24/11/2007

Récup : un chauffage à accumulation fait de "briques" et de broc

/archive/2007/11/834456d6a6a50f5b411104d1c309ec57.jpgLa sagesse populaire (folksonomique) nous annonce un hiver plus tranchant que ceux, mièvres il faut l'avouer, auxquels on s'est un peu trop habitué ces dernières années.

Le grand défi du futur proche est la capture et la conservation de l'une des plus grandes ressources de la vie, à savoir : les calories !

Non, non je ne parle pas de celles qui sont stockées de façon lipidique dans nos organismes de quadras !

Voyez-vous, on croit faussement que les tendances caniculaires et le réchauffement climatique vont nous permettre de vivre toute l'année en T-Shirt. On s'imagine une terre uniformément douce.

Mais il n'en est rien ! Le climat, d'après les spécialistes, à toutes les chances d'être chaotique et imprévisible. Ne nous mettons pas dans l'esprit que nous bénéficierons d'une douceur méditerranéenne généralisée. Ce n'est pas tant les moyennes qui vont beaucoup évoluer mais les écarts types (autrement dit les extrêmes).

En Europe, et ceci à des degrés divers, nous vivons avec le chauffage allumé durant en moyenne six ou sept mois par an (plus ou moins de la mi-octobre à la mi-avril).

Rendez-vous compte que nous sommes contraints de recourir à un moyen de chauffage entre 50 et 60% de notre temps de vie. Cela en fait de l'énergie consommée la plupart du temps avec émission de gaz à effets de serre !

Dans certains cas on peut réduire dans une certaine mesure le recours à des énergies problématiques en apprenant à piéger les calories, à les attraper !

C'est ainsi que j'ai eu l'idée de mener une expérience qui vous paraitra insignifiante mais qui permettrait d'amorcer une réflexion plus globale.

Je dispose d'un ancien chauffage électrique avec un corps de chauffe en pierre (terre cuite ? faïence ?, bref je ne saurai pas vraiment vous dire).

Les anciens, qui étaient souvent astucieux, concevaient des chauffages robustes et fonctionnels. Bien sur, ils n'étaient pas régulés par des thermostats ni un mécanisme électronique. Bon, ce chauffage (voir photo) n'appartient pas du tout à ces chauffages ultra-légers de type convecteurs ou radiants. C'est un pur chauffage massif et lourd traversé par une résistance.

Je m'en sers dans la maison pour réchauffer un peu les combles en attendant qu'ils soient isolés. La maison est autrement chauffée par une cheminée. Mais vous connaissez tous bien le problème. Dés que la dernière bûche est consumée vers trois ou quatre heures du matin, on se réveille en grelottant.

L'expérience consiste donc à faire la soudure entre 1) la fin de la dernière bûche dans la cheminée et 2) le moment où le tarif de jour d'EDF redémarre vers 6h30 du matin.

Le but est donc d'emmagasiner un maximum de chaleur pour que quand on coupe le chauffage électrique qui aura fonctionné depuis l'extinction de la dernière bûche vers 3h00 et le moment du réveil on évite le plus possible d'allumer les chauffages électriques en tarif EDF heures pleines. Et bien sûr, lorsque vous vous réveillez vous courrez remettre une bûche dans la cheminée.

C'est donc ces quelques heures qui séparent le moment de la dernière bûche et celui du réveil qui sont critiques. C'est à ce moment qu'il faut conserver la chaleur, l'accumuler.

Alors, la ruse que j'ai trouvée est de piéger les calories délivrées par le vieux chauffage électrique en le transformant en chauffage à accumulation primitif. Pour cela, j'empile sur le plateau en marbre plusieurs couches de briques réfractaires. Ce matériau qui sert à la construction des cheminées et des barbecues a la propriété de bien retenir la chaleur et de continuer à la restituer ensuite.

Et donc, grâce à cette astuce, lorsque je coupe le chauffage (je l'éteins donc pour qu'il ne puise plus sur le réseau électrique), je constate que ce petit assemblage de briques réfractaires continue à dégager de la chaleur pendant au moins une bonne heure.

Une heure, c'est pas grand'chose et ça peut vous paraitre relever d'une attitude de pingre. Mais c'est une heure de moins d'EDF et donc moins cher sur la facture au final. C'est aussi un petit geste pour la planète.

Je n'ai pas fait de calculs. Mais on pourrait s'amuser à identifier toutes les fois où la chaleur est tout simplement gaspillée car elle s'évacue dans l'atmosphère froide sans servir à rien !

Certaines centrales électriques dites de cogénération fonctionnent déjà sur ce principe. L'énergie dégagée et perdue sert à chauffer un réseau d'eau chaude par exemple. Beaucoup d'industries rejettent de la chaleur, et de plus en plus la récupèrent pour le chauffage collectif.

Maintenant, il faudrait se poser la question de savoir si au niveau individuel et domestique il n'y a pas une optimisation calorique envisageable et des gains de calories à réaliser. Ce type de réflexion reste bien sûr valide pour un grand nombre d'autres sujets.

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