.

Parfois Dieu nous donne aussi la possibilité de faire un "sabab" pour influencer le destin. Le sabab est une cause qui permet d'influencer notre destin. On dit "faire sabab". Le sabab est ce à quoi une chose est liée. Sa présence entraîne la présence de cette chose. Son absence entraîne l'absence de la chose.


Toute la question est de savoir si nous pouvons ou pas agir sur notre destin.

La réponse n'est pas simple.

Si tu cherches à te marier et que tu ne parviens pas à le faire malgré tes efforts, il est probable que ce soit le mektoub, le destin écrit par Dieu. Or, si tu cherches à te marier et que tu ne fais rien pour, ce n'est plus le mektoub, c'est la (in)conséquence de ton (in)action.

Quoi qu'il en soit, action ou inaction, tout est déjà écrit avec l'idée de mektoub. Donc à toi de choisir le meilleur chemin parmi l'ensemble des chemins tracés par Dieu. Tu as donc une part de responsabilité. Tu as le choix d'être actif ou passif.

Aujourd'hui, nous votons notre Président ou Présidente de la République. Le fait que nous ayons CES deux candidats en lice est le mektoub. Le fait que l'un(e) ou l'autre soit élu(e) est de notre propre ressort.

Mais sache ceci ! Si tu t'abstiens de voter ne vient pas dire que c'est le mektoub !

A bon entendeur salut !

PS : chers amis musulmans, si vous avez des remarques ou des précisions je vous serais infiniment reconnaissant si vous pouviez compléter cette note par vos commentaires car je ne détiens pas forcément toutes les clés de compréhension.

 

Référence :

Comprendre l'islam 

26/04/2007

Le désir d'une France consciente

medium_IMG_2461.jpgJe n'ai pas l'habitude de m'exprimer sur la politique. En tant que citoyen, je fais confiance aux hommes et femmes professionnels et instances pour gouverner notre pays dans un souçi constant de servir l'intérêt général.

Je m'approche, peu à peu, statistiquement parlant, du milieu assez vague de ma vie. Les anglo-saxons aiment donner une image un peu métaphorique de cette période d'une vie. Ils disent "over the hill". Le sommet de cette colline se situe aux environs des quarante ans. L'image de la colline indique qu'à partir de ce point tout être humain descend tranquillement l'autre côté du versant vers sa prairie fleurie. C'est en même temps un évènement qui se célèbre entre amis et l'occasion de recevoir une carte de voeux électronique ! Un ami de soixante-quatorze ans m'a même dit hier que, pour un homme, c'est le meilleur âge qui commence : celui de la sagesse, celui de la "maturité". Les meilleures années, parait-il !

Durant la lente et progressive montée vers le sommet de ma colline, j'ai eu l'opportunité de vivre des moments bienheureux et d'autres plus difficiles. Ce parcours m'a aussi offert l'incroyable chance d'être le témoin d'une histoire tumultueuse et le spectateur d'un monde en mouvement permanent. J'ai ainsi vécu quelques unes de mes jeunes années dans un pays "communiste" qui érigeait les idées d'entraide, de partage et de fraternité des peuples en un idéal. Même si dans les faits cette utopie ne s'est pas traduite par un état de bonheur collectif, j'ai vécu ces années alors que j'étais haut comme trois pommes comme une période faite de lait et de miel. J'ai aussi vécu ces années d'enfance en contact intime avec une Nature prodigieuse. Une Nature qui m'a inspiré une grande part de mes valeurs personnelles mais aussi un système de pensée situé à la lisière entre un monde sauvage et un monde d'humanisme.

Bien sûr, quand on est enfant, on ne perçoit pas les notions de dictature, oppression et privation de liberté de penser ou de dire de la même façon qu'un adulte. Un enfant ne fait que rouler son cerceau avec insouciance. Un enfant vit dans un monde de rêves.

Puis le soi disant "dictateur" est mort, là-bas, aux portes de cette Europe qui salue le lever du soleil. Le chaos est arrivé et le temps de l'obscurité est alors venu assombrir ces souvenirs d'enfance. Je n'ai pas eu à souffrir comme mes ex-frères de l'exode forcé, purification ethnique ou destruction puisque je vis maintenant dans un pays en paix. Mais là encore, j'ai été le témoin et spectateur de l'impuissance de l'homme à vivre en harmonie avec les siens. J'ai cru que l'humanité entière pouvait adhérer à des principes de respect de la vie et de libre arbitre. J'ai voulu agir, faire quelque chose à ma manière, pour éviter l'avènement du pire. Là-bas, sur place, avec mon esprit et mon corps de jeune homme au sein de la vénérable idée d'une Organisation des Nations Unies...

En vain ! Encore une fois, je n'ai été qu'un témoin, qu'un spectateur sans force revêtu de mon petit casque couleur azur, derrière le blindage de mon étrange véhicule immaculé.

Puis, j'ai commencé à accomplir mon cheminement d'homme. Je suis entré dans le monde de l'action. J'ai entrepris de partir à la conquête du bonheur, de l'amour et de la réalisation de soi à travers l'édification de ces projets qui sont les fondements d'une vie de réussite.

Une vie faite de voyages, expériences professionnelles passionnantes et chocs émotionnels intenses... Un homme éveillé et un peu mystique, que j'ai rencontré il y a de nombreuses années, m'a révélé que l'univers est parsemé de clés que chacun de nous se doit de trouver pour s'accomplir, pour s'approcher de la Vérité. Plus exactement, ces clés sont la plupart du temps invisibles à l'oeil et il faut donc savoir les voir et discerner autrement.

Cet homme était versé dans une foi qui n'est pas la mienne. Or, c'est un homme pour qui j'ai un respect sans limites malgré nos perceptions différentes sur l'idée de foi, Dieu ou explication du monde.

Il m'a donc montré l'une des premières clés à découvrir : le partage. Il m'a aussi parlé d'un grand vase originel dans lequel toute la lumière qui s'est échappée dans l'univers doit retourner pour former la connaissance. Puis il m'a dit :"A toi maintenant de trouver les autres clés !"

Je ne sais pas exactement le nombre total de clés à trouver. En attendant, j'ai le sentiment d'en avoir vu quelques unes : l'unité, la diversité, l'amour, le respect de la vie, le don sans en attendre de retour, l'ouverture de soi mais aussi la détermination... Cependant, je sais qu'il me reste encore d'autres clés à trouver et qui me sont encore invisibles.

Il me semble, mais je n'en suis pas sûr, qu'à deux pas du sommet de cette colline que je gravis, j'en entrevois une nouvelle. En vérité, cette clef se présente à moi de façon encore assez floue, comme apparaissant derrière une brume opaque. Je crois qu'elle se nomme engagement.

Je ne sais pas bien s'il existe un lien entre toutes ces clés. A y regarder de plus près, il y a comme un point commun entre toutes les clés : les autres. Oui, ces clés semblent toutes être reliées à l'idée d'autrui, à l'idée peut-être de "prochain".

Alors que le monde se disperse au lieu de s'unir pour faire face aux défis qui attendent l'humanité d'un demain pas si éloigné que cela, je ne veux plus être un simple témoin, un simple spectateur.

Aujourd'hui, notre noble et éclairé pays vit un moment unique dans ce monde qui se cherche. Ce moment c'est celui du choix de son destin et de sa place dans le monde. Mais c'est aussi le choix d'une vision de la vie, du bonheur et du rapport aux autres. Et je souhaite donc m'engager dans ce destin commun à tous les hommes et femmes, commun à tous ces êtres faits de vie et de sentiments.

J'irai donc, moi aussi, choisir cet homme ou cette femme à qui je confierai dans la confiance mon propre destin et celui de mes proches. Je chercherai en cet instant grave et solitaire de choix la personne qui aura vu les mêmes clés que moi et qui les aura révélées.

Je choisirai cette personne non pas avec le coeur, mais avec la conscience pour une France consciente, pour une France dans la lumière.

Ensuite, j'irai voir d'un peu plus près cette clef secrète découverte récemment et qui, je crois, s'appelle "engagement" afin de la reconnaitre. Cette clef, que j'ajouterai à ma besace auprès des autres, j'en ai désormais besoin pour descendre l'autre versant de la colline, pour ne plus être seulement un témoin, pour ne plus être qu'un spectateur de mon temps.

11/04/2007

L'impensable possibilité d'une arme climatique !

/points_de_vue/medium_IMG_2029.jpgImaginons la possible perversité d'une puissance spatiale pour mettre un pays tiers à sa botte !

Cette puissance déploierait sur une orbite géostationnaire et à une distance déterminée de la terre un écran permanent qui, en l'orientant de façon précise, occulterait l'ensoleillement d'un territoire donné.

Il se produirait sur le territoire visé un phénomène d'ombre ou de pénombre en mesure de modifier la capacité du pays à produire dans de bonnes conditions ses cultures alimentaires. Par conséquent ce pays pourrait perdre son autonomie alimentaire dans un chantage ignoble et finir par
se soumettre !

Une telle puissance spatiale aurait la capacité de mettre en oeuvre une sorte d'éclipse solaire continue au-dessus d'un "état voyou" et ainsi affamer sa population. Et celui-ci ne pourrait pas riposter faute de maitrise technologique suffisante !

Brrr ! Cela fait froid dans le dos quand on pense que de nouvelles formes de dissuasion pourraient éventuellement germer dans certains cerveaux tordus en mal de "volonté de puissance" !

On n'ose imaginer un tel scénario ultime...

Allez ! Ne soyez pas tristes ! Pour dédramatiser un petit retour dans les années 80 ;) Je sais, je sais c'est kitsch !

Laid Back - Sunshine Reggae
Vidéo envoyée par kitano78

09/12/2006

La nouvelle vague des cadeaux de Noël militants et éthiques (pour un avenir radieux de nos enfants ?)

medium_P1011146.JPGLe temps des cadeaux de Noël s'approche et les sessions de cavalcade effrénées dans les magasins de jouets vont bientôt venir ponctuer nos emplois du temps surchargés. A moins que les emplettes en ligne n'aient votre préférence pour ces approvisionnements en ludiques cadeaux.

Si vous ne savez pas quoi offrir, euh... ce que le Père-Noël doit offrir à vos enfants sachez qu'il existe toute une gamme de jeux et jouets à caractère éthique. Par éthique il faut comprendre un jeu dont le but est de développer une conscience environnementale ou sociétale chez l'enfant (voire même chez le joueur adulte !). Il s'agit d'une série de jeux éducatifs et de société conçus pour faire comprendre aux enfants, en fonction de leur âge, la nécessité de respecter la nature, et les inviter à réfléchir sur les solutions à mettre en oeuvre pour protéger l'environnement. Il peut aussi s'agir de jeux visant à découvrir les différents peuples de la terre, les animaux en danger et leurs biotopes.

Par ailleurs, si les enfants préfèrent des jouets plutôt que des jeux, sachez qu'il existe des articles qui privilégient les matières ou les procédés de fabrication respectueux de l'environnement (matériaux recyclables).

C'est ainsi qu'il existe plusieurs éditeurs à l'instar de Bioviva, basé à Montpellier, ou Copsi, qui ont investi ce segment du jeu de société éthique. Les thèmes de jeu vont de la bonne exploitation (gouvernance) d'une plantation au Pérou, à des simulations sur le respect du protocole de Kyoto jusqu'à la résolution d'une crise diplomatique ou tout simplement partir à la découverte des animaux de la forêt ou des plantes du jardin. D'autres jeux apprennent à trier les déchets.

Ne croyez pas que ces jeux ne soient dédiés qu'aux petits intellos à lunettes, futurs Bill Gates ! Certains jeux s'adressent aux tout petits, tels ce jeu "Le petit verger" consistant à bien gérer un petit verger. En réalité, ces jeux s'adressent à toute la famille et se jouent entre générations.

On peut douter que les idées de cadeaux éthiques puissent rivaliser avec les nouvelles PSP3, Wii ou X-Box. Cependant, si vous optez pour ces jeux de société ou éducatifs, vous ne ferez pas un grand mal à nos petits. Ce qui ne les empêche pas de se débrouiller pour se faire offrir une console de jeux. Surtout, ce sera l'occasion de leur montrer en jouant avec eux comment on parvient à déglinguer une planète fragile et comment on pourrait éviter de le faire.

 

Voici une sélection de quelques jeux sur le thème éthique ou environnemental (à partir d'une liste grandissante d'année en année) :

Tiers-Mondopoly : vous êtes un petit paysan d'un pays en voie de développement qui tente de s'en sortir en exploitant cinq parcelles de champs. Des alliances entre paysans sont possibles pour développer l'entraide. Editeur : Déclaration de Berne,

Bioviva : les (petits) joueurs partent à la découverte de milieux naturels et doivent répondre à des questions en lien avec un biotope. Les bonnes réponses donnent droit à une portion de soleil. Le gagnant est celui qui parvient à reconstituer un soleil. C'est un peu le principe du Trivial Poursuite. Editeur Bioviva. A partir de 8 ans.

Détri'Tout : il s'agit de sensibiliser les enfants au tri des déchets et au recyclage. Un jeu primé au concours Lépine de 2001. A partir de 8 ans. Editeur : JTS.

Le grand jeu Ushuaïa : un jeu de découverte de la nature inspiré de la célèbre émission d'expéditions. A partir de 8 ans. Editeur : Bioviva & TF1.

Terra : il s'agit de résoudre les différentes crises survenant sur notre planète : sociales, écologiques, diplomatiques. A partir de 10 ans. Editeur : Days of Wonder.

Blue Land : le but est de réaliser un certain nombre de mission solidaires en parvenant à collecter des fonds. Une partie du prix du jeu est reversée à l'association. Tous publics. Editeur : Copsi et Blue Attitude.

Kyogami (protocole de Kyoto) : vous êtes un entrepreneur et devez gérer les quotas d'émissions. A partir de 12 ans. Editeur : Winning Moves.

Mobilité : un jeu de cartes type jeu des 7 familles sur la mobilité, les moyens de transport, gestion des embouteillages, prix de l'essence, pics de pollution et couche d'ozone. A partir de 5 ans. Editeur : Copsi.

Le roi du jardin : L'enfant est plongé au coeur du jardin sous la forme d'un petit insecte. Le but est de partir à la découverte des petites bêtes du jardin et d'élire le Roi du Jardin. Un jeu qui apprend la coopération entre les petits joueurs dés le plus jeune âge. A partir de 3 ans. Editeur : Bioviva.

Le petit verger : un autre jeu coopératif d'observation et de mémoire pour les petits. Le jeu se compose d'un plateau, de cartes, d'objets et d'un dé et consiste à cueillir des cerises avant que ce gredin de corbeau ne les chippe ! A partir de 3 ans. Editeur : Haba.

Elysium : construire un jardin parfait de plantes aromatiques. Pour cela il va falloir soigner ses plantes contre les maux qui peuvent les affecter (sécheresse, maladies) suite à l'action des adversaires. A partir de 8 ans. Editeur : El Mondo.

Honoloko : un jeu sur l'écologie en ligne. L'action se situe sur une île pas si imaginaire que cela, Honoloko, où la moindre action humaine se traduit par des conséquences environnementales aux effets visibles de suite. Il faudra donc prendre des décisions permettant d'améliorer la situation écologique de Honoloko. Un jeu disponible en ligne dans toutes les langues européennes ! Editeurs : Agence Européenne pour l'Environnement et l'OMS.

Ecoville : jeu de simulation en ligne Ecoville avec l'Ademe. Il s'agit de sensibiliser un enfant sur tous les gestes quotidiens qui préservent l'environnement.

 

La plupart de ces jeux se trouvent soit en magasins spécialisés, soit en ligne. Les liens web ci-dessous vous aideront à les trouver plus facilement.Tout ce qu'on peut regretter c'est que ces jeux ne soient pas apparus au moment où nos parents Baby-boomers et nous mêmes, les soi-disant Génération X (séquence autoculpabilisation) et Génération Y maintenant, étions enfants. Peut-être que notre planète s'en porterait un peu mieux. Le grand avantage de ces jeux est qu'ils remettent les enfants et les parents au centre du foyer familial puisqu'il s'agit, la plupart du temps, de jeux se jouant à plusieurs et réunissant tous les âges, à l'inverse de jeux sophistiqués qui poussent l'enfant à s'isoler dans sa chambre. De quoi égayer vos longues soirées hivernales en faisant prendre conscience aux générations réunies autour d'une partie de jeu de la nécessité de peser et agir pour changer les choses.

 

Quelques liens pour trouver ces jeux

Une liste de jeux éthiques
Association "Jeux coopératifs"
L'éditeur de jeux Bioviva
Un post de Forum sur les jeux éthiques très complet
Liste exhaustive des jeux éthiques sur Econo-Ecolo (pour apprendre le solaire, l'éolien...)
"Les Jeux", un portail assez complet sur les jeux de société en général
Toutallantvert, un magasin en ligne de produits écologiques. Ce lien additionnel a été généreusement proposé par Christelle, une lectrice de "S'installer et vivre à la campagne".

01/12/2006

La construction bioclimatique : quelles perspectives ?

medium_IMG_1232.jpgLa nécessité de nous adapter aux bouleversements climatiques et environnementaux, qui deviennent de plus en plus pregnants et incontestables, ne doit pas se limiter aux seuls "petits gestes" comme on aime les appeler. Ces modifications subites et perceptibles du milieu nous montrent bien que l'humanité entière doit repenser son mode d'organisation et revoir en profondeur son rapport aux ressources naturelles. C'est trivial mais on ne peut faire l'économie de rappeler que la terre est un espace clos et limité alors que nos besoins et notre pression sur les ressources, eux, ne cessent de croître.

Ainsi, il est urgent de s'intéresser également aux "grands gestes" :

  • une meilleure gestion de l'énergie et de l'hyperdépendance aux ressources fossiles,
  • une maximisation du recyclage et de la valorisation des déchets,
  • la préservation des ressources hydriques,
  • la réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES),
  • la pollution environnementale,
  • la préservation de la biodiversité.


Tous ces défis existent parce que l'impact de l'espèce humaine sur son milieu rend les réactions de la planète imprévisibles. Etant donné que l'humanité forme de vastes tissus planétaires en interaction les uns avec les autres, les solutions individuelles deviennent insuffisantes. C'est la civilisation humaine entière qui est en jeu et pas seulement elle. Les acteurs économiques et institutionnels doivent impérativement intervenir par des mesures législatives, fiscales voire politiques strictes. A ce niveau on est en droit de prôner une forme d'"ingérence écologique !".

La présente note se focalise sur l'un de ces grands gestes qui concerne autant les individus que la société dans son ensemble. Il s'agit de la manière de concevoir l'habitat, le logement et d'une manière générale la construction.

Ces dernières décennies ont connu un boom colossal de la construction : habitat individuel, collectif, locaux industriels et commerciaux. Ce développement du logement s'est nécessairement accompagné d'un accroissement des besoins énergétiques, depuis la fabrication de multiples matériaux en amont jusqu'aux chauffage et climatisation des logements en bout de chaîne. Jusqu'à présent, vu l'urgence qu'il y avait à loger rapidement une population en forte croissance, les concepteurs ne cherchaient pas à prendre en compte prioritairement l'optimisation énergétique d'une construction. Avec la raréfaction des ressources d'origines fossiles et la prise de conscience des défis climatiques et environnementaux, les concepteurs se penchent de plus en plus sur des solutions de construction efficaces sur le plan énergétique et respectueuses de l'environnement. Voici quelques pistes, leurs potentialités et les limites.


L'architecture bioclimatique

La démarche bioclimatique repose sur l'idée que l'édifice peut, par le choix de son orientation et sa conception, tirer le maximum d'énergie des éléments naturels et en particulier du climat et de la topographie locale. Une maison bioclimatique va chercher à exploiter le rayonnement solaire afin de diminuer autant que possible la nécessité de produire l'énergie nécessaire à un habitat confortable. On voit bien que le confort thermique des habitants est au coeur des attendus d'une maison bioclimatique.

Une construction bioclimatique repose sur quelques principes de conception de base :

- Capter le rayonnement solaire,
- Conserver l'énergie captée,
- Diffuser et réguler la chaleur dans le logement,
- Limiter les déperditions thermiques.

Pour atteindre ces objectifs, le logement moderne sera conçu en tenant compte du bon sens des anciens :

  • orienter les pièces principales vers le sud et le sud-est afin de bénéficier du maximum d'ensoleillement l'hiver. Cette partie de la maison sera agrémentée d'une véranda pour créer un "effet de serre" en saison fraîche,
  • planter des arbres caducs en façade sud de l'édifice afin de bénéficier de l'ombre du feuillage l'été et  des rayons du soleil en hiver,
  • recourir au relief et à la végétation pour se protéger des vents froids (en provenance du nord et de l'est dans nos régions),
  • la partie nord de l'édifice sera partiellement enterrée (ce n'est pas toujours possible),
  • les pièces secondaires (garages, celliers) seront disposées au nord afin de créer une zone tampon avec les pièces à vivre,
  • la façade nord comportera le moins d'ouvertures possibles,
  • la maison sera compacte plutôt qu'étalée afin de limiter les déperditions de chaleur et l'exposition aux vents froids,
  • l'isolation sera la plus complète possible (fenêtres, portes à double vitrage). Les ponts thermiques seront maîtrisés. On concevra un vide sanitaire et on l'isolera en périphérie,
  • l'entrée principale sera protégée par un "sas" pour limiter l'entrée/sortie de l'air chaud ou froid,  selon la saison, par le simple fait d'ouvrir la porte,
  • les matériaux de construction utilisés seront denses afin de bénéficier de leur inertie thermique et leur capacité à accumuler la chaleur/fraîcheur interne,
  • les murs exposés au soleil seront plutôt sombres (les couleurs sombres accumulent le rayonnement solaire tandis que les couleurs claires le réfléchissent)...


Selon certains expérimentateurs (voir liens en bas de note), une telle démarche pourrait permettre de réduire jusqu'à 40% de la consommation d'énergie de l'habitat. Une maison bioclimatique ne comportant qu'une simple serre chaude en façade sud consommerait ainsi deux fois moins de chauffage qu’une maison classique. Ces performances peuvent même être accrues si la conception bioclimatique s'enrichit de moyens de production d'énergie solaire, (panneaux solaires et photovoltaïques), chauffage au bois, pompes à chaleur, puits canadiens, etc.

Vous trouverez en bas de document des liens menant vers des ressources décrivant plus en détail le principe de l'architecture bioclimatique.


Les maisons "passives" et "actives"

Les maisons dites "passives" ("Passivhaus" en allemand) reprennent l'idée que l'habitat peut répondre à l'essentiel de ses besoins énergétiques par la captation maximale du rayonnement solaire. Mais pas seulement ! L'habitat passif s'appuie sur quatre piliers :

  • Isolation thermique : on isole de façon drastique la maison pour limiter les déperditions thermiques. Il faut savoir que dans une maison passive on exploite la "chaleur humaine" et celle dégagée par les appareils électriques. Les isolant d'une maison passive peuvent atteindre jusqu'à trente centimètres. C'est l'isolation par l'extérieur qui est privilégiée.
  • Ventilation : l'air doit continuellement circuler à l'intérieur de la maison par l'ajout d'une ventilation spécifique à double flux et à filtres. C'est à dire qu'elle insuffle de l'air neuf dans les espaces de vie (chambres, salon, bureau) et évacue l'air vicié des pièces utilitaires (cuisine, salle de bains, toilettes).
  • Fenêtres : habituellement elles laissent s'échapper la chaleur intérieure mais en même temps laissent entrer la chaleur solaire. On corrige son défaut principal en recourrant à un triple vitrage. Par ailleurs, on privilégie une grande surface vitrée plutôt que de nombreuses petites fenêtres, pour éviter les déperditions par le châssis.
  • Ponts thermiques et étanchéité : il s'agit de limiter les sensations de parois froides dûes au fait que des éléments de la construction conducteurs laissent s'échapper la chaleur de la maison vers l'extérieur plus froid et l'inverse (voir la note "Il faut couper tous les ponts... thermiques").


Les maisons passives se développent surtout en Allemagne (100% de croissance annuelle) où l'on adopte ses principes pour construire des bâtiments publics, par exemple des écoles, et des logements collectifs. Attention, une maison passive ne s'affranchit pas totalement de solutions de chauffage non solaires. Toutefois, ces sources de chauffage non solaires sont des appoints. Une maison ayant un label maison passive peut voir sa consommation d'énergie divisée par quatre par rapport à une maison classique.

Les maisons peuvent dans certains cas même devenir "actives". Une maison de ce type est une maison qui délivre plus d'énergie qu'elle n'en reçoit. Pour atteindre ce stade, on maximise le rayonnement solaire par l'ajout de panneaux photovoltaïques permettant de produire de l'électricité et par l'ajout de panneaux solaires pour le chauffage central et pour chauffer l'eau. Il est en revanche difficile de généraliser les  maisons actives sous nos lattitudes tempérées à continentales. Ces principes peuvent probablement s'appliquer de manière plus optimale à des habitats situés dans certains zones méditerranéennes voire sub-tropicales.


Les limitations des architectures de types bioclimatique et passive

L'approche bioclimatique est particulièrement pertinente dans le cas de constructions neuves en individuel et dans certains cas en collectif. En effet, ses grands principes peuvent être intégrés sans trop de difficultés dés la phase de conception de l'habitat.

En habitat collectif et en zone urbaine, vu la densité et la taille des bâtiments, les édifices se font de l'ombre en hiver lorsque le soleil est rasant. cela limite la possibilité de généraliser la démarche bioclimatique dans ce contexte. Mais cela n'empêche de l'appliquer là où c'est possible.

Une réhabilitation bioclimatique de logements existants ou anciens pose de nombreux défis. Est-il toujours possible de réorienter les bâtiments ? Peut-on recouvrir de grandes surfaces de façades avec une véranda ? Comment gérer les grandes tours d'habitation exposées aux quatre vents ? Quels seraient les investissements nécessaires pour réhabiliter climatiquement de grands immeubles ou ensembles (HLM) voir dans l'ancien ?

A noter que l'adoption d'une démarche "maison passive" peut induire un surcoût évalué en Allemagne entre 5 et 10% soit de 5000 à 15000 euros.


Conclusion 

Ces questionnements ne doivent pas devenir des freins à l'introduction d'une démarche bioclimatique. Autant cibler le bioclimatique là où c'est le plus facilement applicable en contrepartie de gains rapides comme dans le cas de la construction individuelle neuve. Pour les bâtiments collectifs existants, il existe peut-être d'autres moyens de tendre vers le bioclimatique en particulier en :

  • installant des capteurs solaires sur les toits,
  • remplaçant les fenêtres simple vitrage par du double vitrage,
  • isolant intérieurement les murs en contact avec l'extérieur,
  • isolant les murs extérieurs pour limiter les déperditions de chaleur et accumuler la chaleur du rayonnement solaire diurne (murs "trombe"),
  • introduisant des pompes à chaleur horizontales ou verticales lorsque c'est possible,
  • végétalisant les façades,
  • peignant les murs dans des couleurs sombres ou claires selon les effets souhaités,
  • occultant les surfaces vitrés en été pour limiter le rayonnement solaire et en hiver la nuit pour préserver la chaleur intérieure.


Il s'agit de cumuler et généraliser toutes les innovations en termes de matériaux et de procédés. Mais on peut aussi résoudre un certain nombre de problèmes énergétiques en adoptant quelques comportements simples comme fermer ses volets l'hiver la nuit, opter pour du double vitrage, ne pas surchauffer son logement.

Par ailleurs, les pouvoirs publics doivent non seulement favoriser ces nouveaux types de logements mais aussi les inciter voire les encadrer. En Espagne, il est depuis peu obligatoire d'intégrer des panneaux solaires sur les immeubles neufs ou rénovés. La France accuse un retard dans le domaine du solaire thermique. Même le Sénat le déplore. N'oublions pas que le soleil est une source d'énergie gratuite. Alors pourquoi ne pas obliger les programmes immobiliers et de réhabilitation à intégrer les solutions solaires, quand c'est possible, ainsi que les démarches environnementales de type HQE ? Peut-on encore se permettre d'attendre ?


Quelques liens pour approfondir le sujet

Construction bioclimatique


Site Maison bioclimatique
Dossier Construction écologique sur Travaux.com
Site Construire sain
Bilan bioclimatique dans le Pays de Caux
Bilan bioclimatique dans le Tarn
Bilan bioclimatique en Mayenne (Etude Ademe)
Bilan bioclimatique en Lorraine
Bilan bioclimatique Tarn et Garonne
Maison type Minergie, sur le forum Futura-Sciences
Les écoquartiers sur Wikipedia
Un site perso sur la maison solaire


Maisons passives

Maison passive sur Ekopedia
Site perso La Maison Passive
Maison passive sur Novethic
Maison passive sur Actu-Environnement
Critiques sur la maison passive
La maison passive (blog dédié)

 

Suggestions de lecture

La conception bioclimatique : Des maisons économes et confortables en neuf et en réhabilitation de Jean-Pierre Oliva et Samuel Courgey, Ed. Terre vivante

L'autoconstruction en bois de Jean Zerlauth, Ed Eyrolles

   

Remerciements

Din-Diu, pour sa suggestion sur la norme HQE 

26/10/2006

Rouler plus écologique : les véhicules alternatifs ont-ils un avenir ?

medium_IMG_0573.jpgLa visite de la dernière édition 2006 du Mondial de l'Automobile a été l'occasion de faire un point sur les dernières innovations et tendances en matière de véhicules individuels. Au-delà des stands classiques et hypermercatisés des marques phares, on pouvait également s'intéresser aux Halls 2.2 et 3 dédiés aux secteurs "Energies alternatives" et "Voiturettes". Il s'agit de véhicules dont le carburant ou la force motrice est autre que les classiques essence et gazole. Les véhicules alternatifs sont ceux fonctionnant, par exemple, à l'électricité, au gaz, à la biomasse ou à l'hydrogène et conçus dans le but de réduire les émissions nocives telles l'oxyde de carbone (CO et CO2), les hydrocarbures (HC), les oxydes d'azote (NOx) et les particules.

L'objectif de cette visite était de prendre connaissance de l'offre actuelle de véhicules alternatifs et passer en revue les technologies existantes permettant de rouler avec le minimum d'impact possible sur l'environnement.

 

Aujourd'hui, les citoyens, relayés par un puissant martelage médiatique et publicitaire, commencent à développer une conscience écologique. Il n'est jamais vraiment trop tard, (ou peut-être si, hélas) pour remettre en question nos modes de vie ou du moins les adapter ! Les citoyens se sentent acteurs de leur avenir et commencent à intégrer le facteur "environnement" dans leur rapport à la consommation.

La récente synthèse L'environnement en France 2006 de l'IFEN, l'Institut Français de l'Environnement, confirme que les transports contribuent à hauteur de 26,5 % aux émissions de gaz à effet de serre en France. Bien sûr, la solution consistant à dire que tout repose uniquement sur les gestes individuels n'est pas suffisante. Les autres acteurs tels que les industries, les agriculteurs et surtout les pouvoirs publics doivent également s'impliquer davantage dans cette cause. Il ne suffit pas seulement de se réfugier derrière des labels et des logos clinquants qui purifient la conscience et de disséminer de simples injonctions sous la forme de spots télévisés ou de communiqués de presse lénifiants ! Les uns doivent accélerer la mise en oeuvre des processus de production et des innovations respectueux de l'environnement et les autres imaginer un cadre législatif et fiscal soit incitatif soit strict ou, mieux, une combinaison des deux approches pour parvenir à une société durable. Sans le courage musclé des pouvoirs publics et une certaine patience dans les exigences de retour sur investissements de la part des industriels, la volonté affichée de réduire l'impact de notre mode de vie de pays industrialisé sur l'environnement sera vouée à l'échec et nul ne peut prédire ce qui attend l'humanité à l'horizon de quelques décennies.

 

La grande équation

"Comment faire évoluer nos modes de vie actuels vers une civilisation écologiquement pérenne sans, d'une part, régresser et, d'autre part, parvenir à un certain équilbire avec des pays qui sont en passe de devenir des titans économiques tout en aidant, en même temps, les nations les moins favorisées à accéder à des conditions de vie acceptables ?". C'est un peu long mais c'est volontaire. Il y a beaucoup de variables à trouver, toutes liées entre elles.

Voilà, en quelque sorte, le défi qui attend l'humanité entière. On ne peut parler là d'utopie puisque les pays du Nord ont plus ou moins atteint ce stade non sans spasmes et soubresauts historiques. Ce progrès humain se fera t-il de façon consensuelle ou bien sous la contrainte ?  L'avenir nous le dira.

 

Les faits

Aujourd'hui, nous constatons que la civilisation du pétrole, une ressource malheureusement ou heureusement limitée, a permis à l'humanité d'accomplir, certes de façon fort inégale, un bond spectaculaire en termes de progrès et d'amélioration des conditions de vie.

Paradoxalement, le fait d'avoir mis tous nos oeufs dans le même panier et d'avoir développé une civilisation de l'énergie fossile nous a tous mis en danger. Pour une grande partie de la communauté scientifique, il n'existe plus aucun doute sur le fait que l'activité humaine, essentiellement basée sur la libération dans l'atmosphère de matières carbonée séquestrées dans le sous-sol par l'histoire géologique de la terre, contribue à des modifications climatiques à grande échelle en un laps de temps inédit (deux cents ans à peine !).

Pourtant, les matières fossiles (hydrocarbures et charbon auxquels ont peut ajouter l'uranium) sont aujourd'hui les énergies qui fournissent le meilleur rendement énergétique permettant le progrès technique et la liberté de déplacement. Aucune autre énergie aisément maîtrisable en dehors du pétrole ne permet autant de versatilité, d'autonomie et de souplesse d'usage : transports, chauffage, électricité, chimie, transformation industrielle... Il semble que les hydrocarbures soient une sorte de produit miraculeux capable de répondre à tous nos besoins.

Or voilà, cette ressource est non seulement limitée mais de surcroît polluante donc sans réel avenir à l'échelle d'un siècle. Alors, comment préparer l'humanité à l'ultime choc pétrolier ?

Mais revenons au sujet principal et voyons un peu ce que le marché de l'automobile propose pour satisfaire la demande émergente en véhicules respectueux de l'environnement. Profitons pour passer en revue les différents types d'énergies disponibles pour la locomotion individuelle.

 

Les technologies essence et diesel

L'essentiel du parc automobile utilise la technologie du moteur à combustion qui est activé par du pétrole raffiné. Le pétrole permet aujourd'hui à un véhicule particulier une autonomie de 600 à 900 km à une vitesse de déplacement de croisière de l'ordre de 100 à 180 km. C'est, pour le moment, la solution offrant la meilleure performance (distance/temps) pour un déplacement individuel. Or, c'est de l'hydrocarbure donc limité et polluant.


Les biocarburants

C'est une vaste famille de produits incorporant de la biomasse essentiellement des végétaux : colza, tournesol, soja, betterave, canne à sucre, blé, maïs. Selon qu'on souhaite incorporer ces produits végétaux dans le gazole (le diesel) ou l'essence on obtient des biocarburants distincts sans nécessité de modifier la technologie du moteur.

  • l'EHV ou Ester d'Huile Végétale consiste à incorporer au gazole de 5 à 30% d'huile de colza, de tournseol ou de soja. Ce type de carburant est appelé biodiesel ou diester.
  • l'ETBE ou Ethyl Tertio Butyl Ether consiste à ajouter à l'essence jusqu'à 15% d'alcool obtenu à partir de plantes riches en sucres ou en amidon (betterave, canne à sucre, blé, maïs) pour obtenir le bioéthanol.
  • Le FlexFuel ou E85. Pour ce type de biocarburant la part "éthanol" (d'origine végétale) représente jusqu'à 85% du mélange. Pour ces carburants, il faut envisager une motorisation adaptée du véhicule. Ces types de véhicules sont courants au Brésil, en Suède et aux Etats-Unis.


Des pétroliers, tels Total, s'impliquent également dans la recherche de nouveaux procédés pour produire des biocarburants également à partir de bois, déchets agro-alimentaires et autres cultures. Des matières en principe renouvelables qui n'ajouteraient pas de nouveau CO2 dans l'atmosphère hormis celui rejeté par la part "pétrole" du biocarburant soit tout de même de 70 à 95%. Cette solution est plutôt rédhibitoire.

Remarque : les biocarburants ne sont que des solutions partielles à la substitution au pétrole puisque l'essentiel du carburant reste encore le pétrole. Par ailleurs, une demande accrue de la part de l'industrie pétrolière en produits agricoles n'est pas sans poser potentiellement de nouveaux problèmes. En effet, ce surcroît de demande pour un usage nouveau peut induire un recours additionnel aux pesticides et à l'irrigation sources d'autres problèmes. Sur le plan économique, cette nouvelle filière peut mener à des tensions inflationnistes sur des matières également destinées à l'alimentation humaine et animale.


Le GPL (Gaz de Pétrole Liquéfié)

C'est un gaz issu du raffinage du pétrole constitué de butane et propane (comme les briquets !). On lui reproche un risque d'explosion accru ce qui lui interdit les parkings souterrains. Le GPL existe depuis de nombreuses années mais ne s'est pas véritablement développé du moins dans des proportions telles qu'il devienne une alternative sérieuse à l'essence et au diesel. Dans presque chaque station autoroutière trône une pompe GPL. Les avantages de ce carburant restent discutables. On ne sait pas grand chose sur ses qualités écologiques. Il est soit disant moins cher que l'essence (environ 0,7 euros du litre) et bénéficie d'avantages fiscaux. Ces avantages fiscaux pourraient d'ailleurs être remis en cause prochainement. Par ailleurs, le réservoir GPL vient en général oter du volume soit dans le coffre soit au niveau de la roue de secours. Il s'agit en fait d'un produit pétrolier avec les mêmes contraintes géopolitiques mais présenté sous une autre forme.


Le GNV (Gaz Naturel Véhicule de Ville)

Il s'agit d'utiliser le gaz naturel (celui présent dans vos cuisines et fourni par Gaz de France) comme carburant. Le gaz naturel extrait de la terre est composé à 90% de méthane. Il rejetterait jusqu'à 23,7 % de CO2 en moins par rapport aux carburants issus du pétrole. Le principe est simple : les véhicules sont conçus en mode bicarburation (un moteur à essence associé à un second moteur au gaz). Cette combinaison des deux moteurs ajouterait de 200 à 500 km d'autonomie à un véhicule. Le remplissage de la partie gaz se déroule chez soi via une mini station de remplissage installée à domicile dans son garage, par exemple. C'est un produit de l'offre DolceVita de Gaz de France. Ce procédé ne vous affranchit pas totalement du pétrole pour lequel il faudra continuer tout autant à faire la queue dans les stations services. Hormis le fait de rejeter moins de CO2 pour la partie gaz et le côté pratique de faire son plein "gaz" chez soi, les autres avantages sont limitatifs. Les deux carburants sont issues d'hydrocarbures que nous devons importer et par rapport auxquels nous avons une grande dépendance vis à vis de l'étranger. Gaz de France indique que le carburant gaz naturel est compétitif et reviendrait à environ 0,58 euros l'équivalent litre (T.I.P.P. réduite). De plus, des crédits d'impôts de l'ordre de 2000 à 3000 euros sont envisageables pour l'acquisition d'un modèle de véhicule fonctionnant au GNV.


L'électricité

Il s'agit de véhicules dont le principe de fonctionnement repose à 100% sur des batteries en général au plomb, Lithium-Ion (Li-Ion), nickel-cadmium (Ni-Cd) ou nickel-métalhydrure (Ni-MH) rechargeables sur secteur. L'idée est bonne car il n'y a pas (ou peu) d'émissions polluantes lors du fonctionnement du véhicule. Il existe peut-être un problème dans les batteries qu'il faut changer après 700 à 800 cycles de recharge. Toutefois, les batteries modernes, aussi bien le plomb que l'enveloppe en matière plastique, sont recyclables. La société Batscap, fabricant de batteries nouvelle génération, indique un coût énergétique de 1 € au 100 km pour sa technologie de batteries Lithium Métal Polymère. Ce qui vient jeter de l'ombre sur les véhicules électriques est sans conteste son manque d'autonomie (seulement environ 250 km pour les plus performantes !) et sa vitesse maximale (de l'ordre de 60 à 125 kmh !). A ces limitations, il faut ajouter un temps de recharge long de 5 à 7 heures en général et la place que prennent les batteries dans le véhicule.


Les moteurs hybrides

Les véhicules hybrides sont la solution de transition la plus acceptable à l'heure actuelle. Le principe est de coupler deux énergies ensemble dont l'une est électrique (par exemple : essence + électrique). En règle générale, il n'y a pas besoin de recharger la partie électrique du véhicule. C'est le système de freinage qui récupère l'énergie générée par le freinage et la convertit en puissance. Ce système a un double avantage. Il réduit la consommation moyenne d'essence (environ 4,3 L aux 100 km en cycle mixte) et par voie de fait la contribution aux émissions de CO2 (104 g/km). Ces données sont basées sur la Toyota Prius. Les inconvénients principaux restent les prix élevés (en général plus de 25 000 euros) et la rareté des modèles disponibles, en tout cas en France.

Une motorisation hybride essence + électricité n'est pas une alternative durable car finalement le véhicule reste tributaire du pétrole, même si la part d'essence est réduite par rapport à un véhicule classique. Mais c'est mieux que rien ! En revanche, une motorisation hybride de type bio-éthanol (voir plus haut) + électricité peut être intéressante sur tous les plans. Dassault et Heuliez proposent déjà un modèle Cleanova II alliant le carburant bio-éthanol et l'énergie électrique.


L'hydrogène et les piles à combustible

Nous ne nous étendrons pas sur ces technologies car il n'y a pas, pour le moment, d'applications grand public concrètes. Ce sont des pistes de développement de nature à offrir plus d'options dans la recherche de la meilleure solution alliant performance, disponibilité et respect de l'environnement. Pour le moment cela reste expérimental, coûteux, avec une autonomie limitée et à l'infrastructure encore inexistante, en tous cas en Europe et en France.


Le cas particulier des voiturettes

Il s'agit de véhicules qui fonctionnent à l'essence, au diesel et dans certains cas avec des batteries électriques. Contrairement aux autres véhicules à combustion thermique, ils se distinguent par une consommation et des rejets beaucoup plus bas (de 3,5 à 4 L aux 100 km pour les Aixam et de 90 à 140 g de CO2/km pour les Smart). En contrepartie de quoi, même si l'autonomie est satisfaisante (300 à 500 km), la vitesse (45 à 93 km/h sauf la Smart qui peut afficher plus) et le volume utile restreint réservent ce type de véhicules à des usages de niche pour des trajets plutôt courts. Aujourd'hui, les voiturettes patissent d'une image de véhicules pour "ceux à qui on a supprimé le permis de conduire" (pour certains modèles, en effet, point besoin de permis automobile). Toutefois, on peut imaginer que  cette famille de véhicules puisse devenir pertinente prochainement dans les trajets urbains quotidiens et surtout à la campagne pour un rayon d'action limité. L'autre avantage en ville est son faible encombrement pour se garer. A ce titre, on  ne sait pas comment classer les Smart et autres Twingo qui sont assez polyvalentes et prometteuses en attendant la solution alternative définitive. Les tarifs de la Aixam Crossline, une voiturette berline, sont approximativement de 11300 à 13300 euros clés en mains. Cela reste cher mais les Aixam peuvent se conduire sans permis et consomment moins !


Les véhicules alternatifs ont ils un avenir ?


Comme à chaque fois, la réponse est oui et non.

La réponse "Oui" dépend surtout de notre capacité à faire évoluer nos usages de l'automobile et surtout notre volonté de rompre avec nos habitudes. Il ne faut pas se leurrer. Aujourd'hui, seules deux technologies, le pétrole (incluant le GPL) et l'hybride permettent de façon combinée de remplir l'ensemble des fonctions suivantes :

  • parcourir entre 600 et 900 km sans réapprovisionnement, - atteindre des vitesses de 130 à 180 km/h en mode croisière,
  • faire le plein en 5 minutes et ce pratiquement partout dans le monde,
  • transporter de 2 à 7 de passagers (voire davantage 72 dans le cas des bus) ainsi que des marchandises (utilitaires, breaks),
  • offrir un vaste choix de configurations et d'options.


Tant que les autres technologies n'offriront pas autant de polyvalence que le moteur à combustion thermique fonctionnant au pétrole, il n'y aura pas d'alternative crédible en matière de transport individuel. La contrepartie à cette "liberté" de déplacement est l'accroissement de la part des émissions polluantes imputables au transport avec des risques incalculables sur le changement climatique à l'échelle mondiale.

Dans l'immédiat et à défaut de rupture technologique, les véhicules alternatifs ne peuvent représenter une issue fonctionnelle à la technologie pétrole. En revanche, ce type de véhicules offrent des solutions de niche provisoires intéressantes, fortement corrélées au style de vie et à la situation individuelle de chacun au regard des déplacements.


Les véhicules alternatifs, pour quels usages ?

Certaines des technologies alternatives s'offrent d'ores et déjà à vous si :

Electricité (idéal pour les petits trajets de la campagne et de la ville) :

  • le nombre de passager en plus du conducteur se limite à une ou deux (quatre personnes pour la BluEcar de Bolloré),
  • vos déplacements quotidiens sont d'environ 60 km et ne dépassent pas 200 km,
  • vous n'êtes en général pas très pressé (45 à 65 km/h, un peu moins ou un peu plus selon les modèles),
  • vous avez le temps entre deux "pleins". Prévoir plusieurs heures pour un cycle de recharge...


Gaz Naturel de Ville Véhicule (GNV) :

  • vous disposez chez vous du réseau gaz naturel de Gaz de France pour faire le plein gaz chez vous,
  • vous êtes prêts à payer un abonnement gaz spécifique de 20 à 56 euros TTC/mois selon votre consommation,
  • vous vous accomodez d'une double opération de plein de carburant (deux réservoirs : essence et gaz),
  • vous vous contentez d'un catalogue de voitures restreint (14 modèles pour l'instant)...


Hybride :

  • vous avez un budget de 25 550 à 29 450 euros,

 

NB : les véhicules électriques, au GNV et hybrides émettant moins de 120 g de CO2/km peuvent bénéficier d'un crédit d'impôt de 2000 à 3000 euros (Article 42 - Loi des finances rectificative pour 2000, n° 2000-1353 du 30/12/2000 ; Article 14 Loi des finances pour 2002 ; Article 76.1 Loi des finances pour 200" ; Art 110 Loi des finances rectificative pour 2005).


Conclusion

En fin de compte, au vu des technologies alternatives existantes et étant donné le stade de leur développement, on peut se poser la question de savoir si un véhicule de type "petite urbaine" essence ou diesel n'est pas pour l'instant le meilleur compromis entre réduction des émissions polluantes, vitesse de déplacement et autonomie. Par exemple les familles Smart, Twingo, Mitsubishi Colt, etc.

La seule véritable alternative écologiquement acceptable serait la voiture électrique ou mieux la voiture solaire mais avec une autonomie de 500 ou 600 km et une vitesse pouvant atteindre les 125 km/h ! A partir de ce moment, on peut tabler sur un démarrage du marché des véhicules alternatifs. Hélas, il n'existe encore rien de tel sur le marché. Un scénario 100% électrique serait l'idéal pourvu que ces innovations ne tardent pas à se généraliser.

L'alternative viendra peut-être d'elle même lorsque les prix du pétrole atteindront de tels plafonds qu'il sera impossible pour les particuliers de continuer à rouler selon les habitudes acquises jusqu'à présent. De plus, l'impact sur le climat risque aussi de venir dicter nos usages de l'automobile.

Dans un tel contexte, un effondrement de la civilisation du pétrole est à craindre dans le goût des scénarios avancés par l'auteur américain James Howard Kunstler "The Long emergency". A partir de ce moment c'est la raison qui guidera nos comportements et structurera nos déplacements et nos modes de vie futurs.


Quelques liens pour approfondire le sujet...

GPL et GNV

Gepel,
GPL Total,
GNV Gaz de France,
Article France2.


Voitures électriques

Cleanova de Dassault et Heuliez,
Tanghua,
bluEcar,
Tesla Motors,
Maranello4,
L'association AVEM,
Moteurnature,
Tender Car 4X4 électrique cabriolet.


Voitures hybrides

Toyota Prius,
Les aventures d'un utilisateur de la Kangoo Hybride.


Hydrogène et piles à combustibles

Article Futura Sciences sur l'hydrogène,
Article Futura Sciences sur les piles à combustibles,
Le site du CEA,
Le site H2.


Voiturettes ou assimilées

Aixam,
Mega (utilitaires),
Smart,
ItalCar.

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