20/06/2006
Les dix règles d'or pour parvenir à mourir de fin à la campagne !
Mourir de faim dans nos campagnes (européennes) est une opération presque impossible. C'est toutefois atteignable en respectant ces quelques règles de base :
- Entretenir de mauvaises relations avec ses voisins, surtout s'ils sont jardiniers,
- Etre asociable ou éviter le contact,
- Couvrir toute la surface de son jardin d'un joli gazon uniforme entouré d'une haie de cyprès,
- Arracher systématiquement les mauvaises herbes telles que le pissenlit, le raifort ou encore écraser les champignons (rosés des prés) avec son pied,
- Eviter tout troc, prêt d'outil ou échange de service,
- Refuser la salade qui vous est offerte par le petit vieux dans son bleu de chauffe un peu cra-cra,
- Faire des aliments préparés industriellement l'essentiel de son régime alimentaire,
- Etre un "viandard" pur et dur,
- Ne porter aucun intérêt à ce que la nature peut offrir (glânage, cueillette),
- Répugner le contact avec la terre.
C'est ainsi que nous recevons, tout au long de la saison, de nombreux petits cadeaux maraîchers de la part de nos voisins : endives, asperges, salades, pieds de tomates, cerises, vin maison, gnôle, noix, poireaux... Il faut dire que notre "potager" les fait bien sourire. Il faut vraiment le faire exprès pour avoir faim à la campagne. La pratique du "don" désintéressé est très répandue en milieu rural.
23:40 Publié dans S'installer et vivre | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note | Tags : campagne, jardinage, vie en société, nature






Commentaires
Joli petit texte sur les échanges en milieu rural. Je dois dire que ça se passe un peu comme ça chez moi aussi. Et c'est vraiment appréciable !
Ecrit par : Marie | 26/06/2006
C'est un texte un peu idéalisé, je l'admets, mais avec un fond réaliste. Autre exemple, lorsque je me promène dans les champs et que je passe devant une ferme, le chien aboie et l'exploitant sort sur le pas de sa porte. Que va t-il se passer ? Vais-je me faire enguirlander parce que je traverse une propriété privée ? Et bien non, je suis invité à l'intérieur pour boire un verre de rosé bien frais. L'échange, non prémédité et inattendu a lieu. Une conversation sympathique et pleine d'humanité en échange d'un verre s'instaure.
Si vous saviez le nombre d'exploitants agricoles agés qui habitent dans des fermes isolées et qui ne voient jamais personne ! Ils sont heureux de parler à quelqu'un de temps à autre, même à un promeneur néorural.
Ecrit par : HK | 26/06/2006
j'adore ce bulletin.... pourquoi pas dans le même esprit publier un bulletin du type : "les dix regles d'or pour s'ennuyer à la campagne"... Décidement ce blog est toujours aussi passionnant, il l'est, d'ailleurs, tout autant que nos campagnes..
Cordialement
Philippe
Ecrit par : philippe | 28/06/2006
A philippe,
Merci pour vos encouragements et surtout pour la bonne idée. Il faudra que je vous parle d'un livre un peu sociologique qui met en évidence cet engouement croissant des citadins pour les campagnes. J'essaierai d'en faire une fiche de lecture ici.
"Au bonheur des campagnes (et des provinces)" , de Bertrand Hervieu et Jean Viard directeurs de recherche CNRS.
Ecrit par : HK | 28/06/2006
Hello gentils neoruraux,
Habitons à Paris mais avons une maison de campagne dans le centre en cours de restauration.
Connaissez-vous des associations de partage de maison de campagne ?
Car franchement restaurer prends beaucoup de temps et d'energie et quand c'est fini les enfants sont adultes (pour nous c'est en cours ! )
Ecrit par : Charles | 06/01/2008
La liste me parrait complète...
La pratique du "don" désintéressé est très répandue en milieu rural.
C'est la règle, même lorsque les relations ne sont pas trop bonne, même avec "étranger" du canton, l'entraide se pratique. La seule limite, c'est le mépris, les gens qui sont trop "fier". Et encore, même celui là peu oseront ne pas tendre la main au derner moment.
Ecrit par : jip14 | 06/01/2008
Bonsoir Charles,
Merci pour votre sympathique commentaire. Hélas, je ne connais pas d'association de ce type. Mais je peux me renseigner. Petite question : dans quel but cherchez-vous une telle association ? Pour louer, pour "cohabiter", pour mutualiser les frais liés à la restauration de votre bien ?
Je vous recommande de consulter aussi ce portail fait par des personnes que je connais et qui ont aussi osé franchir le pas http://www.changertout.com/
Ce que je peux vous dire, d'après mon expérience, est de ne pas vous précipiter. C'est pas bon pour le porte-monnaie et de pus en voulant aller trop vite il y a risque de faire des fautes de "goût" ou des erreurs de restauration. Prenez le temps de réfléchir, d'évaluer, de comparer. Ayez aussi le souçi de l'écologique autant que de l'économique.
Je vous invite aussi à consulter la rubrique
http://www.campagnard.net/rubricolage/ qui vous fournira un retour d'expérience de notre projet campagnard.
Mais vous verrez, une fois installés et si vous êtes ouverts d'esprit et accueillants, vos voisins ruraux vous rendront de nombreux services car ils savent faire. Ils font souvent eux mêmes et bien.
Surtout n'emmenez pas vos habitudes et vos exigences parisiennes avec vous.
Autrement je vous souhaite bonne continuation ! Votre projet est une jolie aventure qui vous enrichira sûrement.
Ecrit par : HK | 06/01/2008
Bonsoir jip14,
Merci pour vos compléments.
Vous avez raison de dire aussi que le don désintéressé est une pratique à envisager. Cela entretien des relations de bon voisinage et vous ne serez jamais vraiment perdants à céder un objet qui ne vous sert plus ou qui vous encombre. C'est même un plus pour développer la solidarité dans un milieu souvent plus âpre et moins confortable qu'en zone urbaine.
Avant de jeter quelque chose aux encombrants, il est toujours utile de demander à ses voisins si des choses les intéressent.
Bravo pour vos actes de générosité.
Ecrit par : HK | 06/01/2008
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