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29/08/2006

Vive la "Happy" culture !

/archive/2006/08/29/medium_IMG_0125small.jpgEt bien voilà, nous nous retrouvons avec dix rûches dans le fond du terrain. C'est un apiculteur professionnel de Clion  (36) qui a estimé que notre petit terrain (1 700 m² seulement !) serait propice pour faire butiner ses abeilles. Il les a déposées durant notre absence. Ces rûches ne nous appartiennent pas, nous ne faisons que les accueillir.

Voici quelques caractéristiques du terrain : il est isolé, assez loin de toute route à fort trafic et en dehors du hameau. Il est situé entre la prairie de mon premier voisin dont la maison est à environ 400 m, un verger de pommiers, un étang asseché envahi par les fleurs sauvages et un champ alternant des cultures de céréales et de colza.

Les rûches ont été placées sous le couvert d'arbres (acacias, châtaignier, chêne et poirier sauvage) et les ouvertures orientées en principe vers le sud. Pour le moment, les rûches sont orientées plein ouest. L'apiculteur va revenir pour les repositionner. Au moment où il les a placées, le ciel était couvert donc il a approximé le sud.

Je ressens comme une sorte d'honneur que l'apiculteur ait sélectionné notre terrain. Je me dis qu'il a dû voir que les conditions environnementales du terrain allaient convenir, ce qui me flatte car j'essaie de respecter autant que possible la nature. Parfois même de façon un peu trop obessionnelle. Mais la détérioration générale de la Nature m'attriste beaucoup. Moi qui ai vécu une bonne partie de mon enfance à la montagne je souffre aussi pour cette nature de plus en plus agressée par nos modes de vie et en particulier le mien, celui d'un habitant d'un pays industrialisé.

/archive/2006/08/29/medium_IMG_0124small.jpgAlors avoir des rûches dans son jardin ça peut paraître effrayant au premier abord. On se dit qu'on va se faire piquer, qu'on ne pourra plus se balader dans son jardin, qu'on sera incommodé en permanence ! Rien de tout ça ! Il est tout à fait possible de déambuler même entre les rûches et les admirer. En revanche, les abeilles ont des sortes d'accès de nervosité à certains moment de la journée. Elles se mettent subitement à former des nuées. A ces moments-là, il n'est pas recommandé de les admirer de trop près. Je me renseignerai sur ce phénomène car c'est tout à fait impréssionnant.

/archive/2006/08/29/medium_IMG_0121small.2.jpgLa vie même des abeilles et leur organisation poussent à se documenter sur cet extraordinaire insecte. Saviez-vous que chaque individu abeille, l'ouvrière en fait, est amené à occuper plusieurs rôles au cours de sa brève existence de 20 jours : nettoyeuse, nourrice, exploratrice, productrice de cire, puis butineuse ? Les nombreux mâles eux ne font pas grand chose. Ils se font entretenir. Hélas, ils n'ont pas non plus l'occasion de prendre du bon temps à féconder l'unique reine. En effet, la reine ne s'accouple qu'une seule fois dans sa vie !

Accepter des rûches ne me rapporte rien hormis une certaine satisfaction de pouvoir observer l'un des insectes parmi les plus étonnants et utiles pour l'homme. De plus, l'apiculteur nous a promis quelques pots de miel. Par ailleurs, j'escompte une production plus importante de fruits par l'ajout de ces pollinisateurs. Une chose à savoir également : les abeilles ont tendance à se raréfier. En particulier, certains pesticides (le Régent et le Gaucho font partie de la liste) contribueraient à cette lente disparition constatée des abeilles (voir l'article du Monde de ce jour, le 29/08/2006 "Malgré l'interdiction du Régent et du Gaucho, les populations d'abeilles ont diminué" signé Gaëlle Dupont).

Commentaires

J'avais pensé pendant un temps avoir mes propres ruches.
Pas un grand nombre, seulement 2 ou 3, histoire d'avoir quelques pollinisatrices à domicile, un peu de miel, de gelée royale et de propolis.
J'avais même récupéré une rûche à réparer.

Mais la situation actuelle n'est pas encourageante. Un apiculteur local, que j'ai croisé il y a quelques temps, me confirmait la diminution de sa production.
Face à ces difficultés, et en tant que néophyte, j'ai remis mon petit projet à plus tard ...

C'est certainement plus facile d'avoir un apiculteur qui "livre" à domicile. Mais ce serait sympa de sa part d'offrir une compensation en nature, non ?!

Ecrit par : Din-Diu | 30/08/2006

La dernière occupation d’une ouvrière avant de mourir est de… faire la ventilation. Elle bat des ailes constamment pour ventiler.

Je suis vraiment surpris que l'on puisse s'approcher sans danger des abeilles.

Ecrit par : David Latapie | 01/09/2006

A Din-Diu,
Je me suis aussi déjà imaginé de débuter en apiculture. Pour le plaisir d'obtenir ses deux ou trois pots de miel. Mais j'ai vite constaté que les abeilles ont besoin de soins. C'est une activité assez prenante. Après avoir parlé avec plusieurs apiculteurs, qui sont tous des gens passionnés, j'ai pris conscience que l'apiculture demande en fait du sérieux. L'un deux m'a fortement recommandé de commencer par un stage. En ce moment, mon mode de vie n'est pas idéal pour cette pratique. C'est pour cela que j'ai accepté avec joie l'offre de l'apiculteur de faire du "hosting" de rûches. Cela me permet d'apprendre à connaitre les abeilles et de regarder les gestes de l'apiculteur. Ainsi, plus tard, peut-être, j'aurai les bons réflexes.

PS : je n'ai pas été très explicite dans le billet de départ mais il y aura compensation en nature ;)

Ecrit par : HK | 01/09/2006

A David,
Merci pour cette précision. La société des abeilles peut apparaître aux humains comme très utilitaire et fonctionnelle. A la limite cela peut faire même un peu peur. Imaginons que l'humanité, dans une sorte de stade évolutif ultérieur, adopte le même type d'organisation ? Bye-bye la liberté individuelle ; pour une liberté "collective" peut-être ? On parle aussi "d'intelligence collective" sans savoir vraiment si on peut parler d'intelligence dans le cas de ces insectes sociaux. C'est sûrement de l'instinct mais cela ressemble pas mal à une forme d'intelligence répartie sur l'essaim. C'est tout simplement fascinant et avec plus de questions que de réponses. Tu as déjà abordé plusieurs fois ce genre de sujets "cognitifs" sur ton blog http://blog.empyree.org . J'invite d'ailleurs les lecteurs à visiter ce blog pour son contenu atypique et en même temps très instructif !

Concernant la possibilité "d'approcher sans danger" les abeilles, il ne faut pas prendre cela comme argent comptant. Cela dépend de chacun. Il faut prendre des précautions : ne pas faire de grands gestes, ne pas paniquer, ne pas les importuner évidemment. Un apiculteur de l'Hérault, qui m'a invité chez lui pour un apéro l'hiver dernier, m'a expliqué que les abeilles sont capables de sentir l'adrénaline dégagée par l'homme sous l'effet de la peur ou d'autres émotions. Dans ce cas, il semblerait qu'elles puissent adopter des postures plus agressives. Cela reste à vérifier mais c'est plausible.

Ecrit par : HK | 01/09/2006

Sur le fait que les abeilles sentent "l'adrénaline", je veux bien le croire.
Adrénaline, sueur ou autre.
Depuis que je suis gamin, j'ai l'habitude de me ballader au milieu des guêpes, j'ai dû être piqué 2 ou 3 fois, et c'était de ma faute.
Par contre quelqu'un piqué par ces insectes est poursuivi par eux. Si des personnes suivent sans avoir été piquées, elles peuvent se ballader au milieu des guêpes presque sans problèmes.
Ce qiu est sûr, c'est qu'il faut les connaître et avoir l'habitude du comportement de ces bestioles.

Ecrit par : Din-Diu | 10/09/2006

A Din-Diu,
Alors il m'est arrivé une petite mésaventure. Je venais de me prendre ma douche le matin, et je fais mon petit tour matinal entre les rûches. Voilà pas qu'une abeille me fonce dans les cheveux et s'y accroche. Bon je commence à courir avec l'abeille accrochée à la tignasse. Et fatalement elle m'a piqué. Fort heureusement cela ne fut pas très douloureux. Hélas il y a des chances que l'abeille y soit passée car lorsqu'elle plante son dard son système digestif reste accroché. Comme Din-diu le dit il y a un modus vivendi à trouver, une forme de coexistence pacifique dont certaines clés m'échappent encore :) La leçon que j'en tire c'est de ne pas se balader parmi les rûches avec les cheveux mouillés : est-ce à cause de l'odeur des cheveux, du parfum du shampooing ? On verra cela avec le temps.

Ecrit par : HK | 11/09/2006

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