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08/01/2006
Processus inverse
Mon séjour, récemment, dans un village du Capcir (Pyrénées-Orientales) m'a permis de me rendre compte de deux réalités :
- des écueils pouvant venir obscurcir un projet de vie à la campagne,
- de l'une des raisons du dépeuplement des campagnes.
Le hameau dans lequel j'ai passé ces quelques jours festifs de fin d'année, Espousouille, est situé au fin fond de la vallée du Galbe à près de 1600 m d'altitude. Outre les quelques maisons traditionnelles en pierres et aux toits de lauzes, on dénombre quelques châlets récents. Ce hameau catalan est aussi un lieu de villégiature pour de nombreux héraultais.
A l'occasion d'un apéro au lendemain de Noël, j'ai eu l'opportunité de rencontrer un couple du hameau et leur fille. Nous avons, comme vous vous en doutez, parlé de la vie à la campagne. Ils m'ont expliqué que le hameau compte une quinzaine de foyers et que la population de la région est plutôt tournée vers les activités touristiques, agricoles et forestières.
Tout cela pour vous dire que ce couple (dont le mari est un authentique catalan et issu du hameau) souhaite "descendre plus bas dans la vallée". Il faut comprendre là dans une ville plus importante du département.
Je leur ai demandé pourquoi donc puisqu'ils vivent dans une région si agréable. Voici quelques verbatims en guise de réponse :
- "Nous sommes trop éloignés de tout" ;
- "Oui, nous avons un potager. Mais ici, [vu l'altitude] nos tomates n'arrivent jamais à mâturité" ;
- La fillette de dix ans : "Tu sais, dans le village, il n'y a que six enfants ! Et encore les enfants n'ont pas tous le même âge" ;
- "Nous voulons aller plus bas, mais l'immobilier est plus cher. Alors nous restons ici".
Tout ceci pour vous dire qu'un projet de vie campagnard doit être réfléchi de façon approfondie. Il ne s'agit pas non plus de tourner le dos à toute civilisation en trouvant refuge dans des vallées reculées. Certaines situations peuvent donner lieu à des regrets par la suite car elles constituent des ruptures trop franches avec la vie citadine. La ville doit pouvoir rester accessible car elle fournit une source de réconfort : loisirs, culture et bien-être moral comme matériel. Vivre à la campagne ne doit pas siginifier s'isoler.
Pour ce couple, la recherche d'une vie plus animée est tout aussi logique et légitime que pour un citadin de rechercher le calme de la campagne. L'important est de pouvoir réaliser son projet de vie dans les deux sens en fonction de ses envies et de la situation individuelle ou familiale du moment. Dans tous les cas, la ville ou la campagne doivent pouvoir offrir un minimum de bien-être :
- un accès aux loisirs et aux sorties ;
- l'intégration à une communauté ;
- des possibilités de consommation.
Pensez-y !
23:54 Publié dans S'installer et vivre | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note






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