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27/05/2007

Spectaculaires essaimages

/archive/2007/05/9c1c516e9c5ae77599432e8cefbfd56f.jpgIl y a peu le jardin de la petite maison enfouie dans la végétation a été le théâtre d'un phénomène spectaculaire : un symphonie bourdonnante de vie.

Ce lopin de terre perdu aux confins de la Brenne et de la Touraine abrite depuis un an une douzaine de ruches. Elles ne m'appartiennent pas.

Un apiculteur local avec qui je fus mis en contact a déterminé que l'exceptionnelle situation du terrain augurait d'une récolte de miel pleine de promesses.

Ce lopin de prairie est à l'écart de toute pollution industrielle. Pour être honnête, il borde un champ qui est copieusement arrosé par un agriculteur. Or, visiblement, cet agriculteur est un tant soit peu consciencieux pour ne pas utiliser des produits de traitement léthaux pour les hyménoptères (Gaucho et Régent interdits !). Les colonies que j'héberge semblent bien se porter pour le moment aux dires de l'apiculteur.

Moi-même je n'utilise aucun produit de traitement. Je laisse faire la Nature. Parfois, je déplore des ravageurs (pucerons) qui s'attaquent aux rosiers ou cerisiers et les flétrissent. Toutefois, j'accepte ces inconvénients afin que les règles de la Nature soient toujours privilégiées au dépens de celles des hommes.

La Nature est la cause et sa propre solution.

La prairie fleurie et tondue qu'occasionnellement ainsi que la présence du verger ont convaincu l'apiculteur d'y placer ses ruches. Cette année il en a même rajouté deux supplémentaires. Cela me rassure sur la qualité de l'emplacement de la maison.

Au départ, l'apiculteur avait proposé de payer un loyer pour placer ses rûches.

C'est quelque chose que j'ai refusé. Le deal est le suivant : il donne quelques pots de miel produits par les abeilles du jardin et en échange il fait ce qu'il veut avec ses abeilles sur le terrain.

Mais au-delà de ce "deal", je suis aussi gagnant sur d'autres tableaux en acceptant des ruches sur le terrain.

En effet, les abeilles vont accroitre la pollinisation du verger et donc vraisemblablement favoriser l'obtention de fruits (cerises, mirabelles, prunes, poires, pommes...).

A ce propos, lorsque j'ai visité le Jardin des Parfums et Epices à l'île de La Réunion, j'ai attentivement écouté les propos du guide aux allures fantasques qui nous expliquait les secrets du monde des végétaux. Il nous a posé la question de ce qui se passerait si les abeilles venaient à disparaitre. La réponse a été foudroyante... De dramatiques crises alimentaires et des famines que l'humanité aurait beaucoup de difficultés à résoudre et serait probablement amenée à s'éteindre. Déjà Einstein en son temps avait prédit une telle hypothèse.

En effet, c'est la pollinisation qui permet à la fleur de produire le fruit. Cette pollinisation est plus ou moins bien assurée par le vent. Mais l'action du vent est limitative. En fait, ce sont les insectes qui sont les principaux acteurs de la pollinisation. Et en particulier les abeilles, papillons et autres insectes spécialisés.

Après un an de présence de ces ruches, un phénomène impressionnant s'est produit chez moi : un essaimage.

Je n'ai pas assisté moi-même à cet évènement. Mais mon ancêtre en fut le témoin. Et, en bon reporter, il me transmet les photos ci-après.

L'étrange société des abeilles

Une colonie d'abeilles (une par ruche) est constituée d'une unique reine, de quelques centaines de faux-bourdons (durant la belle saison) et d'ouvrières dont le nombre peut s'échelonner de vingt à cent mille individus ainsi que d'œufs, larves, nymphes (couvains).

La vie et l'organisation des abeilles nous ferait peur à nous humains. Ainsi, la reine n'a pour seul rôle que de pondre ses grosso modo 2 500 oeufs par vingt-quatre heures !

Retenons qu'au départ une reine est une larve comme les autres. Cette larve lambda ne devient reine que parce qu'à un moment donné de sa vie les ouvrières se sont mises à la nourrir de gelée royale puis de continuer à lui réserver ce régime. Alors pourquoi et sur quels critères se basent les abeilles pour se mettre à programmer une reine, je ne saurai vous dire ? Un instinct de groupe et coordonné ? Je demanderai à l'apiculteur.

Donnez de la gelée royale à vos enfants et peut-être deviendront-ils rois ou reines !

Comme il ne peut y avoir qu'une seule reine par colonie, le premier travail de la première reine née est d'identifier les larves de futures reines et de les tuer. Parfois il y a un combat à mort entre deux reines nées en même temps. Et vous savez comment ça se passe ? C'est pas celle qui pique qui gagne !

Ensuite cette reine devra s'accoupler au cours d'un vol nuptial sous la forme d'une impressionante nuée faite de mâles surexcités. J'espère qu'il me sera donné un jour d'observer ce phénomène. Mon petit côté voyeur sûrement !

Et comme chez beaucoup d'espèces, ce sont les mâles les plus opportunistes qui féconderont la reine (il en faut plusieurs pour remplir sa spermathèque). Or, en donnant sa semence, le mâle meurt sur le coup en laissant son appareil génital dans la reine. Je vous invite à voir ou revoir ce dramatique film franco-japonais autour du thème de l'Eros et Thanatos, l'amour fusionnel et passionné qu'est L'Empire des sens. Vous vous imaginerez peut-être mieux le monde des abeilles avec la scène finale du film. Le faux-bourdon n'a pas d'autre rôle. Il est incapable de se nourrir (sa trompe est trop petite !). Celui qui survit devient indésirable car inutile à la colonie. Il est chassé.

A partir de là, la reine ne va avoir pour occupation durant les jusqu'à cinq ans de sa vie que de pondre. Elle ne fait rien d'autre. Tout le reste est géré par les ouvrières.

Encore une bizarrerie, un mâle nait d'un oeuf non fécondé (il faut que je vérifie ce point auprès de mon ami apiculteur car cela me semble tout simplement stupéfiant).

Alors qu'est-ce que l'essaimage ?

L'essaimage survient, lorsque la ruche est pleine à craquer de miel. A ce moment là, les ouvrières se mettent à élever quelques reines. Et fatalement, l'une des nouvelles reines voit le jour. Avant la naissance des nouvelles reines, l'ancienne reine à pour réflexe (peut être à la suite d'un stimulus hormonal) de quitter la ruche avec la moitié de la colonie. Cette organisation est un véritable mystère.

C'est cela qu'on appelle l'essaimage. L'essaim s'envole alors dans un fracas assourdissant pour se fixer provisoirement sur la branche d'un arbre proche. Certaines abeilles, les éclaireuses, vont ensuite partir à la recherche d'un site propice pour fonder une nouvelle colonie.

Il est très important à ce moment crucial et rare de prévenir l'apiculteur afin qu'il récupère l'essaim et sa reine pour les installer dans une ruche.

Voyez par vous mêmes le talent de l'apiculteur qui accomplit cette tâche sans aucune protection. La personne qui l'assiste munie d'une combinaison d'astronaute est mon père qui a pu en même temps réaliser ce mini reportage. 

/tag/HymC3A9noptC3A8res/d41e008e87189b4d3da4f15ad36b332f.jpgL'essaim se fixe sur un arbre proche.
 

 

  


/archive/2007/05/65cc4f4c4f3507eac923e104208a108b.jpgL'essaim formé autour de la reine restera compact jusqu'à ce qu'un emplacement favorable soit trouvé pour fonder une nouvelle colonie.
 

 

/tag/HymC3A9noptC3A8res/f24908cea020c4446f4edfa04604471a.jpg

L'apiculteur arrive pour récupérer l'essaim et sa reine. 

 

 

 

 

 
/tag/HymC3A9noptC3A8res/1bdf894151dff9b09ce9b240666c62b2.jpgEt hop ! 

 

 

 

 

 


/tag/HymC3A9noptC3A8res/3d718f5b084c1aca7344392a43b9ee46.jpg On enfume un peu.

 

 

 

 

/tag/HymC3A9noptC3A8res/88d8ba1422fde99a1a74aea587d377da.jpg Maintenant il faut récupérer le deuxième essaim (essaim  secondaire).
 




/tag/HymC3A9noptC3A8res/ff0c6f611e710e2cd376aa75012ee367.jpg

 Et voilà l'artiste !

 

 

 

 

 

Les abeilles semblent sensibles à certains dégagements hormonaux de notre peau, notamment celles de la peur. Elles auraient tendance à devenir agressives en présence de ces substances. Et si vous écrasez une abeille, quittez vite les lieux ! L'abeille écrasée émet une hormone d'alerte risquant d'attirer une nuée complète de ses congénères. En dehors de cela, même si vous n'êtes pas trop "hormonal(e)", il vaut mieux éviter d'être dans la trajectoire d'envol des abeilles (de sud à ouest) pour éviter de vous faire piquer (je sais de quoi je parle).

Il y aurait tant de choses à dire sur les abeilles. J'ai eu l'occasion de dialoguer avec plusieurs apiculteurs d'origines différentes. J'ai noté que c'étaient toutes des personnes passionnées au regard pétillant et d'une douceur remarquable. Ca m'a fait un peu m'interroger sur les approches, attitudes et orientations de vie à envisager pour la recherche d'une existence la plus harmonieuse possible.

 

Pour en savoir un peu plus...

Le site perso d'un apiculteur passionné (merci à cet apiculteur pour la qualité de son site de vulgarisation que j'ai dégusté patiemment pour apporter du contenu utile à cette note)

Apiculture (Wikipedia) 

Traité Rustica de l'apiculture (c'est l'ouvrage que mon ami apiculteur m'a prêté. Il doit donc être utile)

 

NB : ne m'en veuillez pas si vous constatez des informations approximatives ou inexactes. Je ne suis pas apiculteur moi-même ! En revanche, signalez-les moi afin que je corrige. 

24/05/2007

Le temps des fraises

d08c11e263b2f6b41b70354d85797b09.jpgMalgré le total abandon du jardin, malgré sa végétalisation imparable celui-ci continue à donner le meilleur de lui-même.

Ainsi, ces fraises sont les discrets témoins d'une abondance insoupçonnée. Sous les hautes herbes le jardinier négligent que je suis peut encore découvrir des fruits charnus qui ne croissent que pour réjouir les papilles.

Ces fraises pudiques et pourprées, croquantes et suaves ont été dégustées telles quelles juste saupoudrées de sucre dans lequel ont été mises à confire deux gousses de véritable vanille Bourbon.

Croyez-moi ou pas, ce fut un régal. Ces fraises se sont épanouies dans la pénombre, protégées par un sanctuaire végétal, sans aucun traitement et contre toute attente épargnées par les hordes d'insectes.

Bonne dégustation.

20/05/2007

Cognition: le système de pensée humain

medium_-vibratie_-.jpgL'esprit humain, suite à de longs processus d'évolution, le développement de la culture comme donnée de son adaptation, la perte de son instinct d'origine animale, l'éducation, l'expérience collective et individuelle, etc. a développé un système cognitif qui lui ouvre beaucoup de possibilités d'interprétation mais en même temps limite sa manière d'appréhender le monde. Il s'est ouvert la possibilité de façonner son environnement immédiat mais s'est aussi enfermé dans des schémas de pensée restreints qui l'empêchent parfois de donner une explication exhaustive et précise de son champ d'observation.

Nous paraissons comme limités à nos cinq sens malgré notre incroyable capacité d'abstraction (musique, art,  mathématiques, métaphysique...). Ces limitations n'ont cependant pas obéré la capacité d'homo sapiens à émerger comme l'espèce dominante du phénomène vie, en tous cas sur terre et dans son environnement proche. On peut dire que les capacités cognitives de l'être humain ont une certaine efficacité locale et immédiate.

Passons en revue ce que le système de pensée humain peut faire et les grilles d'explication possibles du monde et ce que le cerveau humain, compte tenu de son développement actuel, ne sait pas faire ou très difficilement.

 

Ce que le cerveau humain sait assez bien expliquer

1 cause engendre 1 effet,

1 cause engendre 2 ou n effets ,

1 cause engendre 1 autre cause,

2 ou n causes engendrent 1 effet (beaucoup plus difficile),

1 cause ayant engendré 1 effet pourra se répéter dans l'avenir, 

... 

 

Ce que le cerveau envisage mais n'explique que difficilement

1 effet sans cause,

L'effet est sa propre cause (cause et effet sont confondus),

1 effet est engendré par une infinité de causes (il a besoin de savoir que le nombre de causes est limité),

1 effet présent est engendré par 1 ou n causes qui n'existent pas encore (le futur engendre le présent ou le passé),

1 cause ayant produit 1 effet dans le passé ne produira pas le même effet dans le futur,

2 effets distants (non reliés par l'espace ou le temps) ayant la même cause, 

Un temps non linéaire (il lui faut un début et une fin),

Un temps cyclique  (un temps qui se répète à l'infini. NB : nous perdons cette notion en nous développant),

Une absence de temps (passé, présent, futur),

Un espace illimité (non borné), 

Le quelque chose produit à partir de rien, 

La coïncidence, la correspondance hors causalité (et la synchronicité),

L'hérédité de la pensée, 

Deux esprits reliés entre eux sans ne s'être jamais rencontrés et sans que l'un ne sache l'existence de l'autre (idées de vibration, télépathie, simultanéité d'action ou de pensée, etc.),

... 

 

Le fait que le cerveau humain ait ces limitations rend compliquée la recherche du vrai dans de nombreux domaines de la vie, par exemple, en justice, sciences, théologie, psychologie. Il va souvent compenser ces limitations par une croyance en une instance supérieure (Dieu, Nature, force). Nous pouvons difficilement accepter qu'il n'y ait aucune cause aux manifestations que nous percevons. Ou qu'il y ait une fin mais pas d'origine. Nous voulons être rassurés que toute conséquence a au moins une cause identifiable ou une cause première. Et ainsi nous remontons les chaines de causalité aussi loin que nous le pouvons. L'idée de Dieu comme cause originelle nous rassure. Elle nous protège de la possibilité effrayante d'un absurde, d'un monde sans sens.

De nombreux philosophes, scientifiques et théologiens se sont penchés sur ces questions. Je propose une petite synthèse ici, sans prétentions, juste pour faire un point entre nous. Soyez indulgents si je lance un tel sujet, mais il pleut aujourd'hui.

NB : Cette note est approximative et correspond à une réflexion personnelle encore émergente, en gestation. Je serais enchanté si vous pouviez m'aider à l'enrichir par vos points de vue mais aussi critiques.

19/05/2007

Les petits êtres de chez nous (2)

/nature/medium_Le_Furtif_Herisson.jpgJe profite de cette fin de semaine pour ajouter un petit être de chez nous. Cette magnifique photo de hérisson semble être celle d'un Erinaceus concolor (le petit sympa, originiare d'Europe centrale et orientale). Apparemment, il ne s'agit pas d'Erinaceus europaeus, ou hérisson commun, plus gros à la truffe humide et un peu "puant".

Pour en être bien sûr, il faudrait vérifier la couleur du pelage sur son poitrail. S'il est clair il y a des chances que ce soit le concolor. A l'inverse, il se pourrait bien que ce soit l'europaeus. Il me faudrait d'autres photos de plus près pour confirmer.

Ce qui me surprend c'est que l'habitat du concolor est situé davantage en Europe centrale et orientale. Je dois sûrement me tromper dans l'identification. Je suis preneur de toute précision pour résoudre cette énigme.

Pour une fois, la photo n'est pas de moi. J'en ai bien quelques unes mais il faudrait que je les scanne. De plus, elles ont été prises hors contexte (capturé, puis relâché). C'est Le Furtif qui m'envoie amicalement cette photo-ci ! Le Furtif est disons un presque voisin du Berry. Il a dans son jardin un visiteur peu farouche qui aime bien se restaurer dans la gamelle du chien.


Merci au Furtif pour ces compléments de vie et de ta fidélité sur ce blog !

NB : de belles vues de hérisson sont aussi à admirer du côté de la tanière numérique de Din-Diu.

17/05/2007

Le goût de l'eau

medium_IMG_1521.jpgJe ne bois pas beaucoup. Je sais c'est un tort. Je satisfais la majeure partie de mes besoins en fluides essentiellement grâce aux légumes, salades et crudités.

Ma boisson principale est le thé vert. J'en bois vraiment beaucoup soit tel quel soit avec quelques gouttes de miel. Le thé représente l'harmonie entre mon corps et mon esprit. Une harmonie qui peut-être partagée. Le thé procure de l'inspiration.

Je bois peu d'alcool. Je me contente d'un verre de vin occasionnel, rouge la plupart du temps. Les vins français sont de loin mes préférés. Aucun autre vin du (nouveau ou ancien) monde ne me procure autant de plaisir. J'aime leur goût équilibré, leur subtile épaisseur, leur texture veloutée... Cependant, je ne suis pas fermé aux vins des autres pays. Le vin représente l'amitié et la famille.

J'aime aussi prendre un verre de Champagne. Plutôt en apéritif et à jeun, si possible. Pas pour accompagner un repas. Trop chic ! Je préfère ce petit verre initial qui vous fracasse un peu la tête et vous rend de bonne humeur. Je crois aux vertus aphrodisiaques du Champagne. Il est un nectar d'amour. C'est la boisson du courage et du passage à l'acte. C'est un facilitateur.

Lorsque je suis devant le feu de la cheminée, c'est un Whisky sec que je privilégie. Le whisky représente les retrouvailles entre un père et son fils. Le lien entre deux générations qui communiquent.

Occasionnellement, je bois un demi de bière. Pratiquement jamais chez moi. La plupart du temps en terrasse. La bière, je l'associe au soleil et à la liberté. J'aime son amertume et sa blondeur qui me rappellent que j'ai un regard d'homme sur les femmes.

Je ne bois plus de lait, ou très rarement. Le seul lait que je bois est le lait fermenté. J'en bois assez souvent, bien frais, nature (l'ben du Maghreb, lait ribot) ou légèrement salé (ayran). Le lait fermenté représente la longévité et le monde sauvage. Celui des steppes désolées que mes pieds ont eu l'occasion de fouler à quelques occasions.

Les jus de fruits, j'en bois parfois, me replongent dans l'enfance. Je redeviens enfant de temps à autre. Le matin surtout. Hélas, à la fin de la journée, je m'aperçois que je suis bien un adulte.

Le café bien serré et sans sucre est la boisson de la solitude. Vous savez, ce petit café espresso servi dans les bars tôt le matin, dans le Paris qui s'éveille de Dutronc, dans une tasse tellement étroite qu'il semble grimper le long des parois internes comme pour s'enfuir. L'espresso à l'italienne est donc synonyme de moments passés avec soi-même. J'apprécie le café turc en particulier. Chez moi - mon autre chez moi, là-bas - il est sucré et porté à ébullition plusieurs fois (deux ou trois fois selon les recettes) dans un petit récipient en cuivre à col étroit appelé "džezva". C'est le meilleur de tous les cafés. Puissant et doux à la fois, ce café turc symbolise la réconciliation.

Je sais, je sais, je vous entends déjà clamer que je suis un "bobo". Tant pis !

Depuis peu, je découvre une boisson primordiale, une boisson des origines : l'eau pure. C'est étonnant, vu que je trouve mon liquide ailleurs, je ne bois pas beaucoup d'eau, ni souvent d'ailleurs. Aujourd'hui, j'ai bu un verre d'eau du robinet. Je la laisse reposer dans une flasque. Et bien vous ne me croirez peut-être pas mais j'ai retrouvé dans l'eau une incroyable variété de saveurs. Légèrement sucrée, un peu "métallique", ronde et pointue à la fois, masculine et féminine. J'y détecte tellement de saveurs différentes que je ne sais pas vraiment à quoi l'associer. Ah si ! Tout compte fait, j'ai décidé de l'associer à la vie.

Il m'aura donc fallu tout ce temps pour découvrir la plus prodigieuse des boissons : l'eau pure ?

 

Pour élargir le sujet

Croupissement de l'eau distillée, chez David (Empyrée) 

12/05/2007

Les petits êtres de chez nous

Voici quelques animaux que l'on trouve couramment dans nos jardins campagnards. Et bien d'autres encore qui ne se laissent pas prendre.

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  Musaraigne

 

 

  

 

/archive/2007/05/medium_IMG_0217.jpgLapin de Garenne









/archive/2007/05/medium_IMG_0330.jpgEcureuil









/archive/2007/05/medium_IMG_2110.2.jpgRagondin







/archive/2007/05/medium_IMG_0269.jpgLézard (appelé aussi Lisette)

 

 

 

 

 

/archive/2007/05/medium_IMG_1825.jpg

  Couleuvre

 

  

 

 

/archive/2007/05/medium_IMG_1448.jpg

  Mésange

 

 

 

 


/archive/2007/05/medium_IMG_1206.jpg Grenouille (Rainette)

 

 

  

  

/archive/2007/05/medium_IMG_0135.jpg

  Abeilles

 

  

 

 

/archive/2007/05/medium_IMG_0629.jpg

  Mante religieuse

 

 

 

 

 

/archive/2007/05/medium_IMG_0908.jpg

  Araignée "tarentule"

 

 

 

  

/archive/2007/05/medium_IMG_1392.jpg

Lucane cerf-volant

 

 

 

 

/archive/2007/05/medium_IMG_1983.2.jpgSorte de hanneton noir

08/05/2007

TVT International... elle m'a abandonné

/tag/musique/medium_vlcsnap_270020.pngJe pleure... Je pleure des larmes de pixels. Des torrents d'électrons rouge-vert-bleus. Je pleure car ma chaîne TV satellite et Internet a disparu pour laisser place à la mire. Elle n'existe plus, plus nulle part.

J'aimais la regarder en mangeant mon kebab à Saint-Denis ou à Paris XVIIIe.

Je revenais de ma mission à la Worldcompany exprès à pied en marchant toujours du côté ensoleillé de l'avenue jusqu'à mon petit kebab.

J'aimais lever la tête pour regarder les clips un peu kitsch, c'est vrai, je l'avoue, des chanteurs turcs sur TVT international.

/tag/musique/medium_vlcsnap_300358.pngDe magnifiques chansons, des ballades un peu tristes à la gloire des femmes, de la famille, des aïeux, de l'artisanat, des paysages d'Anatolie, de la patrie et bien sûr de l'Unique, l'Etre aimé.



/tag/musique/medium_vlcsnap_309256.pngDe majestueuses cavalcades d'étalons à travers la steppe balayée par le vent. Un vieillard portant un lourd fagot dans une neige épaisse pour donner un peu de chaleur à son épouse en partance pour le long voyage. Une jeune femme villageoise pleurant son amoureux parti à l'armée...

/tag/musique/medium_vlcsnap_285580.pngOui j'aimais comprendre cette langue que je ne comprenais pas. Cette langue faite de "ö", "ü", "ç", "ğ" et "ı". Mes yeux s'humidifiaient lorsque la magnifique chanteuse ou le viril chanteur levaient les deux bras vers le ciel. Car oui, dans tous les clips musicaux turcs, les chanteurs lèvent étrangement les bras vers le ciel, comme pour le remercier ou bien demander sa bienveillance.

/tag/musique/medium_vlcsnap_264928.pngQue j'aimais ces ambiances de kebabs de banlieue ! Des ambiances masculines. Des hommes calmes et fiers buvant leur thé ou lisant leur Hürriyet. On pouvait sentir dans leur regard sombre ou clair qu'ils étaient les enfants d'une prestigieuse histoire. Qu'ils étaient aussi les fils légitimes d'un même espace civilisationnel.

Et c'est tout cela que leurs chanteurs chantent dans ces chansons si belles et si nostalgiques.

Je me sentais chez moi, là-bas, assis entre un poster de Pamukkale et un tableau des montagnes du Taurus. Je me sentais proche. Je me sentais bien en buvant un ayran frais.

/tag/musique/medium_vlcsnap_284620.pngJ'aimais dire "Selam", "Merhaba", "Teşekkür" ou "Güle-Güle". Je revivais au présent ces indicibles instants qui ont amené mes pieds à fouler la terre de Turquie, un long été de l'année 1989. Un périple de 8000 km d'Ouest en Est, des rives de la Méditerranée à celles de la Mer Noire.


/archive/2007/05/medium_vlcsnap_285831.png TVT International m'a maintenant abandonné. Elle comblait ma solitude. Elle était ma compagne infidèle. Toujours là pour me faire rêver.

 

 

Et maintenant, moi aussi, je lève les bras au ciel...

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07/05/2007

Beautiful minds : entre action et contemplation

medium_IMG_2624.jpgLa vie d'un homme n'est pas toujours un long fleuve tranquille. Nous avons chacun une vie idéale et une vie réelle.

De nature plutôt effacée, j'ai eu, jusqu'à un moment récent, tendance à privilégier la contemplation du monde extérieur au dépens de celle du monde intérieur. C'est ainsi que j'aime observer le monde pour tenter de le décrire avec mes mots à moi, simplistes ou alambiqués. Avec mes sentiments en lutte permanente entre une sorte de nostalgie du passé et nostalgie du futur...

Depuis peu, stimulé par de belles rencontres, j'ai décidé de me révéler un peu plus. J'ai décidé d'éclore. Les anglophones ont un joli verbe pour désigner cette étape d'éclosion. Ils ont un verbe "to hatch". Ce mot signifie "éclore". Il suggère un processus de vie à la fois unique et difficile. Lorsqu'on pense à to hatch, on visualise un oisillon qui, enfermé dans son oeuf sombre et à la coquille épaisse, tente de percer la paroi dure : sorte de cloison entre sa vie de gestation et sa vie au grand jour. Il commence par former avec son court bec un petit trou vers l'extérieur. Puis, au prix d'un effort particulièrement laborieux, il agrandit petit à petit son puits de lumière pour finir par se débarrasser totalement de sa gangue qui marque la limite avec son néant.

J'ai reçu cette stimulation depuis peu. Peut-être suis-je désormais préparé à cela ? Certains évènements de la vie sont-ils peut-être des opportunités pour commencer à éclore.

Cette impulsion, ce momentum, a été initié par l'improbable rencontre avec des lecteurs et lectrices de ce blog. Des personnes qui se situent toutes comme moi entre le monde de l'action et celui de la contemplation. Certains d'entre eux décrivent la beauté ou le prodige du monde et de la Nature... D'autres explorent l'infinie richesse et complexité de l'âme humaine.

Ces êtres se sont présentés à moi, grâce au hasard, au moment opportun. Comme une sorte de bénédiction qu'on n'attend pas.

A ce moment même où je sentais en moi le besoin d'éclore, ils m'ont ouvert leurs bras et leurs pensées. Je veux ainsi leur rendre hommage. Ils sont des "beautiful minds". Ils et elles se reconnaitront peut-être.

Dans la plupart des cas, ce sont des rencontres plutôt virtuelles. Mais pas que... Elles sont à mes yeux des rencontres déterminantes.

"Remue le destin,
le destin remuera"


Ali, cousin du prophète Mohammed auteur de La Voie de l'éloquence (Nahjou-l-balàgha)


Je suis depuis quelques mois en grand remue-ménage. Je dois remettre à plat certains aspects de ma vie de ces dernières années. C'est comme cela que je suis tombé sur deux carnets intimes issus de mes années de jeune homme. Un troisième carnet rédigé lors de mes années d'étudiant a été brulé. Brûlé par la colère ou la jalousie, je ne sais pas. Je le regrette, il contenait de façon très précise mon sentiment sur le monde d'alors, sur les deux mondes l'intérieur comme l'extérieur. Je n'ai pas été la main qui a allumé la flamme. Il s'est consumé sous l'action d'une autre main. Une main qui était pourtant douce et pleine de vie.

Le blog est aussi un carnet. A la différence du carnet papier à la couverture cartonnée que vous connaissez bien, j'en suis sûr, le blog est un journal "ex-time". J'aime bien cette idée d'extime. L'endroit où on fait éclore son intimité.

Il est un journal intime révélé à la face du monde. Finalement, ce n'est pas plus mal ainsi. Pourquoi ne pas vivre avec son temps ? Pourquoi ne pas partager les belles choses enfouies en soi ? Pourquoi ne pas révéler au grand jour les expériences qui ont marqué une vie ?

C'est ainsi que dans une prochaine rubrique émergente, je m'en vais vous dévoiler les expériences fortes vécues par un jeune homme empli d'espérance, énergisé par un puissant vouloir vivre. L'ajout de cette nouvelle rubrique n'annonce aucunement un revirement de ce blog. Vous y trouverez encore des pensées relatives à la vie urbaine et la vie à la campagne. Toutefois, cette rubrique vient remplir des espaces numériques encore vierges.

Il s'agira d'un cycle lié à une expérience humaine assez dramatique. Un évènement terrible auquel il m'a été donné d'être le témoin impuissant, là-bas, où l'Europe se fond dans son histoire tumultueuse. Là où l'Europe se mêle et s'arrime à la vaste plaque d'Eurasie de laquelle elle n'est qu'un petit rejeton, un enfant prodige peut-être !

06/05/2007

Le 'Mektoub' ou le destin écrit

medium_IMG_2683.jpgJ'aime à flâner sur les bords de Marne. Regarder une paire de cygnes voler au-dessus du fleuve d'un puissant battement d'aile puis glisser avec fracas à la surface de la rivière sur leurs impressionnantes palmes.

Sur les bords de Marne il y a de nombreux bancs ensoleillés avec tantôt des amoureux noués qui se parlent dans la bouche et tantôt un couple de petits vieux qui se tiennent par la main de façon crispée comme s'ils avaient peur de se quitter.

Il y a aussi des pêcheurs. Ils tiennent leur canne durant des heures mais jamais rien ne vient.

Parfois on entend derrière soi le pas rythmé de quelque trotteur ou trotteuse. Peu à peu on distingue de plus en plus nettement un souffle d'origine organique. Les profondes inspirations et expirations trahissent une volonté de lutter contre le temps. J'aime alors jeter un regard furtif sur la femme perlée de sueur et toute scintillante sous le soleil de  midi. Elle est tellement belle dans son effort pour repousser au plus loin les assauts de son destin.

En parlant de destin, il y a sur les bords de Marne, amarée à demeure à un quai, une péniche. Pas n'importe quelle péniche toutefois ! Une jolie péniche avec un pont fleuri et arboré, avec une table et des chaises où parfois une famille ou un groupe d'amis déjêunent au gré du clapotis apaisant de l'eau.

Cette péniche c'est Mekthoub.

C'est la péniche du destin écrit.

Mektoub (ou mekthoub) est en arabe le terme qui désigne le destin. Pas n'importe quel destin. La langue arabe est suffisamment raffinée pour distinguer les divers types de destins. Il y a le destin "accidentel", celui qui se produit par un mauvais coup de la vie et dans lequel nous avons parfois une part de responsabilité. Et il y a le mektoub.

On pourrait comparer le mektoub à un arbre. L'arbre est formé de plusieurs branches. Toutes les branches préexistent. Tu as le choix de prendre telle ou telle branche. Si tu choisis la bonne ou la mauvaise c'est le mektoub. Ton destin tracé. Le destin écrit comme le suggère le son arabe "KTB" : l'écrit.

Mais c'est Dieu qui a créé toutes les branches. A toi donc de choisir l'une de ces branches.

Parfois Dieu nous donne aussi la possibilité de faire un "sabab" pour influencer le destin. Le sabab est une cause qui permet d'influencer notre destin. On dit "faire sabab". Le sabab est ce à quoi une chose est liée. Sa présence entraîne la présence de cette chose. Son absence entraîne l'absence de la chose.


Toute la question est de savoir si nous pouvons ou pas agir sur notre destin.

La réponse n'est pas simple.

Si tu cherches à te marier et que tu ne parviens pas à le faire malgré tes efforts, il est probable que ce soit le mektoub, le destin écrit par Dieu. Or, si tu cherches à te marier et que tu ne fais rien pour, ce n'est plus le mektoub, c'est la (in)conséquence de ton (in)action.

Quoi qu'il en soit, action ou inaction, tout est déjà écrit avec l'idée de mektoub. Donc à toi de choisir le meilleur chemin parmi l'ensemble des chemins tracés par Dieu. Tu as donc une part de responsabilité. Tu as le choix d'être actif ou passif.

Aujourd'hui, nous votons notre Président ou Présidente de la République. Le fait que nous ayons CES deux candidats en lice est le mektoub. Le fait que l'un(e) ou l'autre soit élu(e) est de notre propre ressort.

Mais sache ceci ! Si tu t'abstiens de voter ne vient pas dire que c'est le mektoub !

A bon entendeur salut !

PS : chers amis musulmans, si vous avez des remarques ou des précisions je vous serais infiniment reconnaissant si vous pouviez compléter cette note par vos commentaires car je ne détiens pas forcément toutes les clés de compréhension.

 

Référence :

Comprendre l'islam 

03/05/2007

Interfertilisations, un exemple de coopération entre les blogs et la presse magazine

medium_arrondir_25_couv.jpgEn début d'année, je vous avais dévoilé qu'un journaliste d'un magazine bimestriel s'était intéressé au blog "S'installer et vivre à la campagne". Je fus plutôt flatté qu'un journaliste de presse me contacte pour me demander de coopérer dans le cadre de la réalisation d'un dossier  thématique.

Depuis quelques temps, on a le sentiment que les médias traditionnels se méfient du développement fulgurant des contenus auto-produits par les internautes et publiés en ligne.

Ce journalisme citoyen est aujourd'hui impulsé en France par des plateformes telles Agoravox, Naturavox, leaders incontestés en "Francophonie", mais aussi des sites émergents tels YouVox.com.

Je fus donc agréablement surpris que le magazine "Arrondir ses fins de mois" me propose une sorte de partenariat sur un dossier "S'installer à la campagne".

Je crois tout simplement que l'initiative de ce journaliste visionnaire préfigure la manière dont les médias traditionnels devraient prendre en compte l'essor des contenus de type blogs et Web 2.0. Non pas en luttant contre un phénomène inéluctable d'auto-production de contenus, mais, au contraire, en travaillant main dans la main avec les bloggeurs (-ses)

J'ai trouvé cette approche d'interfertilisation entre la presse et la blogosphère particulièrement intelligente et novatrice !

Suite à cela, le journaliste de ce magazine m'a proposé une liste de sujets pour son dossier "S'installer à la campagne : économique ?". Il m'a donc suggéré de l'aider à synthétiser du contenu issu de mon blog et créer un ensemble de sujets cohérents en rapport avec une démarche d'installation à la campagne : logement, travaux, coût de la vie, autosuffisances énergétique et alimentaire, travail en milieu rural, scolarisation, etc. Bref des thèmes couramment abordés dans "S'installer et vivre à la campagne" !

Certains contenus, de grands standards, existaient déjà sur le blog. Cependant, pour compléter j'ai lancé plusieurs sujets ad hoc et créé une rubrique "Faque des champs" !

A ce propos, notre ami journaliste m'a confirmé que les commentaires sont tout aussi intéressants que les notes qui les suscitent. Ainsi, c'est vous, chère lectrice, cher lecteur, qui avez rendu possible la réalisation de ce dossier magazine par la précision de vos commentaires. Je pense en particulier à Baronette, Sofye, lalita, mamazon, Mabile, Glabou, Xavier de Zevillage, Le Furtif, Lightman de Testadaz, et tant d'autres...

Alors que dire maintenant ? J'ai parcouru donc ce N° 25 du magazine "Arrondir ses fins de mois". La couv' est un peu classique et aguichante type "Capital". Mais il ne faut pas s'arrêter à cela. Le contenu de ce magazine est tout à fait utile et intéressant. Comme le titre l'indique, le magazine ne propose que des bons plans de façon concrète, clarifiée et chiffrée : économiser 900 euros sur le couches pour les enfants, produits alimentaires remboursés par les fabricants, échantillons gratuits, etc.

Mais on trouve aussi des conseils pour ne pas se faire arnaquer. Enfin pour être plus vigilants ! Je pense que les 3 euros de ce magazine ne sont pas excessifs parce qu'ils vous feront économiser bien plus à travers les astuces dévoilées. Il est disponible dans la plupart des kiosques et ce jusqu'à fin juin.

Sympa. Ils ont même mis ma photo. C'est risqué. J'espère pour eux que cela ne diminuera pas leurs ventes ! :) Du coup, je sors un peu de l'anonymat. Je suis grillé !

Je note en résumé que la coopération entre bloggeurs et journalistes est une opportunité pour un journalisme un peu plus interactif que le journalisme classique.

Bonne lecture et merci à toutes et à tous d'avoir participé à cette expérimentation journalistique d'un genre nouveau.

Bonne continuation à "Arrondir ses fins de mois" et à l'auteur du dossier "S'installer à la campagne" !

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