11/02/2006

Potager et verger : l'autosuffisance alimentaire est-elle une utopie ?

Avant de revenir au Ruralitor, le comparateur/simulateur de vie rurale et de vie urbaine, je souhaiterais que nous nous penchions sur la notion d'autosuffisance alimentaire.

Fixons d'emblée le cadre de réflexion et parlons d'autosuffisance ou d'autosubsistance alimentaire plutôt que d'autarcie. Qu'on le veuille ou non, nous vivons tous en interdépendance dans un système de plus en plus mondialisé. Il y a peu de chances qu'un processus inverse de "démondialisation" s'enclenche à court terme, même si cette hypothèse n'est pas tout à fait à exclure. On n'est jamais à l'abri d'une modification brusque de l'évolution du monde (changement climatique, situation géo-politique, ressources énergétiques, crises économiques ou sanitaires). Celui qui sait jardiner pourrait avoir un léger avantage.

Quand bien même étymologiquement "autarcie" signifie "autosuffisance" [du grec "autos" (soi-même) et "arkein" (suffire)], ce terme connote une société repliée sur soi et développant des échanges limités avec l'extérieur. Pour éviter tout débat idéologique, car là n'est pas l'objectif de cette note, nous nous interrogerons s'il est possible, sous certaines conditions, de tendre vers l'autosuffisance alimentaire grâce à la mise en oeuvre d'un potager et d'un verger. Le propos n'est donc pas, rappelons le, de promouvoir un mode de vie autarcique, mode de vie difficilement envisageable de nos jours en France.

L'objectif de cette note et des suivantes est de porter une réflexion sur les principes qui permettraient à des populations vivant en milieu rural de tirer le maximum d'avantages de leur lopin de terre. De ce point de vue, la note s'attache à passer en revue les différents critères à prendre en compte pour tirer opportunément parti d'une surface de terre disponible telle qu'une prairie ou une pelouse. Bien sûr, le prérequis est de posséder ou d'avoir à disposition une surface de terre cultivable et présentant une qualité, une exposition et une surface suffisantes.

Il n'est pas toujours évident de savoir si cultiver un potager coûte ou rapporte. Jardiner implique un certain nombre d"'intrants". Un intrant (ici au sens large) correspond à l'adjonction d'éléments externes à son jardin pouvant se traduire par un coût : matériaux d'aménagement, semences, fertilisants, pesticides, eau du réseau servant à l'arrosage, équipements de jardinage, énergie (carburant, courant électrique), etc. Certaines formes de jardinage naturelles permettent de limiter les intrants et donc de diminuer la partie coût du jardin. Certains lecteurs de ce blog sont jardiniers. Ils pourront fournir un éclairage sur les différentes techniques de jardinage (biodynamie, permaculture, agriculture biologique, culture naturelle...).

Jardiner a un coût ! Pour savoir si réellement votre jardin potager et votre verger contribuent à votre autosuffisance alimentaire, il faudra veiller à bien prendre en compte les "intrants".

Il ne faut pas oublier que le jardinage n'a pas que pour unique rôle de nourrir. Il peut aussi avoir un rôle social permettant l'insertion de populations en difficultés dans la société, un rôle pédagogique et aussi un rôle de loisir. On voit donc se développer, même au coeur des cités de banlieue, un système complet de jardins. Ces jardins ont différentes dénominations selon les contextes : jardin familial, jardin vivrier, jardin ouvrier, jardin urbain, jardin de balcon.

Distinguons également le jardinage du maraîchage. Le jardinage n'a pas nécessairement pour vocation la revente des produits cultivés. Les produits du jardin sont en général autoconsommés ou donnés à des proches (par exemple, les parents ou grands-parents qui donnent un panier à leurs enfants en fin de weekend). Le maraîchage consiste à produire dans le but de tirer des revenus. Nous n'aborderons pas ce type d'activité dans ce cycle de notes sur le jardinage d'autosubsistance.

Outre les aspects social, de loisir et de divertissement, nous allons tenter ici de nous faire une opinion du gain (ou de la perte !) généré par l'introduction du paramètre jardinage vivrier dans son mode de vie.

L'un des lecteurs de ce blog, Philippe, que je remercie, nous transmet une donnée chiffrée trouvée dans un ancien manuel de jardinage. Un potager de 100 m2 permettrait une économie annuelle de "5000 frs" (env. 760 euros).

Je ne puis me baser sur ma propre expérience pour vous fournir des repères chiffrés car mon potager "ne ressemble à rien" pour le moment. Hormis quelques minuscules radis, roquette, courgettes, tomates, épinards, fraises, pommes de terres, les résultats que j'obtiens sont plutôt symboliques. Ce que je peux vous dire, c'est que pour réussir son potager, une présence quotidienne est nécessaire. Vous avez le droit à quelques jours d'absence tout de même, je vous rassure. Mais il faut être impérativement présent à des étapes clés du cycle végétal telles la levée des semis, étape cruciale pour le développement des plants, à moins que vous ayez un système d'arrosage automatique (ou goutte-à-goutte). Si vous ne vous en occupez que le weekend, la production sera aléatoire. Je dis cela en particulier pour les "néo-ruraux" qui font la navette le weekend. Il vous sera très difficile d'obtenir un maximum de rendement de votre jardin si vous en êtes éloigné cinq jour par semaine. Il n'y a qu'à voir les ravages que quelques jours de sécheresse en juin 2005 peuvent causer. Et il faut être présent également lors de la cueillette !

Par conséquent, je me suis documenté sur Internet et dans des ouvrages spécialisés pour tenter de voir si jardiner utilement pourrait générer un gain financier. Je vous avoue que je n'ai pas trouvé grand chose. Voici les indications assez "minimalistes" trouvées.


Consommation des fruits et légumes par personne et par an en France

Il n'y a pas de liste détaillée et synthétique indiquant la consommation annuelle par habitant de fruits et légumes. J'ai réussi à constituer une liste incomplète à partir de différentes sources. Je vous livrerai mes résultats dans une prochaine note qui proposera en même temps un nouvel outil type "simulateur".

Les français ont consommé (plutôt "acheté"), en moyenne, en 2004 :

- Légumes : 72 kg (hors pommes de terre)
- Fruits : 75 kg

Source : Portail http://www.fruits-et-legumes.net. Document "Achats de fruits et légumes frais par les ménages français (Panel Sécodip CONSOSCAN, avril 2005) ". Lien fourni par l'IAMM

Comme l'a indiqué ici même François Pelatan, l'un des facteurs clés de réussite de votre projet de jardin vivrier est de connaitre vos besoins annuels en fruits et légumes. Pour vous aider à suivre vos besoins, je vous fournirai très prochainement un outil de type Excel.


Combien cela rapporte ?

Comme dit plus haut, jardiner ne rapporte pas. Il faudrait plutôt dire "Combien cela permet d'économiser ?" Contrairement au maraîchage, le jardinage n'est pas une activité professionnelle. Je n'ai aucune donnée chiffrée sur les éventuels gains des jardiniers qui vendraient leurs surplus au marché ou bien à des voisins. Ce type d'activité se fait soit au "black" soit de façon réglementée. Il faudra se renseigner. En revanche, un jardin peut contribuer à diminuer le budget d'achat de fruits et légumes à condition que :

- il connaisse ce qu'il autoconsomme pour comparer avec les tarifs des mêmes produits dans le commerce qu'il n'aura donc pas eu besoin d'acheter,
- il connaisse le prix des "intrants".

Ce qui est intéressant également avec le jardin c'est la possibilité de conserver les produits en trop en les surgélant, séchant, stérilisant ou sous formes de confitures et de compotes. Voir le site de Supertoinette.

Trouvé sur le net :

- Un jardin peut représenter un "13ème mois" pour des allocataires du RMI, (p 11)
- Des "micro-potagers" peuvent procurer jusqu'à 3 dollars de revenu par jour aux familles pauvres, selon la FAO.
- Sur les coûts d'un jardin lire l'étude de l'INRA Sciences sociales "Jardin, jardinage et autoconsommation alimentaire". Cette étude date un peu (Avril 1995) mais on peut supposer que les données n'ont pas évolué de façon drastique.


Quelle surface nécessaire ?

La surface à consacrer dépend de plusieurs paramètres :

- de la surface cultivable disponible sur votre terrain,
- de la fertilité naturelle de votre terre,
- de l'exposition (soleil, ombre) du terrain et de votre situation géographique,
- du degré d'autosuffisance que vous voulez atteindre,
- du budget (toujours les intrants),
- des techniques de jardinage utilisées (chimie, mécanisation, rotation des cultures),
- du temps que vous pouvez y consacrer,
- Etc.

Tous ces paramètres sont à prendre en compte. Chaque plante a des préférences et occupe une surface déterminée. Selon l'édition trimestrielle de Rustica, série "Tout en un", Le potager, c'est facile ! (Février-mars-avril 2005), un jardin de 250 m2 peut répondre aux besoins d'une famille de quatre personnes.

Vous pouvez débuter aussi par des micro-jardins de 1,20 m sur 1,20 et passer ensuite à une surface plus importante et au fur et à mesure de votre maîtrise du jardinage. C'est une technique simple qui se répand dans les pays en développement et promue par la FAO. Voir "Les jardins urbains peuvent-ils aider à nourrir les villes surpeuplées ?" Il est parfois utile de s'inspirer des pratiques des autres pays y compris des pays non industriels qui souvent en savent plus long que nous.

Trouvé sur le net :

- 35 à 40 m2 par personne (sur un site en rapport avec la NASA dont je n'ai pas mémorisé la source),
- "Un minimum de 300 à 400 m2 est nécessaire pour produire tous les légumes que l’on consomme en une année pour une petite famille", précise une fiche conseil de Mr Bricolage.
- Selon http://jardinierauvergne.free.fr/potager.htm il faut prévoir 100 m2 / personne (jardinier internaute à la retraite qui a fermé son site).


Quel temps est-il nécessaire de consacrer à l'entretien de son jardin ?

Selon l'étude de l'INRA (voir ci-dessus), le temps consacré au jardinage par un foyer sur une année s'échelonne de 170 à 300 heures. Apparement, ce temps dépend moins de la surface à jardiner que de la situation personnelle et professionnelle du (de la) jardinièr(e)

Toujours selon Rustica dans son trimestriel Le potager, c'est facile ! (déjà cité ci-dessus), un jardin familial de 250 m2 nécessite de consacrer une heure de soins par jour de mars à mai, puis quelques heures par mois jusqu'en septembre et une journée à l'automne et une en fin d'hiver. Je suis sceptique. Je trouve ces temps trop optimistes.


En conclusion

Le jardin permet de "tendre vers" l'autosuffisance sans toutefois permettre une autosuffisance alimentaire totale. La grande question est de savoir quel degré d'autosuffisance un jardin constitué d'un potager et d'un verger permettrait-il d'atteindre. Pour mettre en évidence si un jardin potager et un verger permettent de réduire significativement le budget alimentation d'un foyer, il est nécessaire de :

- connaître au préalable ses besoins annuels en fruits et légumes,
- suivre sur plusieurs années vos achats de fruits et légumes en magasin et noter dans quelle mesure votre jardin contribue à la diminution de la partie achetée,
- suivre le coût induit par le jardinage (intrants),
- conserver ses fruits et légumes pour faire la "soudure" en période hivernale,
- être organisé et consacrer un temps pratiquement quotidien pour entretenir son potager,
- collecter des informations auprès d'autres jardiniers expérimentés.

Une autre solution consiste aussi à vous arranger avec vos voisins pour cultiver des produits de façon complémentaire. Un tel cultivera des tomates, un tel autre des pommes de terre, et un autre des haricots ou des salades. Ensuite vous partagez et échangez.

Dans tous les cas, le jardin, s'il est mis en oeuvre avec conscience et dans le respect de la nature, est l'une des rares activités humaines qui parvient à synthétiser en un seul endroit autant d'avantages : aliments goûteux, divertissement, méditation, dépense de calories, connaissances de la nature, techniques, pédagogie, esprit de famille, pour ne citer que ceux-là.

Et n'oubliez pas d'intégrer le glânage et les ramassages de toutes sortes : champignons, herbes sauvages, fruits des forêts !

Alors l'autosuffisance alimentaire grâce à un potager et un verger est elle une utopie ? Une utopie peut-être pas, mais il faudra alors produire 72 kilos de légumes, 75 kilos de fruits et quelques 35 kilos de pommes de terre par an et par personne composant votre foyer si on se base sur les statistiques de consommation disponibles. Est-ce atteignable en dilettante ou bien faut-il y consacrer 100% de son temps ? Avis aux jardiniers.

 

Commentaires

"Si vous ne vous en occupez que le weekend, la production sera aléatoire. Je dis cela en particulier pour les "néo-ruraux" qui font la navette le weekend."

Merci HK, je viens de comprendre pourquoi mon mini-potager a complètement foiré l'an dernier.

Quelques réflexions qui me viennent à la lecture de cette note :
- est-ce que la consommation d'une famille de 4 personne égale 4 fois la consommation individuelle moyenne? (ptêt bien qu'oui, ptêt bien qu'non)

- il est possible qu'en passant de la ville à la campagne, on augmente de toute façon la quantité de légume consommée - parce qu'on a décidé d'une meilleure hygiène de vie, parce que les légumes sont plus faciles à trouver, parce qu'on consomme moins de plats tout préparés, parce que plus de place pour stocker des cageots de pommes. Augmentation difficilement chiffrable.

- il y a un créneau pour des conseils en direction des néo-rurbains du week end, pour les aider à foirer le moins possible leur jardin - en faire un potager d'attente en attendant la retraite ou le changement d'activité professionnelle. Moi, j'adhère (conseil n°1 : commencer tout de suite le tas de compost, ça met au moins un an à servir à quelque chose)

Ecrit par : mamazon | 12/02/2006

Bonjour Mamazon,
Merci pour votre commentaire.

Concernant la consommation annuelle de fruits et légumes, il faut nuancer mon propos car il s'agit de statistiques et dés qu'on parle de statistiques on parle de "moyennes". Il est difficile de savoir ce que contiennent en détail ces statistiques. Incluent-elles la consommation de produits frais, de produits transformés, de conserves, de petits pots pours les enfants ?

On peut imaginer que dans une famille de quatre personnes (2 adultes et 2 enfants), la consommation n'est pas de 4 x 72 kg de légumes et de 4 x 75 kg de fruits. Ce serait moins.

Pour vous aider, j'ai développé une petite appli Excel qui vous permettra de consigner mois après mois votre conso de fruits et légumes frais. Je la mettrai à disposition prochainement comme pour le Ruralitor. C'est très simple : c'est un tableau à double entrée. La première colonne liste la plupart des légumes et fruits consommés en France (hors produits tropicaux) et la première ligne contient les 12 mois et au bout les totaux pour chaque item. Vous pouvez imprimer le tableau et l'afficher dans votre cuisine. Au fur et à mesure de vos achats, vous gardez les tickets de caisse et vous reportez les quantités ou le poids sur le tableau.

Exemple : Pommes de terre en janvier 2,5 kg. Si vous achetez plusieurs fois des PdT en janvier vous cumulez les poids. Vous verrez sur quelques mois vous aurez une vision de votre consommation de produits frais. Rien ne vous empêche d'ajouter à ce tableau la consommation des produits surgelés et de conserves. Ca ne prend pas plus de cinq minutes par semaine. Il vous suffit juste de garder vos tickets de caisse et une fois par semaine voire par mois vous prenez votre calculette et vous remplissez le tableau.

Concernant la consommation supérieure de produits frais à la campagne, je partage entièrement votre point de vue. A la campagne il y a plus d'opportunités de manger ces produits frais qu'en ville. En ville, on fait les courses une fois par semaine (et même une fois par mois pour certains !) et on stocke des plats tout faits pour ne pas avoir à faire de courses chaque soir vu les rythmes de vie effrénés.

Concernant le créneau "conseils de potager pour les néo-ruraux du weekend". Je ne vous le fais pas dire. Il y a de nombreux visiteurs de ce blog qui sont jardiniers. Leurs blogs ou sites regorgent de conseils et d'idées. Je ne suis moi-même pas un jardinier chevronné. J'expérimente et je prends du plaisir à jardiner et je consomme éventuellement ce que la nature me laisse au final. Je fais souvent des ratés (faute d'être présent en permanence). J'ai commencé à constituer une liste de sites et blogs traitant de jardinage. Je la mettrai à disposition prochainement ici même.

PS : le compost est une façon remarquable d'amender sa terre mais pas seulement. Vous participez au recyclage des déchets. Tout ce qui est périssable et végétal (hors les végétaux interdits pour le compost) font le compost, les restes de viande et de plats vous les réservez aux petits animaux de la campagne. Il ne vous reste plus que les "déchets propres" qui eux partent aux poubelles. Pensez qu'en ville tous les déchets humides et secs se retrouvent bien souvent dans la même poubelles (exemple, les barquettes souillées, les pots de yaourts vides, les épluchures...).

Bonne journée

Ecrit par : HK | 13/02/2006

****Pour vous aider, j'ai développé une petite appli Excel qui vous permettra de consigner mois après mois votre conso de fruits et légumes frais****

Prévoyez donc quantité (ou poids) ET prix.

Il sera intéressant de tracer la qualité (genre : 1kg de pommes qui pont pourri avec la fin de la semaine, ou des poires jamais mangées car trop dur)

Effectivement, l'évaluation doit porter sur 12 mois pour avoir un sens.

j'adhère à l'expériementation (il reste à voir si je vais tenir la route 1 an)

Ecrit par : Mamazon | 14/02/2006

Bonjour (en réponse à Mamazon),

[Rappel pour ceux qui rejoignent le fil de discussion : nous parlons d'une petite appli Excel permettant de reporter sa consommation mensuelle (sur 1 an) de fruits et légumes frais en vue de déterminer ses besoins annuels pour mettre en oeuvre un potager.]

J'avais pensé en effet à intégrer des éléments de coûts dans le "MyFrutiLégumor" en préparation mais je craignais que l'interface devienne vite chargée et donc peu conviviale.
Vu qu'il y a une demande pour suivre également le prix des consommations de fruits et légumes, je songe à proposer ces éléments dans un second feuillet Excel (même fichier) avec un calcul automatique à partir des quantités (poids ou unités) saisies dans le module initial. Je dois y travailler encore quelques heures un soir ou un weekend.

Ce n'est pas une expérimentation très prenante en termes de temps. Vous pouvez aisément imprimer les feuilles et vous occuper, par exemple, lors d'un trajet de TGV. ;-)

Rappel des outils nécessaires :
- Le "MyFrutilégumor" (soit imprimé + crayon soit sur l'ordi),
- Les facturettes de vos courses de fruits et légumes frais,
- Une calculette, et c'est tout.
Pas plus difficile qu'un Sudoku !
Bonne journée.

Ecrit par : HK | 15/02/2006

Aucun rapport avec l'autosuffisance mais une réalité intéressante à connaître. En Suisse il y a quelques années une étude a été faite pour évaluer la qualité de la terre en différents endroits. Les pires résultats ont été obtenus... non pas dans les grandes cultures maraîchères industrielles mais dans les jardins familiaux! Cultiver dans le respect de l'environnement demande des connaissances que beaucoup de jardiniers amateurs n'ont pas. L'étude est un peu ancienne, les choses se sont-elles améliorées?

http://www.inra.fr/dpenv/girarc23.htm

Ecrit par : Ruth | 21/02/2006

Merci pour votre commentaire et le lien sur les "travers" du jardinage amateur notamment par l'utilisation de produits phytosanitaires et d'engrais chimiques (les fameux "intrants").
Vous soulignez un point juste. Il faut savoir que même le jardinier "amateur" peut entrer dans une logique productiviste et de rentabilité. Pour ce faire, certains n'hésiteront pas à utiliser les mêmes moyens que les exploitants industriels. Cela est évidemment facilité par la généralisation de ces produits, en petits conditionnements, en grandes surfaces et par un puissant marketing ciblé sur ce segment d'utilisateurs.
En contrepartie, les nouveaux jardiniers, ceux qui débutent aujourd'hui, me semble-t-il, ont une approche plus consciencieuse du jardinage. Je n'ai malheureusement pas de données pour illustrer mon propos. C'est juste un ressenti des choses. J'ai à l'esprit le blog http://dindiu.canalblog.com qui aborde le jardinage de façon respectueuse, par exemple.
Bonne continuation.

Ecrit par : HK | 21/02/2006

Oui je crois que la sensibilité au respect de l'environnement augmente. Ici à la campagne on redécouvre les vertus de la jachère... avec parfois un petit panneau pour expliquer aux promeneurs qu'il ne s'agit pas de négligence.
Que de choses basiques on a perdues!
La commune que j'habite laisse certains talus/espaces en friche ne coupant l'herbe qu'une seule fois très tard à la fin de l'automne. Elle doit chaque fois expliquer la démarche: favoriser la diversité des plantes sauvages, offrir un lieu aux papillons, un refuge aux petits animaux, etc. Les villes nous avaient habitués aux plate-bandes au carré, et voilà les talus d'herbes folles et de papillons :-)

Ecrit par : Ruth | 22/02/2006

Je suis à la campagne depuis un certain temps (7 ans) et je n'ai toujours pas trouve le temps de commencer ce super potager.
J'ai acheté des livres qui n'ont pas changé grand chose, même si je suis archi-convaincu que manger bio etc, etc.
Je vous propose mes bookmarks: permaculture http://mondequichange.free.fr/wordpress/index.php/archives/2006/02/permaculture-les-pme-et-le-jardinage/
et le brf http://mondequichange.free.fr/wordpress/index.php/archives/2006/02/brf-bois-rameal-fragmente-presque-une-nouvelle-eglise/.

Donc maintenant, en plus de compter le nombre de petit pois consommé par la famille, il faudra comparer les décilitres de sueur en BRF et en culture traditionelle ;-).

Ecrit par : PhilFree | 22/02/2006

Salut !
le Brf fait des émules de plus en plus ! A trois jardinniers en herbes, nous avons créé un site dédié au BRf avec des agriculteurs et agronomes qui postent régulièrement sur le forum !
Bienvenus dans Les jardins de BRF :

http://andre.emmanuel.free.fr/brf/

Nous avons créés des albums photos avec les suivis des jardins à travers toute la France et ça commence au Québec !

A bientôt j'espère !

Et bravo pour ce blog ! Marre de la ville ! Vive l'exode citadin !!!

Lili alias Mycelea :)

Ecrit par : mycelea | 11/03/2006

Bonjour,
Merci pour votre message et surtout votre lien sur le "Bois Raméal Fragmenté" que je n'hésiterai pas à mettre en avant sur ce blog.

Rappellons que ce blog a pour parti pris de promouvoir toutes les techniques permettant de jardiner de façon naturelle et d'accueillir tout conseil pour ceux qui sont soucieux de l'impact de l'activité de l'homme sur le milieu.

Le jardinage, comme nous l'avons déjà évoqué, n'est pas seulement une source d'économies. C'est aussi une source de plaisir et de réconciliation avec la nature.

Ecrit par : HK | 20/03/2006

je sui 1 technicien agronome je vien d istaller un verger de pommier et de prunier au maroc et je veu une aide si c possible je suis encore jeune 21 ans mais je crois que je suis pas assez bien fotmé niveau traitement phyto a+

Ecrit par : alaa bougrini | 12/05/2006

Bonjour alaa,
Merci pour votre message. En ce qui me concerne, notre verger contient :
- 1 pommier "Grand Alexandre",
- 1 pommier "sauvage",
- 1 jeune pommier "Golden" (qui est là plus pour aider à fertiliser les autres pommiers que pour la qualité des fruits),
- 1 pommier "Reine des Reinettes",
- Plusieurs pruniers,
- 1 mirabelle,
- 3 cerisiers (en fait 2 "bigarreaux" et 1 jeune cerisier "Coeur de pigeon"),
- 1 poirier (je ne me souviens plus duquel "William" ou "Comice"),
- 2 pêchers de vigne (1 qui végète, l'autre qui est encore trop jeune pour donner des fruits),
- Des groseillers, framboisiers, fraisiers et 4 pieds de vignes qui vont de l'état de scion à 3 ans).

Au final, je ne traite rien du tout. Aucun produit phytosanitaire. Toutefois, cette année j'ai de la "cloque" et des pucerons. Un paysan m'a dit de mettre de la "bouillie bordelaise". Si je peux j'éviterai au maximum les produits phytosanitaires. La solution que je recommanderais serait donc "bouillie bordelaise" contre la cloque et "coccinelles" contre les pucerons. On peut se procurer des larves de coccinelles dans le commerce.

Attention, je ne suis pas un expert du jardinage. Je ne fais pas du rendement. J'accepte que la nature prenne son lot de fruits et m'en laisse un peu quand même. Dans votre cas vous souhaitez peut-être faire une exploitation fruitière, c'est différent il faudra probablement traiter. Essayez tout de même d'employer des produits respectueux de l'environnement.
Bonne chance et au plaisir de vous lire par ici.

Quelques liens :
http://www.aujardin.info/fiches/bouillie_bordelaise.php
http://www.bordeaux.inra.fr/urefv/publi/simoneau.pdf
http://thierry.jouet.free.fr/Sommaire/ennemis_1.html
http://archives.eppo.org/EPPOStandards/PM3_PROCEDURES/french/pm3-57-f.doc
http://www.sodea.com/upload/fichier_64.pdf (Maroc, stages à la Sodea)

Ecrit par : HK | 12/05/2006

Bonjour,

je trouve tout celà très interessant. Pouvez vous m'en dire plus sur vos méthodes de conservation (les rongeurs se sont régalés avec les pommes) en ce qui concerne les fruits et légumes entiers (donc hors conserves) ?
merci

csil

Ecrit par : csil | 11/08/2006

Bonjour, j'aimerais savoir comment on débute par faire un jardin et comment on conserve les fruits et légumes pour l'hiver? Merci!

Ecrit par : Monique | 13/11/2007

Bonjour Monique,
Je ne suis pas un spécialiste du jardinage. A vrai dire cette année j'ai laissé le jardin un peu à lui même.
Voici ma méthode.
Je commence très petit, je prépare des carrés ou des rectangles de 1m de largeur (plus facile pour jardiner sans mettre les pieds dans la gadoue). Autour des carrés appelées aussi "planches", je réalise de petites bordures pour éviter que l'herbe ne colonise la terre destinée à servir de substrat aux plantes cultivées.
En faisant plusieurs carrés, je peux facilement assurer une rotation annuelle des cultures. Cette rotation est essentielle afin de ne pas épuiser le sol et éviter le recours à des engrais chimiques.
Idéalement, je sème les graines (tomates, courgettes, melons, etc.) en fin d'hiver à l'intérieur derrière une vitre côté soleil. Ainsi, je gagne du temps et je pourrai transplanter les jeunes plants vers avril quand les risques de gelées diminuent.
Autre chose, je n'utilise aucun produit chimique. J'ai de la perte mais je l'assume. Je réalise mon propre compost ce qui fait de la bonne terre.
De toutes façons l'année prochaine la terre sera bonne car je n'ai rien cultivé cette année. Donc la terre s'est bien reposée.

Voilà pour les grands principes. Mais je vous conseille vivement de regarder les liens sur la colonne de gauche. Vous y trouverez des références sur le jardinage. Sinon consultez cet article intitulé "La saison du jardinage est de retour : initiez-vous au potager et au verger" datant du 26/03/2006 toujours dans la rubrique jardinage. Il est un peu ancien mais toujours d'actualité.



Bon courage !

Ecrit par : HK | 14/11/2007

Peut-on parler d'auto-suffisance alimentaire avec un verger et un potager si l'on continue à manger de la viande ?
Sincèrement, je crois qu'il peut être très intéressant d'être végétalien (aucun produit animal, ni oeufs, ni lait, etc.) si l'on veut vivre pleinement des produits de la terre, sans avoir à égorger le cochon chaque année (Traumatisme autant pour l'animal que pour l'égorgeur car le cochon est un animal attachant et gentil).
Il faut avoir goûté, les laits d'amande et de noisette, les pâtés d'aubergine végétalien et autres recettes succulentes pour comprendre que loin d'être une privation le végétalisme peut se vivre comme une libération. La santé y gagne, le moral aussi et la morale aussi...

Ecrit par : Didier | 02/04/2009

Bonjour à tous,

Mon conjoint et moi-même sommes revenu à la campagne après des années de vie dans de très grandes villes ( Paris, Lille ). Nous somme une famille recomposée avec 9 enfants. Après 3 ans de recherches intenses en Bretagne, nous avons enfin trouvé la maison de nos rêve que nous intègrerons en juillet. Il y a une maison biensûr, mais aussi 6 autres bâtisses qui vont nous servir de bergerie, de grange à bois, d'atelier ( je suis artiste peintre ), etc... et 30 hectares de terrain ( bois, champs...). Nous avons l'intention d'installer 2 ou 3 ruches, d'avoir une 15aine de poules, des lapins, des moutons et des chèvres ( nous en avons déjà une qui me fourni 2,5 litres de lait par jour avec lequel je fais de délicieux fromages ) et un énorme potager ( dans les 9 enfants, il y a 6 garçons de 18, 13, 12, 12, 11 et 8 ans ; autant dire, 6 ogres ). Je dois bien avouer que je ne dors plus la nuit et que j'angoisse de la somme de travail qui nous attends. Mais bon, financièrement, nous ne nous en sortons pas, nous avons été aux restos du coeur cet hiver, cette situation est intolérable donc nous avons décidé de tendre vers l'autosuffisance alimentaire. Tous vos messages d'encouragement seront les bienvenu et je ne manquerai pas de vous tenir informés de la progression de l'installation de notre petite ferme familliale.
Au sujet du végétalisme : avez-vous déjà donné le biberon à un agneau ? C'est trop mignon... Mais nous le trouvons aussi très mignon avec une branche de romarin sur le barbecue... il ne faut pas être hypocrite, l'être humain est omnivore, on peut très bien l'assumer en ne se goinffrant pas et en étant responsables des conditions de vie et de mort que nous offrons à nos animaux. Cela fait plus de 15 ans que je n'ai pas mangé un poulet provenant du supermarché, je les achète à la ferme. Bien-entendu, vu le prix, nous n'en mangeons pas tous les dimanche ; mais lorsque j'en achète un, je sais comment il a été élevé, comment il a été abattu. En Bretagne, il y a une grosse production de cochon. Je ne supporte plus de les entendre crier lorsque les camions viennent les chercher pour aller aux abatoirs. Et dans quelles conditions ils sont transportés !
Soyons responsables de ce que nous mangeons, nous ne nous en porterons que mieux et la Terre aussi.

Ecrit par : Noémie | 13/05/2009

Bonjour

Je crois qu'il y a un chapitre entier consacré à la question dans le très renommé manuel "Le bon jardinier". Mon père cultive son potager depuis au moins ma naissance (donc 26 ans) et je crois qu'on n'a jamais manqué de tomates... oui parce qu'il ne cultive QUE des tomates... depuis 26 ans... Chaque année il rajoute 10 pieds supplémentaires. On a franchit les 2 tonnes annuelle je crois (10kg/pieds x 200 pieds). Donc tomates farcies, gazpacho, soupe de tomate, etc... Je vous en supplie aidez moi!! Envoyez un Canadair Monsento pour me détruire tout ça!! HELP!!

Ecrit par : Friendly-Froggy | 02/06/2009

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