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18/03/2007

Un vol de milliers de grues hier...

... enfin il y a déjà deux semaines pour être dans le vrai ! Mais un besoin urgent de jeu de maux n'a pas pu être évité !

medium_P3042260.JPGS'il est un animal emblématique qui symbolise à merveille le rythme des saisons, c'est bien la grue cendrée (grus grus).

La grue, grand oiseau migrateur de la catégorie des échassiers, accomplit, deux fois par an, un voyage de plusieurs milliers de kilomètres entre la Suède et l'Espagne. Et bien sûr, la France représente une étape importante dans le périple de cet échassier habituellement discret de nos milieux humides.

Les paysans portent une attention toute particulière au passage des grues cendrées car ils sont des indicateurs populaires de l'alternance des saisons. Pour un campagnard, la vue d'une troupe de grues volant en "V" ou "Y" en direction du nord marque la fin de la saison hivernale. Et à l'inverse, leur envol vers le sud marque l'arrivée des temps de frimas. Le passage des grues est source de spéculations passionnées dans les campagnes sur la nature de la saison qui s'annonce, le climat et le type de récoltes à attendre !

En effet, la grue européenne à pour habitude de nidifier dans le nord du continent à la faveur de la belle saison. Et, une fois le cycle de la reproduction et de l'élevage achevé, elle fonce vers ses zones d'hivernage privilégiées dans la péninsule ibérique. Le déplacement vers le nord est habituellement observé en France courant mars et vers le sud en octobre-novembre. Toutefois, celle-ci semble de plus en plus courte depuis quelques années.

Aussi, observe-t-on un hivernage des grues en particulier dans la Brenne mais également dans l'est de la France. Probablement que d'instinct ces animaux intègrent le paramètre radoucissement et économisent sans doute leurs ressources énergétiques afin de limiter un voyage harassant

Cette année, on a pu observer au-dessus des zones humides du Centre de la France des passages tout simplement impressionnants de grues cendrées. Certains contacts situés dans l'Indre, évoquent des vagues successives de plusieurs centaines d'individus. Parfois, les troupes s'arrêtent dans un champ et tournoient plusieurs heures au-dessus d'une aire de repos.

C'est ainsi que l'un de mes proches a eu l'opportunité de photographier en continu sur plusieurs heures un flot ininterrompu de grues au "hrou-hrou" typique. Un spectacle assez rare à voir !

Etant donné le caractère spectaculaire de cette migration, certaines associations de protection de la nature organisent des sessions d'observation guidées permettant de comprendre la fabuleuse aventure des grues cendrées.

Si vous séjournez dans la Brenne (département de l'Indre, 36) aux alentours du 28/03/2007 vous pouvez vous rendre à la maison du parc à Rosnay (Maison du Parc, Hameau du Bouchet, 36300 ROSNAY Tél : 02 54 28 12 13). Une participation de quelques euros sera demandée. Mais vous bénéficierez d'explications d'ornithologues. Une brochure très bien faite vous donne la liste complète des animations organisées par le Parc naturel régional de la Brenne. Vous trouverez des détails sur l'observation des grues en page 14.

Seulement voilà, vu le passage anticipé de milliers de grues au-dessus de l'Indre début mars, on peut s'interroger s'il reste encore quelque chose à observer à la fin de ce mois-ci ! Ce n'est pas inutile de se renseigner en téléphonant au numéro indiqué ci-dessus. De toute façon, la réservation est obligatoire.

Ces observations régulières de grues cendrées sont intéressantes car elles permettent de se faire une idée tangible sur l'éventualité de changements climatiques. Les scientifiques ne sont pas toujours d'accord entre eux sur ses causes. Certains incriminent les activités humaines, d'autres des phénomènes naturels cycliques et d'autres encore introduisent l'idée que le soleil est dans une phase d'activité particulièrement intense.

Quelles qu'en soient ses causes, la tendance au radoucissement, en tout cas en Europe, n'est plus à contester. Il vaut mieux commencer à se préparer pour nous adapter aux éventuels changements de mode de vie que ce phénomène risque d'induire. Et l'une des meilleures façons, peut-être, est d'observer la Nature et les animaux qui ont conservé ce que nous, êtres humains, avons perdu : l'instinct !

La grue est une espèce protégée en France.

 

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Pour en savoir un peu plus 

Fiche "Grue cendrée" proposée par le portail Oiseaux.net
Réseau Grues France
Liste de discussion "Ornithologie - Grue cendrée" 

Commentaires

Haha, je suis pas très vive aujourd'hui alors ça m'a pris un peu de temps. Mais j'ai trouvé le jeu de mots: vol de guyères!
Je réponds un grand "oui"à ta proposition sur l'hybris (plus en détails en réponse à ton commentaire). Merci et @ bientôt.

Ecrit par : Aurelia | 18/03/2007

j habite au sud du departement du cher (limite allier/creuse) et pour l instant je ne les ai pas encore vues passer c es vrai que je ne suis pas chez moi en permanence) ; mais une amie les a vues en dordogne

Ecrit par : hadrienne | 19/03/2007

@Aurelia !
Oui je sais, je sais... c'est un peu capillotracté ! Je sais en faire encore des plus nulles ! Quant à l'hybris ton espace est très approprié pour approfondir le sujet.

@hadrienne !
Heureux de faire ta connaissance. Je vois qu'on partage la même géographie. Moi je ne suis pas encore complètement berrichon ! Il ne me manque plus qu'une connexion haut débit pour obtenir la nationalité berrichonne. Il faut savoir que les grues, lors de leurs migrations, ne se déplacent que sur une bande d'environ 100 km. Alors il est possible qu'elles soient passées à côté. Je ne l'espère pas pour toi car ce spectacle naturel est une vraie féérie. Alors ouvre bien les yeux, peut être qu'elles passeront au-dessus de chez toi. La migration se déroule sur plusieurs semaines et elles aiment se regrouper dans la Brenne. C'est l'une de leurs aires de repos. Bonne continuation et au plaisir de te revoir par ici. Le blog de hadrienne c'est http://berrichonne.canalblog.com, le blog d'un retour aux sources qui ne se prend pas trop au sérieux. et oui, hadrienne à la blague facile :)

Ecrit par : HK | 19/03/2007

Ah ouais quand même...

Ecrit par : Frogita | 20/03/2007

chaque année elles passent et repassent pile au dessus de chez moi mais il semblerait qu elles aient tendance à se déporter légèrement vers le sud en ce moment !
a vrai dire, ce ne sont pas tant les yeux qu il faut ouvrir mais les oreilles : bien souvent ce sont leurs cris qui nous avertissent de leur arrivée ! je trouve ce spectacle superbe !
ps l adsl est arrivé chez moi l été dernier , cela change les rapports avec l internet

Ecrit par : hadrienne | 20/03/2007

Incroyables photos !
Je regrette pour le coup de ne pas séjourner dans l'Indre...

Des bises HK

Ecrit par : Jane | 20/03/2007

@Jane,
Merci pour le compliment... Tu sais on peut facilement s'ennuyer dans l'Indre (en ce moment je suis plutôt "babylonien"). Ca peut être un début de voyage si tu aimes la Nature ;)

Ecrit par : HK | 20/03/2007

Bonsoir.

Je ne sais pas pourquoi, en lisant ce post, j'ai eu envie de vous écrire ce passage d'un livre de Sylvie Germain, que je suis en train de lire:

" Le village et la terre taisaient leur histoire, ils se tenaient recueillis au profond d'une attente qui dépassait de loin celle de la saison prochaine, aussi inscrite en eux, bien sûr, mais sans hâte ni nostalgie. Il s'agissait d'une attente plus ample, tout à fait nue, sans objet ni élan, une attente solitaire, pénétrée de lenteur, de douceur, de rigueur. Une attente où confluaient le bleu du ciel, le noir basalte des nuits, l'errance des nuages et de leurs ombres sur le sol, le tremblement des étoiles et de leurs reflets sur les eaux prises en glace, la mémoire des éléménts sous la roche et l'écorce, le souffle chaud des bêtes, et le regard des hommes posé sur ce silence, et aussi le vol des oiseaux traversant tout cela."

Ecrit par : Dana | 21/03/2007

J'aime beaucoup la nature.
Je me faisais la réflexion aujourd'hui, je suis tiraillée entre mon amour pour la ville (Paris en l'occurrence) et mon goût pour les grands espaces, pour les cerisiers et les pommiers à escalader, pour les pieds nus dans les champs...

Ecrit par : Jane | 21/03/2007

@Dana,
Merci pour votre (ton ?) passage sur cet espace un peu "terre" et "sous-bois" ! Le passage que vous citez me transporte dans une rêverie nécessaire. Par certains assemblages de mots, je reconnais là, dans votre passage, des intonations à la Jean Giono ! Un mélange de sensualité et de virilité, des parfums suaves mêlés à de puissantes odeurs de sève dans une forêt en éveil au printemps... Merci pour ce moment d'enivrement. La nature et la campagne permettent cela. Mais nous, savons-nous encore voir cette beauté dramatique ? N'avons nous pas désappris depuis que nous nous entassons dans ces grands systèmes urbains ?
Avez-vous un ouvrage de Sylvie Germain à recommander ?
Bonne continuation et peut-être à bientôt sur "Sel & Poivre" (http://seletpoivre.hautetfort.com) ou ailleurs...

Ecrit par : HK | 21/03/2007

@Jane,
La nature est ce de quoi nous sommes tous issus, c'est un lieu de sécurité et d'apaisement. On ne peut pas toujours dire cela du monde des Hommes ! Cependant, tu n'as pas à être tiraillée entre ton amour pour la ville et ton désir de grands espaces. Ces mondes ne sont pas en opposition. Nous avons besoin des deux mondes, il nous faut les deux pour être nous mêmes. C'est à dire des êtres faits de chair, de sang et d'émotions. Pour ma part, être dans la nature c'est comme être dans le ventre de ma mère. Un sentiment de plénitude. Une impression de "cos-mos" dans le sens originnel du terme.
J'apprécie aussi Paris et en général le foisonnement des grandes villes du monde ! Je suis bien partout surtout quand j'ai vue sur un petit coin de ciel bleu ou le scintillement des étoiles. Au plaisir de te lire Jane.

Ecrit par : HK | 21/03/2007

J'espère avoir, en quelque sorte, répondu à tes questions et questionements. Tu liras.

Bonne soirée.

Ecrit par : Dana | 22/03/2007

J'habite le cher et cette année elles étaient nombreuses ! Les enfants m'ont demandé ce qu'était ce fil noir dans le ciel ;)

Ecrit par : Lilo | 23/03/2007

@Lilo !
Oui, c'est un peu le constat général. Les grues semblent avoir été très nombreuses à s'être rassemblées pour migrer. Habituellement, je les voyais par petites troupes. Je ne sais pas pourquoi elles se sont rassemblées de façon aussi massive ?
Au cours de ma vie, j'avais déjà eu l'occasion de voir un très grand rassemblement d'échassiers ! C'était dans le détroit du Bosphore, dans la partie européenne de la Turquie, une vaste nuée de cigognes qui tournoyait dans le ciel jusqu'à l'assombrir ! C'était fin août 1989 !

Ecrit par : HK | 25/03/2007

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