26/04/2007

Le désir d'une France consciente

medium_IMG_2461.jpgJe n'ai pas l'habitude de m'exprimer sur la politique. En tant que citoyen, je fais confiance aux hommes et femmes professionnels et instances pour gouverner notre pays dans un souçi constant de servir l'intérêt général.

Je m'approche, peu à peu, statistiquement parlant, du milieu assez vague de ma vie. Les anglo-saxons aiment donner une image un peu métaphorique de cette période d'une vie. Ils disent "over the hill". Le sommet de cette colline se situe aux environs des quarante ans. L'image de la colline indique qu'à partir de ce point tout être humain descend tranquillement l'autre côté du versant vers sa prairie fleurie. C'est en même temps un évènement qui se célèbre entre amis et l'occasion de recevoir une carte de voeux électronique ! Un ami de soixante-quatorze ans m'a même dit hier que, pour un homme, c'est le meilleur âge qui commence : celui de la sagesse, celui de la "maturité". Les meilleures années, parait-il !

Durant la lente et progressive montée vers le sommet de ma colline, j'ai eu l'opportunité de vivre des moments bienheureux et d'autres plus difficiles. Ce parcours m'a aussi offert l'incroyable chance d'être le témoin d'une histoire tumultueuse et le spectateur d'un monde en mouvement permanent. J'ai ainsi vécu quelques unes de mes jeunes années dans un pays "communiste" qui érigeait les idées d'entraide, de partage et de fraternité des peuples en un idéal. Même si dans les faits cette utopie ne s'est pas traduite par un état de bonheur collectif, j'ai vécu ces années alors que j'étais haut comme trois pommes comme une période faite de lait et de miel. J'ai aussi vécu ces années d'enfance en contact intime avec une Nature prodigieuse. Une Nature qui m'a inspiré une grande part de mes valeurs personnelles mais aussi un système de pensée situé à la lisière entre un monde sauvage et un monde d'humanisme.

Bien sûr, quand on est enfant, on ne perçoit pas les notions de dictature, oppression et privation de liberté de penser ou de dire de la même façon qu'un adulte. Un enfant ne fait que rouler son cerceau avec insouciance. Un enfant vit dans un monde de rêves.

Puis le soi disant "dictateur" est mort, là-bas, aux portes de cette Europe qui salue le lever du soleil. Le chaos est arrivé et le temps de l'obscurité est alors venu assombrir ces souvenirs d'enfance. Je n'ai pas eu à souffrir comme mes ex-frères de l'exode forcé, purification ethnique ou destruction puisque je vis maintenant dans un pays en paix. Mais là encore, j'ai été le témoin et spectateur de l'impuissance de l'homme à vivre en harmonie avec les siens. J'ai cru que l'humanité entière pouvait adhérer à des principes de respect de la vie et de libre arbitre. J'ai voulu agir, faire quelque chose à ma manière, pour éviter l'avènement du pire. Là-bas, sur place, avec mon esprit et mon corps de jeune homme au sein de la vénérable idée d'une Organisation des Nations Unies...

En vain ! Encore une fois, je n'ai été qu'un témoin, qu'un spectateur sans force revêtu de mon petit casque couleur azur, derrière le blindage de mon étrange véhicule immaculé.

Puis, j'ai commencé à accomplir mon cheminement d'homme. Je suis entré dans le monde de l'action. J'ai entrepris de partir à la conquête du bonheur, de l'amour et de la réalisation de soi à travers l'édification de ces projets qui sont les fondements d'une vie de réussite.

Une vie faite de voyages, expériences professionnelles passionnantes et chocs émotionnels intenses... Un homme éveillé et un peu mystique, que j'ai rencontré il y a de nombreuses années, m'a révélé que l'univers est parsemé de clés que chacun de nous se doit de trouver pour s'accomplir, pour s'approcher de la Vérité. Plus exactement, ces clés sont la plupart du temps invisibles à l'oeil et il faut donc savoir les voir et discerner autrement.

Cet homme était versé dans une foi qui n'est pas la mienne. Or, c'est un homme pour qui j'ai un respect sans limites malgré nos perceptions différentes sur l'idée de foi, Dieu ou explication du monde.

Il m'a donc montré l'une des premières clés à découvrir : le partage. Il m'a aussi parlé d'un grand vase originel dans lequel toute la lumière qui s'est échappée dans l'univers doit retourner pour former la connaissance. Puis il m'a dit :"A toi maintenant de trouver les autres clés !"

Je ne sais pas exactement le nombre total de clés à trouver. En attendant, j'ai le sentiment d'en avoir vu quelques unes : l'unité, la diversité, l'amour, le respect de la vie, le don sans en attendre de retour, l'ouverture de soi mais aussi la détermination... Cependant, je sais qu'il me reste encore d'autres clés à trouver et qui me sont encore invisibles.

Il me semble, mais je n'en suis pas sûr, qu'à deux pas du sommet de cette colline que je gravis, j'en entrevois une nouvelle. En vérité, cette clef se présente à moi de façon encore assez floue, comme apparaissant derrière une brume opaque. Je crois qu'elle se nomme engagement.

Je ne sais pas bien s'il existe un lien entre toutes ces clés. A y regarder de plus près, il y a comme un point commun entre toutes les clés : les autres. Oui, ces clés semblent toutes être reliées à l'idée d'autrui, à l'idée peut-être de "prochain".

Alors que le monde se disperse au lieu de s'unir pour faire face aux défis qui attendent l'humanité d'un demain pas si éloigné que cela, je ne veux plus être un simple témoin, un simple spectateur.

Aujourd'hui, notre noble et éclairé pays vit un moment unique dans ce monde qui se cherche. Ce moment c'est celui du choix de son destin et de sa place dans le monde. Mais c'est aussi le choix d'une vision de la vie, du bonheur et du rapport aux autres. Et je souhaite donc m'engager dans ce destin commun à tous les hommes et femmes, commun à tous ces êtres faits de vie et de sentiments.

J'irai donc, moi aussi, choisir cet homme ou cette femme à qui je confierai dans la confiance mon propre destin et celui de mes proches. Je chercherai en cet instant grave et solitaire de choix la personne qui aura vu les mêmes clés que moi et qui les aura révélées.

Je choisirai cette personne non pas avec le coeur, mais avec la conscience pour une France consciente, pour une France dans la lumière.

Ensuite, j'irai voir d'un peu plus près cette clef secrète découverte récemment et qui, je crois, s'appelle "engagement" afin de la reconnaitre. Cette clef, que j'ajouterai à ma besace auprès des autres, j'en ai désormais besoin pour descendre l'autre versant de la colline, pour ne plus être seulement un témoin, pour ne plus être qu'un spectateur de mon temps.

Commentaires

Il y a tant de pensées que ton texte éveille en moi que j'ai du mal à les ordonner :le chemin de la vie, ce " communisme " que j'ai vécu moi- aussi mais en version " améliorée" par rapport à la " Ferme des animaux" , les élections au moment où dans mon pays on n'a même plus de président ...

Je me contenterai de t'écrire la fin d'une histoire que j'ai reçue dans ma boîte il y a quelque temps :

"Qu'as-tu appris sur le chemin ?"

"J'ai appris, dit le Prince, que le monde
est le miroir de mon âme. Que mon âme ne voit
pas le monde, elle se voit dans le monde.
Quand elle est enjouée, le monde lui semble gai.
Quand elle est accablée, le monde lui semble
triste. Le monde, lui, n'est ni triste ni gai.
Il est là ; il existe ; c'est tout. Ce n'était
pas le monde qui me troublait, mais l'idée que
je m'en faisais. J'ai appris à accepter sans
le juger, totalement, inconditionnellement."

C'est la 3ème Sagesse, dit le Vieil Homme.
Te voilà à présent en accord avec toi-même, avec
les autres et avec le Monde." Un profond sentiment
de paix, de sérénité, de plénitude envahit le
Prince. Le Silence l'habita. "Tu es prêt,
maintenant, à franchir le dernier Seuil, dit
le Vieux Sage, celui du passage du silence de
la plénitude à la Plénitude du Silence".

Il paraît que tu as trouvé les clés pour ouvrir tour à tour ces portes. Tu es prêt à atteindre le sommet . Moi j'y suis déjà, mais j'ai avoue que j'ai un peu peur de descendre toute seule.

Bonne soirée.

Ecrit par : Dana | 28/04/2007

La diversité? en effet c'est bien à cette recherche que j'en suis arrivé vers mes 40 ans....Mais , cher Heinrick, non ça ne descend jamais.
"Tous les matins du monde sont sans retour."
Jusqu'au dernier, chaque matin est le premier.

Amicalement
Le furtif

Ecrit par : Le furtif | 29/04/2007

@Dana,
Merci pour ton message métaphorique mais clairement compréhensible. L'essentiel est que la vie n'est qu'apprentissage et désapprentissage (préjugés). Je ne sais pas si je les ai trouvées ces clés. Je "crois" juste les avoir trouvées. Cependant, détenir ces clés est il suffisant pour être heureux ? Décidemment, il m'en manque encore des clés ;) Bon cheminement à toi ! Mais n'oublie pas que cette douce pente qui serpente vers la vallée est faite de multiples chemins convergents.

@Au Furtif,
Merci d'avoir fait une halte auprès de moi pour faire un tour d'horizon et partager cette gourde d'eau avant que je ne remette mon sac sur le dos. Je pensais arriver en vue de ce sommet mais toi tu me dis que derrière ce sommet se cache une autre colline ? Et bien soit ! Je vais la gravir aussi avec le sourire.
A bientôt !

Ecrit par : HK | 30/04/2007

HK, il paraît que l'homme heureux est celui qui ne se pose plus le problème du bonheur.

Surtout que celui- ci n'est pas voulu, il est reçu, il est réceptivité.

Bonne fin de soirée.

Ecrit par : Dana | 01/05/2007

@Dana (bis),
Merci Dana ! Ta pensée est juste. Ou bien le fou aussi peut-être un homme heureux ?!

Il est reçu, oui. Il est même partagé ! Reçu et donné.
Belle nuit sous le ciel étoilé de Dacie !

Ecrit par : HK | 02/05/2007

très belle et interessante note et coms sur lesquels je suis bien d'accord, nous avons à peu près le même age, peut-être suis je +agée , à quel niveau de la colline suis? i don't know,mais je crois comme vous que le partage, l'engagement, l'altérité sont des valeurs importantes, et le ne rien attendre en retour aussi, ( mais vu ma dernière note sur l'oubli, je n'ai pas du tout comprendre!) bon j'essayerai de faire mieux la prochaine fois.
bonsoir @+

Ecrit par : if6 | 11/05/2007

On attend toujours quelque chose en retour, if6. On n'est pas de saints.

Bonne nuit à vous deux.

Ecrit par : Dana | 11/05/2007

Écrire un commentaire