26/04/2006

Bricoler, restaurer et retaper

S'installer pour vivre à la campagne ne se fait pas sur un coup de tête. Nous avons vu au fur et à mesure des billets et commentaires des lecteurs que changer de vie, passer d'un mode de vie urbain à un mode de vie rural, nécessitait un certain nombre de transformations dans son mode de vie :

 

  • abaisser son niveau de besoins,
  • s'accommoder d'une inévitable diminution de ses revenus,
  • diversifier parfois ses sources de revenus,
  • se contenter de loisirs simples et plus proches de la nature,
  • consommer moins ou du moins autrement,
  • accepter des échanges parfois basés sur le troc,
  • se mettre à jardiner,
  • concevoir sa maison de façon bioclimatique et écologique...
  • etc.


Pour bien réussir son projet d'implantation campagnard, l'une des composantes des plus structurantes est le logement.

Le logement, en particulier lorsqu'il s'agit d'une maison isolée, est un sujet de préoccupation majeur. Dans mon cas l'aspect "maison" suscite beaucoup de réflexion entre mon épouse et moi. Il s'agit d'une maison berrichone traditionnelle de type "masion de journalier" (sorte de petite longère) située à l'orée des champs à 500 mètres du hameau le plus proche. Imaginez-vous que notre défi est de rendre "confortable" une batisse qui date approximativement de 1814 !

Pas évident. Il faut savoir qu'atteindre une température de 12 degrés en plein hiver (je veux dire à l'intérieur) est déjà un grand succès. Autre exemple, apprendre à doser ses radiateurs électriques de sorte que lorsqu'on allume une lumière, une surtension ne fasse pas disjoncter tout le système.

Restaurer une vieille maison nécessite de l'organisation, de la reflexion et de la patience.

  • La première année, nous avons, nous-mêmes, aidés d'un ami menuisier, ouvert une trémie dans le plafond et installé un escalier en bois pour accéder aux combles,
  • La seconde année, nous avons mis en place une fenêtre de toit et posé du parquet dans les combles,
  • La troisième année, nous avons entamé le vaste chantier de la salle de bain. Ce chantier n'est toujours pas fini et se prolonge la quatrième et cette cinquième année ! La salle-de-bains a été refaite entièrement : cloisons en carreaux de plâtre, plomberie, cuvette, baignoire et lavabo, parquet, lambris... Il ne reste plus que le carrelage, les finitions, l'électricité et les lambris au plafond à réaliser.
  • Nous sommes en cinquième année et voici le pogramme : achever la salle-de-bains, faire deux ouvertures pour des portes dans des murs porteurs, aménager une véritable cuisine, aménager une chambre (lambris et parquet), refonte de tout le circuit électrique.
  • Les années suivantes (6, 7 et 8) seront consacrées à essayer de rendre la maison le plus "bioclimatique" possible : isolation, chauffage au bois + conduit de cheminée, véranda.


Une fois ces travaux achevés on pourra considérer que notre maison campagnarde est "confortable" selon les critères campagnards. Mais ce n'est pas fini. Nous essaierons aussi de la rendre plus écologique : nous prévoyons l'installation de panneaux solaires pour le chauffage de l'eau sanitaire et une cuve pour la récupération d'eau de pluie.

Il faut savoir qu'il est difficile de restaurer sa maison intégralement tout seul. Je ne dis pas que c'est impossible toutefois un seul individu réunit rarement toutes les compétences nécessaires à lui tout seul (maçonnerie, couverture, menuiserie, plomberie, électricité). Il faut par conséquent se faire aider ou bien solliciter, de façon ponctuelle, l'intervention d'artisans.

Afin de vous aider à faire le point avec vos compétences manuelles, vous trouverez ci-après une sélection de liens en rapport avec le bricolage. Consultez-les, cela vous permettra de vous faire une idée de l'ampleur de certains chantiers de restauration d'une vieille maison.


Enseignes


Portails spécialisés


Quand bricoler se décline au féminin !


Sites perso

  • Le site de Julien Manche (très intéressant, suivi du montage d'une maison avec des informations tarifaires, exemples de devis)


Forums


Blogs bricolage

Et maintenant, au boulot !

Commentaires

Avec mon expérience (longère 1850), je ferai quelques petites remarques (dans le désordre ):

- Bricoler c'est des compétences (pas forcement approfondies), mais c'est surtout du temps. Et l'installation à la campagne entraîne une organisation différente du temps. Les enfants à amener à l'école ou au club de sport, les commerces ouverts seulement en journée, et les trajets pour monter à la ville... Une bonne organisation du temps doit être mise en place, pour pouvoir faire des travaux dans sa maison.

- l'autre problème des travaux, c'est l'espace. Il est plus difficile de faire des travaux dans une maison que l'on habite. Les pièces sont encombrées, la poussière envahie tout... Un simple escalier à poser et cela peut se transformer en une demi habitation non habitable.

- Il faut faire la distinction entre les travaux de bricolage, et les travaux touchant la structure de la maison. Pour ces derniers faire appel à un professionnel permet de bénéficier d'une garantie décennale.

Malgré ces remarques, bricoler c'est à la porté de tous. Même si parfois le résultat n'est pas digne d'un Artisan, en se documentant, puis en choisissant les produits et outils adaptés, il n'y a généralement pas de problème. A signaler que certains magasins diffusent des petits guides très bien fait.

Écrit par : jlauriol | 26/04/2006

Je te conseille, si tu ne le fais pas déjà, de consulter la dernière vague de billets de Jean-Christophe Courte sur les architectures alternatives. Pas mal de maisons écolo sont dispos, l’inventivité est assez impressionnante.

Écrit par : David Latapie | 26/04/2006

Bonjour HK,

Il y a quelques temps je vous faisais part de mon inquietude pour trouver une habitation en campagne, mon desir etant de m'installer apres une periode de transition.

Me voici soulagé car je viens de signer un compromis de vente pour une vieille batisse située en Creuse.... La maison de mes rêves perdue dans un village de 80 âmes avec un magnifique terrain pour la modique somme de 57000 euros.

C'est le début d'un grand projet et d'un vieux rêve, bien sur il y a du bricolage en perspective mais pas de gros oeuvre, je ne suis donc pas inquiet. La remise en état de cette batisse va se faire dans un esprit écologique tout en respectant l'âme de la maison.

Voilà, c'est l'aboutissement de deux années de recherche et j'avoue que sans la lecture quotidienne de votre blog, j'aurai sans doute perdu une partie de ma motivation.
Alors mille fois merci pour ce site Ô combien passionnant qui reunit tous les passionnés.
Peut-etre un jour aurons nous l'occasion de se rencontrer, apres tout la Creuse n'est pas tres loin du Berry.

Écrit par : philippe | 26/04/2006

A jlauriol,
Votre commentaire est absolument utile, en particulier le rapport au temps. Quand on restaure sa bicoque il faut s'organiser de telle sorte qu'on puisse continuer à y vivre. Sans quoi cela devient vite un calvaire (poussière, inconfort, intempéries...).

En même temps, il ne faut pas aller trop vite. Surtout quand on restaure une bâtisse ancienne, la précipitation peut être fatale pour l'âme de la maison. Aujourd'hui, pour aller vite on met des plaques de plâtre à tout bout de champ et on rend lisse tout ce qui peut apparaître rugueux ou tordu. Pourtant, n'y a t-il pas une esthétique à avoir une maison un peu "tordue" et travaillée par le temps ?

Or, cela prend beaucoup de temps à restaurer un mur, pierre par pierre, ou bien récupérer un ancien plancher lame après lame à l'huile de coude. C'est pour cela qu'il faut parfois savoir prendre son temps et bien réflechir afin de trouver la bonne idée pour restaurer en harmonie avec cette âme de la maison qu'il faut savoir écouter.
Merci pour votre intéressant commentaire.
A bientôt.

Écrit par : HK | 26/04/2006

A David,
Merci pour le tuyau. En effet, on trouve de bonnes idées sur le blog de Jean-Christophe Courte qu'il est possible de consulter dans sa rubrique "Architecture" sur http://www.macdigit.com/index.php/weblog/C27/

C'est aussi ce même Jean-Christophe Courte qui est l'auteur du livre "Comment travailler chez soi ?" (Eyrolles).
A bientôt.

Écrit par : HK | 26/04/2006

A philippe,
Votre commentaire me touche beaucoup.
Je suis content que vous ayiez trouvé votre demeure dans la région de vos rêves. Comme quoi on peut encore trouver de très belles opportunités ! Ca va être chouette dans la Creuse : beaucoup de forêts, le lac de Vassivière, des balades en pleine nature !
Ce serait intéressant que vous nous disiez par quel biais vous avez trouvé votre maison (portail web, agence, notaire, bouche à oreille...) ? Par ailleurs si vous souhaitez montrer aux lecteurs de ce blog quelques photos de votre nouvelle demeure, on peut arranger ça. Vous pourriez même rédiger un petit billet que je serai ravi de publier ici dans un esprit de "partage d'expérience".
Concernant le blog "S'installer et vivre à la campagne" j'aimerais bien proposer aux visiteurs un contenu différent chaque jour et encore plus de conseils pratiques. Mais le temps me manque. Alors, je suis très ému lorsque je lis vos encouragements.
Merci.

Écrit par : HK | 26/04/2006

bonjour hk

Pour répondre à votre question, ma demarche à été la suivante:
Tout d'abord j'ai prospecté sur internet et dans les grandes agences immobilières du coin. Je n'ai trouvé que des ruines à des prix faramineux. Un responsable d'agence ma appris que les professionnels cherchent à vendre ce type de maison aux anglais et aux japonnais qui en sont tres friands. Les prix proposés sur le net sont de plus en plus destinés aux investisseurs etranger. Le devellopement du tourisme vert apporte aussi son lot d'inconvenient.

Ensuite, j'ai pris le temps d'aller regulierement en week-end et en vacances dans la region ciblée afin de prospecter par moi même. J'ai ensuite ciblé un village qui me plaisait bien et j'ai lié des contact avec quelques habitants, cela prend du temps car les gens sont mefiants dans les zones rurales. Après avoir montré patte blanche, j'ai fini par demander à l'un d'eux s'il n'y avait pas un p'tit morceaux de maison à vendre dans le bled.
Il m'a alors appris qu'il y en avait 3 à vendre sur le même village, mais qu'il n'y avait pas de publicité de faites car les habitants ne souhaitaient pas vendre à des anglais. On peut appeler cela du racisme mais c'est en tout cas de cette manière que cela se passe dans nos campagne, il ne faut pas se voiler la face. J'ai fini par obtenir les coordonnées des vendeurs afin de visiter et de tomber d'accord sur un prix raisonnable.

Je pense qu'avant d'acheter il faut tout d'abord faire une "mini integration" qui passe par un contact positif avec ses futurs voisins. Ma demarche à durer deux ans, pendant lesquels j'ai consacré chaque week-end et chaque vacances à prospecter. C'est un projet passionnant mais qui demande beaucoup de patience.

Je partagerai volontier des photos dès que j'aurai fait le tri de celle-ci.

Amicalement
Philippe

Écrit par : philippe | 27/04/2006

Bonsoir philippe,
Merci beaucoup pour votre retour d'expérience.
Votre démarche est très instructive. Vous avez raison, celui qui désire la campagne, doit aussi savoir se faire désirer par elle !

Voici notre histoire, cela s'est passé de façon un peu différente.

Nos critères initiaux :

- nous avions le désir de trouver une maison au sud de la Loire sans localisation bien précise,
- en même temps, nous souhaitions qu'elle soit située à environ 250 km au sud de Paris afin de pouvoir en profiter souvent (au moins un weekend sur deux),

Notre démarche :

- nous avons privilégié l'approche notariale plutôt que par une agence. Pour cela, nous avons prospecté via le portail des notaires http://www.immonot.com. Un tel portail est commode car il offre la possibilité de visualiser le bien sur photo,
- nous avons identifié une jolie maison grâce à une photo particulièrement bien faite. La maison était située dans un verger avec aucune autre habitation à côté et sans aucune barrière. C'était comme la "Petite maison dans la prairie" !
- nous avons contacté le notaire et en deux-trois jours nous avons reçu le descriptif. Ce qui nous a motivé c'est que la maison était habitable de suite (pas le grand confort toutefois pas de gros travaux de structure non plus),
- nous decidâmes donc de la visiter et prîmes rendez-vous. Le voyage fut un peu tristounet c'était en plein mois de novembre donc nous appréhendions. Ce premier voyage nous a permis de nous faire une idée de la durée du trajet.
- Lorsque nous arrivâmes sur place, à 6 km de la bourgade la plus proche, après avoir emprunté un chemin de macadam de 500 m, le spectacle s'offrit à notre vue : une charmante petite maison dans un bocage, juste à l'entrée de champs un peu vallonés ! Le coup de coeur. Ca ne s'explique pas, nous sommes restés, avec mon épouse, bouche bée.
- La propriétaire et son frère (des parisiens en fait) nous ont accueilli. Ils nous ont expliqué que suite au décès de leur dernier parent, ils souhaitaient vendre la maison. On sentait une forte charge émotionnelle liée à cette maison.
- La visite se déroula très bien. Elle nous permit de constater qu'il y avait en effet des travaux mais que c'était "jouable".
- La dame nous expliqua qu'elle était étonnée que nous soyions aussi jeunes. Nous inspirions visiblement confiance. Elle nous précisa qu'elle était heureuse que ce soit des gens comme nous qui se portaient acquéreurs. Il me semble vaguement aussi qu'elle ne souhaitait pas vendre à cette "nouvelle" catégorie d'acquéreurs notamment britanniques. Personnellement, je n'ai rien contre les britanniques mais bon, les vendeurs ont aussi leurs critères.
- suite à la visite, nous nous sommes retrouvés chez le notaire pour la signature du compromis de vente. Nous n'avons pas hésité une seconde tellement nous avons été subjugué par cette maison et son environnement.
- ensuite, nous avons pris rendez-vous avec notre banque. Nous remplissions les critères pour un emprunt il faut avouer sans aucun apport. Le prix fut un peu inférieur à celui que vous avez négocié vous mais c'était il y a 5 ans,
- deux mois se passèrent, la banque effectua le transfert de la somme au notaire et celui-ci nous donna rendez-vous pour la signature de l'acte définitif.

Depuis, ce temps nous en profitons plusieurs fois par mois malgré le long trajet aller-retour (3+3 heures). J'avoue que ce projet est un sujet d'échange presque quotidien et cela fuse beaucoup au sujet des idées d'aménagement. Nous n'arrêtons pas de visualiser la maison telle qu'elle sera dans le futur, une fois tous les travaux achevés.

Toute la famille en profite ainsi que nos amis que nous emmenons parfois. Nous sommes maintenant parfaitement intégrés avec les habitants du hameau voisin qui nous rendent de nombreux services et un réel échange a lieu, voire même des trocs. Depuis que nous nous sentons aussi bien intégrés, nous réflechissons à nous y installer et à en faire notre lieu de vie. Cette année 2006 sera peut-être l'année de l'aboutissement de ce projet de vie. Vous découvrirez nos motivations en lisant ce blog.

Je vous souhaite de tout coeur de profiter de votre nouvelle maison autant que nous le faisons avec la nôtre.
Bon courage.
Amicalement.

PS : n'hésitez pas à me contacter dés que vous avez quelques photos, nous pourrons, si vous le souhaitez, en montrer quelques unes pour faire rêver les lecteurs de ce blog. Concernant, l'éventualité de nous rencontrer ce serait avec plaisir, nos régions sont voisines. Plutôt cet été ?

Écrit par : HK | 27/04/2006

bonsoir Hk

Nos histoires sont semblables car j'ai oublié de parler du coté "coups de coeur" au sujet de mon achat. Lorsque j'ai visiter cette maison j'ai de suite resenti les "bonnes ondes" qu'elle dégageait. idem pour le village. Il n'y a pas de mots pour expliquer cela, si le prix avait été plus élevé je l'aurai acheté quand même car j'ai craqué... Je pouvais enfin mettre une image sur un vieux reve... Tout ceux qui ont vécu ce moment me comprendrons et je souhaite aux autres de le vivre.

Comme vous, la maison est habitable moyennant quelques travaux de rafraichissement, mais je n'ai que 37 ans et je pense avoir suffisement d'energie pour cela.

En attendant je dois supporter le béton d'EVRY (91) ou je travaille en semaine pour mieux apprecier par la suite mon refuge en Creuse. J'ai comme vous la chance d'avoir une compagne qui me soutient à 100% sur ce projet, et cinq enfants qui revent de gambader dans les prés...

Je me repete encore mais j'adore ce blog!!!! C'est tres agréable de partager des idées entre passionnés
à bientôt

Écrit par : philippe | 27/04/2006

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