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26/04/2007

Le désir d'une France consciente

medium_IMG_2461.jpgJe n'ai pas l'habitude de m'exprimer sur la politique. En tant que citoyen, je fais confiance aux hommes et femmes professionnels et instances pour gouverner notre pays dans un souçi constant de servir l'intérêt général.

Je m'approche, peu à peu, statistiquement parlant, du milieu assez vague de ma vie. Les anglo-saxons aiment donner une image un peu métaphorique de cette période d'une vie. Ils disent "over the hill". Le sommet de cette colline se situe aux environs des quarante ans. L'image de la colline indique qu'à partir de ce point tout être humain descend tranquillement l'autre côté du versant vers sa prairie fleurie. C'est en même temps un évènement qui se célèbre entre amis et l'occasion de recevoir une carte de voeux électronique ! Un ami de soixante-quatorze ans m'a même dit hier que, pour un homme, c'est le meilleur âge qui commence : celui de la sagesse, celui de la "maturité". Les meilleures années, parait-il !

Durant la lente et progressive montée vers le sommet de ma colline, j'ai eu l'opportunité de vivre des moments bienheureux et d'autres plus difficiles. Ce parcours m'a aussi offert l'incroyable chance d'être le témoin d'une histoire tumultueuse et le spectateur d'un monde en mouvement permanent. J'ai ainsi vécu quelques unes de mes jeunes années dans un pays "communiste" qui érigeait les idées d'entraide, de partage et de fraternité des peuples en un idéal. Même si dans les faits cette utopie ne s'est pas traduite par un état de bonheur collectif, j'ai vécu ces années alors que j'étais haut comme trois pommes comme une période faite de lait et de miel. J'ai aussi vécu ces années d'enfance en contact intime avec une Nature prodigieuse. Une Nature qui m'a inspiré une grande part de mes valeurs personnelles mais aussi un système de pensée situé à la lisière entre un monde sauvage et un monde d'humanisme.

Bien sûr, quand on est enfant, on ne perçoit pas les notions de dictature, oppression et privation de liberté de penser ou de dire de la même façon qu'un adulte. Un enfant ne fait que rouler son cerceau avec insouciance. Un enfant vit dans un monde de rêves.

Puis le soi disant "dictateur" est mort, là-bas, aux portes de cette Europe qui salue le lever du soleil. Le chaos est arrivé et le temps de l'obscurité est alors venu assombrir ces souvenirs d'enfance. Je n'ai pas eu à souffrir comme mes ex-frères de l'exode forcé, purification ethnique ou destruction puisque je vis maintenant dans un pays en paix. Mais là encore, j'ai été le témoin et spectateur de l'impuissance de l'homme à vivre en harmonie avec les siens. J'ai cru que l'humanité entière pouvait adhérer à des principes de respect de la vie et de libre arbitre. J'ai voulu agir, faire quelque chose à ma manière, pour éviter l'avènement du pire. Là-bas, sur place, avec mon esprit et mon corps de jeune homme au sein de la vénérable idée d'une Organisation des Nations Unies...

En vain ! Encore une fois, je n'ai été qu'un témoin, qu'un spectateur sans force revêtu de mon petit casque couleur azur, derrière le blindage de mon étrange véhicule immaculé.

Puis, j'ai commencé à accomplir mon cheminement d'homme. Je suis entré dans le monde de l'action. J'ai entrepris de partir à la conquête du bonheur, de l'amour et de la réalisation de soi à travers l'édification de ces projets qui sont les fondements d'une vie de réussite.

Une vie faite de voyages, expériences professionnelles passionnantes et chocs émotionnels intenses... Un homme éveillé et un peu mystique, que j'ai rencontré il y a de nombreuses années, m'a révélé que l'univers est parsemé de clés que chacun de nous se doit de trouver pour s'accomplir, pour s'approcher de la Vérité. Plus exactement, ces clés sont la plupart du temps invisibles à l'oeil et il faut donc savoir les voir et discerner autrement.

Cet homme était versé dans une foi qui n'est pas la mienne. Or, c'est un homme pour qui j'ai un respect sans limites malgré nos perceptions différentes sur l'idée de foi, Dieu ou explication du monde.

Il m'a donc montré l'une des premières clés à découvrir : le partage. Il m'a aussi parlé d'un grand vase originel dans lequel toute la lumière qui s'est échappée dans l'univers doit retourner pour former la connaissance. Puis il m'a dit :"A toi maintenant de trouver les autres clés !"

Je ne sais pas exactement le nombre total de clés à trouver. En attendant, j'ai le sentiment d'en avoir vu quelques unes : l'unité, la diversité, l'amour, le respect de la vie, le don sans en attendre de retour, l'ouverture de soi mais aussi la détermination... Cependant, je sais qu'il me reste encore d'autres clés à trouver et qui me sont encore invisibles.

Il me semble, mais je n'en suis pas sûr, qu'à deux pas du sommet de cette colline que je gravis, j'en entrevois une nouvelle. En vérité, cette clef se présente à moi de façon encore assez floue, comme apparaissant derrière une brume opaque. Je crois qu'elle se nomme engagement.

Je ne sais pas bien s'il existe un lien entre toutes ces clés. A y regarder de plus près, il y a comme un point commun entre toutes les clés : les autres. Oui, ces clés semblent toutes être reliées à l'idée d'autrui, à l'idée peut-être de "prochain".

Alors que le monde se disperse au lieu de s'unir pour faire face aux défis qui attendent l'humanité d'un demain pas si éloigné que cela, je ne veux plus être un simple témoin, un simple spectateur.

Aujourd'hui, notre noble et éclairé pays vit un moment unique dans ce monde qui se cherche. Ce moment c'est celui du choix de son destin et de sa place dans le monde. Mais c'est aussi le choix d'une vision de la vie, du bonheur et du rapport aux autres. Et je souhaite donc m'engager dans ce destin commun à tous les hommes et femmes, commun à tous ces êtres faits de vie et de sentiments.

J'irai donc, moi aussi, choisir cet homme ou cette femme à qui je confierai dans la confiance mon propre destin et celui de mes proches. Je chercherai en cet instant grave et solitaire de choix la personne qui aura vu les mêmes clés que moi et qui les aura révélées.

Je choisirai cette personne non pas avec le coeur, mais avec la conscience pour une France consciente, pour une France dans la lumière.

Ensuite, j'irai voir d'un peu plus près cette clef secrète découverte récemment et qui, je crois, s'appelle "engagement" afin de la reconnaitre. Cette clef, que j'ajouterai à ma besace auprès des autres, j'en ai désormais besoin pour descendre l'autre versant de la colline, pour ne plus être seulement un témoin, pour ne plus être qu'un spectateur de mon temps.

19/04/2007

Country song : Coocoo's song

Une campagne bruyante, une Nature obsédante !


podcast
 

NB : régler le volume à fond !

15/04/2007

Un obsessionnel désir d'Orient

/archive/2007/04/medium_IMG_2044.jpgVous l'aurez compris, je suis en ce moment dans une phase "orientale". En vérité, je suis dans cette phase depuis 1989. C'est l'année où j'ai réalisé, à 21 ans, un grand périple dans toute la Turquie et au Kurdistan. Un voyage initiatique de près de 10 000 km dans une coccinelle avec mes trois autres compères qui nous a mené de Slovénie (alors encore la Yougoslavie) jusqu'aux frontières de l'Iran à travers les Balkans. Il faut dire que j'étais un peu prédisposé pour ouvrir mon coeur à cet univers. En effet, le pays de mes racines est, on pourrait dire, situé aux portes de l'Orient, point de départ occidental de la route de la soie, terre de l'avancée septentrionale des turcs et pays qui a fourni aux ottomans des générations de redoutables janissaires.

L'année suivante, j'ai enchainé avec un incroyable voyage au Pakistan. Et les années qui s'ensuivront m'auront mené à Jérusalem, Jordanie, Mauritanie et aussi récemment au royaume du Maroc !

La notion d'Orient reste quelque chose de flou ! On ne sait pas très bien où cela commence et où cela s'arrête. L'orientalité ne peut pas non plus se définir uniquement par la seule dimension de la religion (l'Islam). Car, bien qu'ayant dominé cet espace géographique, l'Islam a toléré les autres religions du "Dieu unique". Il ne peut pas non plus se définir uniquement ni par les paysages, ni par l'architecture ni sous l'angle de la culture. L'Orient est une mozaïque de langues, de peuples et de traditions toutes différentes mais reliées par quelque chose. Peut-être, pourrait-il, je ne sais pas, se définir par rapport à une approche de la vie, une manière de penser un certain nombre de valeurs ou tout simplement la foi. Je ne sais. L'Orient est pour nous occidentaux, habitants d'un "finistère", symbole d'aventure encore possible. Source de rêves et d'émerveillements. L'Orient exerce sur nous à la fois une fascination et une crainte.

Pour ma part, l'Orient représente en même temps des paysages merveilleux, une diversité des peuples et des coutumes, un art de vivre raffiné et surtout, et point très important, une spiritualité élevée. Au cours de mes différents séjours j'y ai retrouvé l'ensemble de ces ingrédients. Je ne me suis jamais senti en danger. J'ai toujours été accueilli avec sincérité et curiosité. Je n'ai jamais été détroussé, ni malmené ou menacé malgré les contextes parfois explosifs propres à certains pays (je pense en particulier au renversement de Benazir Butto à l'été 1990, l'une parmi les premières femmes a avoir accédé à la fonction suprême dans un pays musulman). Je ne me suis jamais plongé volontairement dans le risque, je ne suis pas une tête brûlée ! Aujourd'hui, je recherche toujours l'orientalité à travers mes lectures, celles suggérées par mes amis d'origine orientale.

Loin de toute idée de "choc des civilisations" qui m'horrifie et vers laquelle une catégorie d'intellectuels et politiciens veut nous entraîner pour nous faire peur, je crois plutôt que le cours de l'histoire, une fois les contradictions de ce complexe Orient résolues, donnera à l'Orient sa place méritée dans le monde. Cette intégration viendra peut-être par une union d'intérêts économiques, politiques et sociaux comme en Europe. Quelle importance qu'elle soit basée sur une religion commune ? En quoi faudrait-il être que laïc ? L'Islam n'est pas obscurantiste. Certains courants le sont, pas l'Islam. L'Islam a en réalité plus de forces qui unissent que de forces qui divisent. Nous devons accepter que l'Histoire fasse son oeuvre et ne pas chercher à toujours perturber de l'extérieur le cours naturel des choses. Certaines civilisations ne vivent pas le même temps que la nôtre. Leur temps est différent. En même temps, j'ai conscience d'avoir une vision romancée et quelque peu naïve des choses. Et c'est peut-être tant mieux ainsi !

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13/04/2007

Coût de la vie : la vie est-elle vraiment moins chère à la campagne ?

/archive/2007/04/medium_IMG_1848.2.jpgNous sommes toujours dans le cycle des questions posées par notre ami journaliste. Les précédentes questions de la "Faque des champs" traitaient du projet de changement de vie et de recherche immobilière à la campagne.  Cette fois-ci, nous allons aborder le sujet du coût de la vie et des différences entre ville et campagne.

Il existe tout un a priori tenace que la vie à la campagne est moins chère qu'en milieu urbain. Nous allons donc chercher à voir si c'est le cas et passer en revue les différents postes de dépense identifiables. Les lecteurs et commentateurs pourront sûrement apporter des compléments voir réfuter certaines des observations proposées ci-après.


Quelles sont les dépenses induites en ville qu'on ne retrouve pas à la campagne ?
  • Les abonnements aux transports urbains. Par exemple, la carte Orange en Ile de France nécessite de débourser 68 euros / mois pour "3 zones" (cas de banlieusards se rendant quotidiennement à Paris ou vers une autre banlieue),
  • La fréquence et l'intensité des sorties. Les spectacles, cinéma, restaurants, divertissements entre amis... tendent à générer une dépense accrue,
  • Éventuellement, la course à une tenue vestimentaire à la mode (phénomène des soldes et autres sollicitations commerciales) peut grever le budget disponible,
  • Les rythmes de vie en ville induisent une multiplication du besoin de vacances et un désir d'évasion plus prégnant (séjours à la neige, vers des destinations lointaines, weekends, etc.). Ces occurrences de grands voyages sont consommatrices en ressources financières. Cela est particulièrement vrai pour les populations bénéficiant d'un bon niveau de vie. A la campagne, on parvient à se sentir plus facilement en vacances à la faveur des soirs d'été et des weekends. De ce fait, les vraies vacances à la campagne ont tendance à se cristalliser autour d'un ou deux grands séjours annuels (bord de mer en France et plus rarement un séjour au ski ou au long cours).  Évidemment, pour des populations vivant près des massifs montagneux ou le littoral ensoleillé le besoin de vacances est plus facile et moins coûteux à satisfaire spontanément. Les habitants de Lille, Strasbourg ou Paris en revanche doivent s'organiser et engager plus de budget pour la même finalité.

Quelles sont les dépenses quasi-obligatoires de la vie à la campagne qu'on ne retrouve pas en ville ?
  • L'usage pratiquement indispensable d'un voire deux véhicules par foyer pour les déplacements liés au travail (manque de transports publics fréquents),
  • La nécessité pressante d'un scooter pour les enfants adolescents,
  • Le jardinage, le bricolage, l'entretien de la maison et les loisirs en extérieur (produits et équipements coûteux),
  • Le coût additionnel représenté par le besoin pour les enfants étudiants de se loger en ville la semaine pour suivre leurs études,
  • Crèches, gardes d'enfants et écoles parfois privées (internats) faute de choix et du fait de l'éloignement de ces infrastructures par rapport au domicile.


Vais-je dépenser moins en vivant à la campagne ?

  • A la campagne, on prend l'habitude de faire plus attention aux dépenses "évitables". On est moins enclins à dépenser. La vie à tendance à se dérouler de façon locale et auto-centrée sur la maison (pour ceux qui ont la chance d'en être propriétaire ou locataire),
  • Les impôts locaux, dans certains départements, peuvent être très inférieurs à ceux pratiqués en ville (un rapport d'un à trois est courant).


Le coût des produits courants est-il vraiment différent ? (pain, huile, sucre, café, etc.)

  • Probablement. Toutefois il est très difficile de comparer. En ville, il existe de nombreux magasins de type discounters. Cela permet d'avoir le choix dans la source d'approvisionnement au niveau d'un périmètre donné. Ce n'est pas le cas en milieu rural où très souvent règne une seule marque de magasins (supermarché) localement. Par conséquent, la marque dominante est libre de pratiquer les prix qu'elle souhaite. Mettant parfois dans l'embarras les épiceries traditionnelles dans la même zone de chalandise. Par ailleurs, si vous résidez dans un hameau un peu distant d'un centre de vie (bourgade), il faudrait, pour avoir une vison plus réaliste des prix, intégrer le coût additionnel engendré par la nécessité de se déplacer en voiture pour faire ses courses.


Ainsi, Baronette, une bloggeuse vivant en continu en milieu rural, après avoir vécu longtemps dans une grande capitale régionale, nous donne son point de vue concret :

"Pour répondre à ta question, je me suis penchée sur les courses. Comme je te l'ai dit, je ne fais pas mes courses en grande surface mais en magasin bio. Alors j'ai comparé mes tickets de caisse des magasins bio en ville et ceux de la petite épicerie bio de ma campagne. Il y a huit produits que j'ai pu comparer car identiques (même marque). Dans les deux cas, sur les huit produits, il y en a sept moins chers dans ma petite épicerie (de 6 cts à 2,49 euros de différence) et un plus cher de 30 cts, sans raison valable puisque ce sont des produits basiques (sucre, yaourts...) et de même provenance. Je pense que les fruits (sauf les fruits exotiques évidemment) et légumes sont également moins chers du fait de la proximité des producteurs. Il en va de même pour le vin (producteurs locaux). La différence, c'est que je dois prendre la voiture pour faire les courses (ce qui n'était pas le cas en ville). Donc le coût de l'essence est à rajouter (10 kms). Dans notre village distant d'un kilomètre, nous avons une petite boulangerie, épicerie qui nous permet de nous ravitailler en cas de manque. Le pain est moins cher qu'en ville et dure plus longtemps. Mais pour l'épicerie, c'est beaucoup plus cher que dans une supérette de proximité en ville".


Plus loin, Baronette ajoute :

"Au final, je pense qu'il n'y a pas une énorme différence de prix entre la ville et la campagne en ce qui concerne l'alimentation, puisque, même si les prix sont légèrement inférieurs dans ma petite épicerie bio, j'ai l'essence en plus et d'autres produits que je paie plus chers (comme le café par exemple qu'on achète à la boulangerie). En revanche au niveau de la qualité, il n'y a pas photo ! Pour la même qualité en ville, il faut soit payer très cher, soit avoir de super adresses. Mais dans ce cas, ce n'est plus à proximité. Et puis à la campagne, on a toujours des possibilités pour faire des économies que l'on n'a pas forcément en ville : faire un potager, avoir quelques poules, des voisins charitables qui prévoient un trop gros jardin..."

On l'aura compris. Pas forcément moins cher, mais sûrement de meilleure qualité ! N'hésitez pas à visiter régulièrement le blog de Baronette et Cie. Ce sont des sujets qu'elle adresse également dans son espace thématique et de façon fort détaillée.


Comment faire pour diminuer ses besoins ? (eau, électricité, chauffage, nourriture, déplacements, etc.)

Ce n'est pas tant les besoins que l'on diminue. Il n'est parfois tout simplement pas possible de les diminuer (incompressibilité). En revanche, les besoins peuvent être adaptés en fonction des ressources locales disponibles.
En effet, la première chose est de considérer qu'à la campagne certaines ressources peuvent être disponibles sur place.
  • le bois pour le chauffage et l'eau chaude,
  • la récupération de l'eau de pluie pour le jardinage voire pour un double circuit d'alimentation en eau après purification (usages domestiques de l'eau),
  • le potager et le verger pour fournir un complément plus ou moins important en produits alimentaires frais,
  • la possibilité accrue de jouer, dans certains cas, la carte des énergies renouvelables (panneaux solaires, petit éolien, chauffage au bois, géothermie) chose plus difficile en ville. Attention toutefois ! Pour rentabiliser ce type d'installation plusieurs années (jusqu'à 10 ans !) sont nécessaires. On ne ressent par conséquent pas les bénéfices toujours immédiatement,
  • le compostage permet d'économiser sur l'achat de terreau et d'engrais. En même temps, on réduit le poids des déchets allant vers l'incinérateur. C'est un gain pour la collectivité.


Les énergies renouvelables, vous les utilisez ? (solaire, eau de pluie, bois, compost, etc.)

Dans mon cas, je suis en cours d'installation d'un poêle à bois qui distribuera de l'air chaud dans toute la maison. Les panneaux radiants ne serviront plus que d'appoint là où aujourd'hui ils servent à chauffer, assez mal d'ailleurs et de façon non économique et non écologique, la maison. J'envisage également l'installation de panneaux solaires pour la production d'eau chaude. Finalement, j'envisage une véranda côté ouest pour créer un "puits de chaleur" au printemps et en automne.

Pour le moment, je récupère l'eau de pluie de façon artisanale sous la forme de deux bacs PVC de 500 litres. Toutefois, je sens la nécessité, dans un avenir proche, d'installer une cuve de 2000 ou 3000 L enterrée et alimentée par les eaux des précipitations provenant des différents toits. Vu les périodes de sécheresse prévisibles ces prochaines années, cela devrait me soulager au niveau du puisage de l'eau. Par ailleurs, je dispose d'un puits dans le jardin que je n'utilise pas pour le moment.


Le chauffage est-il un poste de dépense important ? (vieille maison, pas de murs mitoyens avec les voisins, etc.)

Oui le chauffage et plus généralement l'électricité dans mon cas est, au stade actuel de mon aménagement, un poste important (de 50 à 100 euros / mois). La maison est isolée, donc aucun mur d'un bienveillant voisin pour me fournir quelques calories supplémentaires C'est un inconvénient relatif lorsqu'on habite une maison ancienne isolée. Je rappelle que je n'ai pas fait construire la maison. Elle est là depuis 200 ans !

Comme on l'a déjà vu dans de précédentes notes, il est important de bien isoler sa maison et de couper le maximum de ponts thermiques.


Conclusion

En conclusion, certains postes de vie sont largement inférieurs à la campagne (loyers, impôts, matériaux...). D'autres, comme la voiture ou le chauffage sont plus onéreux si on accepte aveuglément les diktats des modes de vie imposés. Cependant, on ne peut pas vraiment poser la question du coût de la vie uniquement sous l'angle du "coût". Il faut évidemment mettre en parallèle l'aspect "revenus". Et c'est là que le bât blesse. Les revenus, à la campagne, sont très en-dessous de ceux qu'on peut escompter en habitant en ville (jusqu'à 40 ou 50% inférieurs). Le choix d'un poste de travail est moins large en milieu rural, ce qui entraine une mobilité professionnelle réduite. Les distances à parcourir pour se rendre à son travail en véhicule personnel peuvent induire pas mal de frais et de stress mais aussi de risques l'hiver. De plus, occuper un emploi à la campagne, pour un couple, nécessite souvent deux véhicules. Si vous avez la chance de travailler localement ou depuis chez vous, le train de vie à la campagne se révèlera être bien inférieur à celui connu en ville.

Tout le challenge est donc là : comment limiter la baisse de son niveau de revenu par rapport à celui possible dans une grande ville tout en parvenant à diminuer parallèlement ses coûts de vie ?

La réponse, nécessite une réflexion complémentaire sur le développement professionnel à la campagne. Sujet qu'il sera impossible de ne pas aborder dans une prochaine note.

 

N'hésitez pas à enrichir ce débat par des commentaires issus de votre expérience ou vision de la réalité. Votre regard critique sera également apprécié.  

 

Remerciements

Je tiens à remercier chaleureusement Baronette pour ses précieux renseignements. Baronette adresse également ce sujet dans sa note "De l'art de faire ses courses".

12/04/2007

Sacrés humains !

/archive/2007/04/medium_IMG_0881.jpgVous les humains, vous êtes très étranges... Je vous observe avec vos gestes rapides et saccadés. Vous êtes toujours à courir, à vous précipiter. Vous êtes toujours en mouvement, à changer les objets de place. Puis vous les remettez au même endroit. Mais cela n'a aucun sens !

J'étais tranquillement allongée là sur cette couette douillette à me reposer. Je réfléchissais à ma prochaine tactique. Pourquoi voulez-vous encore me déloger ? Laissez cette couette tranquille. Vous êtes encore en train de vous agiter.

Quand je chasse vous me raflez toujours ma proie. Vous ne comprenez pas ! J'ai passé des heures à attendre là sur le tas de bois, que cette chose poilue que je convoite depuis plusieurs jours sorte enfin.

medium_IMG_1364.2.jpgVous dites tout le temps : "Laisse ce petit campagnol tranquille !". Mais c'est quoi au juste un campagnol ? Je ne comprends rien à votre cha(t)rabia.



Vous me dites que j'ai suffisamment à manger. Manger ? Vous me gavez deux fois par jour de ces "croquettes" qui ont toujours ce même goût salé et fumé. Toujours cette même couleur de terre. Et vous vous mangez pleins de trucs de toutes les couleurs et qui sentent si bon. Moi aussi j'en veux du poulet. Et pourquoi je n'en ai pas moi ? Mais vous êtes fous ! Pourquoi vous jetez le gras du rosbif ? Et vous ne pensez pas à moi ?

medium_IMG_2241.jpgEncore vous ? Mais laissez-moi tranquille ! Pourquoi vous me tripotez sans arrêt et me grattez tout le temps entre les deux oreilles. J'étais en paix et vous venez encore m'importuner. Bon très bien alors ! Puisque ça vous fait plaisir je vais ronronner alors. Je sais que vous aimez bien quand je ronronne. Vous pensez que vous avez du pouvoir sur moi, que vous me dominez. Mais attention, deux minutes hein ! Pas plus, autrement je sors mes griffes.

"Aïe !" Quoi "aïe" ? Ben je vous avais dit, deux minutes. Mais vous ne m'écoutez-donc pas ? Et maintenant vous me jetez parterre. Mais ça va pas la tête ?

/archive/2007/04/medium_IMG_1478.jpg Comment ça je suis "casse pieds" ? Mais j'ai envie de me frotter à vos jambes moi ! Hé pardi ! C'est l'heure de manger. Vous avez dix minutes de retard. Bonjour la ponctualité. Ha, tu veux pas me donner à manger ? Et bien tu vas voir, je vais m'accrocher à ton pantalon, tu vas voir ce que tu vas voir, jusqu'à ce que tu comprennes que je veux manger. M-A-N-G-E-R ! C'est clair non ? Tiens pour la peine je vais te scratcher ton document sur l'ordi !

Non, je n'irai pas faire mes besoins dans la caisse ! Je regrette, je ne fais pas dans une caisse qui sent pas bon. Moi je ne fais que dans une litière parfaitement propre. Je préfère la baignoire. C'est plus sympa, y a de la place, c'est blanc et ça sent bon. Et ben quoi ? Vous aussi vous vous asseyez sur ces machins blancs. Pourquoi pas moi ?

Oh non, pas ça ! Mais qu'est ce qui vous prend encore avec votre petit instrument de torture ? Comment ça mes griffes sont trop longues ? Mais je ne vous ai rien demandé moi ! Moi je m'occupe de mes griffes toute seule. Les charnières de porte et le canapé c'est bien fait pour ça, non ? Foutez-moi la paix un peu ! Allez circulez !

medium_IMG_0843.jpg Mais laissez-moi sortir ! Vous voyez pas qu'il y a une mésange là. Comment ça je ne sors pas sur le rebord de la fenêtre ? Mais la mésange elle, si je ne sors pas, elle va finir par s'envoler ! Voilà pfuit, maintenant la proie à plumes s'est envolée. C'est malin ! Bravo ! Vous êtes de vrais boulets !


Quoi chut, il fait nuit ! Mais moi je ne dors pas ! J'ai dormi toute la journée ! C'est pas parce que vous ne voyez rien la nuit que tout le monde est comme vous. Puisque je vous dis que j'ai vu un truc qui bougeait par la fenêtre ! Oui. Deux yeux phosphorescents de l'autre côté de la rue. Mais pourquoi elle est fermée cette fenêtre, bon sang ? Waouw ! Quel beau matou. Il est si musclé, si puissant, si beau avec son pelage blanc et tigré et sa truffe rose. Rrrrrr ! Mais laissez-moi sortir. Vous voyez pas qu'il m'appelle ? Mais c'est qui celle-là, qui lui tourne autour ? Ha ! C'est la pimbêche du pavillon d'à côté ! La petite bourge birmane là, toute permanentée. Mais il a aucun goût lui ! Mouais... vraiment aucun goût !

Bon, puisque vous m'avez torpillé mon plan, ben vous allez voir, ha ha ! Déjà toi-là qui te dit mon maître ! Paf, je te saute sur le ventre ! Ouch ! Bien fait ! Ah pardon, pardon, je savais pas que tu dormais. Ca t'apprendra à pas me laisser sortir.

C'est quoi ces longs poils là sur le canapé ? On va pas commencer à mélanger les poils là ! Mais à qui ils sont au fait ? Des poils aussi longs, c'est pas des poils de chat ça ! Mama mia ! Ah je vois ! On dirait qu'il y en a un peu moins en ce moment... Dommage, j'aimais bien m'amuser avec.

medium_IMG_0484.jpg Bref c'est pas mes oignons ! Moi ce que je veux c'est manger et qu'on me foute une paix royale.


11/04/2007

L'impensable possibilité d'une arme climatique !

/archive/2007/04/medium_IMG_2029.jpgImaginons la possible perversité d'une puissance spatiale pour mettre un pays tiers à sa botte !

Cette puissance déploierait sur une orbite géostationnaire et à une distance déterminée de la terre un écran permanent qui, en l'orientant de façon précise, occulterait l'ensoleillement d'un territoire donné.

Il se produirait sur le territoire visé un phénomène d'ombre ou de pénombre en mesure de modifier la capacité du pays à produire dans de bonnes conditions ses cultures alimentaires. Par conséquent ce pays pourrait perdre son autonomie alimentaire dans un chantage ignoble et finir par
se soumettre !

Une telle puissance spatiale aurait la capacité de mettre en oeuvre une sorte d'éclipse solaire continue au-dessus d'un "état voyou" et ainsi affamer sa population. Et celui-ci ne pourrait pas riposter faute de maitrise technologique suffisante !

Brrr ! Cela fait froid dans le dos quand on pense que de nouvelles formes de dissuasion pourraient éventuellement germer dans certains cerveaux tordus en mal de "volonté de puissance" !

On n'ose imaginer un tel scénario ultime...

Allez ! Ne soyez pas tristes ! Pour dédramatiser un petit retour dans les années 80 ;) Je sais, je sais c'est kitsch !

Laid Back - Sunshine Reggae
Vidéo envoyée par kitano78

08/04/2007

Les palais des Mille et Une Nuits

/archive/2007/04/medium_IMG_2291.jpgJe vais vous relater ce voyage empli d'émerveillements en terre orientale. C'était un long périple dans de vastes contrées musulmanes. J'en suis revenu enchanté et comme transporté dans une époque glorieuse désormais révolue. Je ne me souviens plus exactement quelle année je suis parti là-bas. Je sais seulement que c'était un mois d'avril chaud et ensoleillé.

Parfois la vie nous offre des opportunités qu'il faut saisir tout de suite. Sans quoi on a de grandes chances de passer à côté des plus beaux instants de bonheur qu'il soit donné de vivre. Ces décisions, il faut les prendre sur le moment - aveuglément - sans trop réfléchir afin de préserver l'intensité des rêves que l'on entreprend de réaliser. Ce sont des moments trop rares de folie que notre existence rangée nous autorise parfois.

medium_IMG_2326.jpg Je me suis donc retrouvé, seul, au pays des mille et une nuits. Mon oeil s'est plutôt porté sur les palais de ces légendaires civilisations arabe et ottomane et en particulier sur les détails de l'architecture.

medium_IMG_2262.2.jpgJ'ai ainsi marché et marché dans plusieurs cités mythiques où le temps semblait s'être figé, comme hypnotisé par l'oeil solaire qui commande l'oscillation régulière entre le jour et la nuit.
 

Istanbul, Konya, Alep, Ispahan, Samarcande et Tachkent... J'ai eu l'improbable chance de traverser les plus célèbres caravansérails de la route de la soie.

medium_IMG_2276.jpgJ'ai fait de brèves haltes dans des villes prestigieuses où les minarets s'élèvent vers un ciel toujours bleu comme le lapis lazuli. Sur chaque promontoire rocheux, à l'entrée d'étroits défilés, un krak en ruine finement ciselé témoigne encore de la magnificence des empires et dynasties qui se sont succédés à travers les siècles. Tantôt arabes, tantôt seldjoukides, tantôt perses, tantôt ottomanes... ces différentes civilisations se sont enrichies les unes les autres. Parfois dans la guerre mais aussi dans la paix, toutes unies par la foi et au nom d'un Dieu unique.

/archive/2007/04/medium_IMG_2322.jpg Si vous saviez à quel point ces villes grouillantes, avec leurs bazars bariolés et bruyants, peuvent être une source puissante d'énergie spirituelle ! Tout se vend, tout s'achète, tout s'échange, toujours dans la bonne humeur malgré les sourcils noirs froncés des commerçants qui négocient. Il n'y a aucune méchanceté dans ces gestes et habitudes de la vie quotidienne. Chacun joue un rôle, son rôle pour vivre, sous le regard ni bienveillant, ni malveillant d'une force invisible.

medium_IMG_2274.jpg Et puis le muezzine lance son appel à la prière... Une plainte mélodieuse mais toujours juste retentit, sortie du plus profond d'une âme toute entière vouée a l'exercice de la foi. L'écho se répand par-delà les toits, entre les tours et les murailles, entre les vergers et les riches demeures pour inviter une foule toujours active à un moment d'Union vers le Bien-aimé. Dans un tourbillon soufi ascendant.

Ce long voyage a laissé dans ma mémoire des souvenirs indélébiles. Comment ne pas espérer y retourner un jour ? Pourquoi ce désir d'Orient peut-il être si tenace ?

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Ce voyage, en vérité mes amis, je l'ai imaginé à travers la fenêtre d'un appartement sans horizon, dans une banlieue moyen-orientale de Paris. Ces cheminées créatives que l'on aperçoit sur les toits de certaines maisons de nos quartiers  résidentiels sont parfois comme de véritables constructions mauresques. Celui qui sait regarder au-delà de l'apparence pourra voir de la Beauté et du Symbole en toute chose. Ainsi, pour l'âme vagabonde, et peut-être occasionnellement mélancolique, ces détails de cheminées sont-ils autant de forteresses imprenables où vous attend une hypothétique Shéhérazade, vibrant au lointain dans l'ondulation mystérieuse d'une fata morgana... Une princesse triste qui vous tiendra en haleine par ses déroutantes énigmes.

 

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Réponse à Le Furtif sur "Pour une "campagne" sur Internet... l'autre, pas la même !"

medium_IMG_1840.2.jpgCe billet est une réponse @Le Furtif, l'un des lecteurs et commentateurs régulier et assidu de ce blog, qui a fourni son point de vue franc et sincère sur la précédente note "Pour une "campagne" sur Internet... l'autre, pas la même !". Ce billet est donc une réponse à son commentaire. Ma réponse se veut être un miroir d'un point de vue que je ne partage pas mais que je respecte.

Cher Furtif,

Merci pour cet intéressant commentaire qui exprime un point de vue qui mérite respect mais invite aussi à débattre. Mon but n'est pas ici sur cet espace d'être en désaccord ou en accord avec qui que ce soit. Ici on peut parler librement entre personnes éclairées car il n'y a pas d'enjeux majeurs, ni stratégiques ! En somme rien ne se décide au nom de la collectivité ici sur ce petit blog. Ici nous sommes dans un espace d'échange et de partage d'expériences sur le vécu, en particulier par rapport aux modes de vie urbain et rural. Toutes les opinions, même différentes des miennes sont appréciées.

Agoravox aurait pu être créé par quelqu'un d'autre, j'aurai tout autant soutenu le principe d'un média "citoyen". Il y aurait eu dix initiatives de médias dits "citoyens" en France que je les aurais toutes soutenues. Je n'en aurais utilisé probablement qu'un seul car une journée de vie ne m'offre que 24 heures pour lire, modérer et rédiger. Aujourd'hui, je me reconnais dans l'esprit Agoravox, non parce que ce sont Carlo Revelli ou Joël de Rosnay qui en sont les fondateurs. Je me reconnais dans le sens où un canal existe qui puisse se faire converger des avis divers, mais aussi des attentes et besoins de citoyens. Le fait qu'Agoravox commence à être pris en compte et peut-être écouté d'un peu plus haut, de ceux qui décident  à notre place, ne peut être que bienheureux. Sur Agoravox, les 11 000 rédacteurs sont d'origines très diverses. Le système ne peut pas être véritablement noyauté. Les sujets qu'il porte collectivement sont : l'écologie, la citoyenneté, le développement, l'économie, la justice, le travail et le chômage, le social, la vie locale... bref tous les sujets qui nous concernent dans la vie de tous les jours y sont peu ou prou représentés.

Imagines-tu un TF1 (intérêts privés), un Canal+ (intérêts privés) ou un RTL (intérêts privés) organiser un "grand débat politique" ou un "Grand Jury" ?  Imagines-tu le 14 juillet le Président de la République s'exprimer aux Français sur TF1 ? Oui ? Et bien pourquoi Agoravox serait-il plus illégitime pour organiser un débat politique sur Internet en France qu'un autre média "privé" de la TV ou la radio ?

J'admets volontiers qu'Agoravox souffre de quelques imperfections. Pas dans la volonté de ses fondateurs qui en sont profondément conscients et qui se cassent la tête chaque jour pour trouver un fonctionnement optimal. Mais plus dans le fait qu'il est très difficile de modérer des centaines d'articles par jour. Des articles pertinents soumis par des auteurs qui ont consacré souvent plusieurs heures à les rédiger, avec le coeur. Quand un article est refusé, l'auteur peut se sentir frustré. C'est une réaction humaine, naturelle. Une édition quelle qu'elle soit c'est de l'espace et du temps. Sur un espace réduit il faut faire tenir X articles traitant de divers sujets sur une période de 24 heures en général. Nécessairement, cela mène à des choix : refuser certains articles. C'est le principe d'un média. Il est basé sur la rareté de l'espace et du temps et la sélection (grand moment de déchirements au sein d'une rédaction).

Agoravox est l'un des premiers médias Internet potentiel d'ampleur en France et en Europe. Mais je sais par ailleurs que d'autres médias comparables apparaissent de-ci et de-là... Bientôt différents médias de ce type coéxisteront et se feront concurrence au même titre que coexistent des chaînes de télé et radio dans un écosystème qui peut être remis en cause à tout moment par de nouveaux entrants ou sortants !

Qui sait si dans un avenir proche, le téléphone mobile ne sera pas non plus en média en puissance ?

Je persiste à dire qu'Agoravox est une démarche avec une volonté citoyenne. Certes imparfaite mais qui aspire dans sa volonté à un mode de fonctionnement citoyen. Toutes les prémisses de la démocratie y sont présentes. La représentation (par un collège de rédacteurs qui n'est pas limité en soi, certains y entrent, d'autres en sortent), le vote pour choisir et décider (modérateurs + employés) et finalement une instance (souvent collégiale) qui tranche en cas d'évènement important. En quoi est-ce bien différent d'une démocratie, d'un parlement, de députés, de ministres et d'un Président à qui l'on confie nos destins ?

Je ne sais pas ce que sera l'avenir d'Agoravox. Je trouve l'idée belle et défendable. C'est sûr, certains auraient préféré que cette idée jaillisse spontanément du peuple. Que le peuple s'auto-organise pour faire vivre une telle initiative. C'est déjà arrivé par le passé au début du 20e siècle en Russie, en Chine, et aussi avant en 1789, etc. Dans tous les cas, des leaders apparaissent qui sont alors des porte-voix pour ceux qui en sont démunis. Alors, laissons la chance à Agoravox et à d'autres projets similaires d'émerger et de se hisser dans un écosystème médiatique féroce, et si possible soutenons les. Autrement, la seule alternative qu'il nous restera c'est de continuer à nous laisser bercer par le ronron de la vingtaine de médias majeurs en France détenus par des groupes affiliés au monde industrialo-militaire et souvent de connivence avec certaines ailes du pouvoir politique.

Au final, cher Furtif, je ne crois pas que nous soyons en total désaccord. Je pense juste que nous ne devons pas accorder autant d'importance aux "mots" (citoyen, démocratique, etc.) mais plus aux intentions. Je crois sincèrement que durant les années qui vont suivre nous vivrons de grands bouleversements (modes de vie, marche du monde, environnement, progrès technologiques...) et de ce fait de nouvelles manières de communiquer et s'informer vont apparaitre qui changeront radicalement notre façon de vivre la citoyenneté. Je parle notamment d'une démocratie beaucoup plus participative et aussi plus locale. Mais ça, je ne suis pas un gourou. Ce sont juste des choses que je ressens.

Bien à toi.

06/04/2007

Pour une "campagne" sur Internet... l'autre, pas la même !

medium_debat-presidentiel326.jpg L'idée a été lancée presqu'en même temps par certains candidats à la Présidentielle 2007 et les internautes eux-mêmes : organiser des débats AUSSI sur Internet.

L'idée de départ est de dire que les médias télé et radio, puisqu'ils sont soumis aux règles d'équité et d'égalité des temps de paroles et d'antenne imposées par le CSA, doivent donner un temps d'accès juste à chacun des candidats. Il convient d'éclaircir ce que sont vraiment les notions suivantes "équité" "égalité", "temps de parole", "temps d'antenne". C'est pas franchement très clair pour la plupart d'entre nous.

Je vous invite donc à consulter la recommandation du CSA intitulée "Annexe - Guide d'application de la recommandation (165 Ko)".

Je crois comprendre que l'"équité" correspond à la représentativité de chaque candidat(e)  relevée dans les sondages et les résultats obtenus par le parti représenté lors des précédentes élections ainsi que par rapport à la consistance du programme de chacun. L"égalité" implique, si j'ai bien compris, que les temps d'exposition médiatique sont égaux entre les candidats (un gâteau partagé équitablement entre les douze candidats donc) ! A partir du 9 avril, nous serons en période dite de campagne. C'est donc l'égalité qui doit s'appliquer si on se réfère au document du CSA ci-dessus.

Voici le dernier "relevé des temps de parole pour la période du 1er décembre 2006 au 19 mars 2007".

Or, plusieurs candidats craignent que ces règles d'égalité ne soient pas vraiment appliquées. En même temps, ces médias ne leur donnent pas suffisament de temps pour exposer leurs idées complètement d'où le souhait de certains de pouvoir s'exprimer et prolonger le débat dans d'autres supports comme Internet. C'est François Bayrou qui a jeté le pavé dans la mare le premier. Ségolène Royal et Jean-Marie Le Pen ont accepté, tandis que Nicolas Sarkozy est resté sur sa réserve, pour le moment. Il est probable que d'autres candidats s'exprimeront sur ce sujet très rapidement.

A cela, il faut ajouter que de plus en plus d'internautes s'informent presqu'exclusivement sur Internet à travers les blogs, les podcasts et les vidéos en ligne. Certains d'entre eux ne regardent pratiquement plus la télé ! Ils s'informent online ! Les internautes, en effet, ne représentent pas TOUTE la France. Mais il est normal quand même de prévoir des débats pour ce public sur un medium de plus en plus ancré dans le quotidien. N'oublions pas tout de même que près de la moitié de la population française (28 millions) sont des internautes réguliers ou occasionnels.

Parallèlement, Agoravox, qui prône depuis maintenant deux ans l'émergence de médias citoyens en ligne, se propose d'organiser ces débats sur Internet. Bien sûr, il n'y a pas un média Internet plus légitime qu'un autre pour se décréter comme l'organisateur officiel de ces débats. Cependant Agoravox a prouvé qu'il avait l'énergie et la représentativité nécessaires de par la diversité de ses contributeurs (près de onze mille) et sa notoriété pour proposer une plateforme de débats démocratiques sur le net.

De ce fait, l'initiative de Carlo Revelli "Appel pour un débat entre les candidats avant le premier tour des présidentielles" me semble pertinente. Si d'autres médias en ligne souhaitent rejoindre cette idée pour une mise en commun des forces alors tant mieux ! Pour le moment, seul Agoravox propose quelque chose.

Je soutiens donc ce projet malgré les grands défis organisationnels, techniques et politiques qui se profilent d'emblée dans un délai encore une fois intenable (J -17).

Pour en savoir davantage rendez-vous maintenant sur :



En tant qu'électeur et internaute impliqué dans la citoyenneté et parce que je suis fier de vivre dans un pays démocratique et moderne, j'ai envie moi aussi de faire partie de ces millions de Français qui souhaitent prendre en main leur destin. Les candidats doivent enfin prendre en compte nos envies et attentes et nous répondre par une véritable vision de notre avenir et notre pays y compris par le canal Internet s'il le faut. Bien sûr, il est urgent aussi que l'on s'occupe un peu de la "fracture numérique" afin que l'autre moitié de la France, les populations exclues et les habitants des "zones blanches" (celles qui n'ont pas accès au haut-débit), puisse rapidement rejoindre leurs concitoyens déjà en ligne.

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