29/07/2006
Le temps des récoltes, enfin...
"récoltes" est un bien grand mot.
Toujours dans l'idée de se préparer lentement mais sûrement à l'après pétrole, je persiste obstinément à croire que produire une part de sa nourriture localement sous la forme d'un potager vivrier peut représenter l'une des options disponibles permettant de tendre vers un degré d'autosubsistance. Bien sûr, c'est plus facile pour ceux qui disposent d'un lopin de terre ! Pour les autres, les citadins par exemple, il existe une palette de formules possibles telles que les jardins ouvriers, jardins sociaux, jardins collectifs et de s'adonner ainsi à l'agriculture urbaine. Encore, faut-il avoir la chance de résider dans une commune qui développe une véritable politique allant dans ce sens. Je répète, l'autarcie à 100% je n'y crois guère. Nous vivons en interdépendance et cette situation est une chose plutôt positive car cela permet la pratique de l'échange et une certaine forme de socialisation. Nous sommes après-tout des êtres sociaux. Je suis favorable à l'interdépendance locale. Je dirais oui aussi à l'importation de bananes d'un pays où elles poussent spontanément car ce commerce contribue au développement des populations distantes. En revanche, cela ne me parait pas très logique d'importer des cerises de l'autre bout du monde en hiver alors qu'elles poussent très bien chez nous en juillet !
Quand j'évoque l'après pétrole, je fais allusion en particulier aux années qui vont suivre ce fameux pic pétrolier (peak oil) où l'humanité aura épuisé plus de la moitié des réserves de pétrole disponibles. Avec l'avénement d'un pétrole de plus en plus cher, on devrait arriver à une situation où le coût de transport des produits alimentaires devrait rendre ces produits tellement hors de prix que cela ne vaudra plus le coup (ou le "coût", si vous préférez) de les faire venir de loin. Mais il n'y a pas que l'aspect économique dans la civilisation du pétrole. Il y a aussi des conséquences, comme vous le savez, environnementales. Chaque fois qu'on fait venir des produits de loin alors qu'on pourrait les faire venir de près on contribue à accroitre le taux de CO2 dans l'atmosphère, l'un des gaz qui favorise l'effet de serre. Bien sûr, je sais bien qu'on parle de plus en plus d'une économie de l'hydrogène. Toutefois, personne aujourd'hui n'a une vision suffisament claire au sujet de cette alternative pour être bien certain que cela résoudra nos futurs problèmes de transport et de logistique et environnementaux.
Alors, je m'adonne avec mon épouse au joies du jardinage. Nous faisons cela à titre expérimental pour le moment car nous ne sommes pas en mesure d'exploiter à ce stade toutes les possibilités vivrières du jardinage. Mais bon, on essaie de faire cela avec le souçi de respecter la nature. C'est vraiment pas de gaïté de coeur que nous nous sommes résolus à pulvériser quelques jeunes arbres fruitiers avec un traitement anti-pucerons au printemps dernier. A ce moment, je n'avais pas connaissance d'un remède plus ou moins naturel qui consiste à pulvériser un mélange d'eau, d'huile de cuisine et de sel sur ces pucerons. Enfin, j'ai lu cette recette quelque part sur un forum (Oleocène). Je ne sais pas encore si c'est vraiment efficace.
Quoi qu'il en soit, comme nos doigts sont plutôt vert pâle mais alors très, très pâle le vert des doigts hein, notre petit potager (au total environ 25 m²) nous donne quand même quelques produits et ce malgré la sécheresse, la canicule et les orages.
Nous avons fait une récolte satisfaisante d'oignons et d'échalottes. Il faut que je pèse cette production car il est possible que cela représente une bonne part de notre consommation annuelle de ces bulbes. Je vous montrerai prochainement notre relevé de consommation de fruits et légumes annuel.
De même, notre petite parcelle de pommes-de-terre nous a aussi donné une récolte intéressante. Alors, on trouve de tout dans la récolte, des grosses patates comme de la grenaille !
Ensuite, les tomates s'annoncent bien aussi. Merci à notre voisine LuLu qui nous a fait don de plusieurs pieds. Dans le style "méditerranéen", on a cueilli nos deux premières courgettes.
Alors, au niveau des ratés au premier semestre 2006, on retrouve les salades (temps trop sec), les radis (terre trop dure et trop caillouteuse), les fraises (soit prélevées par des passants indélicats, soit picorées par les oiseaux), les haricots (trop froid puis trop sec, puis trop tard), les cerises (trop je ne sais quoi).
Enfin, sans me hasarder dans des spéculations hasardeuses, j'ai l'impréssion que la partie méridionale de la région Centre commence à acquérir quelques traits climatiques méditerranéens. Je vois cela aux types de cultures potagères réussies et à celles qui ont échoué. Mon sentiment est que nous devrons nous habituer dans le "nord" à ces étés secs et chauds et à des hivers secs et froids avec épisodes tardifs. Avec cette nouvelle donne climatique, il va falloir apprendre à semer et planter les plantes de façon plus opportuniste et surtout à envisager une serre.
18:55 Publié dans Jardinage | Lien permanent | Commentaires (11) | Envoyer cette note | Tags : jardinage, oil peak, pic de pétrole, sécheresse, canicule






Commentaires
Bravo, tout est dit ! Bravo aussi pour cette petite récolte.. POur ma part je reviens de mon petit refuge en Creuse ou les travaux avancent avec leur lots de mauvaises surprises.. Mais cela reste quand même agréable de retaper ces vielles bicoques qui savent rester fraiche l'été... (nos maçons d'aujourd'hui ont tout à ré-apprendre!!)
Quand même une bonne surprise en rapport avec le sujet de cet article, je viens de découvrir dans mon terrain une source cachée sous 1,50m de vegetation... ça coule, meme avec les chaleur du mois de juillet, j'envisage un puit pour nourrir le futur potager... Vous parlez de la penurie de petrole, à mon avis l'eau suis le meme chemin... si j'ai raison, l'humanité est en peril et les sourciers vont remplir leur bourse..! Heureux les possesseurs de puits, sources ou autre.. à condition que les nappes ne tarissent pas bien sur... l'autosufissance hydrique me parait etre un sujet à creuser.. (ou à forer..)
Amicalement
Écrit par : philippe | 29/07/2006
C'est quand même un bon début pour une récolte !
Ma récolte a commencé un peu. Avec plus ou moins de succès.
Moi-même au fur et à mesure des années, je développe mon capital connaissances jardinères, par exemple en ajoutant à chaque fois un ou 2 nouveaux légumes, ou en cherchant à innover.
Pour l'instant par exemple, je n'ai pas eu de trop grand problème de sécheresse pour les salades : binage, plantation à l'ombre de la haie ou entre les rangs de tomates, ...
Et pour l'importation des denrées alimentaires, on devra peut être changer un peu nos habitudes. Je suis en train de commencer "Le tour de France d'un botaniste gourmand" de François Couplan. J'ai repéré ce bouquin quand l'auteur est passé sur France Inter où il parlait du fait que l'ortie préparé d'une certaine façon avait le goût de poisson, d'où sa recette de brandade d'ortie. On peut donc trouver des saveurs plus ou moins "exotiques" dans notre jardin.
quand je pense que certaines mauvaises herbes que j'arrache pourrait être cuisinées, je me dis que souvent, malgré soi (et un peu à cause de notre confort), on gaspille un peu trop.
Écrit par : Din-Diu | 31/07/2006
Moi je ne peux pas trop planter des légumes pour jardiner, à cause de la maladie du renard dans l'est : l'echinococcose...
Enfin, il faudrait faire des murs assez hauts pour que le renard ne puisse pas entrer dans le jardin.
Si j'étais sur place, je pense que ce serait bien différent.
Pourquoi ne pas arroser en récupérant l'eau de pluie par une citerne ? Je dis ça mais c'est facile, comme ça, assis sur mon siège de bureau ;-)
Je suis rentré de vacances ce matin, avec un jardin, c'est vrai que je pourrais moins partir tranquille, alors je consomme un peu du pétrole qui reste encore pour traverser la France...
Quand j'étais plus jeune, mes parents agriculteurs faisaient un jardin et un "champ de légumes". On passait des heures à biner sous le soleil avec les mouches qui nous agaçaient et l'alouette qui chantait sans cesse au dessus de nos têtes. Moi j'aurais bien pris mon vélo pour aller faire un tour au lieu de cette corvée, mais bon ! C'est ça aussi la campagne.
Aujourd'hui, j'adore remancher les vieilles binettes. Je trouve un bon cornouillet, un morceau de frène ou de noisetier, parfois d'aubépine, et j'en fais un manche solide, droit, léger ou très dur suivant l'humeur et le bois utilisé. Y'a pas à dire, ça détend bien ces petits bricolages.
Pour le jardin potager, je crois qu'il faut biner, enlever les mauvaises herbes à la main, arroser sans cesse. Mettre du fumier avant l'hiver, labourer (ou retourner la terre) mais pas trop profond.
Ma chérie fait un jardin décoratif, avec des fleurs. Moi de temps en temps je plante un arbre fruitier dans l'ancien verger que le vent a mis par terre fin 1999. Mais pas encore de fruit vue le temps qu'il faut pour que ça pousse.
Bon courage et bonnes récoltes pour vos futurs potagers !
Écrit par : Luxe campagne | 31/07/2006
je vous ai mis en lien dans mon blog pour un petit jeu, j'espère que cela ne vous gène pas. Amicalement, Prune
Écrit par : Prune | 02/08/2006
A Philippe,
Félicitations pour votre liquide découverte ! Justement, cette semaine, avec l'un de mes voisins, j'avais la même préoccupation que vous à savoir si mon terrain n'était pas sis sur une rivière souterraine ? Nous avons déjà un puits que nous n'utilisons pas encore car nous récupérons l'eau de pluie. Notre voisin paysan a des prédisposition pour trouver de l'eau. Il nous a même donné une approximation de la profondeur. C'est rassurant de le savoir même si nous n'envisageons pas de réaliser un forage. Mon rêve serait d'avoir une eau de puits totalement potable. Un sujet sur les sourciers serait une bonne idée ici pour un prochain billet. Bon bricolage !
Écrit par : HK | 05/08/2006
A Din-Diu,
Merci pour votre intervention. Je partage entièrement votre approche du jardinage, en particulier lorsque vous dites que chaque année vous essayez d'introduire un ou deux nouveaux légumes. Je mène aussi mes propres expérimentations avec plus ou moins de succès. Je consigne mes succès et mes ratés sur un carnet ainsi que les modes de semis ou de plantation utilisés pour arriver au résultat ainsi que la date et le temps. J'ai constaté que la même graine semée plu tôt ou plus tard ou sur une autre parcelle donnera des résultats différents. Parfois, cela se joue à peu de choses dans une logique qui dépasse notre rationalité humaine !
Merci pour la référence de votre bouquin. Dans le même style, je consulte un des guides Vigot "Baies et plantes sauvages comestibles". Sur ce thème, je remarquais, peut-être bien chez vous d'ailleurs, que c'est fou le nombre de bonnes "mauvaises" herbes que nous foulons du pied et arrachons sans merci : plantain, orties et même mouron sans parler du tenace raifort ! On dénombre peu de plantes en fait non comestibles par chez nous.
Je vous souhaite d'excellentes récoltes. Je troquerai bien quelques courgettes contre vos salades :)
PS : l'une de mes lectures actuelles puisque l'on parle d'alimentation : "Une histoire mondiale de la table - Stratégies de bouche" d'Anthony Rowley un historien et chroniqueur franco-britannique (chose rare !). Dans cet ouvrage, l'auteur passe en revue les modes d'alimentation depuis nos ancêtres jusqu'à notre époque. Il montre par exemple comment les hommes préhistoriques avaient une "stratégie" alimentaire beaucoup plus équilibrée que la nôtre. Passionnant !
Écrit par : HK | 05/08/2006
A Prune,
Ma foi je ne suis pas gêné par ce lien amical. Votre blog a l'air plutôt sympa. Et que gagne t-on en jouant à votre jeu ?
Bonne continuation.
Écrit par : HK | 05/08/2006
A Luxe Campagne,
Mince alors ! Peut-être pouvez-vous clôturer votre potager avec du grillage à poules solidement ancré dans le sol pour empêcher maître Renard de commettre son forfait ? C'est dommage de ne pas pouvoir jardiner un peu.
Ceci dit si vous développez un verger c'est déjà très bien. C'est du dessert garanti presque toute l'année. De belles pommes de garde peuvent vous mener jusqu'au mois de décembre. L'hiver vous pourrez grignoter des noix et noisettes et bien sûr profiter des fruits au sirop et des compotes préparées l'été !
C'est sûr, le potager c'est du boulot. Surtout si on le souhaite "vivrier". Regardez les potagers de certains retraités, ils sont spectaculaires ! Il faut avoir du temps ne serait-ce que pour désherber à la main, sélectivement sans avoir à recourir au Round Up.
Quant à la récupération de l'eau de pluie ce n'est pas moi qui vous contredirai. Je viens justement d'installer un second récupérateur de 500 L. Hélas, il est en matière plastique, donc en dérivé de pétrole. Malheureusement, je ne vois pas comment faire autrement. Je me console en me disant que sa durée de vie sera de plusieurs années et donc qu'il est durable.
Bonne continuation.
Écrit par : HK | 05/08/2006
votre article m'a intéressé, nouveau fleuriste, je cherche à travers cette situation le dévellopement du composteur à domicile tout en cherchant l'intérêt du business.
je tourne un peu en rond divers articles, résultats de communes, commentaires, sites, ademe et autres me laissent à penser que cela peut être envisageable et je tombe sur votre article...
j'aimerai allier le profit tout en stimulant la citoyenneté;l'entretien des jardins des particuliers dans la banlieue parisienne et les espaces verts des copropriétés, pourraient être un vaste champ d'application. le composteur à domicile bien géré et entretenu par le "jardinier" pourraient être une source tant pour le jardin et son entretien que pour le jardinier lui même...peut être...
Écrit par : RAOUL | 12/08/2006
A RAOUL,
En effet, chaque jour je constate, dans mon rôle de citadin, les quantités de matières organiques théoriquement compostables que je dois hélas disposer dans ma poubelle "déchets ménagers" non recyclables. A la campagne, tous ces déchets je les trie et les rassemble dans le fond du jardin dans un composteur.
J'imagine que nous sommes des millions de citadins à opérer ce vaste gaspillage de compost. Ce serait en effet un vrai "plus" si les villes mettaient en place une filière déchets organiques. Cela doit probablement être mené en concertation avec des industriels car le grand défi est de trouver des débouchés commerciaux et seul un partenariat municipalité, industriels et public solide est à même de garantir le développement d'une telle filière en ville.
Parmi les débouchés, je suggère de façon non exhaustive la production de terreau pour : les fleuristes, horticulteurs, maraîchers, espaces verts des villes, parcs, amendement naturel pour les agriculteurs, grand export (amendements pour les zones désertiques), remblais...
Pour partie, ces débouchés existent déjà mais on peut aller encore plus loin.
Bien sûr, des contraintes existent car il faut pouvoir stocker ces matières organiques en dehors des villes pour éviter les nuisances et des installations étudiées sont nécessaires. Mais le jeu n'en vaut-il pas la chandelle plutôt que d'incinérer ces vastes quantités de déchets ?
Écrit par : HK | 14/08/2006
Rubrique à droite (avant dernier sujet sur LES TomateS) :
mms://sdmc.contents.edgestreams.net/horsgv/regions/siege/infos/f2/13h/HD_13h_20060814.wmv
Écrit par : Athanor | 15/08/2006
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