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26/02/2007

Agoravox : les premières rencontres du 5e pouvoir

/archive/2007/02/medium_rencontre.gifAgoravox, le désormais très célèbre média citoyen organise un grand évènement le samedi 24 mars prochain. Pour ceux qui ne connaissent pas Agoravox.fr, il s'agit d'une plateforme de "journalisme" citoyen. Tout un chacun a la possibilité de soumettre un article ou un point de vue de son choix. Il n'est pas demandé d'être aussi bon qu'un journaliste professionnel. Mais simplement de savoir développer une idée et de respecter un minimum les règles rédactionnelles.

Ainsi Agoravox compte, après dix-huit mois d'activité, près de 9000 rédacteurs citoyens. Certains de ces rédacteurs sont en fait assez connus et parfois eux mêmes journalistes dans la vraie vie (Jean-Michel Aphatie de RTL, par exemple).

Evidemment, il existe une charte éditoriale et un comité de lecture afin de s'assurer, d'une part, que les articles respectent certaines règles rédactionnelles et d'étiquette et, d'autre part, que ce ne soient pas toujours les articles portant sur les mêmes thèmes qui soient publiés. Ces quelques règles permettent de proposer une diversité accrue des articles. Pour tout vous dire, même certaines notes de "S'installer et vivre à la campagne" sont reprises.

Pour affirmer l'émergence de ces nouveaux médias citoyens en ligne, Agoravox a souhaité marquer le coup et propose donc une journée évènement inédite. L'évènement tourne autour de la thématique du journalisme citoyen et pose la question de savoir si les nouveaux médias ne représentent pas en fin de compte un "cinquième pouvoir" (le "quatrième pouvoir" étant les médias traditionnels).

On peut certes prétendre que s'auto-proclamer "cinquième pouvoir" peut paraitre un peu péremptoire. Toutefois, au vu de la soupe médiatique et informationnelle qui nous est distillée depuis quelques temps, on peut avec raison se demander si les citoyens sont aujourd'hui informés de façon vraiment objective. On voit un peu partout que les médias de masse sont plus ou moins liés au pouvoir en place. Entre les messages mielleux et les questions orientées pro- "un tel" ou contra- "tel autre", il est clair que la faculté de discernement de la population peut apparaitre comme fortement entamée.

C'est donc autour de ces questions qu'Agoravox organise ces "Premières rencontres du 5e pouvoir". Cela se passera toute la journée le samedi 24 mars 2007, à "L'Usine" à St-Denis (près du Stade de France). Près de cinq cents personnes y sont attendues. Des intervenants connus et moins connus aborderont les sujets suivants :

  • Journalisme citoyen et 5e pouvoir, enjeux et perspectives,
  • Blogs et médias citoyens : alternatives efficaces contre la censure ?
  • Web2.0 : la technologie favorise t-elle réellement la prise de pouvoir du citoyen ?
  • Micro-pouvoirs : les blogs au service d’une résistance locale ?
  • Y a-t-il un nouveau journalisme possible ? Entre investigation professionnelle et devoir citoyen ; Internet permet-il de traiter des sujets "sensibles" ?
  • Le regard des médias traditionnels sur les nouveaux médias : quelle complémentarité ?
  • Élections présidentielles : rôle des médias, des blogs et des médias citoyens

L'entrée est payante : 15 euros. Ce n'est vraiment pas très cher puisque, en plus des conférences et débats qui s'annoncent passionnants, quatre buffets (petit-déjeuner, "cocktail déjeunatoire" et deux pauses café) sont inclus dans le tarif. A titre de comparaison, le billet d'entrée d'un évènement récent sur le "Web 3" s'est élevé à environ 300 euros voire davantage en cas de réservation tardive !

Je pense que c'est une excellente idée d'avoir organisé une véritable rencontre physique pour ces milliers de "virtuelistes" adeptes du mulot et autre bloggeurs auto-centrés (dont je fais partie). En même temps, de vrais sujets sont mis sur la table, puisqu'ils touchent à la manière dont nous sommes informés via les médias officiels. Je suis de plus en plus convaincu que nos moyens de s'informer dans les prochaines années vont être bouleversés au fur et à mesure de la généralisation de l'usage de l'Internet qui entre désormais par tous les biais dans nos foyers. Je fonde beaucoup d'espoir dans des plateformes d'échange citoyen telles qu'Agoravox pour s'informer de façon alternative

Donc, si vous voulez découvrir ces nouveaux médias citoyens et leurs enjeux, rendez-vous allègrement aux "Premières rencontres du 5e pouvoir" le samedi 24 mars prochain. Toutes les infos pratiques ainsi que les modalités d'inscription sont disponibles ici.

Moi j'envisage d'y aller et je soutiens l'initiative. Alors peut-être, chère lectrice et cher lecteur, que nous nous y croiserons et aurons ainsi l'occasion de papoter un peu entre un toast et un kir ! Espérons que des évènements comme ceux-là seront un jour organisés également au niveau des régions !

17/02/2007

Le phénomène des cabanes

medium_IMG_1599.2.jpgLa cabane est une sorte d'atavisme qui accompagne l'humanité depuis le fin fonds des âges. L'homme a quitté la caverne pour façonner son habitat et être en conformité avec sa nature humaine. Il s'est affranchi du rôle protecteur de la forêt et des hasards de la géologie en devenant maître de son habitat. Lors de ce passage, un saut majeur a du probablement se produire au niveau du développement de son intelligence. En quittant l'abri naturel, il s'est affranchi de sa bestialité. Ce faisant, en adoptant un mode de vie en cabanes (ou huttes), l'homme a acquis un degré de liberté supplémentaire.

En effet, la cabane est légère, mobile, parfois démontable et transportable. Les habitants des steppes transportent leurs yourtes sur des centaines de kilomètres en fonction de la disponibilité des pâturages. C'est de l'IKEA avant l'heure ! Les cabanes, puis les villages de cabanes, sont aussi symboles de sédentarisation. Elles furent construites au bord des terres fertiles et des champs. La cabane donc est polyvalente puisqu'elle permet aussi bien la sédentarité que le nomadisme. Aujourd'hui, nos habitats en dur nous imposent un seul mode de vie. C'est en réalité même l'inverse qui se produit : le mode de vie nous impose la sédentarité et donc l'habitat en dur.

Après la dimension civilisationnelle de la cabane, on peut lui attribuer un rôle plus symbolique. Un rôle qui touche cette fois-ci l'individu ou la famille.

C'est ainsi que la cabane est devenue de nos jours un refuge. Un lieu pour s'éloigner des tracas de la ville. Mais un endroit aussi pour s'éloigner des siens, de sa famille momentanément comme le "banga" aux Comores et à Mayotte. Le "banga" est un refuge dans lequel les garçons aiment bien se réfugier et se mettre à l'écart de leur famille. Eventuellement pour y accueillir une petite copine. Ce "piège à filles" n'a rien de secret. Les traditions veulent cela. D'ailleurs, la communauté entière aide l'adolescent à construire son "banga". La cabane y a un rôle social. Le garçon fait de gros efforts pour la décorer aux goûts de la bien-aimée. Cela fait penser un peu à la parade de certains oiseaux !

Dans d'autres cultures, Slaves par exemple, on trouve la "datcha", "vikend" ou "vikenditza". Ce sont des lieux à l'écart de la ville et du foyer principal où les familles se retrouvent le weekend pour jardiner, se reposer, jouer ou pêcher. Ce phénomène "datcha" est presque une donnée incontournable pour les familles slaves quand elles ont quelques économies.

Dans les pays scandinaves on retrouve aussi ce type de cabane appelé "hytta". Ces maisons de bois sont aussi des refuges sur les chemins de randonnée.

Enfin, on ne pourrait pas terminer ce court texte sur le rôle de la cabane sans évoquer la "Fête des cabanes" ou Tabernacles chez les Hébreux. Ce moment du parcours religieux annuel des Juifs correspond à un moment où la Torah préscrit aux familles de prendre leurs repas voire dormir dans une cabane (une "Soukka") qu'ils auront construite eux-mêmes. La construction d'une "soukka" est un évènement familial. L'édification respecte des règles très précises. Cette fête serait une façon de se souvenir de la traversée du désert du peuple juif suite à sa fuite d'Égypte.

Il ya beaucoup de choses à dire sur la cabane et son rôle dans l'imaginaire.


Pour en savoir un peu plus

FAPE 2006, "Abris, cabanes et autres refuges"
Le "banga" à Mayotte
La "Fête des cabanes" ou "Soukkot"

 

A lire

Cabanons à vivre : Rêverie, écologie et conseils pratiques, Christian Lagrange

 

10/02/2007

Micro-jardinage d'appartement : autonome en citrons ?

medium_IMG_1983.jpgVous connaissez tous mon obstination pour un maximum d'autonomie alimentaire. C'est dans ce sens que j'oriente fréquemment mes réflexions sur les potentialités d'un potager et d'un verger. Alors, potager et verger : l'autosuffisance alimentaire est-elle une utopie ? Jusqu'à une certaine limite, je crois qu'une forme de culture vivrière "ludique" est même possible en ville, sur des balcons ou des terrasses voire même carrément dans un appartement.

A Noël dernier, j'ai eu l'opportunité de passer quelques jours à Montpellier. Avec mon frangin et ses enfants, nous sommes allés faire un tour chez un pépiniériste. Je me suis mis dans l'idée que je pourrais peut-être devenir autonome en citrons. En même temps, la visite de ces vastes pépinières du sud de la France offre un caractère pédagogique pour de jeunes enfants.

J'ai donc investi dans un petit citronnier de type "quatre saisons" (Citrus limon) pour décorer l'appartement. Cela m'a coûté 34 euros. Il est haut de 60 cm environ. Lorsque je l'ai acheté, il n'avait que du feuillage et juste deux petits fruits émergents de la taille d'un abricot. Je l'ai placé près de la fenêtre en prenant garde qu'il ne soit pas trop près du radiateur. Heureusement, la fenêtre est exposée côté est.

Aujourd'hui, je me retrouve avec un petit arbre, sorte de bonzaï utilitaire, couvert de fleurs blanches très odorantes. Le salon a en ce moment un petit parfum de sorbet citron qui n'est pas pour me déplaire. Les deux fruits commencent à prendre du volume et ont déjà des petites "gueules" de vrais citrons. Ils sont encore verts. Mais j'imagine que d'ici quelques semaines, à la faveur du rallongement des journées, ils commenceront a prendre leur coloration jaune. Ce citronnier est arrosé environ une fois par semaine.

Vu le nombre de fleurs, je me demande si j'arriverai à me passer de l'achat de citrons. Je ne consomme guère plus de deux citrons par mois. Donc cela devrait aller. Au pire, je peux investir dans un deuxième petit citronnier plus tard. Je sais bien que cela posera un problème de place dans quelques années. A ce moment, peut-être, qu'il faudra que je l'emmène à la campagne en veillant à bien le protéger l'hiver.

J'ai une petite satisfaction à cette idée d'autonomie partielle en citrons qui m'encourage à étendre le concept "micro jardin d'appartement" à d'autres légumes ou fruits. Dans le cadre d'un appartement, il faudrait qu'en même temps, ces plantes utilitaires aient d'autres caractéristiques intéressantes : esthétique, dimension décorative et parfum, par exemple. On voit mal planter des oignons, laitues ou poireaux dans son appart' ! Quoique, en s'arrangeant bien, on doit pouvoir mettre un poireau en valeur dans un joli pot. C'est une idée à creuser, ce micro-potager d'appartement.

Autre micro-satisfaction : croire que mes citrons sont un peu bio ! Enfin pour le coup je nuance, car il est prouvé que les appartements diffusent de nombreux composés chimiques. Encore des doutes ? Allez plutôt lire tout ce qui tourne autour de l'initiative "R.E.A.C.H".

J'espère que ce citronnier survivra. En attendant, il a l'air d'apprécier l'activité télévision si on en juge par le nombre de fleurs qu'il produit.

 
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07/02/2007

Confidences de blonde : cette fille a un truc !

/un_jour_un_blog/medium_Lena_blog.jpgVoici le blog de Léna - fausse blonde, la trentaine, ex-parisienne ayant travaillé dans l'univers des world companies mais pas que ça. Léna a entrepris un truc incroyable : quitter le tumulte de la capitale pour se refaire une autre vie en Bretagne, dans une maison au bord d'une rivière, et se mettre en même temps à son compte. Elle est dans une démarche entrepreneuriale. Elle créé une "small company". Mais on n'en saura pas plus pour le moment ! A moins de désosser complètement son blog ou le passer au marbre. Je crois savoir qu'elle a de nombreuses autres qualités que je ne suis pas en mesure d'énumérer : dynamique, à fond dans sa life, à fleur de peau et sûrement visionnaire... Même si parfois elle doute et nous confie, non pas de canard ! (Désolé, je ne la referai plus jamais) mais plutôt ses humeurs, cela ne la rend que plus proche de nous tous qui faisons pareil compulsivement sur nos blogs respectifs.

A part sa pseudo-blondeur, son blog Confidencesdeblonde sur Haut&Fort présente trois caractéristiques qui m'intéressent au plus haut point.

- il relate le quotidien d'une jeune femme issue de la grande ville clinquante qui est en plein dans le processus de changement de mode de vie (dans le sens ville --> campagne),
- il évoque un concept de "small company" qu'on pourrait apparemment piloter de chez soi. Ce qui n'est pas pour me déplaire, moi la taupe slovèno-berrichonne toujours à l'affut de toute idée qui permettrait de me rendre un peu plus autonome par rapport au système ambient !
- il atteint des scores tout simplement hallucinants si on considère le nombre de commentaires que chacun de ses messages suscite (entre 33 et 57 par post !).

Alors, je crois avoir peut-être deviné le business plan de la small company de Léna. Elle fait grimper le trafic de son blog, elle met en place des liens sponsorisés de chez Gougle, elle s'installe au bord d'un aber en Bretagne et elle encaisse chaque mois son checkos. Voilà, du concret et du simple pour une vie de pur bonheur. Une machinerie bien huilée. Une sorte de mouvement perpétuel. Alors, pour faire mousser le tout, elle adopte les basiques du web-marketing et participe à quelques Fanny's party ; sortes de soirées de Geeks (prononcer "guic") ultra-parisiennes où des techies de tous âges se rencontrent pour se montrer leur, euh, bref... Je veux dire leur appliance électronique convergente qui a la dent toute bleue ! Je connais moi aussi mais du bout des doigts seulement, car j'ai participé à l'une d'elles - en novembre 2005 je crois -, lorsque j'étais aux "affaires" pour le compte d'un moteur de recherche européen top secret et plutôt furtif !

Malgré le succès hollywoodien de son blog, Léna a quand même laissé un ou deux messages sur "S'installer et vivre à la campagne". Il faut dire qu'elle et moi ne jouons pas du tout dans la même cour. Mais bon, j'ai apprecié d'obtenir son blogographe. De la jalousie ? Non, juste de l'admiration et une proposition pour coopérer sur le thème "S'installer et vivre à la campagne" ! Je vais commencer par peindre mon blog en... blond ! L'Oréal, Clinique et Lancôme, vous voulez bien sponsoriser ? Léna, je fais pas la manche, mais file moi un ou deux de tes tuyaux pour booster mon trafic ;)

En ce qui concerne le succès de son blog, Léna a un truc, mais alors lequel ? Vaste question !


Franchement, allez jeter un oeil sur son blog, c'est léger, ça se lit comme une bédé, c'est populaire et c'est pas sexiste. Ni trop féministe, ni trop call girl mais au contraire toujours dans le naturel et le spontané. Léna est visiblement une personne qui vit vraiment dans le réel ! C'est du Second Life mais en vrai. En plus vous adorerez, car c'est du pur blabla de fille.

Léna, bonne continuation. "Davaï!" comme on dit là-bas, plus à l'Est mais toi du coup tu le sais peut-être pas car t'es à l'ouest !

03/02/2007

Campagne et logement : une question d'opportunité !

medium_P1052087.JPGToujours dans le cycle "Un journaliste s'intéresse à ce blog" ("Vers un début de notoriété pour ce petit blog"), voici le second sujet sur le logement à la campagne.

Une fois que l'envie de campagne s'installe presque quotidiennement dans vos échanges du soir, la question du logement devient vite centrale. Evidemment, si l'on hérite d'une maison de campagne familiale le choix est pratiquement fait. Toutefois, chacun n'a pas la chance d'avoir une filiation ou un lien campagnard. Dans ce cas, il va bien falloir trouver un port d'attache et sa demeure.

Avant même de commencer à chercher une maison, il est nécessaire de choisir une région. Dans les tout débuts de ma démarche de recherche, vers 1995-96, la région m'importait peu. Seul le critère prix m'intéressait. Je consultais les petites annonces de type PAP ou autres journaux d'annonces (sur papier à l'époque). J'identifiais un bien à 50 000 Francs (env. 7600 euros) et je prenais rendez-vous. L'autre critère était vaguement géographique. A savoir, à deux, trois ou quatre heures de la région parisienne, pourvu que ce soit un lieu de dépaysement. Cette façon de faire s'avéra inefficace et exigeante sur le plan nerveux.

Je me souviens avoir effectué deux déplacements particulièrement épuisants. L'un en Bourgogne, pour m'apercevoir que le bien en vente était en fait une quasi ruine, mitoyen à une autre maison, au bord d'une route et de surcroît exigu. C'est décevant, trois heures de route à l'aller et la même chose au retour. Pour rien ! L'autre expérience s'est déroulée en 2001 dans le Cantal à plus de 600 km de Paris ! C'était un peu plus vicieux. Un site internet immobilier affichait une annonce pour une ancienne ferme cantalienne avec une photo. Sur la photo on voyait une bâtisse en pierres et un toit qui semblaient en bon état. Je prends rendez-vous en demandant bien évidemment les caractéristiques complémentaires au téléphone (état général, surface, voisinage, proximité d'une route, etc.). Le Cantal est une région magnifique. Mon coeur battait la chamade à la vision des paysages traversés. A l'arrivée ce fut plutôt la grande déception. La photographie ne présentait que le côté "sexy" de la ferme. L'autre côté était en voie d'effondrement. De plus, il s'agissait d'une des annexes d'une vaste ferme, une ancienne étable probablement. Le tout assez loin de la première bourgade. Visiblement, il s'agissait d'un exploitant agricole qui cherchait à ne vendre qu'une partie de sa ferme ! A partir de ce moment, j'ai commencé à m'organiser autrement.

Attention, ces techniques de vente font partie de l'arsenal du vendeur. Il vous propose un bien à bas prix sachant à l'avance que vous serez déçu. Ensuite, lorsque vous passez à l'agence, il vous propose des alternatives à un prix nettement plus élevé. Le vendeur compte alors sur votre déception, votre stress et le long chemin parcouru en vain pour essayer de vous vendre autre chose, à un prix plus élevé.


La démarche de recherche adoptée suite à ces mésaventures


J'ai privilégié Internet et les annonces qui proposent une voire plusieurs photos du bien. Internet permet au vendeur de proposer une annonce très détaillée s'il souhaite vendre rapidement son bien et à l'acheteur de se faire une idée avant tout déplacement. Ensuite, je souhaitais m'établir plutôt vers le sud de Paris dans un rayon maximum de 300 km. Le dernier critère était le prix : pas plus de 250 000 Francs (env 38 000 euros). Ces trois axes ont constitué une sorte de méthodologie pour mieux cibler mes recherches. Il ne faut pas oublier tous les autres critères : état du bien, éloignement d'un centre de vie, proximité de nuisances, situation de la maison, terrain, maison de village ou isolée, etc.

Pour ce faire, je me suis focalisé sur le portail immobilier des notaires, immonot.com. Ce portail est remarquablement bien conçu. Il s'agit d'annonces issues du réseau des notaires. Toute la France est couverte et le site est bien documenté. Cela rassure. C'est ainsi que j'ai déniché cette maison de journalier "coup de coeur" aux confins de la Brenne, dans l'Indre. J'ai ensuite contacté le notaire. Deux jours plus tard, je recevais par courrier les détails de la maison, un extrait du cadastre et une photocopie avec plusieurs photographies. Et là, mon coeur s'est réellement mis à battre. Le weekend suivant, je me suis déplacé pour la visiter (265 km) et je signai une promesse d'achat. Ensuite c'est une question d'argent et de possibilité de crédit. Ce premier voyage en voiture m'a permis de m'apercevoir de la singularité et des attraits de la région : tranquilité, bocages, bois et forêts, troupeaux de vaches limousines, châteaux, histoire, petits villages avec des infrastructures... Pour ne pas commettre d'erreur, nous avons rempli la voiture et sommes partis à plusieurs (mon épouse, ma soeur, son compagnon). Histoire de partager cette expérience et d'avoir des avis externes. Toute l'équipée convint que cette maison enfouie dans la végétation était "the" coup de coeur !


Comment trouver à se loger ? Quel canal d’information privilégier (Internet, bouche-à-oreille, agence…) ?

A cette question, il n'y a pas véritablement une seule réponse. Tous les canaux sont bons. Il s'agit avant tout d'opportunité ! Pour bénéficier du bouche à oreille il faut déjà exprimer dans votre entourage votre souhait. Il est possible que sur votre lieu de travail ou dans votre cercle d'amis quelqu'un vous dise :"Ah, mes parents, qui habitent en Bretagne, cherchent un acquéreur." Dans ce cas, vous n'avez pas trop le choix de la région. Vous pourriez aussi identifier un village et aller taper aux portes des gens et en leur demandant s'ils connaissent des gens qui vendent. Ils vous regarderaient certainement d'un drôle d'air et vous orienteraient vers une agence. De plus avec ces méthodes, vous ne verriez pas les petites perles situées en dehors des bourgs.

C'est le métier des agences de mettre en relation des vendeurs et des acheteurs. Or, comment trouver l'agence qui met en vente le bien que vous correspond ? Il faut bien se déplacer pour regarder la vitrine avec les annonces ! Vous pouvez par exemple passer des weekends dans une région qui vous plait et en profiter pour visiter quelques agences en alliant l'utile à l'agréable. Certaines agences font partie de grands réseaux nationaux et disposent d'un site Internet.

Effectivement, de mon point de vue, la meilleure manière pour chercher un bien est d'utiliser Internet. Cela permet d'écrémer plus facilement et d'écarter d'emblée les mauvaises affaires.


Peut-on encore trouver des maisons à prix abordables en province, à la campagne ?

La réponse est : "Oui, on peut !". Ceci étant dit, il faut savoir que certaines régions sont actuellement surcôtées : la Bretagne, le Languedoc-Roussillon, la Côte d'Azur, Marseille, le Périgord, par exemple. La moindre ruine à restaurer se vend en un clin d'oeil. En revanche, il reste des régions où vous trouverez des biens à retaper avec du terrain à partir de 40-50 mille euros. Ainsi, les départements de l'Indre, Creuse, Cantal et certains coins de Bourgogne et du nord-est de la France restent attractifs. En revanche, on peut être déçu au niveau du climat et des loisirs. Il faut bien réfléchir aux aspects sociaux de votre projet. Cela est un autre sujet souvent abordé ici.

Si vous n'aimez pas la campagne, vous pouvez trouver de belles opportunités qu'on appelle "maisons de village" ou "maison de bourg". Il s'agit la plupart du temps de maisons mitoyennes. L'un de mes proches a acquis, il y a deux ans dans l'Indre, une telle maison d'une surface de 76 m² à laquelle il faut ajouter des combles à aménager. Le coût d'achat de ce bien a été de 22 000 euros. Il s'agit d'une personne qui a vécu toute sa vie en région parisienne. Un fois à la retraite, elle s'est aperçue que sa pension ne lui permettait plus de payer le loyer de son appartement de banlieue. Pour éviter l'engrenage du surendettement, je lui avais recommandé de quitter Paris et de devenir propriétaire dans l'Indre. Ce monsieur encore vaillant a donc pris un crédit à la consommation sur quatre ans pour devenir propriétaire de sa maison. Il y a fait quelques travaux d'isolation, plomberie et électricité qui ne lui ont pas coûté trop cher. Son poste logement lui coûte actuellement 400-500 euros par mois sous forme d'un remboursement de crédit. Dans deux ans, le crédit sera remboursé et sa maison ne lui coûtera plus grand chose. Son loyer en région parisienne était de 900-1000 euros !

Ceci étant dit, un projet de maison de campagne peut aussi concerner des familles plus jeunes avec des enfants. Ce sera alors une occasion de se ressourcer et de s'investir dans un projet de rénovation sur plusieurs années en bénéficiant d'un cadre agréable pour les weekends et les vacances. Au bout de quelques années, vous vous rendrez compte si vous êtes fait pour la campagne et si vous parvenez à vous intégrer dans le tissus local. A ce moment là, votre bien retapé et confortable aura probablement pris de la valeur. Vous aurez alors le choix de venir vous installer ou bien de le revendre avec une plus value. A n'en pas douter, des acquéreurs d'Europe du nord seront intéressés. Vous pouvez aussi donc avoir aussi une autre vision des choses, une logique d'investissement. Investir intelligement en profitant des bienfaits de la campagne.


Le plus souvent, faut-il faire de travaux ?

La réponse est oui. On ne peut pas avoir quelque chose à bas prix et qui ait en même temps tout le confort. Or, il y a travaux et travaux. Si le bien acquis est une ruine ou presque, il est évident que votre projet sera une source de coût et de stress. En revanche, s'il ne s'agit que de travaux de mise en confort ce sera un peu plus "fun". Mon conseil est de ne pas se lancer dans la réhabilitation d'un moulin en ruine si vous n'avez pas la patience et le budget pour le faire. Vous risquez de vous décourager et de vous ruiner vous ! Regardez bien la toiture et les murs de la maison. Si la maison est saine et qu'elle tient solidement sur ses fondations, le reste n'est que "bricolage" que vous pouvez étaler sur le temps. Attention à l'absence de fosse septique et à la présence d'amiante. De nombreux toits (dépendances) sont constitués d'un matériau amianté appelé "fibrociment".


Acheter à la campagne, est-ce difficile pour
un citadin ?


Oui et non. Si vous avez quelques économies (les salaires de la ville le permettent parfois), vous trouverez un bien à acquérir pour un prix nettement inférieur à ceux pratiqués en ville. Vous aurez, de plus, des surfaces de logement généralement plus grandes à la campagne. La difficulté pour un citadin n'est pas tellement d'acheter à la campagne mais d'être prêt à changer de mode de vie. On peut tout simplement s'apercevoir qu'on n'est pas fait pour la campagne. Ou bien, votre attrait pour la campagne s'érode suite à un changement de votre situation familiale, personnelle ou professionnelle. Dans ce cas, si vous changez d'avis, vous pouvez toujours revendre et en retirer une plus-value éventuellement.


Quel budget faut-il prévoir ?

On ne peut pas donner une réponse uniquement financière. Cela dépend du type de bien acheté, des frais nécessaires pour le rendre confortable. Ce n'est pas pareil d'acheter une maison de journalier, une longère ou un moulin ! J'ai tendance à croire que la partie restauration coûte autant que la partie achat. Cependant, vous pouvez étaler vos frais de réhabilitation sur plusieurs années. Vous engagez un ou deux chantiers par an selon vos ressources. Pour ce faire, il ne faut pas être trop pressé et savoir bien identifier les priorités dans la séquence des travaux.


Restaurer sa maison ? Comment l’avez-vous vécu ?


Ce n'est jamais fini ! Il me reste à faire l'isolation des fenêtres, une partie de l'électricité, la cuisine (la vraie, la campagnarde !), l'insert ou le foyer, l'isolation des combles, le garage, le cellier, la chambre à la place de l'actuelle cuisine. Vous pouvez consulter la note suivante "Bricoler, retaper et restaurer une maison : partage d'expérience (2)" en forme de pense-bête pour vous rendre compte de l'ampleur des travaux et de l'organisation adoptée.

Conclusion

En guise de conclusion, je dirais que pour trouver un logement à la campagne aujourd'hui il faut user de méthodes modernes (Internet, appareil photo numérique), d'être patient et de croire qu'une réelle opportunité peut un jour se présenter. Il faut aussi provoquer l'opportunité en parlant de votre projet à toute personne que vous rencontrez ou bien d'aller passer quelques weekends (en amoureux, par exemple) dans une région que vous ciblez. Enfin, sachez que si vous optez pour une maison sans grand confort, elle vous coûtera moins cher à l'achat mais vous aurez des frais de restauration. Vous pourrez alors effectuer les travaux nécessaires à votre rythme. Sachez aussi que pour les meilleurs plans, la "petite maison dans la prairie", ça ne se trouve pas facilement. Pour cela, il faudra véritablement prospecter sur le terrain et par conséquent sympathiser avec les gens des hameaux qui sauront vous guider vers le "coup de coeur". Cette démarche est essentiellement humaine, il faut donc être à l'aise dans les relations humaines avec, en face de vous, une culture parfois différente de celle qu'on rencontre en ville. Finalement, à un moment donné, vous risquez de vous rendre compte que les acquéreurs étrangers (britanniques, hollandais entre autres) sont très organisés pour dénicher ces opportunités immobilières de nos campagnes. Il fonctionnent en réseau efficaces. Ce qui peut parfois nous agacer, nous autres français, qui aimons bien prendre le temps de se poser des questions, d'évaluer et comparer. En un mot : soyez opportunistes et faites vous plaisir en même temps.

 

Pour aller un peu plus loin...

Immonot, l'immobilier des notaires
Laposte.net, les petites annonces immobilières
Pap.fr (de particulier à particulier)
Leboncoin.fr, les petites annonces près de chez vous.

Toutes les notes