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22/08/2006
Humus
Le jardinage n'est pas toujours chose facile. Tous les sols ne se prêtent pas de façon égale à la culture de plantes potagères. On rencontre dans le Berry et la Touraine un type de terre appellé "perruches" et constitué d'argile à silex. La terre est donc plutôt compacte, très caillouteuse et formant une épaisse et dure croûte qui se craquèle par temps de sécheresse et qui peut devenir poudreuse lorsqu'on la travaille. Autant dire que sur ce type de sol, il n'est pas aisé de faire pousser les légumes racines tels que carottes, radis ou poireaux. Ceux-ci on tendance à se fendre au contact des silex tranchants. Quant aux salades dont la frêle racine n'arrive pas à se frayer un chemin jusqu'aux couches inférieures du sol plus humides elles sèchent sur place. Je rencontre des difficultés avec les haricots mais je ne sais si cela vient du sol, du micro-climat, des graines ou d'un mode de semis inapproprié. En revanche, ce type de sol semble assez bien convenir aux oignons, échalottes, courgettes, tomates qui produisent de façon satisfaisante sans toutefois fournir de récoltes mirobolantes. Quoique ce genre de terrain est aussi problèmatique pour ces légumes bulbes surtout au moment de la récolte ! Tellement le bulbe est pris en masse, piégé dans sa gangue argileuse, que la tête d'oignon reste coincée dans la terre au point de se retrouver qu'avec les feuilles dans les mains lors de l'arrachage. Dans ces cas, il n'y a rien d'autre à faire que de casser la terre avec une fourche bêche au risque d'endommager l'oignon.
Du coup, avec mon épouse, pour quand même essayer de produire quelques salades, nous avons décidé d'influencer ce sol ingrat en lui ajoutant de nouveaux composants. Nous pensons que ce type de sol mérite deux constituants supplémentaires : de l'humus et du sable pas trop fin. Nous avons commencé par l'adjonction d'humus.
Nous pouvons nous tromper. Faire du "terraforming" dans son jardin n'est pas une science exacte. Il faut faire du temps son allié avant de trouver la formulation idéale. Nous effectuons ce premier test sur une petite parcelle de 2 m².
Nous avons obtenu un excellent humus à partir du compostage que nous avons mis en oeuvre depuis quatre ans. Normalement, faire du compost nécessite un peu de travail comme arroser et le retourner régulièrement pour bien l'oxygéner. Mais nous ne nous en sommes pas tellement occupés par manque de temps voire fainéantise. Nous avions à l'époque juste fiché en terre quatre piquets et tendu une bâche plastique verte pour faire une sorte de cube de 1 m de côté (système vendu dans le commerce). Nous y avons déversé l'herbe des tontes, des feuilles de l'automne en particulier de chêne et bien sûr les déchets compostables en provenance de la cuisine. J'y ai ajouté fréquement un petit peu de moi-même principalement du NH2-CO-NH2 (urée) puisque cela me servait aussi euh... comment dire ? de pot de chambre de jardin. (A ce propos voir ce système de toilettes à compost).
Miraculeusement, malgré notre technique de "on en fait le minimum", nous avons découvert que notre tas de compost était devenu une belle terre marbrée noire et marron façon "Savane" de Brossard, inodore, humide et compacte mais facile à travailler rappelant la terre des forêts. Ensuite, nous avons désherbé notre parcelle, retourné la terre sur environ 20 cm et retiré les cailloux les plus gros de notre "perruche". Nous avons ajouté une couche de 10-15 cm de cet humus auto-produit. Puis, nous avons mélangé la terre et aplani le carré. Nous allons attendre quelques jours le temps qu'une averse providentielle stabilise ce substrat et se gorge un peu d'eau. Voilà, on va essayer maintenant de semer quelques chicorées (frisées) et des radis en espérant obtenir un peu de satisfaction d'ici les prochaines gelées.
Il existe plusieurs méthodes pour essayer de corriger ou enrichir la terre du potager. Je privilégie plutôt les méthodes "naturelles". Je peux en citer au moins deux proposées par des lecteurs et commentateurs réguliers : Din-Diu et la Terra Preta et chez PhilFree sur "Un monde qui change" le Bois Raméal Fragmenté (BRF). Je vous tiendrai donc au courant au sujet de l'éventuel succès ou échec de ma parcelle test saupoudrée d'humus.
23:10 Publié dans Jardinage | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note | Tags : Jardinage, humus, compost, perruche, terre






Commentaires
Une terre argileuse n'est pas forcément une terre stérile, bien au contraire. D'ailleurs les tomates s'en tirent bien ce qui est bon signe.
De mes cours de pédologie, il ne me reste que de vagues notions dont celle de "complexe argilo-humique".
Donc le compost va faire de toute façon du bien au sol. Mais il faut de l'argile pour retenir les sels minéraux et l'eau, un sol humique se déssèchant rapidement.
Le sable est une solution à ne pas négliger, et sans doute la meilleure pour tous les légumes-racines. C'est d'ailleurs une voie que je vais devoir moi-même emprunter si je veux réussir un jour mes cultures de carottes.
Et vu que de toute façon vers de terre et autres laboureurs vont mélanger tous les apports, ceux-ci devraient peut-être être synchronisés avec la rotation des cultures.
Enfin bref, il faut d'un peu de tout (argile, humus, sable) pour faire un monde. :-b
Quant aux essais de terra preta, je suis toujours en train de réfléchir (quand j'en ai le temps) à la manière de faire mon charbon de bois (surtout sans me prendre la tête).
Ecrit par : Din-Diu | 23/08/2006
très contente d'avoir trouvé votre blog et l'explication sur le sol argileux; j'habite en touraine et j'ai du mal à faire mes cultures, c'est encore pire en ce qui concerne les fleurs. les racines de mes dalhias pivoines ou clématites sont prisonnières de cette terre dure comme pierre. et ce malgré l'ajout de sable, or brun, petit gravier ou encore terre de bruyère . je me demande alors si j'ai bien fait mes mélanges, je désespère de voir mes fleurs faner et sécher. pour ce qui est de légumes, malgré tout, mes tomates sont très belles et l'oignon aussi. même les fraises, par contre j'ai abondonné carotte et ail.
j'ajouterai que je suis juste une amatrice de jardinage alors j'aspire pas non plus à un résultat extraordinnaire, je voudrais juste ne pas à avoir à bêcher mon jardin avec une pioche...;)
alors si vous avez un petit conseil à me donner, quoi faire pour cette terre si dure, je serai super contente,
Ecrit par : monikouette | 28/08/2006
A monikouette,
Merci pour votre compliment monikouette. En effet, comme vous le soulignez, certaines plantes s'accomodent fort bien de ce sol argileux. Je fais le même constat que vous (tomates, aubergines, oignons, épinards...). Moi aussi je suis un amateur en jardinage. Je passe plus de temps à expérimenter quelques cultures potagères que de cultiver pour m'alimenter. Mais toutes ces expérimentations prennent des années ! En matière de conseil, je suis donc assez mal placé. Par contre, j'essaie toujours d'observer ce que font les autres jardiniers du crû qui jardinent avec les mêmes conditions de départ que moi, avec ce sol à "perruches". Et eux, à force de travail d'année en année, obtiennent une bonne terre, souple, "amoureuse" comme on dit ! Par exemple, ils mettent du fumier, du compost, arrosent copieusement s'ils ont la chance d'être près d'un ruisseau ou s'ils ont un puits. De plus, ils cultivent entre les arbres avec un bon équilibre entre zones ensoleillées et ombragées. Leurs potagers sont entourés de haies. Donc, mon opinion est que cela prend du temps avant d'obtenir une bonne terre. L'ajout de compost est une piste parmi d'autres que j'essaie de mettre en oeuvre actuellement pour ameublir ma terre. Il y a aussi la solution du paillage que j'essaierai de mettre en oeuvre au printemps prochain et qui permet de conserver l'humidité du sol. Je me demande par ailleurs si un peu de sciure d'une scierie ne ferait pas non plus l'affaire (sciure brute) ? Bon courage et n'hésitez pas à repasser par ici.
Ecrit par : HK | 29/08/2006
Bonjour HK et tous les lecteurs de ce blog,
Juste un petit témoignage afin de vous faire connaître la technique du plessage (une technique utilisée dans mon coin le perche), et qui je trouve s'adapte divinement bien au paysage. Cette technique était utilisée avant les barbelés et autres clotures peu élégantes... Il s'agit donc de créer des haies et ainsi avoir des clotures végétales...Rien de plus simple, il faut juste récupérer les branches plus ou moins longues coupées par vos voisins et amis...et de les replanter en prenant soin de les imbriquer le pieux possible....et si tout va bien à partir du printemps l'on aura une très jolie cloture végétale...esthétique, facile d'entretien et à moindre coût.
Voila pour ma modeste contribution...
Ecrit par : mr oing | 08/09/2006
Bonjour mr oing !
Merci pour votre sympathique commentaire. C'est très instructif. Je me permets d'ajouter un lien sur le plessage en guise d'illustration pour nos amis lecteurs http://www.maisonbotanique.com/journees-plessage.php.
Moi aussi, je recréé des clôtures avec des branches de récupération (châtaignier ou noisettier). Mais sinon j'ai une autre technique : je récupère auprès de voisins qui ont des vignobles des sarments de vigne secs attachés. Cela forme de grandes balles qu'on peut aligner et empiler aisément.
Merci encore pour votre idée de barrière écologique.
Ecrit par : HK | 11/09/2006
Je viens d'entendre parler aux infos, d'Anglais venant enseigner le "plessage" des haies. J'ignorais l'existence de ce terme : or il me fait penser au mot "paisselage" que je trouve dans des textes médiévaux. Les bailleurs imposent aux preneurs de bien "paisseler" leurs vignes. Mon grand-père, un vrai "bouhoume" comme l'on dit chez nous, n'avait pu me renseigner, car à l'évidence, cette pratique a été abandonnée depuis longtemps dans ma région. Avez-vous une idée de ce que cette pratique de "bien paisseler" des vignes peut recouvrir ?
Merci de votre aide
Ecrit par : dominique laurent | 01/03/2008
Bonjour Dominique,
Merci pour votre message. Hélas, je n'ai pas encore entendu parler de "plessage". Mais je demanderai à mes voisins du hameau. eut-être existe t-il un terme dialectal proche.
A bientôt,
Ecrit par : HK | 21/03/2008
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