07/10/2005

Les tribulations d'un banlieusard en banlieue

Phase de sommeil paradoxal : clignotement orange dans la rue, sirène de recul du camion, déversement du container de verres dans la benne...

Phase de réveil : pas besoin de réveille matin. Malgré le double vitrage le passage incessant des véhicules transportant leur passagers vers le lieu de travail suffit amplement. Parfois, c'est le voisin du dessus qui aide au réveil en mettant "à fond la caisse" le titre phare du chanteur Raphaël dans sa salle de bains (je n'ai rien contre Raphaël !).

Phase de trajet vers les transports publics : un petit coup de marteau piqueur pour stimuler des tympans encore engourdis par le sommeil, une petite odeur âcre d'hydrocarbures qui picote la gorge et les narines agrémentée de quelques coups de klaxon de conducteurs trop pressés.

Phase de transport en commun : ah ! où est le bus de 8:06 ? Il est passé en avance ou il est en retard ? Pourtant une marche de 15 minutes mènerait au même résultat. Sortie du bus : vite, vite, tout le monde court, le bus vomit ses passagers... Le train est en train d'arriver, si on manque celui-ci, le prochain est dans 15 minutes ! Ah, on a couru pour rien, les portes sont déjà fermées ou il n'est pas encore là. Juste de quoi avoir sa première petite suée matinale dans des vêtements propres, secs et parfumés. Le train omnibus est retardé ? Il y a un colis suspect ? Mince, faut-il changer de plan ? Prendre le 120 pour aller à la gare de RER ou faut-il attendre ? Grave dilemme. Dés que le train s'arrête en gare, hop, on saute et on traverse le quai, histoire de ne pas louper la correspondance pour le train direct. Crac, aïe, hue on joue un peu des coudes et on trouve une petite surface vacante le dos collé contre la vitre embuée. Premières moiteurs. Arrivée à la gare, c'est reparti, les longs escalators : mais pourquoi ça avance pas ? Il y a deux files dans les escalators : à gauche c'est pour ceux qui marchent dans les escaliers mécaniques, à droite c'est dédié aux contemplatifs du matin.

Phase de correspondance : et oui, ce n'est pas fini, il faut maintenant chopper le Métro ! La rame est "zippée", il faut donc laisser sortir avant de monter, tant pis ça sonne, on fait le forcing. Seconde suée du matin. Le déodorant perd de son efficacité. Lire le journal gratuit, faire comme tout le monde, lire la même feuille de chou ? Ah, ça ne va pas être possible. Trop de monde, on ne peut pas tourner les pages. Premiers toussotements. Quoi la grippe, le rhume ?

Phase de fin de trajet pour rejoindre le bureau : pour conclure donc un petit coup de marteau piqueur (une ville est un perpetuel chantier), un petit coup de klaxon et toujours cette petite odeur âcre dans le fond de la gorge.

Question : tout cela a t-il un sens en termes purement physiologiques ? L'être humain est il prévu pour ce genre de défis ?

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